- 10 nov. 2022
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Banque Populaire XI qui navigue actuellement au portant à 20 noeuds est attendu ce soir entre 23 heures et minuit à Lorient. Son équipe va tout mettre en oeuvre, après vérification du bateau, pour qu’Armel Le Cléac’h puisse remettre le cap sur la Guadeloupe avec la dérive initiale du bateau, prête à être réinstallée. Les explications avec Ronan Lucas, directeur du Team Banque Populaire.
Décidément, les appendices sont bien le talon d’Achille des Ultim 32/23 et l’avarie de Banque Populaire XI vient s'ajouter à une liste déjà longue de courses entravées par ce genre de soucis sur les différents multicoques volants. Alors qu’il naviguait au près à 25 noeuds dans des conditions de mer normales, Armel Le Cléac'h a simplement constaté que la dérive était brisée au ras de la coque centrale. Contrairement à ce qui est généralement le cas, il n’y a visiblement pas eu de choc avec un OFNI et à la question de savoir si la dérive aurait pu être fragilisée pendant les premières 24 heures de course, la réponse semble plutôt non : « Armel n’a relevé aucun choc depuis le début de la course. Ce serait plus facile de savoir. Il va falloir faire des analyses et essayer de comprendre » constatait ce soir Ronan Lucas.
Une rupture à l’effort ?
C’est donc potentiellement en résistance pure que l’appendice s’est montré défaillant, un appendice pourtant « testé encore cet été après la Finistère Atlantique où les bateaux avaient fait un énorme bord de près comparable à celui-là et revérifiée ensuite » poursuivait le team manager. La dérive centrale des Ultim 32/23 a non seulement une fonction anti-dérive classique mais elle participe à l’équilibre général du bateau et également à son couple de redressement. En effet, son plan porteur horizontal situé à sa base permet soit de soulager la coque centrale (au portant), soit de la « retenir » lorsque le foil est sollicité à 100% et qu’il s’agit alors d’empêcher la coque de se soulever et le bateau de gîter (au près ou au reaching). Elle est donc soumise à des efforts complexes et considérables, pas seulement en flexion comme celle d'un dériveur. Continuer sans dérive aurait-il été possible sur ces bateaux dont l’essentiel de la puissance est générée par les foils ? « Si nous avions été de l’autre côté des Açores, on y aurait réfléchi concède Ronan Lucas. Mais là, avec deux fronts à passer, ce n’était pas raisonnable. En tous cas la décision d’abattre et de mettre le cap sur Lorient a été très dure pour Armel » Après avoir du renoncer à participer en 2014 suite à une blessure à la main puis avoir perdu son bateau en 2018 (Banque Populaire IX), la Route du Rhum -Destination Guadeloupe ne sourit décidément pas au skipper qui avait pourtant signé un excellent début de course, dans la roue du Maxi Edmond de Rothschild depuis Saint-Malo.
Départ demain matin ?
Une fois à Lorient où il est attendu entre 23 h et minuit, l’équipe procèdera à un check complet du bateau pour vérifier qu’il n’y a pas de dégâts collatéraux (puits de dérive, coque ou autres appendices endommagés). Le changement de la dérive en lui-même pourrait être rapide et Banque Populaire XI pourrait tourner à nouveau ses étraves vers l’ouest dès demain matin. Dans quel état d’esprit ? «Celui de rejoindre la Guadeloupe dit Ronan Lucas fataliste, avec peut-être quelques bateaux à doubler. Mais les carottes paraissent relativement cuites et on ne va pas parier sur des avaries de nos camarades …»
Ronan Lucas, en compagnie d'Armel Le Cléac'h avant la course. © Easy ride/BPCE
