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À partir du 20 Octobre à Saint-Malo  |  Du 06 Novembre en Guadeloupe

Pink Poppy Flowers

© ESCOFFIER Loïc / Lodigroup


C’est fait ! Les Rhums Multi viennent de passer sous la barre des 1000 milles de l’arrivée. Si jusqu'ici la Guadeloupe semblait lointaine pour tous, si pour tous l’objectif premier était d’arriver, de traverser, cette distance virtuelle marque un cap. Désormais, les skippers peuvent se projeter et commencer à regarder le classement de beaucoup beaucoup plus près.


Loïc Escoffier (Lodigroup), Fabio Gennari (Bella Donna - Race For Pure Ocean ) et Catherine Chabaud (Formatives ESI Business School pour Ocean as Common) ont répondu à la vacation de ce matin. De leur côté, Gwen Chapalain (Guyader - Savéol), Olivier Nemsguern (ELORA) et Arnaud Pennarun (Viabilis - Pen Duick III & ACH pour les enfants de Robert Debré) nous ont envoyé leurs mots du bord.


Rhum Multi


Loïc Escoffier (Lodigroup): “C’est sportif mais ça va, je suis en forme ce matin. J'ai pu dormir correctement cette nuit tout en allant vite donc je suis de bonne humeur ce matin. Hier, ce n’était pas pareil ; on avait décidé de faire un petit décalage dans le nord-ouest et de ne pas rester dans l’axe de Bilou (Roland Jourdain, We Explore). On a mangé notre pain noir mais le décalage à l’air de porter ses fruits aujourd’hui. J’ai 23-25 nœuds de vent, 2,5 de houle des petits grains mais qui ne sont pas très actifs pour l’instant. Je viens de faire un surf à 23 nœuds. Là, j’ai augmenté la cadence, je viens loffer un petit peu. La nuit, je prends un angle de vent un chouilla plus bas que le jour. Les nuits sont vraiment noires, on ne voit pas les vagues arriver. Les vagues arrivent de trois-quart arrière et comme on a de petits safrans sur ces bateaux, la houle peut soulager le bateau par l’arrière et faire décrocher le pilote. Pour éviter ça la nuit, je me permet d’être un peu plus bas, pour être un peu plus dans l’axe des vagues et éviter de me faire décrocher. La compétition dans cette catégorie Rhum est vraiment super. Gilles (Buekenhout, JESS) fait une course magnifique ! Il a un bateau un peu plus performant mais il a été impérial, il n’a quasiment pas fait d’erreur. Et derrière, ça fait un moment que l’on ne se quitte plus ! J'ai fait pas mal de bord à bord avec Marc Guillemot (Metarom MG5). On s’est séparé, je suis allé avec Bilou et on ne s’est jamais quitté ! Hier j’étais revenu à 30 milles, il est reparti, je suis à nouveau en train de revenir…c’est très intéressant. Marc et Gwen (Chapalain, Guyader - Savéol) eux reviennent d'une option plus sud. C’est intéressant pour nous et à suivre aussi. Sauf coup de Trafalgar, on connaît le vainqueur, mais on n’a pas le reste du classement. Il n’y a pas une heure où je ne regarde pas , j’ai des alarmes pour les classements. On continue de faire notre tactique par rapport à la météo et à un moment, on va tous s’aligner par rapport à la trajectoire donc ce sera de la tactique et de la trajectoire par rapport au bateau et c’est super motivant. Là, on est tous à l’attaque, je le vois aux moyennes !On ne discute pas du tout entre nous, j’ai eu Kito de Pavant (HBF - Reforest’Action) hier à la VHF pendant 5 minutes mais sinon, non on n’est pas trop en contact entre nous.


Gwen Chapalain (Guyader – Savéol): «Bonjour à tous. Autant hier était la journée presque parfaite (soleil, glisse, vent), autant cette nuit j’ai navigué soft. Il y avait des grains qui tombaient avec 30 nœuds dessous. J’ai passé trois heures avec la trinquette un ris, bien descendu dans le vent. Pas de risque inutile. Je viens de repasser sous génois. Il y a entre 20 et 25 nœuds mais on ne voit rien dehors. C’est une nuit sans lune. J’étais crevé et j’avais vraiment besoin de dormir un peu. La notion de chavirage est en permanence présente dans notre esprit. C’est un catamaran et, depuis que l’on a deux copains qui sont partis au tapis avec le même catamaran cette année, on fait naturellement plus attention. Les copains en Class40 ont une belle quille à 3 mètres de profondeur qui fait la bascule s’ils font une sortie de route ou s’ils partent au lof. Nous, on n’a pas le droit à l’erreur. Le système anti-chavirage marche bien mais on l’utilise comme un ABS sur une voiture. C’est un gros plus en sécurité. Mais avec les conditions de cette nuit, c’est quand même mieux de naviguer soft. La performance reste de côté quelques heures. On attend de voir clair avec l’arrivée du jour pour remettre plus de beurre et de crème dans le menu du jour. Bonne journée à tous. Gwen».


Rhum Mono


Catherine Chabaud (Formatives ESI Business School Pour Ocean as Common): "Bonjour, j’étais en train de dormir. On a de bonnes conditions avec un vent d’est presque nord-est. Il s'était renforcé hier (25 nœuds établis) je suis donc passée sous solent à l’avant, un ris dans la grand-voile et j’ai remis un peu de tape-cul. Ca ne m’a pas empêché de faire des pointes à 19 nœuds cette nuit et encore ce matin. Sans compter que c’est moins stressant qu’avec le gennaker. J’ai beaucoup dormi cette nuit, tout va bien. J’ai juste une tout petite fuite à l’avant. J'ai deux poissons volants sur le pont du bateau ce matin et hier j’ai vu les premières sargasses. On a fait pas mal de travaux sur le bateau et je le trouve très véloce, et je suis impressionnée par le pilote automatique ; je crois que j’ai réussi à bien le régler. Il va tout droit au portant et donc le bateau part régulièrement dans des surfs pas possible. Je suis impressionnée, le bateau va vraiment bien même si ça reste physique et je met du temps à manoeuvrer. J’ai mes marques mais avec ce que je suis aujourd’hui. Être sur l’eau, dans un grand espace, c’est expérimenter de vivre dans la nature. La mer est très vivante, les couleurs sont différentes. En revanche on n’a plus de lune, mais il n’y a pas de pollution lumineuse. L'océan est vivant est j’ai vraiment beaucoup de plaisir à expérimenter cela. Dans mes souvenirs de Vendée Globe, l'océan était plus peuplé. Je prends plaisir à perdre la notion du temps et je me suis pas mal reposée ces derniers jours pour récupérer de la première partie de course qui a été quand-même assez violente pour moi. Oui je regarde tous les temps les classements, comment j’évolue par rapport à Jean-Pierre (Dick, Notre Méditerranée - Ville de Nice), Willy (Bissainte, Tradysion Gwadloup), et Wilfrid (Clerton, Cap au Cap Location), je fais pas mal de météo. Là c’est plus simple parce que la route est assez droite.


Fabio Gennari (Bella Donna – Race For Pure Ocean): «Je suis allé très sud, aux Canaries pour deux raisons : j’ai des petits soucis de pilote et je voulais me tenir pas trop loin d’une côte au cas où il y ait besoin de réparer. Ensuite parce que j’avais peur d’être rattrapé par une vaste zone de pétole et donc j’ai fait du sud. Je suis passé entre les îles des Canaries. Pendant toute la descente, j’ai eu beaucoup de vent. J’ai eu à un moment plus de 46 nœuds en rafale. J’ai un vent qui est assez irrégulier surtout que là, je suis toujours sous l’influence des dévents des Canaries donc il y a des passages très ventés, d’autres beaucoup moins. Je suis sur la fin de ces dévents qui font un très long couloir. Dans l’ensemble, les conditions de navigation sont bonnes. Il ne fait pas encore un grand soleil mais il commence à faire beau et j’ai un peu moins de vagues. Ça change selon les îles, l’orientation du vent. J’ai eu ça toute la nuit ce qui n’est pas dramatique car ça permet quand même d’avancer mais ça oblige à régler très régulièrement le bateau. Et puis j’entre dans un régime d’alizés même si ce n’est pas super établi non plus. J’ai un vent très changeant, sans même parler des grains. Mon objectif est d’arriver au bout et que mon pilote tienne. J’ai très peu regardé où se trouvaient les autres concurrents. Ma route sud a beaucoup prolongé le trajet ; je n’espérais pas spécialement faire de résultat. Mais je constate qu’on n’est pas loin avec Rémy (Gérin, Faïaoahé). On s’est écrit et on navigue à peu près dans les mêmes endroits et à peu près aux mêmes vitesses. A un moment, on était un peu tous les trois, avec Rémy et Arnaud (Pennarun, Viabilis – Pen Duick III & ACH pour les enfants de Robert Debré). Je ne vois plus Arnaud. Je pense qu’il est beaucoup plus nord. Là j’ai abîmé la grand-voile au niveau des œillets pour la ferler quand elle a un ris. J’ai réparé une première partie hier et là j’ai empanné pour réparer de l’autre côté. Dès que je raccroche je vais aller finir de le mettre ça au propre».


Olivier Nemsguern (ELORA): “Désolé pour hier, j’étais ronchon…En fait il suffisait de râler : depuis hier aprem, j’ai trouvé un flux stable et ça trace et c’est plaisant :-) Enfin les alizés tels que dans mon souvenir ! A bientôt. Olivier.


Arnaud Pennarun (Viabilis – Pen Duick III & ACH pour les enfants de Robert Debré), reçu dimanche : « Bonjour à tous. Mon premier passager clandestin à apponter cette nuit entre mes pieds, le temps de la prendre en photo pour vous le montrer et de le remettre à l'eau, je pense qu'il a survécu. Mais dis donc c'est petit, mais ça pue !! Il s'agit d'un poisson volant, qui vole au-dessus des vagues pour échapper aux gros poissons qui, comme c'était samedi soir, devaient chercher des tapas pour l'apéro. Je vous envoie la photo. Aujourd'hui le soleil n'est pas apparu, mais la température de l'eau est passée à 20°C et je suis la journée en t-shirt. Ça glisse sous spi tangonné, je fais des moyennes de 6,5 nœuds par 24h00, c'est moyen, mais c'est en route directe. Je pense changer de spi demain, pour passer en asymétrique, sans tangon. C'est un peu plus facile à gérer si le vent augmente car il n’a pas besoin d’être porté par un tangon. De plus, les angles de route possibles sont plus nombreux. Enfin, en cas d'empannage, la manœuvre des deux tangons à gérer seul n'existe plus car ce spi asymétrique est glissé dans une chaussette. Ce qu'on appelle une chaussette est une gaine qui part du point haut du spi (son point de drisse) et qui le recouvre jusqu'en bas : son point d'amure et son point d'écoute. Il suffit de hisser cette chaussette en tête de mât. Le spi est donc ramassé à l'intérieur de la chaussette et il ne prend pas le vent, puis lorsque le point d'écoute et le point d'amure sont réglés, il suffit de faire coulisser cette chaussette vers le haut grâce à un va-et-vient qui reste au niveau du pont. Au fur et à mesure que la chaussette monte, le spi se déploie pour retrouver sa forme de ballon. Pour ramasser tout cela, on fait de même en descendant la chaussette de la tête du spi vers le bas. Beaucoup plus simple lorsqu'on est seul d'avoir un spi dans une chaussette plutôt que de devoir le récupérer à la main avec le risque que le vent prenne dedans ou qu'il parte dans l'eau. C’est le cas du spi symétrique que Pen Duick III porte en ce moment et qui n'a pas de chaussette, donc attention à la manœuvre. Bonne nuit. Arnaud ».

  • 21 nov. 2022
  • 8 min de lecture

© ESCOFFIER Loïc / Lodigroup


C’est fait ! Les Rhums Multi viennent de passer sous la barre des 1000 milles de l’arrivée. Si jusqu'ici la Guadeloupe semblait lointaine pour tous, si pour tous l’objectif premier était d’arriver, de traverser, cette distance virtuelle marque un cap. Désormais, les skippers peuvent se projeter et commencer à regarder le classement de beaucoup beaucoup plus près.


Loïc Escoffier (Lodigroup), Fabio Gennari (Bella Donna - Race For Pure Ocean ) et Catherine Chabaud (Formatives ESI Business School pour Ocean as Common) ont répondu à la vacation de ce matin. De leur côté, Gwen Chapalain (Guyader - Savéol), Olivier Nemsguern (ELORA) et Arnaud Pennarun (Viabilis - Pen Duick III & ACH pour les enfants de Robert Debré) nous ont envoyé leurs mots du bord.


Rhum Multi


Loïc Escoffier (Lodigroup): “C’est sportif mais ça va, je suis en forme ce matin. J'ai pu dormir correctement cette nuit tout en allant vite donc je suis de bonne humeur ce matin. Hier, ce n’était pas pareil ; on avait décidé de faire un petit décalage dans le nord-ouest et de ne pas rester dans l’axe de Bilou (Roland Jourdain, We Explore). On a mangé notre pain noir mais le décalage à l’air de porter ses fruits aujourd’hui. J’ai 23-25 nœuds de vent, 2,5 de houle des petits grains mais qui ne sont pas très actifs pour l’instant. Je viens de faire un surf à 23 nœuds. Là, j’ai augmenté la cadence, je viens loffer un petit peu. La nuit, je prends un angle de vent un chouilla plus bas que le jour. Les nuits sont vraiment noires, on ne voit pas les vagues arriver. Les vagues arrivent de trois-quart arrière et comme on a de petits safrans sur ces bateaux, la houle peut soulager le bateau par l’arrière et faire décrocher le pilote. Pour éviter ça la nuit, je me permet d’être un peu plus bas, pour être un peu plus dans l’axe des vagues et éviter de me faire décrocher. La compétition dans cette catégorie Rhum est vraiment super. Gilles (Buekenhout, JESS) fait une course magnifique ! Il a un bateau un peu plus performant mais il a été impérial, il n’a quasiment pas fait d’erreur. Et derrière, ça fait un moment que l’on ne se quitte plus ! J'ai fait pas mal de bord à bord avec Marc Guillemot (Metarom MG5). On s’est séparé, je suis allé avec Bilou et on ne s’est jamais quitté ! Hier j’étais revenu à 30 milles, il est reparti, je suis à nouveau en train de revenir…c’est très intéressant. Marc et Gwen (Chapalain, Guyader - Savéol) eux reviennent d'une option plus sud. C’est intéressant pour nous et à suivre aussi. Sauf coup de Trafalgar, on connaît le vainqueur, mais on n’a pas le reste du classement. Il n’y a pas une heure où je ne regarde pas , j’ai des alarmes pour les classements. On continue de faire notre tactique par rapport à la météo et à un moment, on va tous s’aligner par rapport à la trajectoire donc ce sera de la tactique et de la trajectoire par rapport au bateau et c’est super motivant. Là, on est tous à l’attaque, je le vois aux moyennes !On ne discute pas du tout entre nous, j’ai eu Kito de Pavant (HBF - Reforest’Action) hier à la VHF pendant 5 minutes mais sinon, non on n’est pas trop en contact entre nous.


Gwen Chapalain (Guyader – Savéol): «Bonjour à tous. Autant hier était la journée presque parfaite (soleil, glisse, vent), autant cette nuit j’ai navigué soft. Il y avait des grains qui tombaient avec 30 nœuds dessous. J’ai passé trois heures avec la trinquette un ris, bien descendu dans le vent. Pas de risque inutile. Je viens de repasser sous génois. Il y a entre 20 et 25 nœuds mais on ne voit rien dehors. C’est une nuit sans lune. J’étais crevé et j’avais vraiment besoin de dormir un peu. La notion de chavirage est en permanence présente dans notre esprit. C’est un catamaran et, depuis que l’on a deux copains qui sont partis au tapis avec le même catamaran cette année, on fait naturellement plus attention. Les copains en Class40 ont une belle quille à 3 mètres de profondeur qui fait la bascule s’ils font une sortie de route ou s’ils partent au lof. Nous, on n’a pas le droit à l’erreur. Le système anti-chavirage marche bien mais on l’utilise comme un ABS sur une voiture. C’est un gros plus en sécurité. Mais avec les conditions de cette nuit, c’est quand même mieux de naviguer soft. La performance reste de côté quelques heures. On attend de voir clair avec l’arrivée du jour pour remettre plus de beurre et de crème dans le menu du jour. Bonne journée à tous. Gwen».


Rhum Mono


Catherine Chabaud (Formatives ESI Business School Pour Ocean as Common): "Bonjour, j’étais en train de dormir. On a de bonnes conditions avec un vent d’est presque nord-est. Il s'était renforcé hier (25 nœuds établis) je suis donc passée sous solent à l’avant, un ris dans la grand-voile et j’ai remis un peu de tape-cul. Ca ne m’a pas empêché de faire des pointes à 19 nœuds cette nuit et encore ce matin. Sans compter que c’est moins stressant qu’avec le gennaker. J’ai beaucoup dormi cette nuit, tout va bien. J’ai juste une tout petite fuite à l’avant. J'ai deux poissons volants sur le pont du bateau ce matin et hier j’ai vu les premières sargasses. On a fait pas mal de travaux sur le bateau et je le trouve très véloce, et je suis impressionnée par le pilote automatique ; je crois que j’ai réussi à bien le régler. Il va tout droit au portant et donc le bateau part régulièrement dans des surfs pas possible. Je suis impressionnée, le bateau va vraiment bien même si ça reste physique et je met du temps à manoeuvrer. J’ai mes marques mais avec ce que je suis aujourd’hui. Être sur l’eau, dans un grand espace, c’est expérimenter de vivre dans la nature. La mer est très vivante, les couleurs sont différentes. En revanche on n’a plus de lune, mais il n’y a pas de pollution lumineuse. L'océan est vivant est j’ai vraiment beaucoup de plaisir à expérimenter cela. Dans mes souvenirs de Vendée Globe, l'océan était plus peuplé. Je prends plaisir à perdre la notion du temps et je me suis pas mal reposée ces derniers jours pour récupérer de la première partie de course qui a été quand-même assez violente pour moi. Oui je regarde tous les temps les classements, comment j’évolue par rapport à Jean-Pierre (Dick, Notre Méditerranée - Ville de Nice), Willy (Bissainte, Tradysion Gwadloup), et Wilfrid (Clerton, Cap au Cap Location), je fais pas mal de météo. Là c’est plus simple parce que la route est assez droite.


Fabio Gennari (Bella Donna – Race For Pure Ocean): «Je suis allé très sud, aux Canaries pour deux raisons : j’ai des petits soucis de pilote et je voulais me tenir pas trop loin d’une côte au cas où il y ait besoin de réparer. Ensuite parce que j’avais peur d’être rattrapé par une vaste zone de pétole et donc j’ai fait du sud. Je suis passé entre les îles des Canaries. Pendant toute la descente, j’ai eu beaucoup de vent. J’ai eu à un moment plus de 46 nœuds en rafale. J’ai un vent qui est assez irrégulier surtout que là, je suis toujours sous l’influence des dévents des Canaries donc il y a des passages très ventés, d’autres beaucoup moins. Je suis sur la fin de ces dévents qui font un très long couloir. Dans l’ensemble, les conditions de navigation sont bonnes. Il ne fait pas encore un grand soleil mais il commence à faire beau et j’ai un peu moins de vagues. Ça change selon les îles, l’orientation du vent. J’ai eu ça toute la nuit ce qui n’est pas dramatique car ça permet quand même d’avancer mais ça oblige à régler très régulièrement le bateau. Et puis j’entre dans un régime d’alizés même si ce n’est pas super établi non plus. J’ai un vent très changeant, sans même parler des grains. Mon objectif est d’arriver au bout et que mon pilote tienne. J’ai très peu regardé où se trouvaient les autres concurrents. Ma route sud a beaucoup prolongé le trajet ; je n’espérais pas spécialement faire de résultat. Mais je constate qu’on n’est pas loin avec Rémy (Gérin, Faïaoahé). On s’est écrit et on navigue à peu près dans les mêmes endroits et à peu près aux mêmes vitesses. A un moment, on était un peu tous les trois, avec Rémy et Arnaud (Pennarun, Viabilis – Pen Duick III & ACH pour les enfants de Robert Debré). Je ne vois plus Arnaud. Je pense qu’il est beaucoup plus nord. Là j’ai abîmé la grand-voile au niveau des œillets pour la ferler quand elle a un ris. J’ai réparé une première partie hier et là j’ai empanné pour réparer de l’autre côté. Dès que je raccroche je vais aller finir de le mettre ça au propre».


Olivier Nemsguern (ELORA): “Désolé pour hier, j’étais ronchon…En fait il suffisait de râler : depuis hier aprem, j’ai trouvé un flux stable et ça trace et c’est plaisant :-) Enfin les alizés tels que dans mon souvenir ! A bientôt. Olivier.


Arnaud Pennarun (Viabilis – Pen Duick III & ACH pour les enfants de Robert Debré), reçu dimanche : « Bonjour à tous. Mon premier passager clandestin à apponter cette nuit entre mes pieds, le temps de la prendre en photo pour vous le montrer et de le remettre à l'eau, je pense qu'il a survécu. Mais dis donc c'est petit, mais ça pue !! Il s'agit d'un poisson volant, qui vole au-dessus des vagues pour échapper aux gros poissons qui, comme c'était samedi soir, devaient chercher des tapas pour l'apéro. Je vous envoie la photo. Aujourd'hui le soleil n'est pas apparu, mais la température de l'eau est passée à 20°C et je suis la journée en t-shirt. Ça glisse sous spi tangonné, je fais des moyennes de 6,5 nœuds par 24h00, c'est moyen, mais c'est en route directe. Je pense changer de spi demain, pour passer en asymétrique, sans tangon. C'est un peu plus facile à gérer si le vent augmente car il n’a pas besoin d’être porté par un tangon. De plus, les angles de route possibles sont plus nombreux. Enfin, en cas d'empannage, la manœuvre des deux tangons à gérer seul n'existe plus car ce spi asymétrique est glissé dans une chaussette. Ce qu'on appelle une chaussette est une gaine qui part du point haut du spi (son point de drisse) et qui le recouvre jusqu'en bas : son point d'amure et son point d'écoute. Il suffit de hisser cette chaussette en tête de mât. Le spi est donc ramassé à l'intérieur de la chaussette et il ne prend pas le vent, puis lorsque le point d'écoute et le point d'amure sont réglés, il suffit de faire coulisser cette chaussette vers le haut grâce à un va-et-vient qui reste au niveau du pont. Au fur et à mesure que la chaussette monte, le spi se déploie pour retrouver sa forme de ballon. Pour ramasser tout cela, on fait de même en descendant la chaussette de la tête du spi vers le bas. Beaucoup plus simple lorsqu'on est seul d'avoir un spi dans une chaussette plutôt que de devoir le récupérer à la main avec le risque que le vent prenne dedans ou qu'il parte dans l'eau. C’est le cas du spi symétrique que Pen Duick III porte en ce moment et qui n'a pas de chaussette, donc attention à la manœuvre. Bonne nuit. Arnaud ».

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