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À partir du 20 Octobre à Saint-Malo  |  Du 06 Novembre en Guadeloupe

Pink Poppy Flowers

© François Van Malleghem


Lancés entre 2004 et 2011, 13 IMOCA sur les 38 que compte le plateau de la 12e Route du Rhum – Destination Guadeloupe, équipés de dérives, vont se livrer bataille sur l’échiquier Atlantique. 13 bateaux parfois complètement modifiés, parfois restés dans leur jus, menés par des skippers certainement pas en manque d’expérience.


Il va y avoir du sport et une grosse envie de compétition dès le départ dimanche à 13h02 ! D’autant que les conditions rugueuses attendues dans le golfe de Gascogne ne seront pas pour déplaire aux « vieux routiers » des mers du globe…


Observer les anciens IMOCA sur l’immense ponton du bassin Duguay-Trouin, c’est un peu comme ouvrir le livre d’histoires de la course au large en IMOCA. L’évolution ces 20 dernières années est flagrante entre le plan Farr de Sébastien Marsset (Mon Courtier Energie - Cap Agir Ensemble) lancé à l’époque (2006) pour Jérémie Beyou (ex-Delta Dore) et le nouveau Charal de 2022 ! Étraves pincées, gréements à barres de flèches classiques, casquettes peu recouvrantes, ballasts au centre, dérives rentrées, ils sont clairement 3 à être restés dans leur jus, dans leur configuration originelle : Cap Agir Ensemble, Ebac Literie de 2005 (Antoine Cornic) et Demain C’est Loin lancé en 2006 (Nicolas Rouger). Le plus ancien de la flotte, le plan Lombard Kattan de Fanch Guiffant (2004) a quelque peu évolué et ne boude pas ses capacités à performer dans la catégorie des « anciens ».


Des évolutions au fil du temps La majorité de ces bateaux qui ont écumé les mers du sud, avalé moults transats ont subi des cures d’amaigrissement, des modifications de gréement dans le but de rester au goût du jour malgré l’arrivée des IMOCA à foils, sans pourtant pouvoir rivaliser avec ces monstres de technologie volants, forcément plus rapides à toutes les allures. « Il y a un match dans le match pour les bateaux à dérives. Je n’oublie pas qu’il y a quatre ans, c’est encore un IMOCA à dérives qui a gagné la Route du Rhum (le SMA de Paul Meilhat, NDLR). Il va y avoir une belle bagarre. Avec mon équipe, nous avons beaucoup travaillé sur le bateau qui a subi de grosses modifications. Je peux viser le top 5 voire le podium des bateaux à dérives. Je vais tout donner pour y arriver.» explique Manu Cousin (Groupe Sétin) dont le plan Farr, conçu à l’origine pour Jean-Pierre Dick date de 2007. Force est de constater que ces architectes ont connu leurs années de gloire : « Quand un bateau marchait fort, les skippers ne cherchaient pas vraiment plus loin. Bruce Farr et le cabinet Finot-Conq ont été les stars de la construction IMOCA pour le Vendée Globe 2008. » analyse Louis Duc (Fives-Lantana Environnement), amoureux fou de bateaux, qui prendra le départ sur un plan Farr de 2006, celui de Vincent Riou (PRB) qui avait sauvé Jean Le Cam ! Un seul faisait office de trublion, celui de Kito de Pavant, premier Plan VPLP/Verdier lancé en 2007, sous le nom de Groupe Bel, désormais aux mains de Conrad Colman (Imagine) pour cette 12e Route du Rhum – Destination Guadeloupe.


Chatouiller le tableau arrière des foilers Dans cette course par élimination tant les ennuis techniques sont légion sur le run atlantique, les IMOCA à dérives ne visent pas le podium mais une belle occasion de se livrer à un match dans le match, voire de chatouiller les foilers si les conditions le permettent. L’audacieux Louis Duc a constaté que sur la dernière Vendée Arctique « quelque fois on a la surprise de retrouver des foilers autour de nous alors, quand on peut les mettre derrière nous, on est contents ! ». Les conditions de près dans du vent fort annoncées dimanche et le début de semaine prochaine ne stressent aucunement les skippers, comme Sébastien Marsset : « Mon bateau est éprouvé, marin, costaud, quelque part, je serai sans doute le plus à l’aise dans cette météo très musclée que nous allons rencontrer. Ce n’est pas le plus performant, c’est sûr, mais sans doute le plus sûr ! ». Benjamin Ferré (Monnoyeur – Duo for a job) part, lui, sur le plus jeune des anciens : le bateau de François Gabart lancé en 2011 (plan VPLP/Verdier) vainqueur du Vendée Globe 2012 et de la dernière Route du Rhum – Destination Guadeloupe avec Paul Meilhat. Un bon bateau bichonné par l’équipe de Jean Le Cam, tout comme celui d’Eric Bellion (COMMEUNSEULHOMME Powered by Altavia) qui n’est autre que celui de Jean « himself » qui avait terminé 4e de la boucle planétaire 2020… devant des foilers.


Petite analyse du plateau d’IMOCA à dérives par Louis Duc (Fives – Lantana Environnement)


« Il y a Tanguy Le Turquay (Lazare) qui est un très bon compétiteur, il vient des circuits Mini et Figaro, il aime se battre, on va bien s’amuser sur l’eau ! Benjamin Ferré (Monnoyeur – Duo for a job) est à la barre de l’ex-SMA de Paul Meilhat, vainqueur de la dernière Route du Rhum : c’est le plus performant et le plus récent des bateaux à dérive. Il est rapide et commence à avoir de l’expérience. Il y a également le jeune et adorable Guirec Soudée (Freelance.com). Il est connu du grand-public pour avoir fait un tour du monde héroïque, en solitaire, avec une poule à son bord. Il n’a pas un profil de compétiteur, mais il se retrouve à batailler avec nous ! Éric Bellion avec l’ancien bateau de Jean Le Cam, le sistership de mon bateau, est également un bon concurrent. Sébastien Marsset est aussi un très bon marin, et il y en a beaucoup d’autres encore… Quelque fois, on a la surprise de retrouver des foilers autour de nous alors, quand on peut les mettre derrière nous, on est contents ! »


Louis Duc (Fives - Lantana Environnement) sur son plan Farr de 2006 qu'il a optimisé en partie avec du matériel récupéré.


Eric Bellion (COMMEUNSEULHOMME Powered by Altavia) part sur le bateau de Jean Le Cam qui avait terminé 4e du dernier Vendée Globe.

  • 3 nov. 2022
  • 4 min de lecture

© François Van Malleghem


Lancés entre 2004 et 2011, 13 IMOCA sur les 38 que compte le plateau de la 12e Route du Rhum – Destination Guadeloupe, équipés de dérives, vont se livrer bataille sur l’échiquier Atlantique. 13 bateaux parfois complètement modifiés, parfois restés dans leur jus, menés par des skippers certainement pas en manque d’expérience.


Il va y avoir du sport et une grosse envie de compétition dès le départ dimanche à 13h02 ! D’autant que les conditions rugueuses attendues dans le golfe de Gascogne ne seront pas pour déplaire aux « vieux routiers » des mers du globe…


Observer les anciens IMOCA sur l’immense ponton du bassin Duguay-Trouin, c’est un peu comme ouvrir le livre d’histoires de la course au large en IMOCA. L’évolution ces 20 dernières années est flagrante entre le plan Farr de Sébastien Marsset (Mon Courtier Energie - Cap Agir Ensemble) lancé à l’époque (2006) pour Jérémie Beyou (ex-Delta Dore) et le nouveau Charal de 2022 ! Étraves pincées, gréements à barres de flèches classiques, casquettes peu recouvrantes, ballasts au centre, dérives rentrées, ils sont clairement 3 à être restés dans leur jus, dans leur configuration originelle : Cap Agir Ensemble, Ebac Literie de 2005 (Antoine Cornic) et Demain C’est Loin lancé en 2006 (Nicolas Rouger). Le plus ancien de la flotte, le plan Lombard Kattan de Fanch Guiffant (2004) a quelque peu évolué et ne boude pas ses capacités à performer dans la catégorie des « anciens ».


Des évolutions au fil du temps La majorité de ces bateaux qui ont écumé les mers du sud, avalé moults transats ont subi des cures d’amaigrissement, des modifications de gréement dans le but de rester au goût du jour malgré l’arrivée des IMOCA à foils, sans pourtant pouvoir rivaliser avec ces monstres de technologie volants, forcément plus rapides à toutes les allures. « Il y a un match dans le match pour les bateaux à dérives. Je n’oublie pas qu’il y a quatre ans, c’est encore un IMOCA à dérives qui a gagné la Route du Rhum (le SMA de Paul Meilhat, NDLR). Il va y avoir une belle bagarre. Avec mon équipe, nous avons beaucoup travaillé sur le bateau qui a subi de grosses modifications. Je peux viser le top 5 voire le podium des bateaux à dérives. Je vais tout donner pour y arriver.» explique Manu Cousin (Groupe Sétin) dont le plan Farr, conçu à l’origine pour Jean-Pierre Dick date de 2007. Force est de constater que ces architectes ont connu leurs années de gloire : « Quand un bateau marchait fort, les skippers ne cherchaient pas vraiment plus loin. Bruce Farr et le cabinet Finot-Conq ont été les stars de la construction IMOCA pour le Vendée Globe 2008. » analyse Louis Duc (Fives-Lantana Environnement), amoureux fou de bateaux, qui prendra le départ sur un plan Farr de 2006, celui de Vincent Riou (PRB) qui avait sauvé Jean Le Cam ! Un seul faisait office de trublion, celui de Kito de Pavant, premier Plan VPLP/Verdier lancé en 2007, sous le nom de Groupe Bel, désormais aux mains de Conrad Colman (Imagine) pour cette 12e Route du Rhum – Destination Guadeloupe.


Chatouiller le tableau arrière des foilers Dans cette course par élimination tant les ennuis techniques sont légion sur le run atlantique, les IMOCA à dérives ne visent pas le podium mais une belle occasion de se livrer à un match dans le match, voire de chatouiller les foilers si les conditions le permettent. L’audacieux Louis Duc a constaté que sur la dernière Vendée Arctique « quelque fois on a la surprise de retrouver des foilers autour de nous alors, quand on peut les mettre derrière nous, on est contents ! ». Les conditions de près dans du vent fort annoncées dimanche et le début de semaine prochaine ne stressent aucunement les skippers, comme Sébastien Marsset : « Mon bateau est éprouvé, marin, costaud, quelque part, je serai sans doute le plus à l’aise dans cette météo très musclée que nous allons rencontrer. Ce n’est pas le plus performant, c’est sûr, mais sans doute le plus sûr ! ». Benjamin Ferré (Monnoyeur – Duo for a job) part, lui, sur le plus jeune des anciens : le bateau de François Gabart lancé en 2011 (plan VPLP/Verdier) vainqueur du Vendée Globe 2012 et de la dernière Route du Rhum – Destination Guadeloupe avec Paul Meilhat. Un bon bateau bichonné par l’équipe de Jean Le Cam, tout comme celui d’Eric Bellion (COMMEUNSEULHOMME Powered by Altavia) qui n’est autre que celui de Jean « himself » qui avait terminé 4e de la boucle planétaire 2020… devant des foilers.


Petite analyse du plateau d’IMOCA à dérives par Louis Duc (Fives – Lantana Environnement)


« Il y a Tanguy Le Turquay (Lazare) qui est un très bon compétiteur, il vient des circuits Mini et Figaro, il aime se battre, on va bien s’amuser sur l’eau ! Benjamin Ferré (Monnoyeur – Duo for a job) est à la barre de l’ex-SMA de Paul Meilhat, vainqueur de la dernière Route du Rhum : c’est le plus performant et le plus récent des bateaux à dérive. Il est rapide et commence à avoir de l’expérience. Il y a également le jeune et adorable Guirec Soudée (Freelance.com). Il est connu du grand-public pour avoir fait un tour du monde héroïque, en solitaire, avec une poule à son bord. Il n’a pas un profil de compétiteur, mais il se retrouve à batailler avec nous ! Éric Bellion avec l’ancien bateau de Jean Le Cam, le sistership de mon bateau, est également un bon concurrent. Sébastien Marsset est aussi un très bon marin, et il y en a beaucoup d’autres encore… Quelque fois, on a la surprise de retrouver des foilers autour de nous alors, quand on peut les mettre derrière nous, on est contents ! »


Louis Duc (Fives - Lantana Environnement) sur son plan Farr de 2006 qu'il a optimisé en partie avec du matériel récupéré.


Eric Bellion (COMMEUNSEULHOMME Powered by Altavia) part sur le bateau de Jean Le Cam qui avait terminé 4e du dernier Vendée Globe.

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