- 8 nov. 2022
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©Benoit Stichelbaut
La navigatrice, Catherine Chabaud, était entrée dans l’histoire de la course au large en 1997, première femme à boucler le Vendée Globe sur le fameux Cigare Rouge, un plan Harlé taillé pour le près. Après une décennie à parcourir les mers du globe et à exercer son métier de journaliste, Catherine défend aujourd’hui l’environnement et, en particulier, les océans auprès du parlement européen. Avec cette participation à la Route du Rhum - Destination Guadeloupe, elle signe son retour en compétition en solitaire sur son bateau de cœur, avec un enthousiasme intact et l’envie de bien faire, rencontre….
Bonjour Catherine, comment te sens-tu à la veille du départ ?
Bien ! J’ai bien profité de ces derniers moments à terre : je suis allée me faire masser, je retourne nager, me détendre et je fais beaucoup de météo avec Eric Mas. Je me mets dans ma bulle plus facilement, parce qu’on a moins de sollicitation en tous genres. Je me sens globalement plus zen d’autant que les conditions météo sont plus favorables
Quel est le scénario pour toi sur les premiers jours de course ? Nous allons partir au près, ce qui est une bonne chose pour moi avec un bateau, le cigare rouge, typé pour ces conditions. Il me reste à affiner la latitude à laquelle passer le front selon sa vitesse de progression et l’heure à laquelle je vais moi-même passer la pointe de la Bretagne. Ces premières heures de course vont être très importantes pour moi avant de pouvoir cavaler vers l’anticyclone dans l’autoroute des alizés. Je vais devoir engranger des milles sur cette première semaine alors que c’est le moment où on se met en route, surtout pour moi qui suis un peu diesel : il va falloir que j’aille au-delà de ma nature ! Mais c’est important que je gagne des milles sur la route face à ceux qui ont des bateaux plus performants aux allures portantes ! .
© Benoit Stichelbaut
On te sent très motivée sportivement pour cette course ?Oui, j’ai vite retrouvé mon côté compétitrice. En venant ici, j’avais pour objectif premier de bénéficier des retombées médiatiques de la Route du Rhum pour exposer les causes que je défends au parlement européen à savoir l’Océan, bien commun de l’humanité ! Ce défi a désormais été relevé, à terre, avant le départ, ce dont je suis particulièrement heureuse. Et la compétitrice que je suis, est maintenant de retour. Je suis persuadée que le bateau peut faire un podium même si la concurrence est forte. Je parle assez facilement de Jean-Pierre [Dick] qui fait figure de favori, mais il y a en a d’autres prétendants au podium, comme par exemple Wilfrid Clerton (Cap au Cap Location) qui connaît son bateau par cœur ou encore Daniel Ecalard (Sos Pare Brise Plus) avec son Open 50, signé Finot Conq… Je vais plutôt essayer de faire Ma course, celle qui va bien avec mon bateau et qui ira, aussi, avec mon physique ; ma capacité à envoyer de la toile, à ne pas l’envoyer, ou jusqu’où je vais pouvoir la garder compte tenu de mon expérience. J’ai aussi l’ambition de terminer la course parce que mon abandon en 1998 m’avait laissé un gros sentiment de frustration. Quoiqu’il en soit, j'ai beaucoup de plaisir à me retrouver en solitaire sur ce bateau.
