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À partir du 20 Octobre à Saint-Malo  |  Du 06 Novembre en Guadeloupe

Pink Poppy Flowers

Laurent Etheimer HAPPY - DR


Les navigateurs connaissent des fortunes diverses. En cause, l’instabilité des alizés qui met les nerfs de nos marins en pelote et leur donne du fil à retordre. Parce que non, ces alizés-là ne sont pas très sympas. Oubliez les longs bords à régler spi ou gennaker, à contempler la mer et faire marcher le bateau, à savourer ces sensations de glisse uniques, depuis trois jours le vent est capricieux en force en direction, les fichiers s’emmêlent les algorithmes et les skippers en perdent parfois leur latin !


Olivier Nemsguern - Elora Je galère ! Pas de catastrophe mais les vents sont super instables : ils varient entre 10 et 30 nœuds avec des changements de direction de 45-50° et les changements ont lieu toutes les demi-heures, donc soit je suis sous-toilé avec trinquette 1 ris, soit je suis toilé régulièrement et je tente une voile d’avant, le vent monte et je me retrouve avec un bateau intenable ! ça fait trois jours que ça dure, du coup je n’avance pas vite et honnêtement je n'ai pas beaucoup de plaisir de navigation et rarement des plaisirs de glisse. J’ai connu des alizés beaucoup plus sympas. Hier, j’ai connu une succession de petits déboires : un micmac entre la chaussette et le spi que j'ai voulu affaler pour bien tout mettre propre et en faisant ça, la chaussette s’est bloquée au deux tiers et dans la manœuvre le bas du spi est parti dans l’eau ! Un chalutage, ça faisait longtemps que ça ne m’était pas arrivé ! J’ai galéré à tout remonter 20 cm par 20 cm, ça a dû me prendre deux ou trois heures et ça m’a épuisé, j’ai mal partout Bref, je suis bien loin de l’autoroute des Alizés. Je trouve ça hyper dur, je savais que la Route du Rhum serait un challenge. En plus le bateau est vachement physique parce qu’il n’est pas conçu à l’origine pour du solitaire. Envoyer ou affaler le gennaker, c'est 15 à 20 minutes de manœuvres à chaque fois et tu te fatigues à chaque fois. Je ne vais pas dire que je regrette les 9 jours de près mais j’avais une vision assez claire de ce que je voulais faire avec finalement des conditions assez stables. Depuis trois jours, je ne suis pas très content de ma nav’ : je suis tout le temps sous-toilé ou surtoilé. C’est compliqué surtout la nuit. Comme il fait nuit noire, j’ai beaucoup de mal à établir une surface de voile satisfaisante ou à voir les grains arriver. En termes de routage, je suis à des années lumières de mes polaires ! En bref, je ne suis pas très content, mais il reste du temps, il y a moyen d’arranger ça ! J’espère que je serai plus joyeux la prochaine fois !


En parlant de joyeux, lui a bien trouvé son rythme sur un bateau que tout appelle au bonheur


Laurent Etheimer - Happy Ca va très bien pour moi, les alizés sont sympas, je viens juste de descendre le spi parce qu’il y a un grain qui passe et un bel arc en ciel. Pour moi, sur cette allure, le rythme est plus facile à prendre même si le vent reste relativement fort, au fond je trouve ça plus simple, il y a aussi moins de problème. Le bateau à la taille, est à la mesure de ce que je sais faire, c’est proportionné, tout est parfait ! Je vais aller renvoyer le spi, ce serait sympa d’arriver en même temps que mes petits camarades qui ont le même type de bateaux. Il y a des courses dans la course et il ne faut pas que je me laisse distancer.


Arnaud Pennenarun (Viabilis – Pen Duick III et ACH pour les enfants de Robert Debré) : «Je vais très bien à part que je manque un peu de vent. J’ai fait une route sud pour essayer d’avoir de l’air en allant sur les dépressions. Le problème, c’est que la bulle anticyclonique s’est positionnée après sur la route et là, je la subirai encore je pense jusqu’à demain. Avant-hier, j’avais très peu de vent. L’idée était de trouver des solutions avec toutes les voiles pour avancer vu que je n’ai pas d’enrouleur. J’ai essayé toute la garde-robe maintenant je vois à peu près ce qu’il faut faire. Mais dans 3,5 nœuds de vent réel, il n’y a pas grand-chose à faire. Le bateau est trop lourd. Il y avait peut-être une solution, la misaine à wishbone qu’Éric (Tabarly) avait conçu et qui permet d’enlever la misaine et de remplir l’espace entre les deux mâts mais je ne l’ai pas prise parce que seul, je trouvais que c’était un peu compliqué à gérer. Donc je n’ai pas l’arme magique. J’ai manœuvré toute la nuit mon spi mais ça va, j’ai le rythme et je suis en forme ! Je n’ai pas de bobo, le bateau non plus. On est plutôt bien. C’est un peu long parce que l’on aimerait bien avoir du vent constant et pouvoir faire marcher le bateau, mais tout va bien sinon. Aujourd’hui je suis quasiment vent arrière. Je suis sous spi symétrique tangonné depuis hier soir. Et j’ai des sautes de vent, entre 6 et 12 nœuds réels. Et je marche entre 3,5 et 6 nœuds. La mer est calme : une mer 1 et une visibilité 5. Il y a beaucoup de visibilité mais c’est couvert, il ne fait pas beau. Mais il n’y a pas de grains. J’avais un peu peur le matin et le soir qu’il y ait des grains dans cette zone-là. Il n’y en a pas pour le moment donc tout est acceptable. Et les prévisions météo sont plutôt cohérentes avec la réalité sur place. Donc là, ma route maintenant, c’est de continuer comme ça vent arrière jusqu’à ce soir et voir ce soir si je passe sur un spi symétrique pour faire de l’ouest ou si je continue un peu comme ça. Avec mon pisteur, Jean Le Cam, on se joint tous les jours ou tous les deux jours. Là c’était plutôt tous les jours avec cette histoire de bulle. On essaie de trouver une solution pour la contourner. Mais il n’y a pas beaucoup de solutions parce qu’elle est très étalée. Le problème que l’on a, c’est que Viabilis - Pen Duick III & ACH pour les enfants de Robert Debré n’est pas très rapide. Pour passer d’un système météo à un autre, on n’a pas beaucoup de latitude. On est un peu coincés par la vitesse du bateau."

  • 20 nov. 2022
  • 4 min de lecture

Laurent Etheimer HAPPY - DR


Les navigateurs connaissent des fortunes diverses. En cause, l’instabilité des alizés qui met les nerfs de nos marins en pelote et leur donne du fil à retordre. Parce que non, ces alizés-là ne sont pas très sympas. Oubliez les longs bords à régler spi ou gennaker, à contempler la mer et faire marcher le bateau, à savourer ces sensations de glisse uniques, depuis trois jours le vent est capricieux en force en direction, les fichiers s’emmêlent les algorithmes et les skippers en perdent parfois leur latin !


Olivier Nemsguern - Elora Je galère ! Pas de catastrophe mais les vents sont super instables : ils varient entre 10 et 30 nœuds avec des changements de direction de 45-50° et les changements ont lieu toutes les demi-heures, donc soit je suis sous-toilé avec trinquette 1 ris, soit je suis toilé régulièrement et je tente une voile d’avant, le vent monte et je me retrouve avec un bateau intenable ! ça fait trois jours que ça dure, du coup je n’avance pas vite et honnêtement je n'ai pas beaucoup de plaisir de navigation et rarement des plaisirs de glisse. J’ai connu des alizés beaucoup plus sympas. Hier, j’ai connu une succession de petits déboires : un micmac entre la chaussette et le spi que j'ai voulu affaler pour bien tout mettre propre et en faisant ça, la chaussette s’est bloquée au deux tiers et dans la manœuvre le bas du spi est parti dans l’eau ! Un chalutage, ça faisait longtemps que ça ne m’était pas arrivé ! J’ai galéré à tout remonter 20 cm par 20 cm, ça a dû me prendre deux ou trois heures et ça m’a épuisé, j’ai mal partout Bref, je suis bien loin de l’autoroute des Alizés. Je trouve ça hyper dur, je savais que la Route du Rhum serait un challenge. En plus le bateau est vachement physique parce qu’il n’est pas conçu à l’origine pour du solitaire. Envoyer ou affaler le gennaker, c'est 15 à 20 minutes de manœuvres à chaque fois et tu te fatigues à chaque fois. Je ne vais pas dire que je regrette les 9 jours de près mais j’avais une vision assez claire de ce que je voulais faire avec finalement des conditions assez stables. Depuis trois jours, je ne suis pas très content de ma nav’ : je suis tout le temps sous-toilé ou surtoilé. C’est compliqué surtout la nuit. Comme il fait nuit noire, j’ai beaucoup de mal à établir une surface de voile satisfaisante ou à voir les grains arriver. En termes de routage, je suis à des années lumières de mes polaires ! En bref, je ne suis pas très content, mais il reste du temps, il y a moyen d’arranger ça ! J’espère que je serai plus joyeux la prochaine fois !


En parlant de joyeux, lui a bien trouvé son rythme sur un bateau que tout appelle au bonheur


Laurent Etheimer - Happy Ca va très bien pour moi, les alizés sont sympas, je viens juste de descendre le spi parce qu’il y a un grain qui passe et un bel arc en ciel. Pour moi, sur cette allure, le rythme est plus facile à prendre même si le vent reste relativement fort, au fond je trouve ça plus simple, il y a aussi moins de problème. Le bateau à la taille, est à la mesure de ce que je sais faire, c’est proportionné, tout est parfait ! Je vais aller renvoyer le spi, ce serait sympa d’arriver en même temps que mes petits camarades qui ont le même type de bateaux. Il y a des courses dans la course et il ne faut pas que je me laisse distancer.


Arnaud Pennenarun (Viabilis – Pen Duick III et ACH pour les enfants de Robert Debré) : «Je vais très bien à part que je manque un peu de vent. J’ai fait une route sud pour essayer d’avoir de l’air en allant sur les dépressions. Le problème, c’est que la bulle anticyclonique s’est positionnée après sur la route et là, je la subirai encore je pense jusqu’à demain. Avant-hier, j’avais très peu de vent. L’idée était de trouver des solutions avec toutes les voiles pour avancer vu que je n’ai pas d’enrouleur. J’ai essayé toute la garde-robe maintenant je vois à peu près ce qu’il faut faire. Mais dans 3,5 nœuds de vent réel, il n’y a pas grand-chose à faire. Le bateau est trop lourd. Il y avait peut-être une solution, la misaine à wishbone qu’Éric (Tabarly) avait conçu et qui permet d’enlever la misaine et de remplir l’espace entre les deux mâts mais je ne l’ai pas prise parce que seul, je trouvais que c’était un peu compliqué à gérer. Donc je n’ai pas l’arme magique. J’ai manœuvré toute la nuit mon spi mais ça va, j’ai le rythme et je suis en forme ! Je n’ai pas de bobo, le bateau non plus. On est plutôt bien. C’est un peu long parce que l’on aimerait bien avoir du vent constant et pouvoir faire marcher le bateau, mais tout va bien sinon. Aujourd’hui je suis quasiment vent arrière. Je suis sous spi symétrique tangonné depuis hier soir. Et j’ai des sautes de vent, entre 6 et 12 nœuds réels. Et je marche entre 3,5 et 6 nœuds. La mer est calme : une mer 1 et une visibilité 5. Il y a beaucoup de visibilité mais c’est couvert, il ne fait pas beau. Mais il n’y a pas de grains. J’avais un peu peur le matin et le soir qu’il y ait des grains dans cette zone-là. Il n’y en a pas pour le moment donc tout est acceptable. Et les prévisions météo sont plutôt cohérentes avec la réalité sur place. Donc là, ma route maintenant, c’est de continuer comme ça vent arrière jusqu’à ce soir et voir ce soir si je passe sur un spi symétrique pour faire de l’ouest ou si je continue un peu comme ça. Avec mon pisteur, Jean Le Cam, on se joint tous les jours ou tous les deux jours. Là c’était plutôt tous les jours avec cette histoire de bulle. On essaie de trouver une solution pour la contourner. Mais il n’y a pas beaucoup de solutions parce qu’elle est très étalée. Le problème que l’on a, c’est que Viabilis - Pen Duick III & ACH pour les enfants de Robert Debré n’est pas très rapide. Pour passer d’un système météo à un autre, on n’a pas beaucoup de latitude. On est un peu coincés par la vitesse du bateau."

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