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À partir du 20 Octobre à Saint-Malo  |  Du 06 Novembre en Guadeloupe

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Nicolas d'Estais


Ce samedi 26 novembre, Ă  6 h 22mn 10sec locale (11h 22mn 10sec, heure de Paris), Nicolas d’Estais sur HappyVore – CafĂ© Joyeux a franchi en quinziĂšme position la ligne d’arrivĂ©e Ă  Pointe-Ă -Pitre de la douziĂšme Ă©dition de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe. Son temps de course est de 16 jours 21 heures 7 minutes 10 secondes. Le skipper de HappyVore – CafĂ© Joyeux a effectuĂ© les 3 542 milles du parcours entre Saint-Malo et Pointe-Ă -Pitre Ă  la vitesse de 8,74 nƓuds sur l’orthodromie (route directe). Il a en rĂ©alitĂ© parcouru 4003,48 milles Ă  la vitesse moyenne de 9,88 nƓuds. Il est arrivĂ© Ă  Pointe-Ă -Pitre 2 jours 17 heures 58 minutes 30 secondes aprĂšs le vainqueur en Class40, Yoann Richomme.


Sa rĂ©action ce matin, au ponton de Pointe-Ă -Pitre : « Le passage de ligne, c’est avant tout un grand soulagement ! Il n’y avait personne Ă  rattraper et personne ne pouvait me rattraper. C’était tranquille, j’ai bien profitĂ© de ces derniers moments, quasiment les premiers Ă  se dĂ©tendre. Ça fait longtemps qu’on est en mer, la course Ă©tait hyper dure physiquement depuis le dĂ©but. On a eu peu de moments de rĂ©pit. Les passages de fronts successifs, c’était vraiment compliquĂ©, la vie Ă  bord aussi. Je n’avais jamais eu autant de vent de ma vie, c’était vraiment la tempĂȘte. Une fois, une vague est passĂ©e au-dessus du bateau et s’est crashĂ©e derriĂšre le bateau ! Parfois, le pouf sautait avec le bateau. J’ai une entorse Ă  la cheville depuis le 2e jour et ça m’a aussi pourri la vie.


Au premier front, j’ai perdu mes aĂ©riens en tĂȘte de mĂąt donc j’ai dĂ» y monter et c’était assez Ă©prouvant. J’ai dĂ©chirĂ© un spi, eu un problĂšme de moteur mais on sait que ça fait partie de la course. Il s’est passĂ© plein de trucs et j’ai beaucoup appris. Je suis forcĂ©ment un peu déçu du rĂ©sultat sportif mais ce sera vite oubliĂ©. Ce qu’il faut retenir, c’est que je suis Ă  l’arrivĂ©e de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe. C’est mon rĂȘve depuis que je suis tout petit et je l’ai fait. C’est aussi l’aboutissement d’un projet de deux ans, de A Ă  Z, entre la recherche de partenaires, la construction du bateau, les courses de qualification puis le « Rhum »  Ça vient couronner deux ans de travail.


J’ai beaucoup aimĂ© le dĂ©part. Ce n’est pas rien. Le village, le monde, les bateaux sur la ligne, les hĂ©licoptĂšres, tu n’entends rien, le bateau comitĂ© est un bĂątiment de la Marine nationale
 Passer de ça Ă  tout seul, c’était magique. Et un autre moment oĂč je suis passĂ© de ‘tout seul’ Ă  ‘pas tout seul’, c’était au cours d’une visio avec Brigitte Macron et Elizabeth Borne pendant la course pour CafĂ© Joyeux. Un moment, j’étais sous ma casquette dans les alizĂ©s en train de rĂ©gler les voiles. Je me suis souvenu que c’était l’heure de la visio et j’ai dĂ©crocher WhatsApp. C’était un moment assez chouette d’ĂȘtre en visio avec la PremiĂšre ministre et la PremiĂšre dame dans les AlizĂ©s !


Ça a Ă©tĂ© un super projet avec HappyVore et CafĂ© Joyeux. Ils m’ont donnĂ© plein d’énergie avant et pendant la course. Ce sont deux partenaires en or, j’espĂšre continuer avec eux ! L’avenir, je n’en sais rien. Navigateur, c’est mon mĂ©tier depuis l’annĂ©e derniĂšre, j’ai envie de continuer Ă  naviguer. Ce sera probablement en Class40 mais Ă  ce stade je n’ai pas de partenaires pour l’annĂ©e prochaine. LĂ , je vais boire ce verre (offert Ă  tous les skippers arrivĂ©s NDRL), je vais prendre une douche, trois Ă  quatre jours de vacances et aprĂšs il faudra reprendre son bĂąton de pĂšlerin pour aller chercher des partenaires. Mais c’est la vie et c’est trop bien. Passer 16 jours en mer Ă  ne penser qu’à faire avancer ton bateau, Ă  regarder la mĂ©tĂ©o, Ă  faire de la stratĂ©gie, dessiner la trace que tu vas faire dans l’ocĂ©an et la faire, se retrouver seul sur ces bateaux au large, ça vaut tout le travail qu’on fait pour ĂȘtre lĂ  ! Ce qu’il faut retenir, c’est la satisfaction d’ĂȘtre allĂ© au bout de ce projet magique et d’avoir cochĂ© la case de mon rĂȘve de gosse. »

  • 26 nov. 2022
  • 3 min de lecture

Nicolas d'Estais


Ce samedi 26 novembre, Ă  6 h 22mn 10sec locale (11h 22mn 10sec, heure de Paris), Nicolas d’Estais sur HappyVore – CafĂ© Joyeux a franchi en quinziĂšme position la ligne d’arrivĂ©e Ă  Pointe-Ă -Pitre de la douziĂšme Ă©dition de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe. Son temps de course est de 16 jours 21 heures 7 minutes 10 secondes. Le skipper de HappyVore – CafĂ© Joyeux a effectuĂ© les 3 542 milles du parcours entre Saint-Malo et Pointe-Ă -Pitre Ă  la vitesse de 8,74 nƓuds sur l’orthodromie (route directe). Il a en rĂ©alitĂ© parcouru 4003,48 milles Ă  la vitesse moyenne de 9,88 nƓuds. Il est arrivĂ© Ă  Pointe-Ă -Pitre 2 jours 17 heures 58 minutes 30 secondes aprĂšs le vainqueur en Class40, Yoann Richomme.


Sa rĂ©action ce matin, au ponton de Pointe-Ă -Pitre : « Le passage de ligne, c’est avant tout un grand soulagement ! Il n’y avait personne Ă  rattraper et personne ne pouvait me rattraper. C’était tranquille, j’ai bien profitĂ© de ces derniers moments, quasiment les premiers Ă  se dĂ©tendre. Ça fait longtemps qu’on est en mer, la course Ă©tait hyper dure physiquement depuis le dĂ©but. On a eu peu de moments de rĂ©pit. Les passages de fronts successifs, c’était vraiment compliquĂ©, la vie Ă  bord aussi. Je n’avais jamais eu autant de vent de ma vie, c’était vraiment la tempĂȘte. Une fois, une vague est passĂ©e au-dessus du bateau et s’est crashĂ©e derriĂšre le bateau ! Parfois, le pouf sautait avec le bateau. J’ai une entorse Ă  la cheville depuis le 2e jour et ça m’a aussi pourri la vie.


Au premier front, j’ai perdu mes aĂ©riens en tĂȘte de mĂąt donc j’ai dĂ» y monter et c’était assez Ă©prouvant. J’ai dĂ©chirĂ© un spi, eu un problĂšme de moteur mais on sait que ça fait partie de la course. Il s’est passĂ© plein de trucs et j’ai beaucoup appris. Je suis forcĂ©ment un peu déçu du rĂ©sultat sportif mais ce sera vite oubliĂ©. Ce qu’il faut retenir, c’est que je suis Ă  l’arrivĂ©e de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe. C’est mon rĂȘve depuis que je suis tout petit et je l’ai fait. C’est aussi l’aboutissement d’un projet de deux ans, de A Ă  Z, entre la recherche de partenaires, la construction du bateau, les courses de qualification puis le « Rhum »  Ça vient couronner deux ans de travail.


J’ai beaucoup aimĂ© le dĂ©part. Ce n’est pas rien. Le village, le monde, les bateaux sur la ligne, les hĂ©licoptĂšres, tu n’entends rien, le bateau comitĂ© est un bĂątiment de la Marine nationale
 Passer de ça Ă  tout seul, c’était magique. Et un autre moment oĂč je suis passĂ© de ‘tout seul’ Ă  ‘pas tout seul’, c’était au cours d’une visio avec Brigitte Macron et Elizabeth Borne pendant la course pour CafĂ© Joyeux. Un moment, j’étais sous ma casquette dans les alizĂ©s en train de rĂ©gler les voiles. Je me suis souvenu que c’était l’heure de la visio et j’ai dĂ©crocher WhatsApp. C’était un moment assez chouette d’ĂȘtre en visio avec la PremiĂšre ministre et la PremiĂšre dame dans les AlizĂ©s !


Ça a Ă©tĂ© un super projet avec HappyVore et CafĂ© Joyeux. Ils m’ont donnĂ© plein d’énergie avant et pendant la course. Ce sont deux partenaires en or, j’espĂšre continuer avec eux ! L’avenir, je n’en sais rien. Navigateur, c’est mon mĂ©tier depuis l’annĂ©e derniĂšre, j’ai envie de continuer Ă  naviguer. Ce sera probablement en Class40 mais Ă  ce stade je n’ai pas de partenaires pour l’annĂ©e prochaine. LĂ , je vais boire ce verre (offert Ă  tous les skippers arrivĂ©s NDRL), je vais prendre une douche, trois Ă  quatre jours de vacances et aprĂšs il faudra reprendre son bĂąton de pĂšlerin pour aller chercher des partenaires. Mais c’est la vie et c’est trop bien. Passer 16 jours en mer Ă  ne penser qu’à faire avancer ton bateau, Ă  regarder la mĂ©tĂ©o, Ă  faire de la stratĂ©gie, dessiner la trace que tu vas faire dans l’ocĂ©an et la faire, se retrouver seul sur ces bateaux au large, ça vaut tout le travail qu’on fait pour ĂȘtre lĂ  ! Ce qu’il faut retenir, c’est la satisfaction d’ĂȘtre allĂ© au bout de ce projet magique et d’avoir cochĂ© la case de mon rĂȘve de gosse. »

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