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À partir du 20 Octobre à Saint-Malo  |  Du 06 Novembre en Guadeloupe

Pink Poppy Flowers

Gilles Colubi - Kornog2©DR


Il n’y aura pas eu moults accalmies sur cette première semaine de course pour les marins de la catégorie Rhum, engagés sur la Route du Rhum - Destination Guadeloupe. Ce soir, le vent continue de souffler sur la flotte, en particulier pour les monocoques. Les multicoques, eux, voient enfin le bout de cet inextricable tunnel dépressionnaire.


Gilles Colubi - Kornog 2 “Nuit mouvementée avec 25 à 40 nœuds de vent apparent. Trinquette et deux ris. Quatre mètres de houle. Tout ça au près. Le bateau saute de vague en vague. La bouée couronne a disparu. Cela va durer jusqu'à 16 heures si j'ai bien compris. Bien dormi. Rien à faire sur le bateau, pas de réglage depuis hier 15 heures. Le Pogo 12.50 se comporte bien dans le gros temps."


Philippe Poupon - Flo Le Flo fait cap au sud. Une route qui s’est déterminée par les différentes escales de Port La Forêt et de La Corogne. Mais cela tombe bien car c’est aussi cela que je voulais. Une route un peu plus longue certes, mais celle qui me permettrait de gagner rapidement vers les alizés et éviter autant se peut de se bagarrer avec les fronts tempétueux de l’Atlantique nord. Je ne vais quand même pas y échapper complètement. Celui qui passe au large du cap Finistère a été soutenu 35 nds et 45/50 nds au passage du front. Il a fallu arriser la grand-voile à 3 ris et rouler la trinquette à moitié. Le près est l’allure pénible surtout sur ces bateaux, multicoque, qui ne demandent qu’à accélérer et à s’envoler. Avoir le pied sur le frein c’est la règle et trouver la position du curseur pour les réglages n’est pas toujours facile. Dans votre tête, la réflexion permanente de faire le bon choix. Quand prendre un ris, quand changer de voile d’avant ? La force du vent est déterminante mais aussi l’état de la mer. Ce sont les vagues, leur angle par rapport à l’avancée du bateau, leur creux et avec elles les houles qui se mélangent, se croisent. Sentir son bateau, souffrir avec lui, le respecter. Votre réflexion se met en route comme un ordinateur qui analyse chaque paramètre, mais être en course, c’est aussi se positionner et avancer contre des adversaires qui eux ne doivent pas mollir. Pas question d’être le dernier de la classe ! Ce vent qui forcit ! Est-ce une survente temporaire, ou l’annonce d’un renforcement général ? De jour, on regarde les nuages. Leur forme et leur couleur peuvent vous donner des informations, mais quand la nuit est noire, c’est plus dur, et seul le radar peut vous indiquer un grain avec sa pluie que réfléchit les ondes. Une manœuvre c’est de l’énergie, de la sueur, de la fatigue. Trop anticipée, vous la regrettez, et vous vous poserez la question de renvoyer de la toile et à nouveau si le vent se lève de recommencer en sens inverse.


Lundi 14 au soir. Je suis au large de Lisbonne. Le vent qui a mollit cette nuit est revenu. Il forcit lentement. Le ciel se charge de gros nuages gris qui apportent pluie et rafales de vent. Je suis dans mon «Dog house», la cabane du chien, un joli terme à l’anglaise. Ma cabane est en toile, et j’y suis bien installé assis dans mon siège transat acheté chez un marchand de sport à Quimper pour 75 euros, bien moins cher que les sièges des Ultim tout en carbone. Le mien est très confortable, j’en suis très fier. Devant moi, les instruments qui sont mon deuxième œil. Je les intègre en permanence : la vitesse du vent, son angle et la vitesse du bateau. Ceux-là sont déterminants pour la conduite. Vent trop fort, vitesse trop rapide, il faut mollir, choquer ou changer de voile. Les autres sont pour l’environnement autour du bateau, les autres navires, le radar et l’AIS et l’Oscar, la caméra intelligente en tête de mât. Elle peut détecter une bille de bois ou une baleine, avec son œil thermique. Dans les situations critiques, où le bateau fonce comme un bolide à plus de quinze nœuds, avec des grains à l’horizon, un vent à plus de 30 nœuds, je prends les écoutes à la main, celle de grand voile et le chariot de GV, j’écoute, je regarde, j’attends prêt à choquer. Je me demande toujours ce que pensent les autres concurrents, comment ils fonctionnent seuls, sur leur bateau sur une journée. Chacun sa façon. Mystère! Des souvenirs me reviennent. Je me rappelle d’une transat en Figaro, avec mon frère Luc, on avait fait le coup de la louche portugaise en allant raser les côtes du Portugal, avant d’arriver vainqueur à Madère. Le second était Cammas avec Caudrelier... Revenons à nos moutons qui parsèment la mer, la Guadeloupe est encore loin.


Philippe POUPON à bord du Flo Pour ceux qui aiment l’Aventure, ne loupez pas le 16 novembre à 21h40 sur USHUAIA, le dernier film de FLEUR AUSTRALE Le Continent Blanc un voyage en Antarctique


Arnaud Pennarun - Viabilis - Pen Duick III & ACH pour les enfants de Robert Debré Hier matin, lundi 14 novembre, je me suis retrouvé mal placé par rapport à la dépression qui allait balayer ma route. Pourtant, dimanche soir, j'ai tenté de descendre plein sud comme la plupart des autres skippers de la classe Rhum Mono. Mais il a fallu manœuvrer toute la nuit dans des vents instables. À 6h hier matin, en concertation avec mon pisteur, j'ai viré pour affronter de face le coup de vent d'est en ouest. Mercredi 9 novembre, dans les écluses, avant de quitter Saint-Malo pour prendre le départ, une journaliste m'a demandé ce que cela représentait pour moi de prendre la barre du mythique (ce sont ses mots) Pen Duick 3 sur cette Route du Rhum - Destination Guadeloupe 2022. Je n'ai pas vraiment su répondre de façon structurée. En fait, je ne savais pas répondre à cette question. Ça, c'était avant que Pen Duick 3 et moi soyons dans le sujet. Je viens de trouver la réponse dans ce coup de vent de 40 nœuds, dans un décor où il ne manquait que les albatros pour me replonger dans la mer des Kerguelen ou j'ai passé plus d'un an en 2003. Seul à bord, dans ces conditions, Pen Duick 3 se comporte en vrai bateau marin et fiable et grâce à lui, je rejoins cette famille de marins qui ont fait de cette goélette un voilier à part, un mythe comme l'exprime la journaliste qui se trouvait dans l’écluse avec moi... Eric Tabarly, son génial concepteur, Gérard Petipas, le navigateur et soutien indéfectible d'Eric, des Pen Duick et de Pen Duick 3 en particulier, les équipages de 1967 et 1968, celui de la Sydney Hobart, Philippe Poupon sur la Route du Rhum 1978, Eric Loizeau sur le tour du monde en équipage (il est passé à bord à Saint-Malo avec son petit-fils et tous les deux avaient des étoiles dans les yeux), Jean-François Coste qui a le record de la solitude à bord lors de son Vendée Globe 1989, Arnaud Dhallenne qui a fait naviguer Pen Duick 3 là où personne ne s'aventure, Jean-Benoît Sangnier qui a fait de même, Pierre Marcel, le réalisateur du film TABARLY, que j'ai rencontré à bord, les marins et adhérents de l'Association Eric Tabarly, basée à Lorient qui est gestionnaire de Pen Duick 3, mais aussi les collaborateurs et clients de la Banque Populaire qui depuis 20 ans sont les mécènes de l'association et permettent aux Pen Duick d'être en parfait état, et la liste est encore longue. Alors oui, j'ai la réponse. Je leur dis merci à tous, et je leur demande de m'accepter parmi eux en apportant une carte supplémentaire, celle de la Route du Rhum - Destination Guadeloupe 2022, au jeu déjà bien rempli du "Mythique" Pen Duick III. D'ailleurs vous aussi, rejoignez-nous en devenant adhérent de l'Association Eric Tabarly, vous pouvez embarquer sur les 5 Pen Duick en gestion auprès de l'association

  • 15 nov. 2022
  • 5 min de lecture

Gilles Colubi - Kornog2©DR


Il n’y aura pas eu moults accalmies sur cette première semaine de course pour les marins de la catégorie Rhum, engagés sur la Route du Rhum - Destination Guadeloupe. Ce soir, le vent continue de souffler sur la flotte, en particulier pour les monocoques. Les multicoques, eux, voient enfin le bout de cet inextricable tunnel dépressionnaire.


Gilles Colubi - Kornog 2 “Nuit mouvementée avec 25 à 40 nœuds de vent apparent. Trinquette et deux ris. Quatre mètres de houle. Tout ça au près. Le bateau saute de vague en vague. La bouée couronne a disparu. Cela va durer jusqu'à 16 heures si j'ai bien compris. Bien dormi. Rien à faire sur le bateau, pas de réglage depuis hier 15 heures. Le Pogo 12.50 se comporte bien dans le gros temps."


Philippe Poupon - Flo Le Flo fait cap au sud. Une route qui s’est déterminée par les différentes escales de Port La Forêt et de La Corogne. Mais cela tombe bien car c’est aussi cela que je voulais. Une route un peu plus longue certes, mais celle qui me permettrait de gagner rapidement vers les alizés et éviter autant se peut de se bagarrer avec les fronts tempétueux de l’Atlantique nord. Je ne vais quand même pas y échapper complètement. Celui qui passe au large du cap Finistère a été soutenu 35 nds et 45/50 nds au passage du front. Il a fallu arriser la grand-voile à 3 ris et rouler la trinquette à moitié. Le près est l’allure pénible surtout sur ces bateaux, multicoque, qui ne demandent qu’à accélérer et à s’envoler. Avoir le pied sur le frein c’est la règle et trouver la position du curseur pour les réglages n’est pas toujours facile. Dans votre tête, la réflexion permanente de faire le bon choix. Quand prendre un ris, quand changer de voile d’avant ? La force du vent est déterminante mais aussi l’état de la mer. Ce sont les vagues, leur angle par rapport à l’avancée du bateau, leur creux et avec elles les houles qui se mélangent, se croisent. Sentir son bateau, souffrir avec lui, le respecter. Votre réflexion se met en route comme un ordinateur qui analyse chaque paramètre, mais être en course, c’est aussi se positionner et avancer contre des adversaires qui eux ne doivent pas mollir. Pas question d’être le dernier de la classe ! Ce vent qui forcit ! Est-ce une survente temporaire, ou l’annonce d’un renforcement général ? De jour, on regarde les nuages. Leur forme et leur couleur peuvent vous donner des informations, mais quand la nuit est noire, c’est plus dur, et seul le radar peut vous indiquer un grain avec sa pluie que réfléchit les ondes. Une manœuvre c’est de l’énergie, de la sueur, de la fatigue. Trop anticipée, vous la regrettez, et vous vous poserez la question de renvoyer de la toile et à nouveau si le vent se lève de recommencer en sens inverse.


Lundi 14 au soir. Je suis au large de Lisbonne. Le vent qui a mollit cette nuit est revenu. Il forcit lentement. Le ciel se charge de gros nuages gris qui apportent pluie et rafales de vent. Je suis dans mon «Dog house», la cabane du chien, un joli terme à l’anglaise. Ma cabane est en toile, et j’y suis bien installé assis dans mon siège transat acheté chez un marchand de sport à Quimper pour 75 euros, bien moins cher que les sièges des Ultim tout en carbone. Le mien est très confortable, j’en suis très fier. Devant moi, les instruments qui sont mon deuxième œil. Je les intègre en permanence : la vitesse du vent, son angle et la vitesse du bateau. Ceux-là sont déterminants pour la conduite. Vent trop fort, vitesse trop rapide, il faut mollir, choquer ou changer de voile. Les autres sont pour l’environnement autour du bateau, les autres navires, le radar et l’AIS et l’Oscar, la caméra intelligente en tête de mât. Elle peut détecter une bille de bois ou une baleine, avec son œil thermique. Dans les situations critiques, où le bateau fonce comme un bolide à plus de quinze nœuds, avec des grains à l’horizon, un vent à plus de 30 nœuds, je prends les écoutes à la main, celle de grand voile et le chariot de GV, j’écoute, je regarde, j’attends prêt à choquer. Je me demande toujours ce que pensent les autres concurrents, comment ils fonctionnent seuls, sur leur bateau sur une journée. Chacun sa façon. Mystère! Des souvenirs me reviennent. Je me rappelle d’une transat en Figaro, avec mon frère Luc, on avait fait le coup de la louche portugaise en allant raser les côtes du Portugal, avant d’arriver vainqueur à Madère. Le second était Cammas avec Caudrelier... Revenons à nos moutons qui parsèment la mer, la Guadeloupe est encore loin.


Philippe POUPON à bord du Flo Pour ceux qui aiment l’Aventure, ne loupez pas le 16 novembre à 21h40 sur USHUAIA, le dernier film de FLEUR AUSTRALE Le Continent Blanc un voyage en Antarctique


Arnaud Pennarun - Viabilis - Pen Duick III & ACH pour les enfants de Robert Debré Hier matin, lundi 14 novembre, je me suis retrouvé mal placé par rapport à la dépression qui allait balayer ma route. Pourtant, dimanche soir, j'ai tenté de descendre plein sud comme la plupart des autres skippers de la classe Rhum Mono. Mais il a fallu manœuvrer toute la nuit dans des vents instables. À 6h hier matin, en concertation avec mon pisteur, j'ai viré pour affronter de face le coup de vent d'est en ouest. Mercredi 9 novembre, dans les écluses, avant de quitter Saint-Malo pour prendre le départ, une journaliste m'a demandé ce que cela représentait pour moi de prendre la barre du mythique (ce sont ses mots) Pen Duick 3 sur cette Route du Rhum - Destination Guadeloupe 2022. Je n'ai pas vraiment su répondre de façon structurée. En fait, je ne savais pas répondre à cette question. Ça, c'était avant que Pen Duick 3 et moi soyons dans le sujet. Je viens de trouver la réponse dans ce coup de vent de 40 nœuds, dans un décor où il ne manquait que les albatros pour me replonger dans la mer des Kerguelen ou j'ai passé plus d'un an en 2003. Seul à bord, dans ces conditions, Pen Duick 3 se comporte en vrai bateau marin et fiable et grâce à lui, je rejoins cette famille de marins qui ont fait de cette goélette un voilier à part, un mythe comme l'exprime la journaliste qui se trouvait dans l’écluse avec moi... Eric Tabarly, son génial concepteur, Gérard Petipas, le navigateur et soutien indéfectible d'Eric, des Pen Duick et de Pen Duick 3 en particulier, les équipages de 1967 et 1968, celui de la Sydney Hobart, Philippe Poupon sur la Route du Rhum 1978, Eric Loizeau sur le tour du monde en équipage (il est passé à bord à Saint-Malo avec son petit-fils et tous les deux avaient des étoiles dans les yeux), Jean-François Coste qui a le record de la solitude à bord lors de son Vendée Globe 1989, Arnaud Dhallenne qui a fait naviguer Pen Duick 3 là où personne ne s'aventure, Jean-Benoît Sangnier qui a fait de même, Pierre Marcel, le réalisateur du film TABARLY, que j'ai rencontré à bord, les marins et adhérents de l'Association Eric Tabarly, basée à Lorient qui est gestionnaire de Pen Duick 3, mais aussi les collaborateurs et clients de la Banque Populaire qui depuis 20 ans sont les mécènes de l'association et permettent aux Pen Duick d'être en parfait état, et la liste est encore longue. Alors oui, j'ai la réponse. Je leur dis merci à tous, et je leur demande de m'accepter parmi eux en apportant une carte supplémentaire, celle de la Route du Rhum - Destination Guadeloupe 2022, au jeu déjà bien rempli du "Mythique" Pen Duick III. D'ailleurs vous aussi, rejoignez-nous en devenant adhérent de l'Association Eric Tabarly, vous pouvez embarquer sur les 5 Pen Duick en gestion auprès de l'association

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