top of page

À partir du 20 Octobre à Saint-Malo  |  Du 06 Novembre en Guadeloupe

Pink Poppy Flowers

© Brieuc Maisonneuve


Après une fin de journée plus que tonique hier à cause du passage du front froid lié à l’ex-cyclone Nicole, les concurrents en lice en Rhum Mono et Rhum Multi ont passé une seconde partie de nuit un peu plus calme pour la plupart d’entre eux. A l’exception de la queue de flotte et d’Erwan Thibouméry (Interaction), qui s’est retrouvé en difficulté au large des côtes espagnoles alors qu’il faisait route vers La Corogne. Le marin, qui a été hélitreuillé à 04h44, est sain et sauf. Pour les autres, l’heure est désormais aux choix stratégiques pour négocier au mieux l’anticyclone des Açores et récupérer au plus vite les alizés tant attendus.


Erwan Thiboumery (Interaction) sain et sauf à terre Erwan Thiboumery, qui avait suspendu sa course le 12 novembre et s’était dérouté vers l’Espagne suite de nombreux problèmes de voiles et une panne moteur, a dû être hélitreuillé cette nuit par les secours espagnols, coordonnés par leur MRCC. En effet, son bateau n’était plus manœuvrant dans des conditions de mer et de vent difficiles qui l’ont poussé à la côte. Le skipper, qui est désormais à terre, va bien. Le navire a quant à lui dérivé et s’est échoué sur la plage de Ferreira.


Trouver le chemin des alizés au plus vite Toujours menée par Gilles Buekenhout (Jess) qui comptait 100,3 milles d’avance sur Roland Jourdain (We Explore) à la mi-journée, la flotte de Rhum Multi, positionnée à l’est de l’archipel des Açores, est confrontée à deux choix : descendre vers Madère et les Canaries ou mettre le clignotant à droite.


Emmenés par le skipper belge, le petit groupe de tête composé de Roland Jourdain, Loïc Escoffier (Lodigroup), Marc Guillemot (Metarom MG5) et Gwen Chapalain (Guyader - Savéol) a choisi son camp en optant pour une route sud-ouest. « La nuit a été compliquée : j’ai eu 38 nœuds en rafale. C’était bien sport, avec une mer très mauvaise. Il fallait adapter la vitesse en permanence au pilote. Quand je suis passé sous trois ris et foc de forte brise, deux embouts de lattes sont partis. Après le front, j'ai gardé les trois ris et foc de brise pour passer la mer », racontait ce dernier ce matin. Avant d’ajouter : « Niveau route, je me cale sur le même cap que les copains devant. Là, je suis sous génois et un ris ; ça avance bien. Il y a 15 nœuds de vent, je suis à 80 degrés pour 12 nœuds de vitesse, il reste de la mer…! Je me repose un peu et passe sous grand-voile haute”. L’enjeu sera désormais pour eux d’essayer de se faufiler vers le petit trou de souris entre l’anticyclone et sa dorsale avant d’attraper le train des alizés.


De leur côté, les Golden Oldies ont fait le choix de descendre vers les Canaries et devront négocier au mieux la dorsale qui s’étend de Madère au Maroc avant de récupérer de l’air. Un choix qu’a fait également Philippe Poupon (Flo), actuellement 12ème. « Le Flo fait cap au sud, une route qui s’est déterminée par les différentes escales de Port-la-Forêt et de La Corogne. Mais cela tombe bien parce c’est aussi cela que je voulais : une route un peu plus longue, certes, mais celle qui me permettrait de gagner rapidement vers les alizés et éviter tant que faire se peut de se bagarrer avec les fronts tempétueux de l’Atlantique nord », écrivait de matin le skipper de l’ex-Pierre 1er de Florence Arthaud.


En Rhum Mono, Jean-Pierre Dick (Notre Méditerranée – Ville de Nice, qui pointe toujours en tête du classement, fait route vers Ponta Delgada (Açores) où il devrait pouvoir déposer Brieuc Maisonneuve (CMA Île-de-France – 60.000 Rebonds) dans la nuit, aux alentours de 06h00 du matin. Toujours 2ème, Catherine Chabaud fait elle aussi route vers l’ouest, alors que Willy Bissainte (Tradisyon Gwadloup), 3ème, a pris une belle avance dans sa quête méridionale. Guy Pronier (Terranimo) et Gilles Colubi (Kornog 2), avaient également choisi l’option sud pour éviter de prendre les fronts de face. L’enjeu pour eux sera de négocier au mieux la zone de molle située à l’ouest de Madère.


Arnaud Pennarun (Viabilis – Pen Duick III & ACH pour les enfants de Robert Debré) a remis, lui, de l’ouest dans sa route : « Hier matin, je me suis retrouvé mal placé par rapport à la dépression qui allait balayer ma route. Pourtant dimanche soir, j'ai tenté de descendre plein sud comme la plupart des autres skippers de la catégorie Rhum Mono. Mais il a fallu manœuvrer toute la nuit dans des vents instables. A 6h00 hier matin, en concertation avec mon pisteur (Jean Le Cam), j'ai viré pour affronter de face le coup de vent d'est en ouest ».


Demain, ceux qui seront encore entre le golfe de Gascogne et les Açores vont croiser la route d’une nouvelle dépression, avec des vagues de cinq à six mètres à l’entrée du golfe et des rafales pouvant dépasser les 45 nœuds au Cap Finisterre.

  • 15 nov. 2022
  • 4 min de lecture

© Brieuc Maisonneuve


Après une fin de journée plus que tonique hier à cause du passage du front froid lié à l’ex-cyclone Nicole, les concurrents en lice en Rhum Mono et Rhum Multi ont passé une seconde partie de nuit un peu plus calme pour la plupart d’entre eux. A l’exception de la queue de flotte et d’Erwan Thibouméry (Interaction), qui s’est retrouvé en difficulté au large des côtes espagnoles alors qu’il faisait route vers La Corogne. Le marin, qui a été hélitreuillé à 04h44, est sain et sauf. Pour les autres, l’heure est désormais aux choix stratégiques pour négocier au mieux l’anticyclone des Açores et récupérer au plus vite les alizés tant attendus.


Erwan Thiboumery (Interaction) sain et sauf à terre Erwan Thiboumery, qui avait suspendu sa course le 12 novembre et s’était dérouté vers l’Espagne suite de nombreux problèmes de voiles et une panne moteur, a dû être hélitreuillé cette nuit par les secours espagnols, coordonnés par leur MRCC. En effet, son bateau n’était plus manœuvrant dans des conditions de mer et de vent difficiles qui l’ont poussé à la côte. Le skipper, qui est désormais à terre, va bien. Le navire a quant à lui dérivé et s’est échoué sur la plage de Ferreira.


Trouver le chemin des alizés au plus vite Toujours menée par Gilles Buekenhout (Jess) qui comptait 100,3 milles d’avance sur Roland Jourdain (We Explore) à la mi-journée, la flotte de Rhum Multi, positionnée à l’est de l’archipel des Açores, est confrontée à deux choix : descendre vers Madère et les Canaries ou mettre le clignotant à droite.


Emmenés par le skipper belge, le petit groupe de tête composé de Roland Jourdain, Loïc Escoffier (Lodigroup), Marc Guillemot (Metarom MG5) et Gwen Chapalain (Guyader - Savéol) a choisi son camp en optant pour une route sud-ouest. « La nuit a été compliquée : j’ai eu 38 nœuds en rafale. C’était bien sport, avec une mer très mauvaise. Il fallait adapter la vitesse en permanence au pilote. Quand je suis passé sous trois ris et foc de forte brise, deux embouts de lattes sont partis. Après le front, j'ai gardé les trois ris et foc de brise pour passer la mer », racontait ce dernier ce matin. Avant d’ajouter : « Niveau route, je me cale sur le même cap que les copains devant. Là, je suis sous génois et un ris ; ça avance bien. Il y a 15 nœuds de vent, je suis à 80 degrés pour 12 nœuds de vitesse, il reste de la mer…! Je me repose un peu et passe sous grand-voile haute”. L’enjeu sera désormais pour eux d’essayer de se faufiler vers le petit trou de souris entre l’anticyclone et sa dorsale avant d’attraper le train des alizés.


De leur côté, les Golden Oldies ont fait le choix de descendre vers les Canaries et devront négocier au mieux la dorsale qui s’étend de Madère au Maroc avant de récupérer de l’air. Un choix qu’a fait également Philippe Poupon (Flo), actuellement 12ème. « Le Flo fait cap au sud, une route qui s’est déterminée par les différentes escales de Port-la-Forêt et de La Corogne. Mais cela tombe bien parce c’est aussi cela que je voulais : une route un peu plus longue, certes, mais celle qui me permettrait de gagner rapidement vers les alizés et éviter tant que faire se peut de se bagarrer avec les fronts tempétueux de l’Atlantique nord », écrivait de matin le skipper de l’ex-Pierre 1er de Florence Arthaud.


En Rhum Mono, Jean-Pierre Dick (Notre Méditerranée – Ville de Nice, qui pointe toujours en tête du classement, fait route vers Ponta Delgada (Açores) où il devrait pouvoir déposer Brieuc Maisonneuve (CMA Île-de-France – 60.000 Rebonds) dans la nuit, aux alentours de 06h00 du matin. Toujours 2ème, Catherine Chabaud fait elle aussi route vers l’ouest, alors que Willy Bissainte (Tradisyon Gwadloup), 3ème, a pris une belle avance dans sa quête méridionale. Guy Pronier (Terranimo) et Gilles Colubi (Kornog 2), avaient également choisi l’option sud pour éviter de prendre les fronts de face. L’enjeu pour eux sera de négocier au mieux la zone de molle située à l’ouest de Madère.


Arnaud Pennarun (Viabilis – Pen Duick III & ACH pour les enfants de Robert Debré) a remis, lui, de l’ouest dans sa route : « Hier matin, je me suis retrouvé mal placé par rapport à la dépression qui allait balayer ma route. Pourtant dimanche soir, j'ai tenté de descendre plein sud comme la plupart des autres skippers de la catégorie Rhum Mono. Mais il a fallu manœuvrer toute la nuit dans des vents instables. A 6h00 hier matin, en concertation avec mon pisteur (Jean Le Cam), j'ai viré pour affronter de face le coup de vent d'est en ouest ».


Demain, ceux qui seront encore entre le golfe de Gascogne et les Açores vont croiser la route d’une nouvelle dépression, avec des vagues de cinq à six mètres à l’entrée du golfe et des rafales pouvant dépasser les 45 nœuds au Cap Finisterre.

bottom of page