- 20 nov. 2022
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Arnaud Pilpré / #RDR2022
Le skipper de Primonial est arrivé épuisé au ponton du Macte. Il raconte sa chevauchée fantastique à bord de son bateau âgé de 13 ans, avec lequel il a tiré ses derniers bords en arrivant en Guadeloupe.
Sébastien Rogues (Primonial), 3e à Pointe-à-Pitre « Je suis à -10 niveau forme comme quand tu n’as plus rien dans le réservoir de ta voiture. Je suis HS. Mais l’important c’est que je sois là ! Traverser l’Atlantique en solo sur un Ocean Fifty est probablement la chose la plus incroyable de ma vie. La fatigue est tellement présente. Je ne sais plus dans quel monde je suis. Avec les jours et le repos, je vais réaliser. J’ai tellement tout donné, c’est la première fois que je suis allé aussi loin de toute ma vie. Je n’ai pas plus d’énergie. Ces bateaux ne demandent qu’à galoper, ce sont les plus beaux bateaux du monde. Les deux gars de devant sont incroyables ! C’est fou ce qu’ils ont fait, j’ai décroché il y a deux jours et demi. Ma vieille louloute, mon vieux bateau, il a 13 ans d’écart avec les autres. C’est ma dernière course avec lui, je suis assez sentimental, c’était mon dernier bord avec lui. Je suis content d’avoir tenu la cadence du taulier, Erwan Le Roux. Il a plus d’expérience que Quentin (Vlamynck) et moi réunis. Quentin a fait du couse de fou mais sur la fin Erwan était fluide, plaçait parfaitement ses attaques, je sentais qu’il ne lâcherait jamais rien. Est-ce que je suis déçu de ne pas avoir jouer cette partie à trois jusqu’à la fin ? Je ne pense pas. Je n’ai pas de regret, j’ai tout donné. J’ai été heureux de les voir se bagarrer. Je suis très heureux de ma troisième place. Ce qui m’a surpris, c’est l’énergie que demande le bateau tout le temps, il n’y a jamais de pause, c’est épuisant moralement. On y laisse une énergie de fou d’être aussi proche des éléments. Les paquets de mer s’effondrent sur le pont. Mais tu fais de l’Ocean Fifty pour ça. »
