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À partir du 20 Octobre à Saint-Malo  |  Du 06 Novembre en Guadeloupe

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Jean-Sébastien Biard (JBS Déménagement) tentera de traverser en moins de 24 jours ©DR


Si tous revendiquent une appétence aiguisée pour la compétition et affichent des palmarès édifiants, certains sont en quête de victoires plus personnelles : arriver au bout et franchir la ligne d’arrivée est la première d’entre elles. Il s'agit, aussi, parfois, de se battre contre le chronomètre pour égaler ou améliorer le temps de référence du bateau… autant de challenges à relever sur cette transatlantique en solitaire.


Des courses dans la course Des bateaux de légende, la catégorie Rhum en compte des dizaines : Trilogic, Dupon Duran II, Moxie, Kriter 8, Pen Duick III, le Cigare rouge… autant de noms évocateurs de records de l’Atlantique, de tours du monde homériques ou de victoires mémorables. Quand on court sur un bateau iconique, il faut savoir être à la hauteur de sa monture ; un premier défi pour de nombreux skippers de la Catégorie Rhum pour lesquels le bateau a déjà parfois connu son heure de gloire. Thomas Lurton, plus jeune concurrent (25 ans) de la catégorie Rhum Multi sur le plus vieux bateau de la flotte (1979) aura son challenge à relever : “Quand on hérite d’un bateau comme celui-ci, il faut se montrer à la hauteur !” Effectivement, Moxie Bâti-Armor est une légende dans les pays anglo-saxons : le 50 pieds est entré dans l’histoire de la course au large en remportant la célèbre Transat anglaise L'OSTAR 1980. L’Américain Philip Weld, 66 ans, venait alors de parcourir les 2 810 milles nautiques (5 204 km) de cette traversée à 6,52 nœuds (12,07 km/h) de moyenne, améliorant de soixante-deux heures et trois minutes le record établi en 1972 par Alain Colas sur Manureva (Pen Duick IV).


Il peut s’agir alors de courir contre le chronomètre et de battre, par exemple, le temps de référence de leur voilier. Jean-Sébastien Biard (JSB déménagement) s’apprête à relever le challenge : ”L’objectif premier est d’arriver de l’autre côté de l’Atlantique ; la cerise sur le gâteau serait de réaliser le parcours en 24 jours pour battre le temps réalisé par Patrice Carpentier en 1982. Il avait couru la Route du Rhum en 24 jours et quelques heures sur un Sunshine 38, un bateau de série un peu équivalent au mien. Depuis, ce temps n’a jamais été réalisé avec un bateau du même genre. Ce sera mon challenge sportif. Ça va m’aider à me pousser pendant la course parce que je n’ai pas de “copains” sur l’eau, les autres sont tous plus grands, tous plus rapides. Je vais me bagarrer tout seul contre le chronomètre, ce qui devrait me permettre d’arriver avant la clôture de la ligne. Le bateau est capable de faire ça, l’arbitre sera la météo, comme toujours !”


Une météo qui devrait mettre à mal ces ambitions : deux fronts successifs sont annoncés pour le début de semaine, avec un vent fort et une mer démontée à la sortie de la pointe bretonne qui viendront forcément entraver la progression de la flotte. “Nous allons attendre les fichiers de demain pour voir comment négocier ces systèmes, expliquait Erwan Thiboumery (Interaction). Pour tous, l’objectif premier est d’arriver de l’autre côté, de prendre soin, d’honorer en quelque sorte nos bateaux qui ont des palmarès exceptionnels. Rich Wilson, qui avait en 1993 établi le record entre San Francisco - New-York en 69 jours avec ce multicoque, est passé à bord cette semaine. Nous avons longuement échangé, évoqué ses propriétaires successifs. Tous ces marins, toutes ces aventures me donnent une énergie particulière et confèrent une âme singulière à mon bateau Interaction. Mon objectif premier est de préserver l’intégrité du bateau, honorer ce passé en passant la ligne d’arrivée à Pointe-à-Pitre pour continuer à écrire cette très belle histoire.”

  • 3 nov. 2022
  • 3 min de lecture

Jean-Sébastien Biard (JBS Déménagement) tentera de traverser en moins de 24 jours ©DR


Si tous revendiquent une appétence aiguisée pour la compétition et affichent des palmarès édifiants, certains sont en quête de victoires plus personnelles : arriver au bout et franchir la ligne d’arrivée est la première d’entre elles. Il s'agit, aussi, parfois, de se battre contre le chronomètre pour égaler ou améliorer le temps de référence du bateau… autant de challenges à relever sur cette transatlantique en solitaire.


Des courses dans la course Des bateaux de légende, la catégorie Rhum en compte des dizaines : Trilogic, Dupon Duran II, Moxie, Kriter 8, Pen Duick III, le Cigare rouge… autant de noms évocateurs de records de l’Atlantique, de tours du monde homériques ou de victoires mémorables. Quand on court sur un bateau iconique, il faut savoir être à la hauteur de sa monture ; un premier défi pour de nombreux skippers de la Catégorie Rhum pour lesquels le bateau a déjà parfois connu son heure de gloire. Thomas Lurton, plus jeune concurrent (25 ans) de la catégorie Rhum Multi sur le plus vieux bateau de la flotte (1979) aura son challenge à relever : “Quand on hérite d’un bateau comme celui-ci, il faut se montrer à la hauteur !” Effectivement, Moxie Bâti-Armor est une légende dans les pays anglo-saxons : le 50 pieds est entré dans l’histoire de la course au large en remportant la célèbre Transat anglaise L'OSTAR 1980. L’Américain Philip Weld, 66 ans, venait alors de parcourir les 2 810 milles nautiques (5 204 km) de cette traversée à 6,52 nœuds (12,07 km/h) de moyenne, améliorant de soixante-deux heures et trois minutes le record établi en 1972 par Alain Colas sur Manureva (Pen Duick IV).


Il peut s’agir alors de courir contre le chronomètre et de battre, par exemple, le temps de référence de leur voilier. Jean-Sébastien Biard (JSB déménagement) s’apprête à relever le challenge : ”L’objectif premier est d’arriver de l’autre côté de l’Atlantique ; la cerise sur le gâteau serait de réaliser le parcours en 24 jours pour battre le temps réalisé par Patrice Carpentier en 1982. Il avait couru la Route du Rhum en 24 jours et quelques heures sur un Sunshine 38, un bateau de série un peu équivalent au mien. Depuis, ce temps n’a jamais été réalisé avec un bateau du même genre. Ce sera mon challenge sportif. Ça va m’aider à me pousser pendant la course parce que je n’ai pas de “copains” sur l’eau, les autres sont tous plus grands, tous plus rapides. Je vais me bagarrer tout seul contre le chronomètre, ce qui devrait me permettre d’arriver avant la clôture de la ligne. Le bateau est capable de faire ça, l’arbitre sera la météo, comme toujours !”


Une météo qui devrait mettre à mal ces ambitions : deux fronts successifs sont annoncés pour le début de semaine, avec un vent fort et une mer démontée à la sortie de la pointe bretonne qui viendront forcément entraver la progression de la flotte. “Nous allons attendre les fichiers de demain pour voir comment négocier ces systèmes, expliquait Erwan Thiboumery (Interaction). Pour tous, l’objectif premier est d’arriver de l’autre côté, de prendre soin, d’honorer en quelque sorte nos bateaux qui ont des palmarès exceptionnels. Rich Wilson, qui avait en 1993 établi le record entre San Francisco - New-York en 69 jours avec ce multicoque, est passé à bord cette semaine. Nous avons longuement échangé, évoqué ses propriétaires successifs. Tous ces marins, toutes ces aventures me donnent une énergie particulière et confèrent une âme singulière à mon bateau Interaction. Mon objectif premier est de préserver l’intégrité du bateau, honorer ce passé en passant la ligne d’arrivée à Pointe-à-Pitre pour continuer à écrire cette très belle histoire.”

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