- 29 nov. 2022
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© Alexis Courcoux
Deuxième de la Route du Rhum - Destination Guadeloupe sur le Cigare Rouge en catégorie Rhum Mono, Catherine Chabaud (Formatives ESI Business School pour Ocean As Common) a avoué être exténuée mais heureuse, ce soir après 19 jours d’une course en solitaire très intense.
Aujourd’hui c’était tellement difficile ! J’avais embarqué des berlingots de repas de substitution pour malades, j’en ai pris à 2 ou 3 reprises dans les moments un peu difficiles ! Je suis exténuée et ça fait plusieurs jours que je suis fatiguée ; j’ai rarement été au bout à ce point. Finalement on ne doit pas s’improviser député européenne et navigatrice ! Physiquement j'ai souffert. Exténuée aussi, parce qu’on n’a pas le choix : quand il faut aller manoeuvrer, il faut aller manoeuvrer. On se bouge avec la tête. Aujourd'hui il fallait enchaîner ne rien lâcher, jusqu'au canal des Saintes ou j’ai eu des rafales jusqu’à 35 nœuds. Il faut prendre un ris, on a la tête dans le guidon et on y va ! C’est une sacré leçon la voile pour ça !
Deuxième de la catégorie Rhum Mono avec le cigare rouge !Et oui ! PODIUM !! C’est vrai que Jean-Pierre [Dick] et moi, on avait des bateaux plus rapides, mais je pense qu’on a pas trop mal navigué. Je voudrais remercier Eric Mas qui m’a routé. C’est super intéressant et je pense qu’on a fait une belle trace. Sauf quand j’étais trois ris - tourmentin, je pense que la trace n’était pas très belle. Ça n'a pas duré longtemps mais c’était impressionnant !
Un joli cadeau d’anniversaireC’est bien de se challenger. Nos enfants nous vieillissent facilement, j’ai voulu lui montrer que j’étais encore capable.
Beaucoup de plaisir sur cette courseLe plaisir arrive même dans des moments difficiles, et il y a des extases, des moments fugitifs. Après le front le plus sévère, je rangeai mes bouts dans le cockpit, il fallait renvoyer de la toile, il y avait de la pluie et à un moment, je me pose dans la cockpit, je lève la tête et là whaou, le ciel était étoilé, c’était tellement beau, tellement magique. Mon fils m’avait préparé une playlist, j’étais dans la descente et j'écoutais Aretha Franklin qui chantait Freedom, Freedom et ça m’allait très bien. Oui il y a quelques moments qui sont magiques. Le nuit dernière a été magique sous spi avec un ciel étoilé. J’ai regretté de ne pas avoir de bouquin sur les étoiles. Alors, oui je me suis fait plaisir !
L’océan pour le bien commun de l’humanitéEn 1991, j’avais vu pas mal de plastiques, mais là je n’ai jamais eu de petit temps. il y a toujours eu de la mer, du vent, je n’en ai pas vu beaucoup. Ce que je trouve absolument effroyable, ce sont les sargasses et depuis plusieurs jours, j’ai traversé des champs de sargasses. Halvard [Mabire] a aussi très bien décrit dans un message combien il voyait les impacts du changement climatique. L’instabilité météorologique qu’on ne constatait pas avant où on franchissait un front et derrière les choses étaient comme dans des livres. Il y avait la bascule, le vent s’éclaircissait... Là, le vent est tout le temps instable. Dans les impacts du réchauffement climatique, il y a le réchauffement de l’océan en profondeur avec la formation de cyclo genèses. Les marins constatent des choses que les modèles mathématiques n’observent pas ! Je suis très heureuse que mes collègues du parlement soit présents ici, et je vais continuer, avec eux, d’essayer de rendre la mer plus visible.
