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12/11 - 14h49

Maux du large

Instabilité dans l'air, pétole molle ou vagues abruptes, les solitaires témoignent des conditions radicalement différentes rencontrées aux quatre coins de la flotte. Extraits des messages et des vacations de Miranda Merron, Halvard Mabire, Bertrand Delesne et Maxime Sorel...

Miranda Merron (Campagne de France), 8è, à 175 milles du premier : « empannage chinois »

Le vent était bien établi hier soir à 22-25 noeuds, parfois plus. L'état de la mer grossit, avec de très grosses vagues, et toujours d'excellentes conditions pour barrer. Mais pas hélas, pour le pilote automatique qui ne sait pas "lire" les vagues. J'en ai connu une particulièrement abrupte, dans laquelle j'ai piqué proue en vent, à plus de 17 noeuds, qui a failli se terminer en désastre quand le bateau a dérapé en un espèce d"empannage chinois (manœuvre involontaire avec pour résultat de mettre les voiles à contresens). Ne souhaitant pas passer ma journée à récupérer le  spinnaker enroulé autour de l'étai, j'ai envoyé le gennaker. C'est moins rapide, j'ai perdu quelques milles, mais c'est mieux que le scénario décrit plus haut…
A par cela, il y a un nouveau bruit sur le pont,  celui des poissons volants qui percutent le bateau. La plupart se débrouille pour s'enfuir en battant des ailes, si l'impact ne les a pas assommés. »

Halvard Mabire (Campagne 2 France) 12è, à 370 milles : « Il faudrait un miracle… »

 « On a eu trois jours un peu pénibles avec JC (Caso, ndlr), mon compagnon d'infortune. On a jamais vu ça, on était dans une espèce de placard à roulettes qui nous suivait, qui se déplaçait avec nous. Cela a permis à nos petits camarades de revenir à fond la caisse derrière. A présent on est un petit groupe, on se bat avec JC, TeamWork (Bertrand Delesne) et L'Express-Trepia (PY Lautrou). Par contre, on s'est aussi fait décrocher par ceux de devant, il y a plus de pression au Sud. On fait ce qu'on peut, le vent est tellement bizarre. C'est vaguement du secteur Nord-Est, plus ou moins 30° et plus ou moins 6 à 20 noeuds.  En route directe, on a environ 350 milles de retard sur les premiers. Cela fait au bas mot 500 milles si tu comptes les bords à tirer, ils sont inaccessibles. Même le groupe du Sud est sacrément loin. Si on regarde les fichiers météo, il faudrait vraiment un miracle pour revenir sur ceux de devant. »

Bertrand Delesne (TeamWork), 14è, à 400 milles : « J'ai senti la bulle anticyclonique me gratter le tableau arrière

« Je suis retrouver de copains, cela me rappelle que c'est une course. J'ai beaucoup enchaîné les manoeuvres, passé les voiles en revue. Depuis hier, c'est assez fatiguant, le vent est instable en direction, il fait être constamment sur les réglages. Mais depuis 2-3 heures, c'est plus cool. C'était chaud, j'ai senti la bulle anticyclonique me gratter le tableau arrière, mais j'y échapper, je pense. Là, j'ai 10 noeuds de vent. Y'a eu un gros coup de mou il y'a quelques heures, un peu bizarre. Les petits copains du Sud on le reverra pas, je pense. Il faut continuer à descendre autour des 22-23° Nord, la où l'alizé est établi. Sinon, le bateau est super nickel, cela permet de relativiser le début de course. J'espère avoir mangé mon pain noir la première nuit. Quand je suis reparti de Perros-Guirec, j'entais au plus bas des batteries, hyper fatigué. Mais je me suis reconstruits une fois que j'avais passé le front. »

Maxime Sorel (VandB / MS Sailing Team) 18è, à 416 milles : « Pffff… »

 « C'est une catastrophe, la bateau n'avance plus depuis 6 ans… Pffff… je ne comprends pas. Y'avait de l'air, tous les fichiers météo annoncent une zone très molle certes, mais avec suffisamment d'air pour passer. Là, je me retrouve dans une bulle, je en pense pas être le seul, mais c'est un peu embêtant. J'ai 3 noeuds de vent qui tourne autour de moi, dès que j'essaye de le prendre, je me retrouve face au vent. Je ne sais que faire, j'attends. Je suis vraiment coincé. Et cela pourrait durer jusqu'à jeudi. Jusque là tout allait plutôt bien, les classements étaient sympas. J'espère toujours finir premier bateau vintage, mais maintenant il va falloir cravacher pour récupérer tout ça. »

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