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À partir du 20 Octobre à Saint-Malo  |  Du 06 Novembre en Guadeloupe

Pink Poppy Flowers

Luke Berry (Lamotte - Module Création)


[LES MOTS DU BORD] Antoine Carpentier (Redman), Emmanuel Le Roch (Edenred), Antoine Carpentier (Redman), Kito de Pavant (HBF Reforest’Action), Alex Mehran (Polka Dot), Stan Thuret (Everial) et Luke Berry (Lamotte-Module Création), William Mathelin-Moreaux (Dékuple) font part de leurs impressions après deux jours de course. La flotte est toujours aussi compacte alors qu’elle file au sud-ouest et s’apprête à se prépare à passer un premier front.


Antoine Carpentier (Redman) : vive les bottes ! “On navigue assez groupés, je vois plusieurs bateaux les conditions de vent et de mer se sont dégradées je suis passé sous gv 1 ris et j2. On est encore au près. Ce n’est pas très confort, même si je redécouvre le bonheur d’avoir les pieds au sec . Je me suis acheté une paire de bottes juste avant de partir. J’ai eu quelques petites bricoles, mais rien de bien grave : plus de clavier d’ordi et micro fuite de gasoil. Décrochage du pilote , mais tout est rentré dans l’ordre.”


Emmanuel Le Roch (Edenred) : “On n’est pas en multicoque !” “Tout va bien ici ! J’ai choisi de passer par le Fromveur entre Ouesssant et la côte vent contre courant les vagues étaient très hautes et cassantes au près à 13 nds… Il y a un truc qui n’est pas logique ! On n’est pas en multicoque ! J’avais pris 1 ris juste avant pour assurer le coup. Ensuite, j’ai fait plusieurs siestes car la nuit dernière, le repos s’est compté… En minutes. Je viens d’installer le J2 pour la nuit. Je suis encore sous J1 pour garder un maximum de puissance tant que le vent ne monte pas trop ! Niveau classement, ça ne veut pas dire grand chose pour l’instant. Il faut attendre ce vendredi pour en savoir plus ! La nuit va être tonique ! La bise de la fusée rouge Edenred !”


Kito de Pavant (HBF Reforest’Action) : « un jeudi à saute-mouton » "Ça y est, nous sommes au large ! Je suis passé ce jeudi matin au Nord d’Ouessant. J’ai hésité longtemps pour me recentrer et passer par le Fromveur au sud, comme la grande majorité des petits copains mais je ne l’ai pas fait, à tort je pense. Depuis, on est sous la bruine, avec un vent irrégulier de Sud-Ouest et de la mer croisée pas du tout sympathique. Seuls les fous de Bassan ont l’air heureux de cet environnement…Le défilé des cargos en approche du DST n’ a pas cessé. Ce soir, le vent est monté d’un tour et il a fallu ajuster les voiles (1 ris, trinquette) J’ai pu dormir un peu dans la journée, entre 2 cargos et 3 manœuvres. Je vous assure qu’il faut être fatigué pour arriver à dormir dans ce Capharnaüm. Pour la playlist du jour, ce sera plus rock ‘n’ roll : The Cramberries/ This Is The Day (Remember Dolores) et Fontaines DC (Roman Holidays).”


Alex Mehran (Polka Dot) : « tout était tellement intense ! » « Le départ, ça a été une super journée ! Merci pour tout le travail qui a été réalisé pour qu’il puisse avoir lieu. Tout va bien à bord de Polka Dot. Hier, tout était tellement intense ! J’ai essayé de me reposer et de ranger le bateau. Il n’y a pas eu de problèmes majeurs à bord. J’essaie de faire de l’Ouest au maximum avant le passage de front. On va voir ce que ça va donner mais je m’amuse juste à naviguer ! À bientôt !


Stan Thuret (Everial) : “besoin de recharger les batteries” “C’était un départ magnifique et un peu tonique. On est vraiment parti ! À chaque fois, même si je commence à être habitué, je me sens fébrile, je manque de repère, c’est dur de se mettre dans le bain. Au Cap Fréhel, on s’est retrouvé avec le courant contre nous à avancer à un ou deux nœuds. J’ai dû faire les bords à l’envers et je me suis fais distancer. Dans la nuit, on a fait du “rase-cailloux” pour couper le fromage au plus court. J’ai bien tricoté, il ne faisait pas super froid et j’ai réussi à faire plein de mini siestes de 10 à 15 minutes. J’ai eu un peu le mal de mer, de la difficulté à manger… Il va falloir que je recharge les batteries !”


Luke Berry (Lamotte - Module Création) : “là, c’est une autre ambiance” “Hello la terre ! Tout va bien à bord, même si ça secoue beaucoup. Et encore on n’est pas au plus fort du vent et des vagues. Les scow, ça tape carrément plus que les anciennes génération de bateaux. Même si avec mon Mach5 à carène rockée c’est soit-disant mieux que les carènes tendues… Le début de parcours était vraiment top à tricoter avec les autres le long de la Bretagne. Là, c’est une autre ambiance. On est vraiment rentré dans la course au large. Ça sera une course de vitesse jusqu’au passage du front où on joue à reprendre et relâcher quelques centimètres d’écoute, de chariot… J’en profite pour me reposer aussi. Ça va, j’arrive à bien dormir malgré les secousses. Malheureusement, un de mes seuls points de confort c’était un petit matelas fin de camping, mais il est percé et ne tient plus la pression !”


William Mathelin-Moreaux (Dékuple) : “mes cadeaux d’anniversaire sont très utiles pour matosser” “C’est le temps de planter des pieux ! Nous nous dirigeons tous en flotte vers le sud-ouest pour aller à l’encontre du front et pouvoir descendre au sud. Mais, ça, ce sera plus tard. Le temps est au près, dans l’inconfort total de nos bateaux mais c’est le jeu. Il faut tenir la cadence et rester dans le rythme, préserver le bateau car la route est longue. On ressent néanmoins un certain niveau de jeu global que promet un très beau match jusqu’à la fin. Le bateau va bien, le bonhomme aussi, j’essaye de dormir au maximum dès que je peux pour récupérer du départ et être reposé pour quand il faudra mettre du charbon. Je n’ai toujours pas eu le temps d’ouvrir mes cadeaux d’anniversaire, pour l’instant c’est très utile pour matosser. Ce sera pour demain !”


Victor Jost (Caisses Réunionnaises Complémentaires) : « je fais enfin cap vers le large » "Les conditions depuis le départ sont difficiles et j’ai du mal à prendre mon rythme à bord. Si l’on ajoute à ça le fait que le bateau est tout penché et qu’il tape dans les vagues, je n'ai aas une assise de folie devant mon ordinateur. Mais que dire de toutes ces émotions déjà vécues ! J’étais très ému de quitter mes proches, le stress est monté fort au départ. J’ai eu du mal à trouver le bon réglage et je me fais dépasser un peu. A Fréhel, le vent tombe et les cartes sont rebattues, plutôt à mon avantage. La nuit tombe et surtout le froid rentre. Toute la nuit, on était sur le même bord à faire le tour de la Bretagne. C’était épuisant : impossible de dormir car il y a trop de bateaux autour de nous, du courant et des cailloux partout. J'entends même dans la nuit un appel MAYDAY d’un copain de la Class40 qui s’est échoué sur l'ile de Batz... Le pauvre. Je ne saurai dire quelle température il fait mais c’est glacial, au point que j’ai mal à la gorge. Au lever du soleil je ne suis pas au top. Dans le Fromveur, sous Ouessant, j’ai réduit bien la voilure avant et heureusement. Je ne m'attendais pas à un tel bordel dans ce passage. Des vagues qui forment des murs d'eau devant moi, le vent qui monte fort... Impressionnant. Je passe sans rien casser, ouf. La nuit dernière était reposante, avec quasiment pas de manœuvre à faire. Je fais enfin cap vers le large, je vais pouvoir prendre le temps de vivre à bord. À partir de Ouessant, on a quasi 300 miles à faire en bâbord amure. Je vois des dauphins autour de moi, mais je suis tellement faible que je n’ai pas la force de les filmer."

  • 11 nov. 2022
  • 5 min de lecture

Luke Berry (Lamotte - Module Création)


[LES MOTS DU BORD] Antoine Carpentier (Redman), Emmanuel Le Roch (Edenred), Antoine Carpentier (Redman), Kito de Pavant (HBF Reforest’Action), Alex Mehran (Polka Dot), Stan Thuret (Everial) et Luke Berry (Lamotte-Module Création), William Mathelin-Moreaux (Dékuple) font part de leurs impressions après deux jours de course. La flotte est toujours aussi compacte alors qu’elle file au sud-ouest et s’apprête à se prépare à passer un premier front.


Antoine Carpentier (Redman) : vive les bottes ! “On navigue assez groupés, je vois plusieurs bateaux les conditions de vent et de mer se sont dégradées je suis passé sous gv 1 ris et j2. On est encore au près. Ce n’est pas très confort, même si je redécouvre le bonheur d’avoir les pieds au sec . Je me suis acheté une paire de bottes juste avant de partir. J’ai eu quelques petites bricoles, mais rien de bien grave : plus de clavier d’ordi et micro fuite de gasoil. Décrochage du pilote , mais tout est rentré dans l’ordre.”


Emmanuel Le Roch (Edenred) : “On n’est pas en multicoque !” “Tout va bien ici ! J’ai choisi de passer par le Fromveur entre Ouesssant et la côte vent contre courant les vagues étaient très hautes et cassantes au près à 13 nds… Il y a un truc qui n’est pas logique ! On n’est pas en multicoque ! J’avais pris 1 ris juste avant pour assurer le coup. Ensuite, j’ai fait plusieurs siestes car la nuit dernière, le repos s’est compté… En minutes. Je viens d’installer le J2 pour la nuit. Je suis encore sous J1 pour garder un maximum de puissance tant que le vent ne monte pas trop ! Niveau classement, ça ne veut pas dire grand chose pour l’instant. Il faut attendre ce vendredi pour en savoir plus ! La nuit va être tonique ! La bise de la fusée rouge Edenred !”


Kito de Pavant (HBF Reforest’Action) : « un jeudi à saute-mouton » "Ça y est, nous sommes au large ! Je suis passé ce jeudi matin au Nord d’Ouessant. J’ai hésité longtemps pour me recentrer et passer par le Fromveur au sud, comme la grande majorité des petits copains mais je ne l’ai pas fait, à tort je pense. Depuis, on est sous la bruine, avec un vent irrégulier de Sud-Ouest et de la mer croisée pas du tout sympathique. Seuls les fous de Bassan ont l’air heureux de cet environnement…Le défilé des cargos en approche du DST n’ a pas cessé. Ce soir, le vent est monté d’un tour et il a fallu ajuster les voiles (1 ris, trinquette) J’ai pu dormir un peu dans la journée, entre 2 cargos et 3 manœuvres. Je vous assure qu’il faut être fatigué pour arriver à dormir dans ce Capharnaüm. Pour la playlist du jour, ce sera plus rock ‘n’ roll : The Cramberries/ This Is The Day (Remember Dolores) et Fontaines DC (Roman Holidays).”


Alex Mehran (Polka Dot) : « tout était tellement intense ! » « Le départ, ça a été une super journée ! Merci pour tout le travail qui a été réalisé pour qu’il puisse avoir lieu. Tout va bien à bord de Polka Dot. Hier, tout était tellement intense ! J’ai essayé de me reposer et de ranger le bateau. Il n’y a pas eu de problèmes majeurs à bord. J’essaie de faire de l’Ouest au maximum avant le passage de front. On va voir ce que ça va donner mais je m’amuse juste à naviguer ! À bientôt !


Stan Thuret (Everial) : “besoin de recharger les batteries” “C’était un départ magnifique et un peu tonique. On est vraiment parti ! À chaque fois, même si je commence à être habitué, je me sens fébrile, je manque de repère, c’est dur de se mettre dans le bain. Au Cap Fréhel, on s’est retrouvé avec le courant contre nous à avancer à un ou deux nœuds. J’ai dû faire les bords à l’envers et je me suis fais distancer. Dans la nuit, on a fait du “rase-cailloux” pour couper le fromage au plus court. J’ai bien tricoté, il ne faisait pas super froid et j’ai réussi à faire plein de mini siestes de 10 à 15 minutes. J’ai eu un peu le mal de mer, de la difficulté à manger… Il va falloir que je recharge les batteries !”


Luke Berry (Lamotte - Module Création) : “là, c’est une autre ambiance” “Hello la terre ! Tout va bien à bord, même si ça secoue beaucoup. Et encore on n’est pas au plus fort du vent et des vagues. Les scow, ça tape carrément plus que les anciennes génération de bateaux. Même si avec mon Mach5 à carène rockée c’est soit-disant mieux que les carènes tendues… Le début de parcours était vraiment top à tricoter avec les autres le long de la Bretagne. Là, c’est une autre ambiance. On est vraiment rentré dans la course au large. Ça sera une course de vitesse jusqu’au passage du front où on joue à reprendre et relâcher quelques centimètres d’écoute, de chariot… J’en profite pour me reposer aussi. Ça va, j’arrive à bien dormir malgré les secousses. Malheureusement, un de mes seuls points de confort c’était un petit matelas fin de camping, mais il est percé et ne tient plus la pression !”


William Mathelin-Moreaux (Dékuple) : “mes cadeaux d’anniversaire sont très utiles pour matosser” “C’est le temps de planter des pieux ! Nous nous dirigeons tous en flotte vers le sud-ouest pour aller à l’encontre du front et pouvoir descendre au sud. Mais, ça, ce sera plus tard. Le temps est au près, dans l’inconfort total de nos bateaux mais c’est le jeu. Il faut tenir la cadence et rester dans le rythme, préserver le bateau car la route est longue. On ressent néanmoins un certain niveau de jeu global que promet un très beau match jusqu’à la fin. Le bateau va bien, le bonhomme aussi, j’essaye de dormir au maximum dès que je peux pour récupérer du départ et être reposé pour quand il faudra mettre du charbon. Je n’ai toujours pas eu le temps d’ouvrir mes cadeaux d’anniversaire, pour l’instant c’est très utile pour matosser. Ce sera pour demain !”


Victor Jost (Caisses Réunionnaises Complémentaires) : « je fais enfin cap vers le large » "Les conditions depuis le départ sont difficiles et j’ai du mal à prendre mon rythme à bord. Si l’on ajoute à ça le fait que le bateau est tout penché et qu’il tape dans les vagues, je n'ai aas une assise de folie devant mon ordinateur. Mais que dire de toutes ces émotions déjà vécues ! J’étais très ému de quitter mes proches, le stress est monté fort au départ. J’ai eu du mal à trouver le bon réglage et je me fais dépasser un peu. A Fréhel, le vent tombe et les cartes sont rebattues, plutôt à mon avantage. La nuit tombe et surtout le froid rentre. Toute la nuit, on était sur le même bord à faire le tour de la Bretagne. C’était épuisant : impossible de dormir car il y a trop de bateaux autour de nous, du courant et des cailloux partout. J'entends même dans la nuit un appel MAYDAY d’un copain de la Class40 qui s’est échoué sur l'ile de Batz... Le pauvre. Je ne saurai dire quelle température il fait mais c’est glacial, au point que j’ai mal à la gorge. Au lever du soleil je ne suis pas au top. Dans le Fromveur, sous Ouessant, j’ai réduit bien la voilure avant et heureusement. Je ne m'attendais pas à un tel bordel dans ce passage. Des vagues qui forment des murs d'eau devant moi, le vent qui monte fort... Impressionnant. Je passe sans rien casser, ouf. La nuit dernière était reposante, avec quasiment pas de manœuvre à faire. Je fais enfin cap vers le large, je vais pouvoir prendre le temps de vivre à bord. À partir de Ouessant, on a quasi 300 miles à faire en bâbord amure. Je vois des dauphins autour de moi, mais je suis tellement faible que je n’ai pas la force de les filmer."

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