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À partir du 20 Octobre à Saint-Malo  |  Du 06 Novembre en Guadeloupe

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Paul Meilhat à bord de son IMOCA Biotherm


Vainqueur de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe en 2018, Paul Meilhat vient défendre son titre à bord de Biotherm, un bateau flambant neuf mis à l’eau le 31 août dernier. Compte tenu du peu de temps de préparation dont il a disposé, le skipper ne se considère pas comme un favori. Rencontre sur les pontons de Saint-Malo.


Paul, quel est ton rapport avec la Route du Rhum – Destination Guadeloupe ? Cette course te faisait-elle rêver quand tu étais petit ? Oui, j’ai toujours beaucoup suivi cette course. C’est logique car il s’agit de l’un des deux grands événements de la voile française avec le Vendée Globe. Je suis né en 1982, l’année de la deuxième édition de la Route du Rhum. J’ai vraiment suivi à partir de 1990 et la victoire de Florence Arthaud. Puis je me suis un peu éloigné de la course durant mes années de voile olympique et de Figaro. J’ai repris contact avec cette course en 2014. Je suis venu assister au départ de François Gabart sur Macif. A ce moment-là, je savais que j’allais naviguer sur ce bateau quelques mois plus tard. En 2018, j’ai gagné sur cet IMOCA, et cette année je débute sur la Route du Rhum la nouvelle histoire avec Biotherm.


Ta première participation, en 2018, s’est soldée par une victoire acquise à l’issue d’un scénario incroyable. Cela doit forcément être un souvenir très fort... Bien sûr, je garde d’excellents souvenirs de cette édition 2018. C’était l’apogée de mes années sous les couleurs de SMA, l’aboutissement d’un projet de quatre ans. Le bateau était au top, j’avais énormément navigué à bord, je me sentais bien. Arrivé en Guadeloupe, je ressentais beaucoup de bonheur et un peu de nostalgie aussi, car c’est le moment où le projet SMA s’est arrêté.



« Je ne pense pas du tout au statut de tenant du titre, je ne me mets aucune pression par rapport à ça »


Tu as pu naviguer seulement 15 jours sur Biotherm depuis la mise à l’eau du bateau. Compliqué de faire le doublé dans ces conditions ? Je ne pense pas du tout au statut de tenant du titre, je ne me mets aucune pression par rapport à ça. L’objectif n’a jamais été de défendre mon titre, il ne faut pas se tromper de combat. J’aborde la course avec beaucoup d’humilité. Le couple skipper-bateau ne coche pas la case de favori. Aujourd’hui, je suis encore dans une phase de fiabilisation et de prise en main de mon IMOCA, et c’est normal. Cette Route du Rhum va être ma première course en solitaire depuis quatre ans et l’édition 2018. Je ne suis pas inquiet à ce sujet, les réflexes vont vite revenir. Sur le parcours de qualification (1 200 milles en solitaire, NDR), j’ai adoré naviguer à nouveau en solo. Mon objectif premier est bien sûr de finir mais je veux aussi me confronter aux concurrents pour mieux appréhender le potentiel de Biotherm. Malgré le peu de préparation, j’ai envie de me mêler à la bagarre. Tout est possible en course au large, l’histoire n’est jamais écrite à l’avance.


« Je dois avoir une gestion de mon bateau plus raisonnable. L’attaque, ce sera pour plus tard »


As-tu déjà suffisamment pu travailler sur la fiabilité du bateau pour pouvoir tirer dessus sur la Route du Rhum – Destination Guadeloupe ? J’ai plutôt un bon niveau de confiance au niveau de la fiabilité. Biotherm est un sistership de Linkedout (l’IMOCA de Thomas Ruyant, NDLR) sur beaucoup de points. On part sur une base connue en termes de structure. On a déjà tiré fort sur le bateau. Il est tellement récent qu’à chaque navigation, on découvre des petites choses qui ne vont pas, ce qui est normal car les IMOCA sont des machines très complexes. Cela va forcément me perturber sur la course. J’espère rencontrer des problèmes mineurs qui ne m’empêcheront pas de traverser sereinement. Je dois avoir une gestion de mon bateau plus raisonnable. L’attaque, ce sera pour plus tard.


Que t’inspire la dynamique actuelle de la classe IMOCA, qui réunit un plateau record de 38 bateaux sur la Route du Rhum – Destination Guadeloupe ? Elle me fait plaisir. J’ai quitté le conseil d’administration de l'IMOCA l’année dernière, après cinq années de travail intense pour développer la classe. C’est une fierté d’avoir été au début de l’histoire du Championnat IMOCA Globe Series. Mais la plus grande fierté, c’est d’avoir lancé le programme autour du développement durable. Il y a quatre ans, il n’existait pas. Aujourd’hui, la classe IMOCA est bien structurée sur ce sujet. Ce n’est que le début, il reste énormément de travail, on le sait. Mais il y a déjà des effets concrets. On n’imaginait il y a quatre ans qu’on aurait des tables à cartes, des capots moteur, des supports et des fermetures de cockpit en fibres de lin. On fait aussi l’analyse du cycle de vie du bateau. Nous avons des outils de gestion pour réduire notre empreinte carbone et il y a beaucoup de coordination entre les équipes pour mutualiser un maximum de choses.

  • 31 oct. 2022
  • 4 min de lecture

Paul Meilhat à bord de son IMOCA Biotherm


Vainqueur de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe en 2018, Paul Meilhat vient défendre son titre à bord de Biotherm, un bateau flambant neuf mis à l’eau le 31 août dernier. Compte tenu du peu de temps de préparation dont il a disposé, le skipper ne se considère pas comme un favori. Rencontre sur les pontons de Saint-Malo.


Paul, quel est ton rapport avec la Route du Rhum – Destination Guadeloupe ? Cette course te faisait-elle rêver quand tu étais petit ? Oui, j’ai toujours beaucoup suivi cette course. C’est logique car il s’agit de l’un des deux grands événements de la voile française avec le Vendée Globe. Je suis né en 1982, l’année de la deuxième édition de la Route du Rhum. J’ai vraiment suivi à partir de 1990 et la victoire de Florence Arthaud. Puis je me suis un peu éloigné de la course durant mes années de voile olympique et de Figaro. J’ai repris contact avec cette course en 2014. Je suis venu assister au départ de François Gabart sur Macif. A ce moment-là, je savais que j’allais naviguer sur ce bateau quelques mois plus tard. En 2018, j’ai gagné sur cet IMOCA, et cette année je débute sur la Route du Rhum la nouvelle histoire avec Biotherm.


Ta première participation, en 2018, s’est soldée par une victoire acquise à l’issue d’un scénario incroyable. Cela doit forcément être un souvenir très fort... Bien sûr, je garde d’excellents souvenirs de cette édition 2018. C’était l’apogée de mes années sous les couleurs de SMA, l’aboutissement d’un projet de quatre ans. Le bateau était au top, j’avais énormément navigué à bord, je me sentais bien. Arrivé en Guadeloupe, je ressentais beaucoup de bonheur et un peu de nostalgie aussi, car c’est le moment où le projet SMA s’est arrêté.



« Je ne pense pas du tout au statut de tenant du titre, je ne me mets aucune pression par rapport à ça »


Tu as pu naviguer seulement 15 jours sur Biotherm depuis la mise à l’eau du bateau. Compliqué de faire le doublé dans ces conditions ? Je ne pense pas du tout au statut de tenant du titre, je ne me mets aucune pression par rapport à ça. L’objectif n’a jamais été de défendre mon titre, il ne faut pas se tromper de combat. J’aborde la course avec beaucoup d’humilité. Le couple skipper-bateau ne coche pas la case de favori. Aujourd’hui, je suis encore dans une phase de fiabilisation et de prise en main de mon IMOCA, et c’est normal. Cette Route du Rhum va être ma première course en solitaire depuis quatre ans et l’édition 2018. Je ne suis pas inquiet à ce sujet, les réflexes vont vite revenir. Sur le parcours de qualification (1 200 milles en solitaire, NDR), j’ai adoré naviguer à nouveau en solo. Mon objectif premier est bien sûr de finir mais je veux aussi me confronter aux concurrents pour mieux appréhender le potentiel de Biotherm. Malgré le peu de préparation, j’ai envie de me mêler à la bagarre. Tout est possible en course au large, l’histoire n’est jamais écrite à l’avance.


« Je dois avoir une gestion de mon bateau plus raisonnable. L’attaque, ce sera pour plus tard »


As-tu déjà suffisamment pu travailler sur la fiabilité du bateau pour pouvoir tirer dessus sur la Route du Rhum – Destination Guadeloupe ? J’ai plutôt un bon niveau de confiance au niveau de la fiabilité. Biotherm est un sistership de Linkedout (l’IMOCA de Thomas Ruyant, NDLR) sur beaucoup de points. On part sur une base connue en termes de structure. On a déjà tiré fort sur le bateau. Il est tellement récent qu’à chaque navigation, on découvre des petites choses qui ne vont pas, ce qui est normal car les IMOCA sont des machines très complexes. Cela va forcément me perturber sur la course. J’espère rencontrer des problèmes mineurs qui ne m’empêcheront pas de traverser sereinement. Je dois avoir une gestion de mon bateau plus raisonnable. L’attaque, ce sera pour plus tard.


Que t’inspire la dynamique actuelle de la classe IMOCA, qui réunit un plateau record de 38 bateaux sur la Route du Rhum – Destination Guadeloupe ? Elle me fait plaisir. J’ai quitté le conseil d’administration de l'IMOCA l’année dernière, après cinq années de travail intense pour développer la classe. C’est une fierté d’avoir été au début de l’histoire du Championnat IMOCA Globe Series. Mais la plus grande fierté, c’est d’avoir lancé le programme autour du développement durable. Il y a quatre ans, il n’existait pas. Aujourd’hui, la classe IMOCA est bien structurée sur ce sujet. Ce n’est que le début, il reste énormément de travail, on le sait. Mais il y a déjà des effets concrets. On n’imaginait il y a quatre ans qu’on aurait des tables à cartes, des capots moteur, des supports et des fermetures de cockpit en fibres de lin. On fait aussi l’analyse du cycle de vie du bateau. Nous avons des outils de gestion pour réduire notre empreinte carbone et il y a beaucoup de coordination entre les équipes pour mutualiser un maximum de choses.

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