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course

Classe Rhum

23/11 - 18h30

Charlie Capelle-Acapella (Classe Rhum) : Fier de ses trois bateaux en course

« Ce matin, je suis un peu fatigué, mais extrêmement content de ma nuit qui a été intense. J'ai eu quelques grains avec des variations de vents et d'angles de +/- 5/10 gradients, cela m'a obligé à être en alerte et très vigilant pour tirer 100% d'Acapella... un vrai bonheur ! Le bateau est dans un état impeccable, il pourrait, après vérification du gréement, repartir dans le sens inverse immédiatement. Ça sent la fin, mais le maître-mot reste toujours : prudence. Cette nuit, je pensais à mes différentes routes sur ce Rhum :la première fois, j'ai pris la route des Açores, c'était très sympa. La seconde que j'ai finie, pas un seul jour de portant (vent arrière), tout au près (vent de face), une vraie machine à laver. Et cette fois, les alizés. J'ai dû me réadapter, et exploiter mon bateau différemment et j'avoue que je suis très fier d'avoir su trouver le meilleur compromis. Notamment, grâce à cette nouvelle voile (Gennaker code D), j'ai pu descendre dans cet alizé beaucoup plus bas que les autres et toujours à haute vitesse. Imagine toi, je n'ai empanné qu'une seule fois depuis une semaine ! Je me félicite d'avoir travaillé avec Christian Dumard comme routeur sur cette Route du Rhum. En quelque sorte, il m'a obligé à re-naviguer avec le baromètre, à me caler sur un gradient et à faire le maximum pour y rester ou y être parallèle. Aux vues des performances d'Acapella cela a été extrêmement payant cette dernière semaine où nous avons repris plus de 100 miles sur nos concurrents directs. Aujourd'hui le principal est d'arriver, car j'ai déjà mangé tous les petits plats spécialement préparés pour moi par Taillandier, le dernier, je l'ai mangé cette nuit. Maintenant, il ne me reste que des pâtes ou du riz. Pour l'eau ? Aucun problème, malgré tout ce que j'ai bu vu la chaleur et la transpiration. Du reste, le seul problème, c'est les fringues de rechange, j'ai tellement transpiré malgré les nombreuses douches, j'aurais dû en prendre plus. J'avoue être extrêmement fier et content que les trois bateaux qui sont passés  mon chantier, Technologie Marine, soient toujours en course sans aucun problème majeur. Si nous prenons plaisir à construire, à restaurer, à préparer des bateaux de ce type, c'est pour les voir naviguer et qui plus est dans des courses telles que la Route du Rhum... »

Classe Rhum

21/11 - 12h12

Wilfrid Clerton-Cap au Cap Location (Classe Rhum) : Plus de pilote dans le bateau…

« Aujourd'hui, c'est moi Popy qui vous écris, je vous raconte la très mauvaise journée que nous avons passé hier et la mauvaise nuit à bord de notre grand oiseau bleu. Notre Monomaran comme il était appelé lors de son lancement dans les années 80. Je prends la parole car vous comprendrez que Wilfrid est épuisé par cette journée et cette nuit ! Et passe le plus clair de son temps à la barre... Je vous raconte, hier sous un très méchant grain d'environ 65 nœuds, le bateau se couche littéralement sur l'eau pendant environ 3-4 minutes, j'avais très peur. Heureusement Wilfrid rétablit rapidement la situation, il regarde et vérifie tout, il me dit : « Pas de soucis Popy tu peux te reposer, je gère la situation tout va bien ». Ouf !!! Chaud les alizés, je ne connaissais pas moi... Wilfrid me fait part de sa stratégie d'arrivée pour essayer de reprendre la seconde place que nous avons occupé pendant plusieurs jours. En milieu de journée nous décidons de mettre le spi de 330 m2 car la situation était stable. Wilfrid prépare tout, mais quand il affale le gennaker il voit que la drisse est dangereusement coupée sur la gaine. Nous décidons de mettre grand-voile haute, génois plus trinquette de reaching en ciseaux. Vont-elles tenir sur ce bateau de 23 mètres de long et seulement 3,8 mètres au plus large ? Je vous raconte cela comme si c'est facile, mais j'ai vu Wilfrid souffrir des manœuvres et ça a pris des heures de faire marcher le bateau sous cette nouvelle configuration. Après consultation de notre équipe à terre, nous avons la confirmation que nous pouvons mettre le gennaker sur la drisse de spi, nous repartons à l'avant (enfin Wilfrid, car j'ai promis à ma maman de ne pas dépasser le pied de mât), préparer et renvoyer le grand gennaker. Enfin nous repartons à des vitesses honorables, nos concurrents ont dû revenir ou augmenter leurs avance durant ce ralentissement de plusieurs heures... Nous décidons de nous restaurer et de nous reposer à la nuit tombante ? Mais le sort en a décidé tout autrement ? Nous partons au tas, Wilfrid bondit dehors, moi je me cache, trop peur ? Il prend le bateau en main fait deux trois manipulations et réglages et me dit : « Popy on a un problème de pilote » ? Nous vérifions tout, essayons plein de choses mais quelques temps plus tard nous nous rendons à l'évidence ! Le pilote principal ne fonctionne plus il est HS… Il est alors aux environs de 23H00 UTC. Nous essayons le pilote de secours, mais celui ci refuse de fonctionner correctement voire pas du tout ! Depuis nous sommes tantôt avec pilote et surtout Wilfrid barre très souvent pour ne pas prendre trop de terrain. C'est pour toutes ces raisons que je ne suis pas content et triste, on a perdu notre troisième place… Snif ! Mais j'ai la chance d'avoir Wilfrid qui me fait des câlins quand il ne barre pas et qui me remonte le moral en me disant que bientôt on va apercevoir la Guadeloupe et que c'est merveilleux d'être encore là alors qu'il y a eu 35 abandons sur cette Route du Rhum-Destination Guadeloupe 2014. Et surtout d'être là avec le plus vieux et le plus grand monocoque de cette édition 2014. Et du coup moi ça me redonne du courage pour ces derniers jours avec mon ami Wilfrid. Je vous dit peut-être à bientôt ? Mais moi aussi je suis épuisé, je vais aller me coucher… Bien à vous, je vous embrasse. »

Class40

21/11 - 11h18

Pierre-Yves Lautrou (Class40) : dernières lignes

« Tout le monde me dit : courage, c'est la dernière ligne droite. nOK, mais je voudrais bien vous y voir. D'abord, ce n'est pas du tout une ligne droite : il y a sans doute un ou deux empannages au programme, et ensuite un certain tour de la Guadeloupe s'annonce pas tranquille. Mais c'est vrai, qu'en fait, je viens de me rendre compte que j'attaquais ma dernière nuit en mer, dernier coucher de soleil flamboyant, dernières angoisses des grains qu'on ne voit pas arriver. Sur Adrena, le waypoint La Têe à l'Anglais, marque de parcours de la course, est passé sous les 100 milles sans crier gare. Sur les classements que nous recevons chaque heure, il y a de moins en moins de concurrents devant encore en mer. Bref, on arrive, presque par mégarde, tant la course a été dure jusqu à la fin, avec cet alizé puissant et si changeant, qui a obligé à beaucoup de manoeuvres aujourd'hui encore (et ce n'est pas fini...), cette mer croisée qui a commencé à se calmer avec le vent,  ces séquences trop fréquentes sur une plage avant secouée comme rarement. La fatigue est là, bien présente, après 20 jours de mer et ces dernières nuits entrecoupées par la rupture régulière de l'amure de spi et de grains violents. La fatigue nerveuse aussi, d'être en permanence sur le qui-vive, à surveiller le vent qui monte ou si le pilote tient. Cet après-midi, je me suis soudainement mis à hurler contre une énième bascule de vent après un changement de spi, alors que ça ne m'arrive jamais. Ca n'est pas fini, mais je suis content d'arriver. A demain. » PYL, à bord de l'Express-Trepia

Class40

21/11 - 03h52

Nicolas Thomas : 307 milles en 24 heures

A 1000 milles de l'arrivée, ça va vite pour Nicolas Thomas qui appuie sur la pédale d'accélérateur. Pressé de rentrer à la maison, le jeune Saintois fait parler le potentiel de vitesse de son Mach40 Guadeloupe Grand Large - 1001 Piles Batteries. Il a  parcouru 307 milles sur les dernières 24 heures, l'un des plus beaux scores de ce Rhum. « J'ai encore pas mal de vent mais la mer s'est maintenant calmée. Le bateau glisse bien et j'ai fait quelques pointes de vitesse à 14 – 15 nœuds dans les surfs. Je navigue toujours avec un ris dans la grand-voile, sous petit spi et trinquette. Je suis très attentif au bateau et surveille avec attention mon bout dehors abîmé. Pour l'instant la réparation que j'ai faite tient mais je l'inspecte régulièrement. S'il venait à être inutilisable, je ne pourrai plus utiliser le spi et sans spi ce sera bien plus difficile et bien plus long de rejoindre Pointe-A-Pitre. Dans la nuit j'ai réussi à doubler Antoine Michel (Setti LDT) qui a pas mal de soucis techniques et navigue sous solent. Malgré ses problèmes il a le moral et poursuit sa route. J'ai aussi repéré qu'Olivier Roussey  (Obportus – Conseil général de Lorraine) s'était décalé dans le sud. Effectivement les routages nous font empanner. Pour autant je préfère continuer sur mon bord pendant encore 24 heures. Je sais que dans le sud il y a plus de vent mais aussi plus de mer et avoir le bateau qui part au tas dans chaque vague ne me fera pas aller plus vite. Je joue donc la carte de la prudence et préfère préserver mon matériel. Je ne m'attendais pas du tout à une fin de course aussi musclée. J'en viendrai presque à regretter les faibles alizés de la Transat AG2R La Mondiale. »

Class40

20/11 - 21h37

Juliette Petres (Class40) : vivement les accras et les boudins antillais

« Salut les terriens! Ici, à moins de 300 miles de la Guadeloupe, ça glisse sur la mer ! Pas moins de 270 miles sur ces dernières 24h, une moyenne de 11,25 nds, c'est correct. Pourvu que ça dure ! J'observe avec attention le contournement de la Guadeloupe : pas simple d'aller virer la bouée de Basse Terre. Fabrice Amédéo a l'air d'être bien en peine... Allez courage Fab ! Ce matin, un beau lever de soleil sous les nuages. La nuit a été venteuse avec bien 28-30 noeuds établis, ce qui a permis de beaux et longs surfs avec des pointes à plus de 19 noeuds. Le bateau est bien équilibré et n'est pas parti au lof une seule fois ! J'ai hâte d'arriver pour goûter aux accras et aux boudins antillais !! Fini les lyophilisés et les gâteaux secs, OUF !  Je n'ai jamais passé aussi longtemps seule en mer, ni aussi longtemps seule tout court d'ailleurs ! Et au bout de 18 jours, on a un peu la sensation de faire corps avec son bateau. Je le sens, le ressens et surtout, je l'entends : l'ouïe devient aiguisée au bout d'un certain temps. Les chocs, les glissements, frottements, chuchotements que fait le bateau sur l'eau. Je sais immédiatement au bruit si quelque chose ne va pas sur le pont. Et si je dors, ça me réveille. J'en suis même à entendre les battements des ailes des poissons volants qui tombent sur le pont alors, cette nuit, 3 fois de suite, je suis allée les remettre à l'eau : les petits pépères ! Ça a mis des écailles partout sur mes mains et le pont ! Demain je devrais apercevoir la terre, alors pour ma dernière soirée au large ce soir : c'est apéro - champagne, s'il vous plait ! » Juliette, à bord d'Eau et Patrimoine

La course

20/11 - 21h31

Maxime Sorel (Class40) : "La mécanique de l'extrême"

« Après les plongeurs de l'extrême et les alpinistes de l'extrême, c'est la mécanique de l'extrême à bord de V and B / MS-SailingTeam !! En effet, petite surprise ce matin, j'allume le moteur et quelques minutes après, une odeur de plastique brulé ! Je coupe de suite le moteur et ouvre le capot. Un des alternateurs est en train de prendre feux !! La patte de fixation de la masse n'est plus branchée, elle a cédée avec les secousses et la corrosion. J'ai donc bricolé un truc, avec des colliers "colson" et du fil d'attache, de façon à assurer une liaison du courant par cette masse. Mais rien à faire l'alternateur à du prendre un coup autre part !! J'ai contacté "Chatelais et Le Gall" à St Malo et "Pti' Louis" le mécano du bateau pour avoir un avis sur la démarche à suivre (merci à eux pour leur aide précieuse) !! Après concertations, il fallait déconnecter cette alternateur qui n'est autre qu'un alternateur d'appoint et non le principal (Ouuufffff). J'ai maintenant plus qu'un alternateur qui charge à 45 A/h au lieu de 95A/h auparavant. Cela va augmenter mon temps de chargement et donc ma consommation de gazole ! J'ai peur d'être à court de carburant avant l'arrivée donc je charge le plus possible avec l'hydro générateur et pour le moment j'arrive à charger entre 10 et 15 A/h donc je profite ! Dès que le vent va mollir, la perte de vitesse à cause de la trainé de l'hydro générateur dans l'eau sera trop importante donc il faudra l'enlever !! La nuit n'a pas encore été très simple ! Sous chaque grain le vent montait à plus de 28/30 nds et le bateau, poussé par certaines vagues au 3/4 arrière, se mettait à lofer et à partir au tas !! Obligé alors de se rendre sur le pont, à prendre des paquets de mer sur la tête pour rétablir le bateau. La mer étant très salée, il fallait que je me rince après cela. Alors je profitais des grains de pluie pour me rincer à l'eau douce et au savon !!! J'ai été obligé de me rincer 4 fois de suite en 4h ! Le Top ! Je suis donc bien "rincé" et bien "propre" !!!!! Encore 660 milles nautique à parcourir ça sent bon la Guadeloupe, même si c'est loin d'être fini car la mer est tellement désordonnée que l'on se croit à la pointe du raz !! bon, sauf pour la chaleur !! Bonne journée à vous » Maxime Sore,l à bord VandB / MS Sailing Team