- 28 nov. 2022
- 3 min de lecture
© Alexis Courcoux
Ce lundi 28 novembre, Ă 15h54mn05ec locale (Ă 20h54mn05sec, heure de Paris), Mathieu Claveau a franchi en 28Ăš position la ligne dâarrivĂ©e Ă Pointe-Ă -Pitre de la douziĂšme Ă©dition de la Route du Rhum â Destination Guadeloupe. Son temps de course est de 19 jours 06 heures 39 minutes 05 secondes. Le skipper de Prendre la mer, Agir pour la forĂȘt a effectuĂ© les 3 542 milles du parcours entre Saint-Malo et Pointe-Ă -Pitre Ă la vitesse de 7,66 nĆuds sur lâorthodromie (route directe). Il a en rĂ©alitĂ© parcouru 4185,08 milles Ă la vitesse moyenne de 9,05 nĆuds. Il est arrivĂ© Ă Pointe-Ă -Pitre 5 jours 03 heures 30 minutes 25 secondes aprĂšs le vainqueur en Class40, Yoann Richomme.
Les réactions de Mathieu à son arrivée :
PremiĂšres impressions « Câest forcĂ©ment beaucoup dâĂ©motions aprĂšs cette derniĂšre journĂ©e de course. Dâarriver ici, câest un peu la consĂ©cration dâune premiĂšre transat en solitaire terminĂ©e - la premiĂšre jâavais coulĂ© ! - Câest une satisfaction par rapport Ă 2011, sans compter que lâarrivĂ©e ici est grandiose. Le tour de Guadeloupe, jâai adorĂ©, dâautant plus que cela mâa permis de doubler deux bateaux. »
La course « Tout sâest dĂ©roulĂ© comme je voulais. Je suis aussi trĂšs content de ma course au niveau stratĂ©gie jusquâaprĂšs les Açores. Ensuite, je ne sais pas sâil y a eu une onde dâEst ou dâOuest, je nâai pas tout compris ; et ce qui Ă©tait assez frustrant, câest que vu lâĂąge de mon bateau, je ne pouvais pas batailler par rapport Ă ceux qui nâĂ©taient pas allĂ©s au front, dont certains qui y ont naviguĂ© en mode tranquille. Le bateau est quand mĂȘme censĂ© finir dans les trois derniers. Donc de terminer 28e, câest aussi une belle ode aux vieux bateaux. De terminer premier bateau vintage, cela compte beaucoup pour moi. Jâai beaucoup Ă©changĂ© avec Morgane (Ursault-Poupon) qui court sur le deuxiĂšme et dernier bateau vintage et on bataille souvent ensemble. Pour moi, câĂ©tait un vrai dĂ©fi dâarriver avant elle. Je sais quâelle est trĂšs performante au prĂšs et quâelle nâavait pas peur dâaller au front ; et au portant, son bateau marche bien aussi. Je devais attendre quâelle fasse un faux-pas ou quâelle casse une voile, ce qui a fini par lui arriver. Ce qui mâa permis de prendre un peu de distance, avant que je finisse par casser Ă mon tour 24 heures avant lâarrivĂ©e. »
Les Ă©motions «Sur la course, jâai eu beaucoup dâĂ©motions profondes qui sont ressorties, de savoir pourquoi je suis lĂ , de musiques qui questionnaient pourquoi je fais de la course au large. MĂȘme si quand jâai passĂ© la ligne, de revoir tout le monde, cela m'a donnĂ© lâimpression dâĂȘtre parti hier, alors que cela fait 19 jours ! Jâai eu deux-trois jours un peu longs. Jusquâaux Açores, avec des enchaĂźnements, et de la tactique - ce que jâadore - je me suis rĂ©galĂ©. Et ensuite dans les alizĂ©s, câĂ©tait un peu plus monotone. Et enfin sur le tour de Guadeloupe, je me suis Ă©clatĂ© ! CâĂ©tait Ă la MĂ©diterranĂ©enne dans des conditions que jâaime bien. Cette Route du Rhum, câest un passage mythique. La terminer, câest dĂ©jĂ bien. Et je la finis en bonne position. Hormis un spi, et petit balcon, le bateau est nickel. Rien de grave ! Je remercie grandement mon Ă©lectronicien qui a tout refait sur le bateau cet hiver. Tout a fonctionnĂ©. Ă part deux-trois petits trucs, je nâai pas bricolĂ©. Je crois que LoĂŻck Peyron disait que sâĂ©loigner de tout rapproche de lâessentiel. Par rapport Ă ma famille, ma femme et mes enfants, jâai ressenti beaucoup de choses. Ce sont des projets trĂšs lourds Ă porter pour eux, dâautant plus que, moi, je travaille Ă cĂŽtĂ©. Et lĂ , jâai trĂšs envie de passer du temps avec mes proches, et de manger ! »
