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À partir du 20 Octobre à Saint-Malo  |  Du 06 Novembre en Guadeloupe

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© Guillaume Gatefait


Dans deux jours, dimanche 6 novembre, Justine Mettraux prendra le départ de sa première Route du Rhum – Destination Guadeloupe. C’est l’une des quatre femmes engagées cette année dans la classe IMOCA. La navigatrice originaire de Suisse navigue à bord de l’ex-Charal 1 de Jérémie Beyou, devenu TEAMWORK.NET. Quelles sont ses ambitions sportives ? Comment appréhende-t-elle le début de course qui s’annonce très difficile ? Rencontre à Saint-Malo.


Justine, quel est ton rapport avec la Route du Rhum – Destination Guadeloupe ?


C’est une course dont j’entends parler depuis que je suis petite. Des marins suisses ont pris le départ de chacune des éditions je pense. Il y a un historique, les gens suivent dans notre pays. J’étais venue à Saint-Malo en 2006 avec des amis pour voir le départ. J’avais 20 ans. Stève Ravussin préparait son bateau dans les bassins, on lui avait donné un petit coup de main. Sur la dernière édition, en 2018, j'ai aidé Bertrand Deslesne qui avait le Class40 TeamWork. Cette année, je participe pour la première fois à la Route du Rhum. C’est chouette de pouvoir être au départ de cette épreuve qui n’a lieu que tous les quatre ans. Il y a un vrai engouement autour de cet événement, c’est impressionnant, exceptionnel.


Penses-tu avoir bien géré la phase d’avant course, dont on connaît l’importance primordiale ?


C’est un apprentissage pour moi car c’est la première fois que je participe à une course avant autant de bateaux, en solitaire. J’ai essayé de bien me caler avec mon équipe pour ne pas être surchargée. J’ai pu rentrer chez moi quelques jours pour prendre un peu de repos. Je réponds aux diverses sollicitations tout en arrivant quand même à me concentrer sur la course avec la météo qui se précise.


« Il faudra être très attentif et faire le dos rond durant les 48 premières heures de courses »


Justement, il est désormais certain que la météo des premiers jours sera très difficile. Comment appréhendes-tu cette donnée ?


Ce ne sont pas les conditions pour lesquelles j’aurais signé si j’avais eu le choix. Nous essayons de bien finir de préparer le bateau en conséquence, de réfléchir à la manière d’aborder les choses, de faire les derniers ajustements. Nous allons continuer à affiner l’analyse météo avec Marcel Van Triest et Julien Villion qui m’aident sur cette partie avant le départ. Je ressens un peu de stress, le départ va être compliqué avec beaucoup de concurrents sur la ligne. Ce sera d’autant plus difficile que nous avons peu de visibilité sur nos bateaux. Il faudra être très attentif et faire le dos rond durant les 48 premières heures de courses. Dans ces conditions, le moindre petit souci technique peut prendre des grosses proportions. Je vais tout faire pour passer entre les gouttes et poursuivre ma route vers la Guadeloupe.


« Il n’y a pas d’échappatoire »


As-tu déjà eu l’occasion de te confronter à des conditions si extrêmes à bord de ton IMOCA ?


Non. Je ne suis pas sûre dans ma carrière de marin d’avoir déjà navigué dans ces conditions. Le problème, c’est qu’il n’y a pas d’échappatoire. Même sur la Volvo Ocean Race (le tour du monde en équipage avec escales, NDR), on ne rencontre pas souvent une mer si formée. Beaucoup de mes concurrents ont eu une expérience de vent très fort sur la Vendée-Arctique en juin dernier, mais je n’étais pas là malheureusement.



Ton bateau est abouti et ton équipe solide. Cela doit être rassurant avant de se lancer dans une telle aventure...


Oui, pour l’instant nous n’avons pas rencontré de soucis importants à bord. Je pars avec un bateau bien fiabilisé mais la voile reste un sport mécanique, on n’est jamais à l’abri de problèmes techniques même si on essaye de tout anticiper. D’autres concurrents partent avec des IMOCA beaucoup plus récents, ils doivent ressentir encore plus de stress.


Avec quels objectifs sportifs vas-tu t’élancer de Saint-Malo ?


Difficile de se situer car on n’a pas encore vu tous les bateaux. Je ne connais pas assez une grosse partie de la flotte. Je me suis davantage projetée sur la manière dont j’ai envie de naviguer, je veux faire les choses bien. Si je m’y tiens ça devrait bien se passer pour moi. Je n’ai pas envie de me mettre des contraintes dans la tête en termes de résultat. J’ai envie de bien faire mais je garde en tête que le projet reste nouveau avec un temps de préparation court, moins de trois mois. Je veux me laisser le temps de l’apprentissage. Je ne me mets pas la pression à tout prix sur cette Route du Rhum. Terminer cette course est important pour valider ma qualification au Vendée Globe.

  • 4 nov. 2022
  • 3 min de lecture

© Guillaume Gatefait


Dans deux jours, dimanche 6 novembre, Justine Mettraux prendra le départ de sa première Route du Rhum – Destination Guadeloupe. C’est l’une des quatre femmes engagées cette année dans la classe IMOCA. La navigatrice originaire de Suisse navigue à bord de l’ex-Charal 1 de Jérémie Beyou, devenu TEAMWORK.NET. Quelles sont ses ambitions sportives ? Comment appréhende-t-elle le début de course qui s’annonce très difficile ? Rencontre à Saint-Malo.


Justine, quel est ton rapport avec la Route du Rhum – Destination Guadeloupe ?


C’est une course dont j’entends parler depuis que je suis petite. Des marins suisses ont pris le départ de chacune des éditions je pense. Il y a un historique, les gens suivent dans notre pays. J’étais venue à Saint-Malo en 2006 avec des amis pour voir le départ. J’avais 20 ans. Stève Ravussin préparait son bateau dans les bassins, on lui avait donné un petit coup de main. Sur la dernière édition, en 2018, j'ai aidé Bertrand Deslesne qui avait le Class40 TeamWork. Cette année, je participe pour la première fois à la Route du Rhum. C’est chouette de pouvoir être au départ de cette épreuve qui n’a lieu que tous les quatre ans. Il y a un vrai engouement autour de cet événement, c’est impressionnant, exceptionnel.


Penses-tu avoir bien géré la phase d’avant course, dont on connaît l’importance primordiale ?


C’est un apprentissage pour moi car c’est la première fois que je participe à une course avant autant de bateaux, en solitaire. J’ai essayé de bien me caler avec mon équipe pour ne pas être surchargée. J’ai pu rentrer chez moi quelques jours pour prendre un peu de repos. Je réponds aux diverses sollicitations tout en arrivant quand même à me concentrer sur la course avec la météo qui se précise.


« Il faudra être très attentif et faire le dos rond durant les 48 premières heures de courses »


Justement, il est désormais certain que la météo des premiers jours sera très difficile. Comment appréhendes-tu cette donnée ?


Ce ne sont pas les conditions pour lesquelles j’aurais signé si j’avais eu le choix. Nous essayons de bien finir de préparer le bateau en conséquence, de réfléchir à la manière d’aborder les choses, de faire les derniers ajustements. Nous allons continuer à affiner l’analyse météo avec Marcel Van Triest et Julien Villion qui m’aident sur cette partie avant le départ. Je ressens un peu de stress, le départ va être compliqué avec beaucoup de concurrents sur la ligne. Ce sera d’autant plus difficile que nous avons peu de visibilité sur nos bateaux. Il faudra être très attentif et faire le dos rond durant les 48 premières heures de courses. Dans ces conditions, le moindre petit souci technique peut prendre des grosses proportions. Je vais tout faire pour passer entre les gouttes et poursuivre ma route vers la Guadeloupe.


« Il n’y a pas d’échappatoire »


As-tu déjà eu l’occasion de te confronter à des conditions si extrêmes à bord de ton IMOCA ?


Non. Je ne suis pas sûre dans ma carrière de marin d’avoir déjà navigué dans ces conditions. Le problème, c’est qu’il n’y a pas d’échappatoire. Même sur la Volvo Ocean Race (le tour du monde en équipage avec escales, NDR), on ne rencontre pas souvent une mer si formée. Beaucoup de mes concurrents ont eu une expérience de vent très fort sur la Vendée-Arctique en juin dernier, mais je n’étais pas là malheureusement.



Ton bateau est abouti et ton équipe solide. Cela doit être rassurant avant de se lancer dans une telle aventure...


Oui, pour l’instant nous n’avons pas rencontré de soucis importants à bord. Je pars avec un bateau bien fiabilisé mais la voile reste un sport mécanique, on n’est jamais à l’abri de problèmes techniques même si on essaye de tout anticiper. D’autres concurrents partent avec des IMOCA beaucoup plus récents, ils doivent ressentir encore plus de stress.


Avec quels objectifs sportifs vas-tu t’élancer de Saint-Malo ?


Difficile de se situer car on n’a pas encore vu tous les bateaux. Je ne connais pas assez une grosse partie de la flotte. Je me suis davantage projetée sur la manière dont j’ai envie de naviguer, je veux faire les choses bien. Si je m’y tiens ça devrait bien se passer pour moi. Je n’ai pas envie de me mettre des contraintes dans la tête en termes de résultat. J’ai envie de bien faire mais je garde en tête que le projet reste nouveau avec un temps de préparation court, moins de trois mois. Je veux me laisser le temps de l’apprentissage. Je ne me mets pas la pression à tout prix sur cette Route du Rhum. Terminer cette course est important pour valider ma qualification au Vendée Globe.

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