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À partir du 20 Octobre à Saint-Malo  |  Du 06 Novembre en Guadeloupe

Pink Poppy Flowers

© Willy Bissainte - Tradysion Gwadloup


Après une bonne semaine de près, les 12 Rhum Mono et 14 Rhum Multi naviguent enfin pour la plupart d’entre eux au portant ! Un soulagement pour ces marins, même si la situation est assez inégale au sein de la flotte. Les bateaux, qui évoluent au sud des Açores, ont en effet subi des calmes alors que les orientaux goûtent déjà aux joies du portant. Après neuf jours de course, Jean-Pierre Dick (Notre Méditerranée - Ville de Nice) et Gilles Buekenhout (Jess), malgré les petits caprices de sa balise de positionnement, mènent toujours la danse, respectivement en Rhum Mono et en Rhum Multi.


Le décalage rapide vers l’est de l’anticyclone des Açores vers l’archipel éponyme a provoqué une rétractation de la barrière anticyclonique et une redynamisation de l’alizé. Les concurrents les plus à l’est bénéficient d’un flux de nord, qui va se renforcer avec 25 nœuds de vent moyen et des rafales à 35 nœuds. Des conditions certes toniques mais qui leur permettront de progresser rapidement vers la Guadeloupe.


Rhum Mono : comme une première gorgée de bière En Rhum Mono, la tête de flotte navigue enfin au portant, pour le plus grand bonheur de Jean-Pierre Dick, solide leader de la catégorie. “Comme la première gorgée de bière, le premier choqué d’écoute après huit jours de près et beaucoup d’aventures a été un beau moment de soulagement. Ça y est ! On est passé au portant. Notre Méditerranée - Ville de Nice va pouvoir surfer, jouer, rigoler avec son skipper et tous ses spinnakers. Huit jours de près ! C'est monstrueux pour un bateau tel que le nôtre, qui a été surtout conçu pour le portant et le plaisir de la glisse. Ça a tapé, cogné, percé les vagues, pris des embruns, tellement d'embruns. Même s'il y a eu des moments difficiles et qu'il a fallu ajuster certains points, le JP54 est là, fidèle au poste et j'en suis très fier. Nous avons passé le plus dur avec la flotte Rhum Mono ! A nous les joies du portant et sans sorties de route”, se réjouissait hier soir le skipper niçois, calé le plus à l’ouest des Rhum Mono. Même son de cloche du côté de Willy Bissainte (Tradysion Gwadloup), 4ème, joint à la vacation de ce matin. “Ça bouge beaucoup. Il y a pas mal de vent : 20-23 nœuds de vent au portant. J’ai bien avancé hier soir. Je ne pensais pas avancer aussi vite. J’avais trop de toile et le bateau était en furie. Je suis heureux d’être là, de rentrer vers chez moi aussi. Je ne lâche pas le morceau. J’aime la compet’. Je suis toujours déterminé”, indiquait le skipper guadeloupéen, qui fait désormais cap à l’ouest. “Je suis sous deux ris grand-voile et ça durera jusqu’à l’arrivée. J’ai arraché mon rail de grand-voile, enfin une partie. Mais j’ai de la chance : il y a du vent et il va y en avoir une bonne partie de la fin de course, au final je ne suis pas trop handicapé”.


Ici en tout cas, la flotte s’est un peu resserrée, promesse d’un match haletant. Le Rochelais Wilfrid Clerton (Cap au cap Location), auteur d’une option très engagée en début de course, vient de rejoindre ses camarades de classe et, par la même occasion, de chiper, la 3ème place du classement général à Willy Bissainte. Olivier Nemsguern, sur son Cigale 16 Elora, signe, lui aussi, une belle progression.


Rhum Multi : sur l’autoroute du sud Côté Rhum Multi, Gilles Buekenhout (Jess) mène toujours grand train devant Roland Jourdain (We Explore) et Loïc Escoffier (Lodigroup). Derrière, Fabrice Payen (Ille-et-Vilaine - Cap vers l’Inclusion) se réjouit d’avoir attrapé le train des alizés, un joli présent pour le Malouin qui fête aujourd’hui ses 54 ans : “Enfin, l’alizé est arrivé comme un cadeau pour mon anniversaire ! On est passé des routes cabossées à l’autoroute du sud, ça file vite et vers la bonne direction. Du coup, il faut s’habituer à une autre rythme, aux vitesses élevées, à de nouveaux sons qui sont vos nouveaux repères de sécurité et de bonne marche sur l’eau. Les erreurs se paient cash désormais, il faut être encore plus attentif”.


Pour Gwen Chapalain (Guyader - Savéol), qui a lui aussi mis le clignotant à droite, la course connaît là un moment clef : “Cette nuit, on a joué à la bretelle d’autoroute ! Il y avait deux entrées : on a pris celle plus au sud, afin de contourner une zone de pétole et de grains instables et potentiellement très actifs. Il y a du jeu entre les copains, entre la flotte au nord qui n’a pas encore croisé l’anticyclone, et Marc Guillemot (Metarom MG5) qui revient très sud”, expliquait ce matin celui qui naviguait justement dans le sillage du quimpérois à la mi-journée, en 5ème position.


Demain, l’anticyclone devrait progresser vers le sud de l’archipel des Açores, reformer une barrière anticyclonique entre la Floride et le sud du Portugal et favoriser un alizé soutenu de 20 à 25 nœuds. Les retardataires ont quelques heures devant eux pour allonger la foulée et rejoindre les alizés avant que la porte ne se referme.


Les concurrents les plus à l’est, plein vent arrière, vont quant à eux pouvoir se livrer une bataille d’empannages, un exercice toujours délicat dans le vent soutenu et qui demande un sens parfait du timing.


Ils ont dit : **Gilles Colubi (Kornog 2 ** : “Depuis hier 23h00, Kornog a sonné la charge ! Une nuit avec 30 nœuds de vent en moyenne et des pointes au passage du front à 39,5 nœuds. Je navigue avec deux ris et le génois. Je vais commencer à reprendre le calcul de mes moyennes. J’ai fait des surfs à 17,80 nœuds, et peut-être plus lorsque je dormais. Le bateau est plus plat mais la route est bien cabossée. Il y a encore trois à quatre mètres de creux. Sinon, tout va bien, c’est l’heure du café-crêpes.

  • 18 nov. 2022
  • 4 min de lecture

© Willy Bissainte - Tradysion Gwadloup


Après une bonne semaine de près, les 12 Rhum Mono et 14 Rhum Multi naviguent enfin pour la plupart d’entre eux au portant ! Un soulagement pour ces marins, même si la situation est assez inégale au sein de la flotte. Les bateaux, qui évoluent au sud des Açores, ont en effet subi des calmes alors que les orientaux goûtent déjà aux joies du portant. Après neuf jours de course, Jean-Pierre Dick (Notre Méditerranée - Ville de Nice) et Gilles Buekenhout (Jess), malgré les petits caprices de sa balise de positionnement, mènent toujours la danse, respectivement en Rhum Mono et en Rhum Multi.


Le décalage rapide vers l’est de l’anticyclone des Açores vers l’archipel éponyme a provoqué une rétractation de la barrière anticyclonique et une redynamisation de l’alizé. Les concurrents les plus à l’est bénéficient d’un flux de nord, qui va se renforcer avec 25 nœuds de vent moyen et des rafales à 35 nœuds. Des conditions certes toniques mais qui leur permettront de progresser rapidement vers la Guadeloupe.


Rhum Mono : comme une première gorgée de bière En Rhum Mono, la tête de flotte navigue enfin au portant, pour le plus grand bonheur de Jean-Pierre Dick, solide leader de la catégorie. “Comme la première gorgée de bière, le premier choqué d’écoute après huit jours de près et beaucoup d’aventures a été un beau moment de soulagement. Ça y est ! On est passé au portant. Notre Méditerranée - Ville de Nice va pouvoir surfer, jouer, rigoler avec son skipper et tous ses spinnakers. Huit jours de près ! C'est monstrueux pour un bateau tel que le nôtre, qui a été surtout conçu pour le portant et le plaisir de la glisse. Ça a tapé, cogné, percé les vagues, pris des embruns, tellement d'embruns. Même s'il y a eu des moments difficiles et qu'il a fallu ajuster certains points, le JP54 est là, fidèle au poste et j'en suis très fier. Nous avons passé le plus dur avec la flotte Rhum Mono ! A nous les joies du portant et sans sorties de route”, se réjouissait hier soir le skipper niçois, calé le plus à l’ouest des Rhum Mono. Même son de cloche du côté de Willy Bissainte (Tradysion Gwadloup), 4ème, joint à la vacation de ce matin. “Ça bouge beaucoup. Il y a pas mal de vent : 20-23 nœuds de vent au portant. J’ai bien avancé hier soir. Je ne pensais pas avancer aussi vite. J’avais trop de toile et le bateau était en furie. Je suis heureux d’être là, de rentrer vers chez moi aussi. Je ne lâche pas le morceau. J’aime la compet’. Je suis toujours déterminé”, indiquait le skipper guadeloupéen, qui fait désormais cap à l’ouest. “Je suis sous deux ris grand-voile et ça durera jusqu’à l’arrivée. J’ai arraché mon rail de grand-voile, enfin une partie. Mais j’ai de la chance : il y a du vent et il va y en avoir une bonne partie de la fin de course, au final je ne suis pas trop handicapé”.


Ici en tout cas, la flotte s’est un peu resserrée, promesse d’un match haletant. Le Rochelais Wilfrid Clerton (Cap au cap Location), auteur d’une option très engagée en début de course, vient de rejoindre ses camarades de classe et, par la même occasion, de chiper, la 3ème place du classement général à Willy Bissainte. Olivier Nemsguern, sur son Cigale 16 Elora, signe, lui aussi, une belle progression.


Rhum Multi : sur l’autoroute du sud Côté Rhum Multi, Gilles Buekenhout (Jess) mène toujours grand train devant Roland Jourdain (We Explore) et Loïc Escoffier (Lodigroup). Derrière, Fabrice Payen (Ille-et-Vilaine - Cap vers l’Inclusion) se réjouit d’avoir attrapé le train des alizés, un joli présent pour le Malouin qui fête aujourd’hui ses 54 ans : “Enfin, l’alizé est arrivé comme un cadeau pour mon anniversaire ! On est passé des routes cabossées à l’autoroute du sud, ça file vite et vers la bonne direction. Du coup, il faut s’habituer à une autre rythme, aux vitesses élevées, à de nouveaux sons qui sont vos nouveaux repères de sécurité et de bonne marche sur l’eau. Les erreurs se paient cash désormais, il faut être encore plus attentif”.


Pour Gwen Chapalain (Guyader - Savéol), qui a lui aussi mis le clignotant à droite, la course connaît là un moment clef : “Cette nuit, on a joué à la bretelle d’autoroute ! Il y avait deux entrées : on a pris celle plus au sud, afin de contourner une zone de pétole et de grains instables et potentiellement très actifs. Il y a du jeu entre les copains, entre la flotte au nord qui n’a pas encore croisé l’anticyclone, et Marc Guillemot (Metarom MG5) qui revient très sud”, expliquait ce matin celui qui naviguait justement dans le sillage du quimpérois à la mi-journée, en 5ème position.


Demain, l’anticyclone devrait progresser vers le sud de l’archipel des Açores, reformer une barrière anticyclonique entre la Floride et le sud du Portugal et favoriser un alizé soutenu de 20 à 25 nœuds. Les retardataires ont quelques heures devant eux pour allonger la foulée et rejoindre les alizés avant que la porte ne se referme.


Les concurrents les plus à l’est, plein vent arrière, vont quant à eux pouvoir se livrer une bataille d’empannages, un exercice toujours délicat dans le vent soutenu et qui demande un sens parfait du timing.


Ils ont dit : **Gilles Colubi (Kornog 2 ** : “Depuis hier 23h00, Kornog a sonné la charge ! Une nuit avec 30 nœuds de vent en moyenne et des pointes au passage du front à 39,5 nœuds. Je navigue avec deux ris et le génois. Je vais commencer à reprendre le calcul de mes moyennes. J’ai fait des surfs à 17,80 nœuds, et peut-être plus lorsque je dormais. Le bateau est plus plat mais la route est bien cabossée. Il y a encore trois à quatre mètres de creux. Sinon, tout va bien, c’est l’heure du café-crêpes.

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