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Départ le 31 octobre 2010 de Saint-Malo.

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Le 30/11/2010

La course au jour le jour

Loin des règles des autres classes, la catégorie Rhum a été, lors de cette 9e édition de la Route du Rhum – La Banque Postale, celle de tous les possibles. Regroupant les voiliers, monocoques et multicoques, justifiant d’une longueur hors-tout entre 39 et 59 pieds, elle s’est révélée particulièrement authentique. Menée quasiment de bout en bout par le Sarde Andrea Mura (Vento di Sardegna) elle a offert de jolies histoires, des sourires et des larmes. Rétrospective.

1 novembre : un sarde et trois trimarans…

Andrea Mura et son 50 pieds refait à neuf aux couleurs de Vento di Sardegna, déjà leaders au cap Fréhel, occupent toujours la tête de la flotte Rhum et rivalisent avec les premiers Class40. Derrière, les trois petits multicoques de Charlie Capelle (Acapella), Etienne Giroire (ATNinc.com) et Jean-Paul Froc (Eurosanit), qui se tiennent en moins de dix milles, se livrent une jolie bagarre. Si, pour l’heure, il n’y a pas des grandes divergences de trajectoires, il existe en revanche écart de près de 100 milles entre le Sarde et Christine Monlouis (Un monde bleu tout en vert), dernière concurrente à dépasser l’île d’Ouessant

2 novembre : dans un mouchoir de pocheEn tête depuis le coup d'envoi, Andrea Mura avoue un terrible mal de mer. Installé sur la route Nord dans ce jeu commun à toutes les flottes du contournement de la bulle, il garde le rythme et devance d’un peu plus de dix milles, les monocoques de Luc Coquelin (Pour le rire médecin) et Pierre-Yves Chatelin (Destination Calais) et le trimaran Acapella de Charlie Capelle. Au sud, ATNinc.com d’Etienne Giroire informe la direction de course qu’il se déroute vers la ville espagnole de Ribadeo, située dans la province de Lugo en Galice, afin de monter dans son gréement.

3 novembre : Christine Monlouis démâte, Andrea Mura retrouve des forces Peu ou pas de changement au classement : Andrea Mura (Vento di Sardegna), Pierre-Yves Chatelin (Destination Calais) et Luc Coquelin (Pour le Rire Médecin) forment toujours le trio de tête et se tiennent dans un mouchoir de poche sur une trajectoire similaire au large du Cap Finisterre. Seul Pierre-Yves Guennec (Jeunes Dirigeants – Lorans) choisi de contourner l’anticyclone des Açores par la face nord. Grosse déception pour Christine Monlouis, entrée en collision avec un bateau de pêche à 1h30. Le choc a occasionné le démâtage de son voilier "Un Monde Bleu tout en Vert ».

4 novembre : deux échappés à l’ouest

Toujours leader de la catégorie Rhum, Andrea Mura (Vento di Sardegna) accentue son avance sur les partisans, comme lui, de l’option sud mais voit revenir au classement Charlie Capelle (Acapella) et Pierre-Yves Chatelin (Destination Calais). Ces deux-là, partis contourner l’anticyclone par la face nord reviennent à moins de trois milles du Sarde en terme de distance au but et pourraient bien prochainement prendre l’ascendant grâce à un  angle plus favorable pour descendre vers la Guadeloupe. Par ailleurs, Joris de Carlan (Generik Exp’hair en beauté) abandonne officiellement. Victime d’une voie d’eau, le benjamin de course (22 ans), fait route au nord afin de rejoindre Saint-Brieuc, son port d’attache.

5 novembre : en douceur vers les Açores

La flotte progresse lentement vers les Açores, la faute à des vents plutôt légers au large du Portugal. Toujours en tête de la flotte, le sarde Andrea Mura (Vento di Sardegna) parvient à accroître son avance. Désormais, une trentaine de milles le séparent de Pierre-Yves Chatelin (Destination Calais) et Charlie Capelle (Acapella). Mais il a devant lui deux jours de vent relativement faible avant de toucher un bon flux de sud-est. Deux jours qui pourraient voir les premiers bouleversements au classement. Par ailleurs, Christine Monlouis rejoint le port de Brest.

6 novembre : valse des leaders

Changement de leader dans la catégorie Rhum, emmenée depuis le départ par le Sarde Andrea Mura sur Vento di Sardegna. Après six jours de course, c’est le monocoque Destination Calais de Pierre-Yves Chatelin qui s’offre les honneurs devant le trimaran Acapella de Charlie Capelle. Seulement quatre petits milles séparent les deux hommes qui ont navigué à vue une bonne partie de la journée. Ce sont donc les partisans de la route nord qui prennent les commandes.

7 novembre : l’un des favoris contraint à l’escale technique

Grand animateur depuis le début de la course dans la catégorie Rhum, Pierre-Yves Chatelin rencontre différents pépins techniques. Le skipper de Destination Calais connait un problème de circuit de refroidissement persistant et ne voit pas d’autre solution que de faire une escale technique à Horta, aux Açores. Un pit-stop qui pourrait lui coûter sa place sur le podium mais jugé indispensable. En tête de flotte, la bagarre ne faiblit pas pour autant. Charlie Capelle (Acapella) et Andrea Mura (Vento di Sardegna), séparés de 250 milles en latéral, mais seulement 1,6 milles au classement en terme de distance au but ne lâchent rien. Par ailleurs, Joris de Carlan, rejoint le port du Légué dans les Côtes d’Armor.

8 novembre : un Rhum à l’italienne

A 2000 milles de l'arrivée en Guadeloupe, Andrea Mura (Vento di Sardegna) ne desserre par son étreinte sur la première place en catégorie Rhum. Solidement accroché à son fauteuil, le Sarde conforte son avance et distance ses poursuivants. Relégué à 83 milles et décalé dans le Nord du leader, Charlie Capelle (A'Capella) est aux prises avec de petits airs. Une situation difficile pour le marin qui saluait toutefois la ténacité et le talent du chef de file du moment.

 

9 novembre : ça revient par le Sud

 

Pierre-Yves Chatelin arrive à Horta, aux Açores. Le skipper de Destination Calais évalue l’ampleur de ses pépins techniques (circuit de refroidissement…) et physiques (mal de dos). Quant au Sarde Andrea Mura (Vento di Sardegna), il reste solidement accroché à la première place avec plus de 80 milles d’avance sur Charlie Capelle (Acapella).

10 novembre : convergence de trajectoire

Les trajectoires commencent à converger entre les nordistes et les sudistes. Les premiers naviguent dans un vent de Sud-est relativement faible ce mercredi et affichent des vitesses moyennes inférieures à celles des seconds qui profitent actuellement de l’alizé. De ce fait, Andrea Mura (Vento di Sardegna) pointe toujours en tête au classement avec désormais plus de 140 milles d’avance mais le changement notable aujourd’hui, c’est le retour aux avant-postes de Luc Coquelin (Pour le Rire Médecin), 2e.

11 novembre : tous éparpillés en latitude

Pas moins de 800 milles séparent, en latéral, le concurrent le plus au nord, Pierre-Yves Guennec (Jeunes Dirigeants – Lorans), et celui le plus au sud, Yves Ecarlat (VALE Nouvelle Calédonie). La flotte est  plus que jamais éparpillée en latitude. Elle continue de naviguer sous un faible alizé très instable au sud-ouest des Açores. En tête, Andrea Mura (Vento di Sardegna) conserve une avance de près de 140 milles sur Luc Coquelin.

13 novembre : les écarts restent stables

Andrea Mura (Vento di Sardegna) maintient une avance de 130 milles sur Luc Coquelin (Pour le Rire Médecin) qui lui-même conserve une trentaine de milles d’écart avec Julien Mabit (Monopticien.com). Ce trio de tête, comme les deux petits trimarans de Charlie Capelle (Acapella) et d’Etienne Giroire (ATNinc.com), font route poussés par un vent de sud assez fort et très instable ce vendredi en subissant la pluie et parfois les orages.

14 novembre : chavirage pour Etienne Giroire

 Le fait du jour : le chavirage d’Etienne Giroire. Le petit trimaran ATNinc.com se retourne à 9 heures, à 1 500 milles de la Guadeloupe et à 900 milles des Açores. Dès lors, les secours organisés par la direction de course en collaboration avec les MRCC Portugais sont mis en place. Un cargo de la CMA CGM arrive sur zone à 17h30 afin de récupérer à son bord le skipper franco-américain. Côté course, le Sarde Andrea Mura (Vento di Sardegna) pointe toujours en tête. Il possède 120 milles d’avance sur  un Luc Coquelin (Pour le rire médecin) décidément accrocheur.

 

15 novembre : deux options, deux météos

 Si la distance entre Andrea Mura (Vento di Sardegna) et Luc Coquelin (Pour le Rire Médecin) reste stable - autour de 150 milles depuis ces quatre derniers jours - derrière en revanche des écarts se creusent. La flotte s’étire maintenant sur près de 800 milles. Forcément, tous les bateaux n’évoluent plus des les mêmes systèmes météo.  Pour les leaders, actuellement au près, la persistance de la dépression  au nord-est des Bermudes engendre toujours un flux perturbé de sud à sud-ouest très instable. La mer est formée avec houle croisée. Ca tape, ça penche et ça va durer pratiquement encore deux jours. La situation est radicalement différente pour Yves Ecarlat qui ferme la marche dans cette catégorie. Le skipper de VALE Nouvelle Calédonie continue sa progression sous un alizé faible et irrégulier. Une situation qui le contraint à mettre un cap assez sud et rallonge sa route.

16 novembre : les deux leaders tiennent la cadence

Passés sous la barre symbolique des 1000 restant à parcourir jusqu’à l’arrivée, Andrea Mura (Vento du Sardegna) et Luc Coquelin (Pour le rire médecin) poursuivent leur duel à 160 milles de distance, un écart stable depuis maintenant cinq jours. Derrière les skippers Sarde et Guadeloupéen, pas facile de suivre la cadence d’autant que les conditions sont difficiles : vent de 30-35 nœuds avec des rafales à 35-40 nœuds sous les grains toujours très fréquents et une mer casse-bateau. Une situation qui corse les choses pour Julien Mabit (Monopticien.com) - toujours 3e au pointage - handicapé depuis la veille par la perte de son solent mais aussi et surtout depuis peu par un problème de moteur dont l’huile s’est répandue à l’intérieur de son bateau.

17 novembre : du portant enfin !

Malgré un gennaker déchiré et la casse de son canard d’étrave, Andrea Mura (Vento di Sardegna) creuse doucement mais sûrement l’écart sur ses poursuivants, y compris sur Luc Coquelin (Pour le Rire Médecin). Le Sarde porte désormais son avance à 180 milles sur son dauphin et à près de 400 milles sur le troisième. De fait, il a été le premier à rentrer sous l’influence d’une cellule de hautes pressions présente à l’est des Bermudes. Il bénéficie par conséquent de conditions de vent de plus en plus favorables. Fini le près !

 

17 novembre : le leader à moins de 500 milles de l’arrivée

Les trois leaders, Andrea Mura (Vento di Sardegna), Luc Coquelin (Pour le rire médecin) et Julien Mabit (Monopticien.com) progressent toujours au portant en enchainant les empannages et sur la route à des vitesses comprises entre 9 et 11 nœuds. De fait, en marge de la dépression orageuse centrée entre les Antilles et les Açores, l’alizé de nord-est d’une quinzaine de noeuds se maintient. Derrière en revanche, Charlie Capelle (Acapella) et Pierre-Yves Guennec (Jeunes Dirigeant – Lorans) sont toujours au près. Des conditions qui durent quasiment depuis le départ de Saint-Malo et qui met à la fois les bonhommes et les bateaux à rude épreuve.

18 novembre : Andrea Mura à l’approche de Pointe-à-Pitre

La grande majorité des concurrents enchaine les empannages dans un vent de nord-est d’une quinzaine de nœuds qui lui permet de progresser en direction de l’arc Antillais sous de bonnes allures. Pour preuve : plus de 200 milles parcourus ces dernières 24 heures pour les leaders, Andrea Mura (Vento di Sardegna)  et Luc Coquelin (Pour le rire médecin). Idem pour Julien Mabit (monopticien.com) malgré une fissure de 6 mètres de long sur son mât apparue la nuit dernière et contraint, dorénavant de réduire la toile pour préserver son gréement jusqu’à la ligne d’arrivée distance de 600 milles.

19 novembre : un Italien heureux !

En tête du début à la fin - à l’exception de la journée de la journée du 6 novembre où Pierre-Yves Chatelin (Destination Calais) s’est, un temps, installé aux commandes  -  le Sarde Andrea Mura s’impose à 22h42, dans la catégorie Rhum malgré un mal de mer persistant lors des quatre premiers jours de course, un gennaker déchiré, un canard d’étrave – quille servant à garantir une tenue cap efficace – cassé ou encore des attaques en bonne et due forme de Luc Coquelin (Pour le Rire Médecin) sur le dernier tiers du parcours. A bord de Vento di Sardegna, un monocoque de 50 pieds entièrement refait à neuf, il boucle de la plus belle des manières sa première transatlantique.

 

21 novembre : Luc Coquelin 2e

A 1h17, Luc Coquelin boucle sa quatrième Route du Rhum en deuxième position a bord de son fidèle Ketch aux couleurs de Pour le Rire Médecin arrivé en parfait état. Le skipper Guadeloupéen réitère ainsi sa performance de 2002 dans la catégorie Monocoque Classe 2.

22 novembre : un podium qu’on aurait pu voir chamboulé…

Julien Mabit sur son monocoque de 50 pieds Monopticien.com complète le podium malgré une pénalité de 12 heures infligée par le jury pour un ravitaillement en gasoil, la faute à des soucis de moteurs survenus dans le dernier tiers du parcours. Il s’en est donc fallu de peu pour que le jeune Malouin voit le podium lui échapper après un retour en force dans les derniers milles de Pierre-Yves Guennec (Jeunes Dirigeants – Lorans, 4e), auteur de la route la plus au nord de la catégorie.

23 novembre : Charlie Capelle 5e

Charlie Capelle (Acapella), 5e, est le premier trimaran de la catégorie Rhum à rejoindre Pointe-à-Pitre après une route audacieuse au nord qu’il s’est juré de ne plus emprunter à l’avenir avec un petit multicoque. Du près, du près et encore du près : voilà à quelle sauce le Morbihannais a été mangé pendant cette transat. Des conditions éprouvantes pour le bonhomme mais surtout pour le bateau, tous les deux parvenus, malgré tout, à aller au bout du rêve. Au bout de l’aventure.

24 novembre : Jean-Paul Froc 6e

En terminant sa première Route du Rhum – La Banque Postale en 6e position, Jean-Paul Froc (Eurosanit), réalise un rêve. Un rêve éveillé à la barre d'un sister-ship d'Olympus, le bateau de Mike Birch, vainqueur en 1978 pour 98 secondes.

25 novembre : Tous réunis en Guadeloupe

Yves Ecarlat est le dernier concurrent de la flotte Rhum à franchir la ligne d’arrivée mouillée devant Gosier. Le skipper de VALE Nouvelle-Calédonie, privé dès les côtes Portugaises de pilote automatique, a choisi une route sud, plus confortable mais aussi plus longue d’autant que l’alizé pointait aux abonnés absents. Malgré tout, il rempli son objectif principal : avoir réussi à sensibiliser les enfants de son île aux problèmes environnementaux au travers d’un large projet pédagogique.

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