- 14 nov. 2022
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Quentin Vlamynck - Arkema
Les skippers des six Ocean Fifty ont des fourmis dans les jambes. D’abord parce qu’ils ne se sont pas souvent étirés dans leur bannette depuis le départ, veillant au grain dans leur siège de veille. Ensuite parce qu’ils n’ont pas sorti une seule fois leurs gennakers des filets de leurs trimarans et rêvent tous de belle glisse. La porte de sortie devrait s’ouvrir ce soir pour le leader Quentin Vlamynck (Arkema) et ses deux poursuivants Erwan Le Roux (Koesio) et Sébastien Rogues (Primonial). Pour le trio de tête, c’est une occasion de plus pour creuser l’écart avec leurs poursuivants.
Erwan Le Roux a eu un peu chaud avant hier lorsqu’il a vu partir le leader Quentin Vlamynck dans l’ouest à l’assaut du front, lui qui peinait à sortir de la zone de transition. En 36 heures, le vainqueur de la Route du Rhum - Destination Guadeloupe 2014 a retrouvé des chevaux et limité la casse. Le voilà de nouveau à moins de 60 milles du leader Quentin Vlamynck, dans une position de chasseur qui ne lui déplait pas : « Il reste encore tout un Atlantique à traverser. J’ai 60 milles de retard sur Arkema qui va vite au portant et la tâche ne sera pas simple. Il faudra tirer les bons bords, mais il peut encore se passer beaucoup de choses » prévenait le skipper de Koésio à la vacation.
En tous cas, une chose est sûre, il faudra aller chercher Quentin Vlamynck, lui le bizuth qui s’est vite imposé leader de cette Route du Rhum - Destination Guadeloupe et séduit les observateurs par l’excellente gestion de sa course : prudent dans les moments chauds, Quentin semble sûr du potentiel de son plan Neyhousser et c’est le plus régulier dans la performance depuis Saint-Malo. En attendant les alizés, les skippers naviguaient ce matin à une allure très technique, près du vent mais avec une houle de l’arrière qui compliquait sérieusement le travail du pilote et obligeait de réguler à l’écoute. Décalé à 250 milles des leaders dans l’Est, Eric Péron ne semblait pas plus à la fête. Obligé de naviguer différemment car détaché du groupe avant hier, le skipper de Komilfo est allé tenter sa chance dans l’Est. Un investissement qui semble assez pénible si l’on en juge par sa trace en dents de scie et qui ne pourra payer que s’il touche l’alizé plus tôt que ses concurrents. Dans le cas contraire, il n’aura pas d’autre choix que de se réaligner dan leur sillage avec un débours de milles important, lui qui pointe actuellement à 240 milles derrière Arkema en distance au but. Une fois les gennakers envoyés et l’allure stabilisée dans le vent de Nord Est, quel rythme vont adopter les petits multicoques de 50 pieds ? C’est la question qui déterminera la suite des opérations, et on devrait commencer à avoir des éléments de réponse la nuit prochaine.
C’est un nouveau chapitre qui va s’ouvrir pour les Ocean Fifty qui en ont fini avec la la navigation contre les éléments et vont gouter à l’ivresse de la vitesse, eux qui peuvent naviguer à 20 noeuds de moyenne quand la glisse est au rendez-vous. Une carte postale dont il faut se méfier car comme le rappelait Armel Tripon (Les P’tits Doudous), l’Atlantique au portant sur ces bolides n’est pas de tout repos. « Jusqu’à la fin, les alizés sont très usants sur ces bateaux qu’il faut surveiller en permanence. Savoir dormir quand le bateau cavale à 25 noeuds, c’est un plus ! » prévenait le tenant du titre de l’épreuve qui pointait en quatrième position à moins de 100 milles.
