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À partir du 20 Octobre à Saint-Malo  |  Du 06 Novembre en Guadeloupe

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A taille humaine, les Ocean fifty n'ont jamais présenté plus beau plateau au départ de la Route du Rhum - Destination Guadeloupe© Arnaud Pilpré


Ils étaient six en 2018 et affichent avec huit bateaux cette année le plus beau plateau jamais réuni depuis la création de la classe en 2009. Les Ocean Fifty se portent bien avec de nouveaux projets entrants mais pas trop pour ne pas bouleverser l’équilibre entre générations. A l’heure où la frugalité est à la mode, ces petits bolides de 15 mètres représentent l’un des meilleurs prix/performances de la course au large. Explications avec les skippers.


Réunis à l’entrée du bassin Duguay Trouin, ils ont fière allure les Ocean Fifty. Deux d’entre eux ont à peine deux ans (Koésio à Erwan Leroux et Arkema à Quentin Vlamynck), quatre ont plus de 10 ans d’âge, la moitié des skippers s’apprête à disputer sa première transat en solitaire en multicoque. Pourtant, bien malin celui qui pronostiquera le vainqueur en Guadeloupe, tant la bagarre s’annonce serrée. « En solitaire cette année, on n’ a couru que la Dhream Cup, mais c’était comme une étape de Figaro. On était à bloc, on n’a pas dormi et ce n’est pas représentatif de la navigation océanique de 10 jours qui nous attend. Je crois que c’est très ouvert et tout le monde a sa chance » explique Sam Goodchild, bizuth de l’épreuve sur Leyton. Il n’est pourtant pas si loin le temps où la classe, alors nommée Multi50 proposait une flotte disparate avec professionnels en devenir et amateurs éclairés, construction composites high tech et vieux multis en bois moulé ou en aluminium, baptisés Spirit. Exclus après 2016, ces derniers font aujourd’hui le bonheur de la classe Rhum Multi et année après année, ils ont été remplacés par de nouveaux 50 pieds compétitifs.


Des budgets réalistes

Le plateau s’est étoffé, les qualités intrinsèques de ces trimarans finissant par attirer des skippers variés, à la recherche des sensations du multicoque pour un budget calibré. Si le prix d’achat d’un bateau neuf avoisine les 3 millions d’euros, les bonnes occasions se touchent à environ 1 million pour un coût annuel de fonctionnement de 600 000 euros. Sébastien Rogues a acheté Primonial en 2019. Le bateau datait de 2009 et a été soigneusement upgradé par son skipper qui remportait à son bord en compagnie de Mathieu Souben la dernière Transat Jacques Vabre : « _Seul le squelette reste d’origine. Nous avons upgradé l’ensemble du matériel en suivant l’évolution technique : électronique, accastillage, espars, voiles… Le squelette ne joue pas sur la performance pourvu qu’il soit bien entretenu _» déclare le skipper pour qui la Route du Rhum - Destination Guadeloupe sera le baptême du feu en solitaire … et qui a déjà lancé un nouveau Primonial, en construction chez Multiplast pour 2023. Spectaculaires et proches en performance des anciens trimarans ORMA, les Ocean Fifty sont aussi très simples à mener. Ancien du Class40, Thibault Vauchel Camus a retrouvé à bord de Solidaires en peloton - ARSEP, l’ivresse du Formule 18 sur lequel il a fait ses classes et aime y faire goûter ses partenaires: « A raison de six à huit invités si la météo est propice, tu peux organiser de belles journées et faire partager ton sport à beaucoup de monde en toute sécurité » promet celui qui prendra le départ de sa deuxième Route du Rhum - Destination Guadeloupe (il avait terminé 3ème en 2018)


Evolution contrôlée

L’adoption en 2017 de foils courbes monotypes a été un premier jalon important pour la classe. Réputés chatouilleux, les Ocean fifty y ont gagné un surcroit de performances et surtout de sécurité. Leur structure en verre (le carbone n’est autorisé que dans les bras et le fond de coque) n’a pas bronché et les foils ont eu tendance à lisser les performances des uns et des autres. Exemple avec Komilfo, le plan Irens-Cabaret de 2009, vainqueur de la Route du Rhum 2010 aux mains de Lionel Lemonchois qui a trouvé une nouvelle jeunesse avec Eric Péron en 2022. Bizuth en solitaire sur multicoque, le skipper au CV bien fourni par ailleurs, fait partie des outsiders possibles et a montré en progressant toute l’année qu’il faudrait sans doute compter sur lui notamment si la météo chahute la flotte. Deuxième étape importante : la mise en place il y a deux ans d’un véritable circuit, baptisé le Pro Sailing Tour qui garantit au plateau quatre Grand-Prix dans l’année en plus d’une épreuve semi-hauturière, avec une médiatisation à la clef. De quoi faire monter le niveau des équipages et attirer de nouveaux projets. Un deuxième Ocean Fifty est ainsi en construction pour 2023 ce qui portera à 10 le nombre de trimarans existant, un chiffre correspondant au numérus clausus voté par la classe. « _Deux wild card restent ouvertes à des skippers déjà intégrés à la classe qui auraient un nouveau projet. Mais nous voulons contrôler notre croissance _» précise Erwan Le Roux le président, skipper engagé cette année sur Koésio. Plutôt vertueuse sur le plan environnemental, cette rareté organisée permet de trouver plus facilement des villes d’accueil pour les Grand-Prix et limite la dépréciation des anciens bateaux.


Une prudence de bon aloi, celle-là même dont il faut faire preuve pour traverser l’Atlantique à bord de ces mobylettes océaniques. Car la Route du Rhum - Destination Guadeloupe reste la course la plus ambitieuse pour des bateaux qui pèsent moins de 4 tonnes et peuvent voir s’élever leur coque centrale dès 15 noeuds de vent. En 2018, c’est d’ailleurs la voie de la prudence qui l’avait emporté lorsqu’ Armel Tripon qui rempile cette année (Les P’tits Doudous), avait choisi d’esquiver le front balayant la route vers Pointe à Pitre en plongeant au Sud, laissant ses concurrents dans le dur au passage des Açores…

  • 29 oct. 2022
  • 4 min de lecture

A taille humaine, les Ocean fifty n'ont jamais présenté plus beau plateau au départ de la Route du Rhum - Destination Guadeloupe© Arnaud Pilpré


Ils étaient six en 2018 et affichent avec huit bateaux cette année le plus beau plateau jamais réuni depuis la création de la classe en 2009. Les Ocean Fifty se portent bien avec de nouveaux projets entrants mais pas trop pour ne pas bouleverser l’équilibre entre générations. A l’heure où la frugalité est à la mode, ces petits bolides de 15 mètres représentent l’un des meilleurs prix/performances de la course au large. Explications avec les skippers.


Réunis à l’entrée du bassin Duguay Trouin, ils ont fière allure les Ocean Fifty. Deux d’entre eux ont à peine deux ans (Koésio à Erwan Leroux et Arkema à Quentin Vlamynck), quatre ont plus de 10 ans d’âge, la moitié des skippers s’apprête à disputer sa première transat en solitaire en multicoque. Pourtant, bien malin celui qui pronostiquera le vainqueur en Guadeloupe, tant la bagarre s’annonce serrée. « En solitaire cette année, on n’ a couru que la Dhream Cup, mais c’était comme une étape de Figaro. On était à bloc, on n’a pas dormi et ce n’est pas représentatif de la navigation océanique de 10 jours qui nous attend. Je crois que c’est très ouvert et tout le monde a sa chance » explique Sam Goodchild, bizuth de l’épreuve sur Leyton. Il n’est pourtant pas si loin le temps où la classe, alors nommée Multi50 proposait une flotte disparate avec professionnels en devenir et amateurs éclairés, construction composites high tech et vieux multis en bois moulé ou en aluminium, baptisés Spirit. Exclus après 2016, ces derniers font aujourd’hui le bonheur de la classe Rhum Multi et année après année, ils ont été remplacés par de nouveaux 50 pieds compétitifs.


Des budgets réalistes

Le plateau s’est étoffé, les qualités intrinsèques de ces trimarans finissant par attirer des skippers variés, à la recherche des sensations du multicoque pour un budget calibré. Si le prix d’achat d’un bateau neuf avoisine les 3 millions d’euros, les bonnes occasions se touchent à environ 1 million pour un coût annuel de fonctionnement de 600 000 euros. Sébastien Rogues a acheté Primonial en 2019. Le bateau datait de 2009 et a été soigneusement upgradé par son skipper qui remportait à son bord en compagnie de Mathieu Souben la dernière Transat Jacques Vabre : « _Seul le squelette reste d’origine. Nous avons upgradé l’ensemble du matériel en suivant l’évolution technique : électronique, accastillage, espars, voiles… Le squelette ne joue pas sur la performance pourvu qu’il soit bien entretenu _» déclare le skipper pour qui la Route du Rhum - Destination Guadeloupe sera le baptême du feu en solitaire … et qui a déjà lancé un nouveau Primonial, en construction chez Multiplast pour 2023. Spectaculaires et proches en performance des anciens trimarans ORMA, les Ocean Fifty sont aussi très simples à mener. Ancien du Class40, Thibault Vauchel Camus a retrouvé à bord de Solidaires en peloton - ARSEP, l’ivresse du Formule 18 sur lequel il a fait ses classes et aime y faire goûter ses partenaires: « A raison de six à huit invités si la météo est propice, tu peux organiser de belles journées et faire partager ton sport à beaucoup de monde en toute sécurité » promet celui qui prendra le départ de sa deuxième Route du Rhum - Destination Guadeloupe (il avait terminé 3ème en 2018)


Evolution contrôlée

L’adoption en 2017 de foils courbes monotypes a été un premier jalon important pour la classe. Réputés chatouilleux, les Ocean fifty y ont gagné un surcroit de performances et surtout de sécurité. Leur structure en verre (le carbone n’est autorisé que dans les bras et le fond de coque) n’a pas bronché et les foils ont eu tendance à lisser les performances des uns et des autres. Exemple avec Komilfo, le plan Irens-Cabaret de 2009, vainqueur de la Route du Rhum 2010 aux mains de Lionel Lemonchois qui a trouvé une nouvelle jeunesse avec Eric Péron en 2022. Bizuth en solitaire sur multicoque, le skipper au CV bien fourni par ailleurs, fait partie des outsiders possibles et a montré en progressant toute l’année qu’il faudrait sans doute compter sur lui notamment si la météo chahute la flotte. Deuxième étape importante : la mise en place il y a deux ans d’un véritable circuit, baptisé le Pro Sailing Tour qui garantit au plateau quatre Grand-Prix dans l’année en plus d’une épreuve semi-hauturière, avec une médiatisation à la clef. De quoi faire monter le niveau des équipages et attirer de nouveaux projets. Un deuxième Ocean Fifty est ainsi en construction pour 2023 ce qui portera à 10 le nombre de trimarans existant, un chiffre correspondant au numérus clausus voté par la classe. « _Deux wild card restent ouvertes à des skippers déjà intégrés à la classe qui auraient un nouveau projet. Mais nous voulons contrôler notre croissance _» précise Erwan Le Roux le président, skipper engagé cette année sur Koésio. Plutôt vertueuse sur le plan environnemental, cette rareté organisée permet de trouver plus facilement des villes d’accueil pour les Grand-Prix et limite la dépréciation des anciens bateaux.


Une prudence de bon aloi, celle-là même dont il faut faire preuve pour traverser l’Atlantique à bord de ces mobylettes océaniques. Car la Route du Rhum - Destination Guadeloupe reste la course la plus ambitieuse pour des bateaux qui pèsent moins de 4 tonnes et peuvent voir s’élever leur coque centrale dès 15 noeuds de vent. En 2018, c’est d’ailleurs la voie de la prudence qui l’avait emporté lorsqu’ Armel Tripon qui rempile cette année (Les P’tits Doudous), avait choisi d’esquiver le front balayant la route vers Pointe à Pitre en plongeant au Sud, laissant ses concurrents dans le dur au passage des Açores…

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