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À partir du 20 Octobre à Saint-Malo  |  Du 06 Novembre en Guadeloupe

Pink Poppy Flowers

© Gilles BUEKENHOUT / Jess


La flotte de la catégorie Rhum s’est nettement éparpillée. Au nord, les derniers monocoques rencontrent encore des conditions soutenues au large de l’Espagne, tandis que les Multicoques, le long des côtes marocaines, se trouvent confrontés aux affres de la barrière anticyclonique.


Rhum Mono : au pays des contrastes Jean-Sébastien Biard (JSB Déménagements), Arnaud Pennarun (Viabilis - Pen Duick III & ACH pour les enfants de Robert Debré) n’en ont pas encore fini avec le vent, eux qui sont toujours pris dans la queue d’un front dépressionnaire au large de l'Espagne. 25 nœuds, houle : autant d’éléments qui continuent de malmener les hommes et les bateaux. Ces conditions venteuses leur permettent tout de même d’allonger la foulée et de revenir sur leurs petits camarades de jeu, car devant ça tamponne ! Les monocoques, partis dans le sud, sont en effet freinés dans leur progression par une dorsale anticyclonique qui leur barre la route à hauteur du Maroc. Si tous apprécient de pouvoir enfin se sécher, il n’en reste pas moins qu’ils vont devoir faire preuve de patience et de finesse pour s’extirper de ces zones de calme et trouver une porte de sortie vers les fameux alizés.


Négocier cette barrière anticyclonique, voilà bien l’épineux problème qui occupe tous les esprits en ce moment, à commencer par celui de Jean-Pierre Dick (Notre Méditerranée - Ville de Nice) qui se réjouit tout de même des conditions plus clémentes : “Le menu est alléchant, avec enfin du portant ! C’est là qu’on lâche un peu les écoutes, enfin ! Il n’y a eu que du près, que du près, que du près ! C’est quand même agréable d’arriver au sommet de la montagne. Pour l’instant, il y a 15 nœuds environ et il doit y avoir deux mètres de mer. Le soleil se lève sur ce que je considère être un début d’alizé, en tout cas un début de vent portant dans l’Atlantique Nord. On n’est qu’aux latitudes de Gibraltar. On n’est pas du tout sous des latitudes tropicales mais on sent que ça va arriver et ça fait très, très plaisir. On va essayer de se faufiler dans un trou de souris pour essayer de garder ces vents portants. Normalement, c’est quelque chose qui doit être faisable. Il va falloir faire bien attention, éviter cette zone avec vraiment peu de vent et rester vigilant".


Après une semaine de course, il reste encore à tous ces Rhum Mono du chemin à faire, un peu plus de 2200 milles à parcourir.


A noter que Daniel Ecalard ( Sos Pare Brise +) a repris sa route en fin de matinée, après une escale technique à Vigo pour réparer ses pilotes.


Rhum Multi : trouver sa voie


Chez les Multi, la flotte s’est clairement scindée en deux. A l’ouest, le groupe, toujours mené par le flamboyant belge Gilles Buekenhout (Jess), imperturbable à bord de son Multi40, compte donc six bateaux dont les cinq catamarans toujours en course. Là encore le scénario qui se profile devant les étraves n’a rien de simple et “La météo n’est pas facile ! confirmait Gilles Buekenhout ce matin à la vacation. “Je n’ai pas encore vu d’ouverture pour partir vers les alizés. Tout à l’heure j’étais à 22 nœuds. Là, je ne suis plus qu’à 10 nœuds pour 17 nœuds de vent, mais il y a quand-même pas mal de bouffes de vent, donc il faut faire vachement gaffe!” Gilles garde en tête son objectif de faire une belle trajectoire. Lui qui avoue avoir cassé son bout-dehors juste après le départ, a tenté de se frayer un chemin, le plus court possible à travers les fronts et d’attaquer pour tenter de creuser l’écart avec ses poursuivants. Bout-dehors réparé après un joli exercice de funambulisme, son but désormais, est de se rapprocher de la route directe : "Je commence à être dans du portant. J’avance vers l’orthodromie et je vais faire une aile de mouette.” Contourner ou couper la barrière anticyclonique, Gwen Chapalain (Guyader-Savéol) a choisi, lui, de trancher dans le vif en tentant la grande traversée. Arrivera-t-il à se faufiler dans un petit trou de souris ? Réponse dès demain.


Partisans de la route historique au sud, les quatre Olden Goldies, accompagnés de Fabrice Payen (Ille et Vilaine Cap vers l’inclusion), ont débordé Madère et affichent une moyenne de progression autour de 6 nœuds. En route vers les Canaries, il ne leur reste qu’une grosse centaine de milles à parcourir avant de toucher les alizés et, qui sait, revenir complètement dans le match.


Roland Jourdain (We explore)Au milieu de l’Atlantique, le bonheur est dans le près, le pré ou le champ de lin ! Le bateau se comporte magnifiquement bien. On a pas fini de remonter la piste de ski. L’anticyclone des Açores se mérite. D’ici 24 heures, on devrait avoir les prémices d’un vent qui devrait nous amener vers la Guadeloupe. Pour l’instant, on tire encore des bords. Tout va bien mais c’est quand même fatigant. C’est fatigant de faire plusieurs sports en même temps, il faut se tenir debout, manœuvrer les voiles et passer un peu de temps au bureau pour savoir dans quelle direction aller aussi. Le spectacle est magnifique. Vous ne pouvez pas le voir mais j’ai une vue panoramique sur un soleil qui descend. Les coques de We Explore, qui pénètrent la houle avec délicatesse et un gros barbu qui regarde tout ça. »

  • 17 nov. 2022
  • 4 min de lecture

© Gilles BUEKENHOUT / Jess


La flotte de la catégorie Rhum s’est nettement éparpillée. Au nord, les derniers monocoques rencontrent encore des conditions soutenues au large de l’Espagne, tandis que les Multicoques, le long des côtes marocaines, se trouvent confrontés aux affres de la barrière anticyclonique.


Rhum Mono : au pays des contrastes Jean-Sébastien Biard (JSB Déménagements), Arnaud Pennarun (Viabilis - Pen Duick III & ACH pour les enfants de Robert Debré) n’en ont pas encore fini avec le vent, eux qui sont toujours pris dans la queue d’un front dépressionnaire au large de l'Espagne. 25 nœuds, houle : autant d’éléments qui continuent de malmener les hommes et les bateaux. Ces conditions venteuses leur permettent tout de même d’allonger la foulée et de revenir sur leurs petits camarades de jeu, car devant ça tamponne ! Les monocoques, partis dans le sud, sont en effet freinés dans leur progression par une dorsale anticyclonique qui leur barre la route à hauteur du Maroc. Si tous apprécient de pouvoir enfin se sécher, il n’en reste pas moins qu’ils vont devoir faire preuve de patience et de finesse pour s’extirper de ces zones de calme et trouver une porte de sortie vers les fameux alizés.


Négocier cette barrière anticyclonique, voilà bien l’épineux problème qui occupe tous les esprits en ce moment, à commencer par celui de Jean-Pierre Dick (Notre Méditerranée - Ville de Nice) qui se réjouit tout de même des conditions plus clémentes : “Le menu est alléchant, avec enfin du portant ! C’est là qu’on lâche un peu les écoutes, enfin ! Il n’y a eu que du près, que du près, que du près ! C’est quand même agréable d’arriver au sommet de la montagne. Pour l’instant, il y a 15 nœuds environ et il doit y avoir deux mètres de mer. Le soleil se lève sur ce que je considère être un début d’alizé, en tout cas un début de vent portant dans l’Atlantique Nord. On n’est qu’aux latitudes de Gibraltar. On n’est pas du tout sous des latitudes tropicales mais on sent que ça va arriver et ça fait très, très plaisir. On va essayer de se faufiler dans un trou de souris pour essayer de garder ces vents portants. Normalement, c’est quelque chose qui doit être faisable. Il va falloir faire bien attention, éviter cette zone avec vraiment peu de vent et rester vigilant".


Après une semaine de course, il reste encore à tous ces Rhum Mono du chemin à faire, un peu plus de 2200 milles à parcourir.


A noter que Daniel Ecalard ( Sos Pare Brise +) a repris sa route en fin de matinée, après une escale technique à Vigo pour réparer ses pilotes.


Rhum Multi : trouver sa voie


Chez les Multi, la flotte s’est clairement scindée en deux. A l’ouest, le groupe, toujours mené par le flamboyant belge Gilles Buekenhout (Jess), imperturbable à bord de son Multi40, compte donc six bateaux dont les cinq catamarans toujours en course. Là encore le scénario qui se profile devant les étraves n’a rien de simple et “La météo n’est pas facile ! confirmait Gilles Buekenhout ce matin à la vacation. “Je n’ai pas encore vu d’ouverture pour partir vers les alizés. Tout à l’heure j’étais à 22 nœuds. Là, je ne suis plus qu’à 10 nœuds pour 17 nœuds de vent, mais il y a quand-même pas mal de bouffes de vent, donc il faut faire vachement gaffe!” Gilles garde en tête son objectif de faire une belle trajectoire. Lui qui avoue avoir cassé son bout-dehors juste après le départ, a tenté de se frayer un chemin, le plus court possible à travers les fronts et d’attaquer pour tenter de creuser l’écart avec ses poursuivants. Bout-dehors réparé après un joli exercice de funambulisme, son but désormais, est de se rapprocher de la route directe : "Je commence à être dans du portant. J’avance vers l’orthodromie et je vais faire une aile de mouette.” Contourner ou couper la barrière anticyclonique, Gwen Chapalain (Guyader-Savéol) a choisi, lui, de trancher dans le vif en tentant la grande traversée. Arrivera-t-il à se faufiler dans un petit trou de souris ? Réponse dès demain.


Partisans de la route historique au sud, les quatre Olden Goldies, accompagnés de Fabrice Payen (Ille et Vilaine Cap vers l’inclusion), ont débordé Madère et affichent une moyenne de progression autour de 6 nœuds. En route vers les Canaries, il ne leur reste qu’une grosse centaine de milles à parcourir avant de toucher les alizés et, qui sait, revenir complètement dans le match.


Roland Jourdain (We explore)Au milieu de l’Atlantique, le bonheur est dans le près, le pré ou le champ de lin ! Le bateau se comporte magnifiquement bien. On a pas fini de remonter la piste de ski. L’anticyclone des Açores se mérite. D’ici 24 heures, on devrait avoir les prémices d’un vent qui devrait nous amener vers la Guadeloupe. Pour l’instant, on tire encore des bords. Tout va bien mais c’est quand même fatigant. C’est fatigant de faire plusieurs sports en même temps, il faut se tenir debout, manœuvrer les voiles et passer un peu de temps au bureau pour savoir dans quelle direction aller aussi. Le spectacle est magnifique. Vous ne pouvez pas le voir mais j’ai une vue panoramique sur un soleil qui descend. Les coques de We Explore, qui pénètrent la houle avec délicatesse et un gros barbu qui regarde tout ça. »

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