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À partir du 20 Octobre à Saint-Malo  |  Du 06 Novembre en Guadeloupe

Pink Poppy Flowers

MOTS DU BORD. Certes, tout n’est pas toujours rose au cœur de la flotte des Class40. Les bateaux de Maxime Cauwe (Wisper) et Cédric Chateau (Sogestran-Seafrigo) se sont couchés dans l’eau, Morgane Ursault-Poupon (Médecins du monde) a enchaîné les galères... Mais dans le même temps, l'arrivée se rapproche. Kito de Pavant (HBF Reforest’Action) a croisé un rorqual, Nicolas d’Estais (HappyVore-Café Joyeux) “écoute” des films et Baptiste Hulin (Rennes-St Malo-Parenthèses de vie) savoure la course, du “match race” dans l’Atlantique.


Baptiste Hulin (Rennes-St Malo Parenthèses de vie) : « du match race dans l’Atlantique » « Il y a eu un lever de soleil et c’était magnifique ! Il y a pas mal de vent, de belles vagues à surfer. Il fait beau, chaud, on est accompagné par des poissons volants et le bateau va vite, c’est chouette. J’ai la chance d’être dans un petit groupe avec pas mal de monde. Je suis en contact presque direct avec William Mathelin-Moreaux, il y a Jules Bonnier qui n’est pas loin… Ça oblige à être devant la cartographie et à analyser ce que font les autres. On vit un truc de fou, c’est du match race dans l’Atlantique ! Comme je suis compétiteur, je préfère ça plutôt que d’être tout seul dans mon coin ! »


Maxime Cauwe (Wisper) : “le mât est tombé dans l’eau” « Ça va pas mal ! Il fait beau et chaud dans les Alizés mais je sors d’une nuit à l’enfer avec des grains comme j’en avais vu. Le mât est tombé dans l’eau et ça a tout foutu en vrac, j’ai eu des dégâts sur mon spi… C’était vraiment un truc pas drôle. Concernant la course, j’ai privilégié aller vers le Sud pour trouver du vent fort parce que ça correspondait mieux aux voiles que j’avais à bord. J’ai un vieux bateau donc je sais que c’est comme ça que je peux revenir et refaire mon retard depuis mon arrêt à Camaret. Je regarde le classement une fois par jour et il y a Anatole qui n’est pas loin et 2/3 bateaux que je peux aussi rattraper jusqu’à l’arrivée ! »


Simon Koster


Morgane Ursault-Poupon (Médecins du monde) : « une ascension au mât en pleine mer » « J’ai pas du tout passé un bon week-end. J’ai enchaîné les galères de spi depuis vendredi : spi à l'eau, spi déchiré, spi déchiré et pour finir par le « must du must » : spi coincé dans le mât. J'ai dû monter en haut du mat dans une houle formée pour faire descendre le spi. Autant vous dire que je suis un peu épuisée ! Vous me direz « quel marin ne l'est pas aujourd’hui » ... J’attendais avec impatience ces alizées, douces et agréables. Et bien je suis un peu déçue... Par contre, côté sportif et régate pur, je crois que je n'ai jamais autant performé et poussé mes limites et celles du bateau et ça c'est pas mal. Lui et moi on a du potentiel) Malheureusement mes soucis techniques ont gâché toute mon avancée et mes pointes de vitesses à 20 nœuds, durant de longues heures. La journée d'aujourd'hui a été particulièrement difficile et coûteuse en termes de place et d'énergie. Une ascension au mât en pleine mer reste quelque chose d'intense que je ne suis pas prête d'oublier et mon corps non plus, je suis couverte de bleus ! Ce soir, je suis sous gennak et finalement c'est la voile du temps car je n'ai plus de spi de capelage et les grands spis qui me restent sont trop grands... »


Simon Koster (Banque du Léman) : “les conditions sont géniales !” « La nuit dernière, ça a un peu dérapé au niveau des manœuvres. Du coup, j’ai dû faire des bricoles. Il reste un peu plus de 600 milles à courir jusqu’à la Tête-à-l’Anglais. Aux vitesses actuelles, ça ne va pas nous prendre beaucoup de temps. Là, c’est de la navigation dans les alizés comme dans les livres, du vent fort des vagues du soleil. Et pour rendre tout ça amusant, on mélange quelques grains la dedans et le marin est bien occupé ! Les conditions sont vraiment géniales. En matière de compétition, les écarts se sont un peu creusés mais je reste d’attaque. On ne sait jamais ! Les copains de derrière sont quand même pas si loin que ça. Au niveau nourriture, j’ai fini les dernières galettes fajitas avec des rillettes sous le soleil et un pot de chocolat ce soir. Il va falloir manger de vrais plats à nouveau !”


Cédric Château (Sogestran-Seafrigo) : “sans raison, je perds le contrôle du bateau” “Il y a la célèbre citation de Michel Desjoyeaux qui résumait : "le Vendée Globe, c'est une journée, une emmerde ". Et j'ajouterais bien : “une nuit, une emm…” Il est bien connu d'ailleurs que la loi de Murphy ne se déclenche pratiquement que minuit passé. En début de nuit, je mollis un peu le rythme car ça commençait à taper un peu fort et en fin de nuit, j'ai eu un empannage à passer. On n'est pas sur un gros gros programme... C'est le timing pour l'empannage, il y a 25 nœuds. Confiant, je me dis qu'on le fait sans la chaussette et hop c'est parti, et ça passe, plutôt bien d'ailleurs. Puis, sans raison, je perds le contrôle du bateau qui se couche. Une fois, deux fois, trois fois, je me dis que ça peut durer longtemps, je me mets plein vent arrière et vais jeter un coup d'œil aux safrans.


Bingo, le cordage qui maintient à poste notre safran bâbord (gouvernail) a cédé. Je ré-empanne pour me mettre sur le bon safran, le spi en attendant a fait une cocotte ! Normal, on est minuit passé, la loi de Murphy est bien là… Et je commence les réparations. Ça me prend environ 45 minutes, pendu par-dessus le tableau arrière. Mais là encore, j’ai tout le matériel de sécurité indiqué pour ce genre d'opération (tongs de sécurité, lunettes de soleil et crème bronzante entre autres). Bref, l'incident est fini, nous voici repartis en tribord pour une journée riche en informations car nous allons sans doute croiser des confrères sur la route.”


Nicolas d’Estais (HappyVore – Café Joyeux) : « le son de quelques films » « Les journées se suivent et se ressemblent ! Ça va faire bientôt 4 jours que je suis sur le même bord et que je vis dans les mêmes 2m2 (soit mon pouf, la marche de descente, le siège de veille sous la casquette) avec garde-manger à proximité immédiate. Je passe la journée à ajuster le compromis cap/vitesse du bateau à coups de +1/-1 sur la télécommande de pilote et de +/- 5 cm sur les différentes écoutes des voiles. Il faut beau, chaud mais pas trop, le bateau glisse, je suis bien protégé des vagues. Franchement c'est plutôt sympa. Les podcasts téléchargés avant le départ de la course défilent au rythme du sillage. J'ai aussi quelques films (mais uniquement le son!). Je me suis fait Taxi et Mission Cléopâtre hier. Je pense que ça sera les Visiteurs aujourd'hui !


Vous allez penser que je suis distrait mais je ne pense qu'à une seule chose : doubler Kito, Ian, Axel et faire en sorte que ceux qui sont derrière le restent ! Stratégiquement les dés sont jetés du fait de mon positionnement sous le vent. On n’aura pas la réponse tout de suite car tout dépend de l'orientation du vent dans lequel les copains du sud est feront leur bord tribord ! Si c'est du 110° ça serait une excellente nouvelle, si c'est du 70° ça sera moins sympa. Affaire à suivre ! »


Kito de Pavant : « costauds les alizés ! » « Hier je terminai mon petit mot quotidien par l’apparition d’un grain. C’était le premier d’une longue série qui m’a malmené toute la nuit. De la pluie, des rafales de vent et de la mer devenant incommode. J’ai hésité à garder le grand spi car le vent moyen, autour de 20 nœuds, devait permettre de le tenir. Mais les sargasses ont fini par me persuader qu’il était plus sage de le remplacer par le petit spi. En effet, les sargasses se prennent dans le safran sous le vent, le font caviter au point de le rendre inefficace et au bout de quelques vagues, le bateau part au lof, couché sur l’eau, le spi de 200m² battant violemment. L’avantage, et il est bien le seul, c’est que les algues ne résistent pas à ce traitement et le bateau peut reprendre sa route normalement.


Donc au bout de quelques vracs, j’ai pris la décision de réduire la voilure. Dans le noir, car il ne reste plus qu’un tout petit bout de lune insuffisant pour éclairer le pont, j’ai donc changé le spi noir par le spi blanc. A noter que dans la nuit noire, on ne voit pas plus un spi blanc qu’un spi noir… Une fois tout installé, force est de constater que le bateau va au moins aussi vite mais surtout est beaucoup plus stable… Une fois le jour levé, on s’aperçoit que l’océan est un champ de bataille avec de la mer croisée et 3 à 4 m de creux. Il me paraît incroyable que le pilote arrive à tenir un cap dans ce champs de bosses ? Et pourtant, il le fait !


Un peu plus tard, je vois un aileron passer tout près de l’étrave. Tiens un dauphin ? Je n’en ai quasiment pas vu depuis Saint-Malo. Je scrute alors les alentours et m’aperçois que ce n’est pas un dauphin mais quelque chose de plus gros. Je pense à un orque, avec un peu d’appréhension, au vu des histoires d’attaques de ces derniers mois, mais je pense finalement observer un rorqual, de petite taille, je dirai 10/12 m, avec sa gueule reconnaissable et son aileron allongé. Il suit à une bonne distance du bateau à la même vitesse. J’essaie de prendre une vidéo mais ce n’est jamais facile.


J’ai passé la journée sans connexion, donc pas de fichiers météo, et pas de vidéo de Rorqual, faute à une coupure du service par le provider… le problème est résolu. La girouette de secours est tombée du haut du mât… sur le pont. Un petit miracle. Ça fait une semaine qu’elle menaçait de se faire la malle après le mauvais temps qu’on a subi. Il faut dire que je n’aurais pas aimé être à sa place !!!


Sinon, les bonnes nouvelles du jour, c’est que je suis à moins de 1000 milles de la Guadeloupe et que j’ai franchi le tropique du Cancer et c’est toujours sympa de se savoir sous les tropiques en novembre…


Par conséquent, la playlist va prendre petit à petit une tournure latino…


  1. David Walters / No One

  2. Luisa Maita / Lero-Lero Et en bonus, pour profiter de la belle nuit sans lune et donc avec plein d’étoiles, filantes ou pas..

  3. Astronauts / Skydive »

  • 22 nov. 2022
  • 7 min de lecture

MOTS DU BORD. Certes, tout n’est pas toujours rose au cœur de la flotte des Class40. Les bateaux de Maxime Cauwe (Wisper) et Cédric Chateau (Sogestran-Seafrigo) se sont couchés dans l’eau, Morgane Ursault-Poupon (Médecins du monde) a enchaîné les galères... Mais dans le même temps, l'arrivée se rapproche. Kito de Pavant (HBF Reforest’Action) a croisé un rorqual, Nicolas d’Estais (HappyVore-Café Joyeux) “écoute” des films et Baptiste Hulin (Rennes-St Malo-Parenthèses de vie) savoure la course, du “match race” dans l’Atlantique.


Baptiste Hulin (Rennes-St Malo Parenthèses de vie) : « du match race dans l’Atlantique » « Il y a eu un lever de soleil et c’était magnifique ! Il y a pas mal de vent, de belles vagues à surfer. Il fait beau, chaud, on est accompagné par des poissons volants et le bateau va vite, c’est chouette. J’ai la chance d’être dans un petit groupe avec pas mal de monde. Je suis en contact presque direct avec William Mathelin-Moreaux, il y a Jules Bonnier qui n’est pas loin… Ça oblige à être devant la cartographie et à analyser ce que font les autres. On vit un truc de fou, c’est du match race dans l’Atlantique ! Comme je suis compétiteur, je préfère ça plutôt que d’être tout seul dans mon coin ! »


Maxime Cauwe (Wisper) : “le mât est tombé dans l’eau” « Ça va pas mal ! Il fait beau et chaud dans les Alizés mais je sors d’une nuit à l’enfer avec des grains comme j’en avais vu. Le mât est tombé dans l’eau et ça a tout foutu en vrac, j’ai eu des dégâts sur mon spi… C’était vraiment un truc pas drôle. Concernant la course, j’ai privilégié aller vers le Sud pour trouver du vent fort parce que ça correspondait mieux aux voiles que j’avais à bord. J’ai un vieux bateau donc je sais que c’est comme ça que je peux revenir et refaire mon retard depuis mon arrêt à Camaret. Je regarde le classement une fois par jour et il y a Anatole qui n’est pas loin et 2/3 bateaux que je peux aussi rattraper jusqu’à l’arrivée ! »


Simon Koster


Morgane Ursault-Poupon (Médecins du monde) : « une ascension au mât en pleine mer » « J’ai pas du tout passé un bon week-end. J’ai enchaîné les galères de spi depuis vendredi : spi à l'eau, spi déchiré, spi déchiré et pour finir par le « must du must » : spi coincé dans le mât. J'ai dû monter en haut du mat dans une houle formée pour faire descendre le spi. Autant vous dire que je suis un peu épuisée ! Vous me direz « quel marin ne l'est pas aujourd’hui » ... J’attendais avec impatience ces alizées, douces et agréables. Et bien je suis un peu déçue... Par contre, côté sportif et régate pur, je crois que je n'ai jamais autant performé et poussé mes limites et celles du bateau et ça c'est pas mal. Lui et moi on a du potentiel) Malheureusement mes soucis techniques ont gâché toute mon avancée et mes pointes de vitesses à 20 nœuds, durant de longues heures. La journée d'aujourd'hui a été particulièrement difficile et coûteuse en termes de place et d'énergie. Une ascension au mât en pleine mer reste quelque chose d'intense que je ne suis pas prête d'oublier et mon corps non plus, je suis couverte de bleus ! Ce soir, je suis sous gennak et finalement c'est la voile du temps car je n'ai plus de spi de capelage et les grands spis qui me restent sont trop grands... »


Simon Koster (Banque du Léman) : “les conditions sont géniales !” « La nuit dernière, ça a un peu dérapé au niveau des manœuvres. Du coup, j’ai dû faire des bricoles. Il reste un peu plus de 600 milles à courir jusqu’à la Tête-à-l’Anglais. Aux vitesses actuelles, ça ne va pas nous prendre beaucoup de temps. Là, c’est de la navigation dans les alizés comme dans les livres, du vent fort des vagues du soleil. Et pour rendre tout ça amusant, on mélange quelques grains la dedans et le marin est bien occupé ! Les conditions sont vraiment géniales. En matière de compétition, les écarts se sont un peu creusés mais je reste d’attaque. On ne sait jamais ! Les copains de derrière sont quand même pas si loin que ça. Au niveau nourriture, j’ai fini les dernières galettes fajitas avec des rillettes sous le soleil et un pot de chocolat ce soir. Il va falloir manger de vrais plats à nouveau !”


Cédric Château (Sogestran-Seafrigo) : “sans raison, je perds le contrôle du bateau” “Il y a la célèbre citation de Michel Desjoyeaux qui résumait : "le Vendée Globe, c'est une journée, une emmerde ". Et j'ajouterais bien : “une nuit, une emm…” Il est bien connu d'ailleurs que la loi de Murphy ne se déclenche pratiquement que minuit passé. En début de nuit, je mollis un peu le rythme car ça commençait à taper un peu fort et en fin de nuit, j'ai eu un empannage à passer. On n'est pas sur un gros gros programme... C'est le timing pour l'empannage, il y a 25 nœuds. Confiant, je me dis qu'on le fait sans la chaussette et hop c'est parti, et ça passe, plutôt bien d'ailleurs. Puis, sans raison, je perds le contrôle du bateau qui se couche. Une fois, deux fois, trois fois, je me dis que ça peut durer longtemps, je me mets plein vent arrière et vais jeter un coup d'œil aux safrans.


Bingo, le cordage qui maintient à poste notre safran bâbord (gouvernail) a cédé. Je ré-empanne pour me mettre sur le bon safran, le spi en attendant a fait une cocotte ! Normal, on est minuit passé, la loi de Murphy est bien là… Et je commence les réparations. Ça me prend environ 45 minutes, pendu par-dessus le tableau arrière. Mais là encore, j’ai tout le matériel de sécurité indiqué pour ce genre d'opération (tongs de sécurité, lunettes de soleil et crème bronzante entre autres). Bref, l'incident est fini, nous voici repartis en tribord pour une journée riche en informations car nous allons sans doute croiser des confrères sur la route.”


Nicolas d’Estais (HappyVore – Café Joyeux) : « le son de quelques films » « Les journées se suivent et se ressemblent ! Ça va faire bientôt 4 jours que je suis sur le même bord et que je vis dans les mêmes 2m2 (soit mon pouf, la marche de descente, le siège de veille sous la casquette) avec garde-manger à proximité immédiate. Je passe la journée à ajuster le compromis cap/vitesse du bateau à coups de +1/-1 sur la télécommande de pilote et de +/- 5 cm sur les différentes écoutes des voiles. Il faut beau, chaud mais pas trop, le bateau glisse, je suis bien protégé des vagues. Franchement c'est plutôt sympa. Les podcasts téléchargés avant le départ de la course défilent au rythme du sillage. J'ai aussi quelques films (mais uniquement le son!). Je me suis fait Taxi et Mission Cléopâtre hier. Je pense que ça sera les Visiteurs aujourd'hui !


Vous allez penser que je suis distrait mais je ne pense qu'à une seule chose : doubler Kito, Ian, Axel et faire en sorte que ceux qui sont derrière le restent ! Stratégiquement les dés sont jetés du fait de mon positionnement sous le vent. On n’aura pas la réponse tout de suite car tout dépend de l'orientation du vent dans lequel les copains du sud est feront leur bord tribord ! Si c'est du 110° ça serait une excellente nouvelle, si c'est du 70° ça sera moins sympa. Affaire à suivre ! »


Kito de Pavant : « costauds les alizés ! » « Hier je terminai mon petit mot quotidien par l’apparition d’un grain. C’était le premier d’une longue série qui m’a malmené toute la nuit. De la pluie, des rafales de vent et de la mer devenant incommode. J’ai hésité à garder le grand spi car le vent moyen, autour de 20 nœuds, devait permettre de le tenir. Mais les sargasses ont fini par me persuader qu’il était plus sage de le remplacer par le petit spi. En effet, les sargasses se prennent dans le safran sous le vent, le font caviter au point de le rendre inefficace et au bout de quelques vagues, le bateau part au lof, couché sur l’eau, le spi de 200m² battant violemment. L’avantage, et il est bien le seul, c’est que les algues ne résistent pas à ce traitement et le bateau peut reprendre sa route normalement.


Donc au bout de quelques vracs, j’ai pris la décision de réduire la voilure. Dans le noir, car il ne reste plus qu’un tout petit bout de lune insuffisant pour éclairer le pont, j’ai donc changé le spi noir par le spi blanc. A noter que dans la nuit noire, on ne voit pas plus un spi blanc qu’un spi noir… Une fois tout installé, force est de constater que le bateau va au moins aussi vite mais surtout est beaucoup plus stable… Une fois le jour levé, on s’aperçoit que l’océan est un champ de bataille avec de la mer croisée et 3 à 4 m de creux. Il me paraît incroyable que le pilote arrive à tenir un cap dans ce champs de bosses ? Et pourtant, il le fait !


Un peu plus tard, je vois un aileron passer tout près de l’étrave. Tiens un dauphin ? Je n’en ai quasiment pas vu depuis Saint-Malo. Je scrute alors les alentours et m’aperçois que ce n’est pas un dauphin mais quelque chose de plus gros. Je pense à un orque, avec un peu d’appréhension, au vu des histoires d’attaques de ces derniers mois, mais je pense finalement observer un rorqual, de petite taille, je dirai 10/12 m, avec sa gueule reconnaissable et son aileron allongé. Il suit à une bonne distance du bateau à la même vitesse. J’essaie de prendre une vidéo mais ce n’est jamais facile.


J’ai passé la journée sans connexion, donc pas de fichiers météo, et pas de vidéo de Rorqual, faute à une coupure du service par le provider… le problème est résolu. La girouette de secours est tombée du haut du mât… sur le pont. Un petit miracle. Ça fait une semaine qu’elle menaçait de se faire la malle après le mauvais temps qu’on a subi. Il faut dire que je n’aurais pas aimé être à sa place !!!


Sinon, les bonnes nouvelles du jour, c’est que je suis à moins de 1000 milles de la Guadeloupe et que j’ai franchi le tropique du Cancer et c’est toujours sympa de se savoir sous les tropiques en novembre…


Par conséquent, la playlist va prendre petit à petit une tournure latino…


  1. David Walters / No One

  2. Luisa Maita / Lero-Lero Et en bonus, pour profiter de la belle nuit sans lune et donc avec plein d’étoiles, filantes ou pas..

  3. Astronauts / Skydive »

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