- 28 nov. 2022
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Stan Thuret (Everial) / © Alexis Courcoux RDR 2022
En franchissant la ligne dâarrivĂ©e de la 12e Ă©dition de La Route du Rhum â Destination Guadeloupe ce lundi matin Ă 03 heures 03 minutes 03 secondes heure locale (08h03 03â heure de Paris), Stan Thuret (Everial) termine 25e en Class40. Son temps de course est de 18 jours 17 heures 48 minutes et 03 secondes. Le marin a effectuĂ© les 3.542 milles du parcours entre Saint-Malo et Pointe-Ă -Pitre Ă la vitesse de 7,87 nĆuds sur lâorthodromie (la route directe). Le skipper Everial a en rĂ©alitĂ© parcouru 4412,89 milles Ă la vitesse moyenne de 10,14 nĆuds. Son Ă©cart au 1er, Yoann Richomme (Paprec Arkea) est de 4 jours 14 heures 39 minutes 23 secondes.
La rĂ©action de Stan Ă son arrivĂ©e : « Je suis content de terminer ma Route du Rhum, parce que câĂ©tait long, parce que câĂ©tait dur. Moi, ça mâa vidĂ©, je suis rincĂ©. Je nâai plus rien dans la tĂȘte, plus rien dans les jambes, jâai juste envie de mâallonger et de dormir. Ces bateaux, mĂȘme au portant, câest compliquĂ©. Et quâest ce que ça tape ! Je me suis jamais autant fait mal et autant secouer que sur ce bateau lĂ . Et je le remercie Ă©normĂ©ment. Je remercie le mĂąt dâĂȘtre restĂ© en place, mais câĂ©tait dur. Câest beaucoup de sentiments. Cela mâa fait du mal de faire du mal au bateau. Jâai trouvĂ© lâocĂ©an perturbĂ©, je nâĂ©tais pas toujours Ă lâaise avec ce que je voulais faire. Et je me suis senti beaucoup mieux, quand je me suis dit : allez, on va au Sud et on tente un autre truc. Jâai fait ma route. Je comprends que pour gagner, il faut aller vite et au bon endroit. Mais il y a moment, ça sert Ă quoi de forcer et de casser des choses, quand tu vois la casse quâil y a de tous les cĂŽtĂ©s. Ăa sert Ă quoi ? Je retiens un bon moment, câest celui oĂč jâai plongĂ© sous le bateau. Câest une sacrĂ©e expĂ©rience. Le bleu de lâocĂ©an est tellement beau !⊠câest comme dans le Grand Bleu et quâon se fait appeler en-dessous. Mais je suis remontĂ© quand mĂȘme. Jâai lâimpression que câest la premiĂšre transat oĂč je dĂ©branche un peu le cerveau, oĂč jâai rien fait. JâĂ©tais juste Ă lâĂ©coute du bateau. Je nâai pas Ă©coutĂ© de musique, je nâai pas Ă©crit⊠JâĂ©tais juste Ă faire mes rĂ©glages, Ă©couter le bateau, dormir, prendre soin de moi, prendre soin du bateau, et rien dâautre. CâĂ©tait comme une sorte de nĂ©ant de lâocĂ©an, je ne sais pas comment dire. Je me sens complĂštement vidĂ©. Je me sens incapable de dire si jâai passĂ© deux jours ou 20 jours. Il y a quand mĂȘme une mention spĂ©ciale Ă celui qui a eu lâidĂ©e de nous faire faire le tour de la Guadeloupe Ă la fin⊠CâĂ©tait intĂ©ressant et la premiĂšre fois que je naviguais aussi bien sur le bateau. Jâai fait les bons trucs, les bonnes manĆuvres, les bons changements de voiles. Cela mâa rappelĂ© un peu lâeffort du trail en endurance, quand tu passes la nuit, et que tu vois un col, et que tu dois courir, et que ça ne sâarrĂȘte jamais, et que chaque fois du dois en remettre une couche⊠Et un ris, et un ballast, et un truc⊠Jâaime bien me faire mal, mais la chaleur câest dur. La chaleur, ça mâa tuĂ©. Je me souviendrai longtemps de cette expĂ©rienceâŠÂ »
