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À partir du 20 Octobre à Saint-Malo  |  Du 06 Novembre en Guadeloupe

Pink Poppy Flowers

© Alexis Courcoux


En franchissant la ligne d’arrivĂ©e de la 12e Ă©dition de La Route du Rhum – Destination Guadeloupe ce lundi matin Ă  05 heures 41 minutes 59 secondes heure locale (06h41 59’ heure de Paris), Fabrice Payen (Ille-et-Vilaine Cap vers l’inclusion) termine 6e en Rhum Multi. Son temps de course est de 18 jours 16 heures 26 minutes et 59 secondes. Le Malouin a effectuĂ© les 3.542 milles du parcours entre Saint-Malo et Pointe-Ă -Pitre Ă  la vitesse de 7,90 nƓuds sur l’orthodromie (la route directe). Le skipper d’Ille-et-Vilaine Cap vers l’inclusion a en rĂ©alitĂ© parcouru 4412,89 milles Ă  la vitesse moyenne de 9,84 nƓuds. Son Ă©cart au 1er, LoĂŻc Escoffier (Lodigroup) est de 02 jours 09 heures 49 minutes et 36 secondes.


«Je me sens plein d’énergie mĂȘme si je suis trĂšs content d’ĂȘtre allĂ© au bout. C’était raisonnable. Je me suis tenu Ă  plein de rĂšgles que je m’étais fixĂ©e avec beaucoup de mauvaise conscience. Je m’y suis tenu. L’idĂ©e Ă©tait de prĂ©server le bateau, que ça soit une belle histoire. C’est trop dur d’abandonner et d’attendre quatre ans. J’ai fait la course dans mon coin, je ne me suis pas inquiĂ©tĂ© des positionnements des bateaux de ma catĂ©gorie. J’avais mon routeur qui me cadrait pour ne pas faire de bĂȘtises. Quand j’ai fait une route sud, je crois que je suis le seul Ă  avoir fait ça. Il a fallu que je fasse une route sud parce que je me suis retrouvĂ© sur une patte pendant cinq jours. Je ne pouvais pas mettre ma prothĂšse. J’avais des ampoules dues Ă  l’échauffement, au frottement. J’avais l’obligation que ça cicatrise pour ne pas que je me retrouve loin des routes des cargos avec une septicĂ©mie. C’était cinq jours un peu bizarres oĂč je me suis senti encore plus fragile parce qu’il ne fallait pas que j’aie trop Ă  manƓuvrer. Mon routeur m’a fait une route spĂ©ciale, sans manƓuvres et voilĂ , ça bien fonctionnĂ©. Je ne me suis pas trop fait peur. C’était moins violent qu’il y a quatre ans au niveau de l’intensitĂ© du vent et de la mer, mais c’était du prĂšs avec de la mer dure quand mĂȘme. J’ai hĂ©sitĂ© Ă  partir dans l’ouest avec mes petits camarades mais on a choisi le sud. C’était trĂšs violent aussi parce que les alizĂ©s Ă©taient trĂšs toniques et ça donnait 30-35 nƓuds de vent avec une mer trĂšs formĂ©e, trĂšs dynamique. Ce n’était pas de tout repos mais j’avais dĂ©cidĂ© de ne pas mettre le gennaker en dessous de 24 nƓuds. Ça ne correspondait Ă  ma façon de naviguer. Le tour de l’üle de Guadeloupe s’est super bien passĂ© au dĂ©part. Ça allait trĂšs vite, c’était trĂšs beau. Vraiment, c’est magnifique par le nord de l’üle, moi qui ne connaissais pas de si prĂšs en tous cas. Et puis aprĂšs, Poupon, qui Ă©tait mon sparring partner. On se faisait des croisements depuis quelques jours. Il Ă©tait parti juste devant et finalement, je l’ai trouvĂ© arrĂȘtĂ© avec un autre bateau. J’étais Ă  22 nƓuds. Je me disais que j’allais passer au large, mais finalement, le large n’a pas payĂ© du tout. On s’est retrouvĂ© empĂ©tolĂ©. Ça a durĂ© un bon moment. Je n’ai jamais vu ça. J’ai rĂ©visĂ© les fondamentaux de la voile pour pouvoir refaire partir un bateau. Et aprĂšs, Basse Terre c’était un cauchemar. Je me suis demandĂ© si je n’allais pas dĂ©marrer le moteur. J’étais trop prĂšs de la cĂŽte et je ne contrĂŽlais plus. Le vent avait tournĂ©, il Ă©tait tombĂ© et ça repartait aussi sec avec du vent fort. C’est vraiment une Ă©preuve Basse Terre. J’ai rĂ©ussi Ă  m’échapper devant Philou. AprĂšs, j’ai vu qu’il s’était arrĂȘtĂ© Ă  la pointe du Fort pour une pĂ©nalitĂ©. Il Ă©tait en mode dĂ©gradĂ©, en mode convoyage. Mais en tous cas c’était une sacrĂ©e journĂ©e. C’était beau de pouvoir naviguer prĂšs de l’üle. Ce que je retiendrai ? J’ai des images qui me restent : c’est le passage par le chenal du Four au petit matin. J’ai trouvĂ© ça assez sympa. Et aprĂšs l’arrivĂ©e Ă  MadĂšre. Je suis passĂ© trĂšs prĂšs. Et ensuite l’arrivĂ©e sur la Guadeloupe et la descente. C’était magnifique, vraiment magique. Par contre, je n’ai pas du tout envie d’y retourner. Il y a quatre ans, j’avais dit que je faisais La Route du Rhum parce que c’était un rĂȘve et que ça avait du sens de la faire maintenant. Et je ne voulais en faire qu’une. J’y suis retournĂ© avec un projet diffĂ©rent, qui a plus d’ampleur. L’idĂ©e Ă©tait de terminer. C’est difficile La Route du Rhum. Il y en a qui peuvent en tĂ©moigner. J’ai trouvĂ© que ça a Ă©tĂ© trĂšs douloureux pour les concurrents cette annĂ©e. Il y a eu beaucoup d’abandons. Ça me confortait dans l’idĂ©e de prĂ©server mon bateau et d’aller au bout. Je n’imaginais pas un scenario autre que celui d’arriver. Sinon c’était la fin du monde».

  • 28 nov. 2022
  • 3 min de lecture

© Alexis Courcoux


En franchissant la ligne d’arrivĂ©e de la 12e Ă©dition de La Route du Rhum – Destination Guadeloupe ce lundi matin Ă  05 heures 41 minutes 59 secondes heure locale (06h41 59’ heure de Paris), Fabrice Payen (Ille-et-Vilaine Cap vers l’inclusion) termine 6e en Rhum Multi. Son temps de course est de 18 jours 16 heures 26 minutes et 59 secondes. Le Malouin a effectuĂ© les 3.542 milles du parcours entre Saint-Malo et Pointe-Ă -Pitre Ă  la vitesse de 7,90 nƓuds sur l’orthodromie (la route directe). Le skipper d’Ille-et-Vilaine Cap vers l’inclusion a en rĂ©alitĂ© parcouru 4412,89 milles Ă  la vitesse moyenne de 9,84 nƓuds. Son Ă©cart au 1er, LoĂŻc Escoffier (Lodigroup) est de 02 jours 09 heures 49 minutes et 36 secondes.


«Je me sens plein d’énergie mĂȘme si je suis trĂšs content d’ĂȘtre allĂ© au bout. C’était raisonnable. Je me suis tenu Ă  plein de rĂšgles que je m’étais fixĂ©e avec beaucoup de mauvaise conscience. Je m’y suis tenu. L’idĂ©e Ă©tait de prĂ©server le bateau, que ça soit une belle histoire. C’est trop dur d’abandonner et d’attendre quatre ans. J’ai fait la course dans mon coin, je ne me suis pas inquiĂ©tĂ© des positionnements des bateaux de ma catĂ©gorie. J’avais mon routeur qui me cadrait pour ne pas faire de bĂȘtises. Quand j’ai fait une route sud, je crois que je suis le seul Ă  avoir fait ça. Il a fallu que je fasse une route sud parce que je me suis retrouvĂ© sur une patte pendant cinq jours. Je ne pouvais pas mettre ma prothĂšse. J’avais des ampoules dues Ă  l’échauffement, au frottement. J’avais l’obligation que ça cicatrise pour ne pas que je me retrouve loin des routes des cargos avec une septicĂ©mie. C’était cinq jours un peu bizarres oĂč je me suis senti encore plus fragile parce qu’il ne fallait pas que j’aie trop Ă  manƓuvrer. Mon routeur m’a fait une route spĂ©ciale, sans manƓuvres et voilĂ , ça bien fonctionnĂ©. Je ne me suis pas trop fait peur. C’était moins violent qu’il y a quatre ans au niveau de l’intensitĂ© du vent et de la mer, mais c’était du prĂšs avec de la mer dure quand mĂȘme. J’ai hĂ©sitĂ© Ă  partir dans l’ouest avec mes petits camarades mais on a choisi le sud. C’était trĂšs violent aussi parce que les alizĂ©s Ă©taient trĂšs toniques et ça donnait 30-35 nƓuds de vent avec une mer trĂšs formĂ©e, trĂšs dynamique. Ce n’était pas de tout repos mais j’avais dĂ©cidĂ© de ne pas mettre le gennaker en dessous de 24 nƓuds. Ça ne correspondait Ă  ma façon de naviguer. Le tour de l’üle de Guadeloupe s’est super bien passĂ© au dĂ©part. Ça allait trĂšs vite, c’était trĂšs beau. Vraiment, c’est magnifique par le nord de l’üle, moi qui ne connaissais pas de si prĂšs en tous cas. Et puis aprĂšs, Poupon, qui Ă©tait mon sparring partner. On se faisait des croisements depuis quelques jours. Il Ă©tait parti juste devant et finalement, je l’ai trouvĂ© arrĂȘtĂ© avec un autre bateau. J’étais Ă  22 nƓuds. Je me disais que j’allais passer au large, mais finalement, le large n’a pas payĂ© du tout. On s’est retrouvĂ© empĂ©tolĂ©. Ça a durĂ© un bon moment. Je n’ai jamais vu ça. J’ai rĂ©visĂ© les fondamentaux de la voile pour pouvoir refaire partir un bateau. Et aprĂšs, Basse Terre c’était un cauchemar. Je me suis demandĂ© si je n’allais pas dĂ©marrer le moteur. J’étais trop prĂšs de la cĂŽte et je ne contrĂŽlais plus. Le vent avait tournĂ©, il Ă©tait tombĂ© et ça repartait aussi sec avec du vent fort. C’est vraiment une Ă©preuve Basse Terre. J’ai rĂ©ussi Ă  m’échapper devant Philou. AprĂšs, j’ai vu qu’il s’était arrĂȘtĂ© Ă  la pointe du Fort pour une pĂ©nalitĂ©. Il Ă©tait en mode dĂ©gradĂ©, en mode convoyage. Mais en tous cas c’était une sacrĂ©e journĂ©e. C’était beau de pouvoir naviguer prĂšs de l’üle. Ce que je retiendrai ? J’ai des images qui me restent : c’est le passage par le chenal du Four au petit matin. J’ai trouvĂ© ça assez sympa. Et aprĂšs l’arrivĂ©e Ă  MadĂšre. Je suis passĂ© trĂšs prĂšs. Et ensuite l’arrivĂ©e sur la Guadeloupe et la descente. C’était magnifique, vraiment magique. Par contre, je n’ai pas du tout envie d’y retourner. Il y a quatre ans, j’avais dit que je faisais La Route du Rhum parce que c’était un rĂȘve et que ça avait du sens de la faire maintenant. Et je ne voulais en faire qu’une. J’y suis retournĂ© avec un projet diffĂ©rent, qui a plus d’ampleur. L’idĂ©e Ă©tait de terminer. C’est difficile La Route du Rhum. Il y en a qui peuvent en tĂ©moigner. J’ai trouvĂ© que ça a Ă©tĂ© trĂšs douloureux pour les concurrents cette annĂ©e. Il y a eu beaucoup d’abandons. Ça me confortait dans l’idĂ©e de prĂ©server mon bateau et d’aller au bout. Je n’imaginais pas un scenario autre que celui d’arriver. Sinon c’était la fin du monde».

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