- 15 nov. 2022
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Un ciel qui ressemble bien à un début d'alizé pour Komilfo.©Eric Péron
C’est aujourd’hui que les Ocean Fifty de tête vont traverser la dorsale de l’anticyclone des Açores, passage obligé pour toucher de véritables alizés qui les attendent à la latitude de l’archipel des Canaries. Seul contre tous, Eric Péron sur Komilfo a tenté de se décaler pour traverser le phénomène plus tôt. Alors que les leaders accrochent péniblement les vitesses à deux chiffres, Komilfo fonce à 18 noeuds,… mais il pointe à 400 milles dans leur sillage. Débours irrattrapable ?
Eric Péron a mangé son pain noir et semble bien avoir accroché les alizés ce matin. C’est le résultat d’un coup tenté par ses routeurs dans la nuit de dimanche à lundi au large du Maroc : «Dimanche, on sortait d’un cycle difficile avec les passages de front, je m’étais dit chouette, on va pouvoir se reposer et glisser vers la dorsale. Les routeurs m’ont appelé et m’ont dit, on se réunit, on prend une décision. Si c’est oui, tu vas pas te ménager pendant 24 heures ! Ils avaient repéré une bande de vent de 50 milles max dans le Sud… » Pendant que les leaders progressaient au sud-ouest tribord amure dans une pression faiblissante, Komilfo est donc parti seul dans son coin vers les Canaries, en multipliant les bords avec une perte sur la route considérable « Ce n’était pas une trace toute faite et ça ne s’est pas aussi bien passé que sur le plan. Il fallait jouer dans un tout petit couloir vers les Canaries. On a fait un nombre d’empannages incalculable tout la nuit et le petit couloir s’est fermé devant moi à 4 h du matin. J’étais cramé ! C’est revenu hier et depuis, je suis tribord amures sous un ciel qui ressemble à l’alizé » Komilfo avait 150 milles de retard au début de son option, il en a 400 milles ce matin au pointage de 9 h 00. Ce bord qui ressemblait un peu à celui de la dernière chance pour Eric dont le plan Irens-Cabaret date de 2006 est un peu moins véloce au portant dans le medium paiera-t-il ? Sébastien Rogues n’y croyait pas ce matin à la vacation « Je regarde quand même ça de plus en plus loin, il faudrait vraiment un miracle pour que ça passe pour lui. Il a choisi le très grand tour de la paroisse. Il aurait fallu qu’il fasse de l’ouest plus tôt. Mais dans sa positon, à sa place, j’aurais certainement fait pareil » disait le skipper de Primonial, troisième ce midi. Komilfo ne comblera certainement pas quelques 400 milles en un coup mais il peut refaire une partie de son retard et son décalage latéral pourrait rester intéressant dans la perspective des jours prochains. Il aura un meilleur angle que ses camarades au portant et l’alizé tend à descendre en latitude, sous l’effet de l’anticyclone qui enfle au Sud, ce qui favorise son placement à gauche du plan d’eau. La journée risque d’être intéressante en tous cas. Un peu longue pour les Ocean Fifty de tête qui naviguent à une petite douzaine de noeuds. « On va être sur un seul bord presque tout aujourd’hui et ensuite nous entamerons une série d’empannage sous la dorsale pour s’extraire des hautes pressions » poursuivait Sébastien Rogues. Le passage du petit gennaker au grand gennaker de portant leur permettra de se dégourdir les jambes au fur et à mesure que le vent va adonner aujourd’hui. En tête, Quentin Vlamynck continue de tenir en respect ses poursuivants immédiats mais Koesio qui a grapillé des longueurs ne se trouve plus qu'à 51 milles, Idem pour Primonial à 67 milles et Les P’tits Doudous à 112 milles.
