- 4 nov. 2022
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Session préparation météo avec Achille Nebout / © Cécile Gutierrez
Comptant parmi les concurrents qui n’ont pas le droit au routage pendant la course, les skippers de la Class40 se font accompagner jusqu’au départ pour se donner les moyens de mieux appréhender les conditions météo qui vont rythmer leur traversée. Rencontre avec le Sudistes Achille Nebout (3è de la Solitaire du Figaro 2022), qui étudie les cartes et les fichiers pour deux marins méditerranéens : Kito de Pavant (HBF - Reforest’Action) et Mickael Mergui (Centrakor).
En quoi consiste ton rôle ? « À Saint-Malo, les skippers sont très sollicités et ils n’ont pas la latitude de se plonger dans l’étude fine des fichiers météo. C’est mon rôle. Ce travail les aide d’abord à faire un choix de voile essentiel entre trois spis et deux gennakers. Parmi ces cinq voiles, ils ne peuvent en embarquer que quatre. Ce vendredi soir, ils devront avoir tranché et rendre leur feuille de match. Par ailleurs, on étudie la route à suivre, et on décortique leur trajectoire pour le début de course. L’analyse des fichiers nous indique une route optimale. Mais ce n’est pas forcément la meilleure pour préserver les bateaux. J’en discute avec eux. Il faut toujours critiquer les routages pour déterminer celle qui alliera performance et préservation. »
Au regard des conditions très musclées attendues, avez-vous évoqué ensemble l’éventualité de se mettre à l’abri après le départ ? « C’est à chacun de sentir s’il peut affronter ces conditions. À l’heure actuelle, ce n’est pas une option pour eux. Kito a une énorme expérience. Et même si Mickael dispute sa toute première Route du Rhum, il peut compter sur son bagage pour rentrer dans la course et gérer du mieux possible. Tous les deux sont là avant tout pour performer. »
Mickael Mergui à la barre de Centrakor / © Robin Christol
À moins de deux jours du début des hostilités, quels seront es moments critiques ? « Après un départ qui ne sera pas facile dans du près musclé, c’est le passage d’un premier front assez violent dans la nuit de lundi et mardi - avec 40 nœuds établis et des rafales à 50 nœuds et plus sur une mer très forte - qui ne sera vraiment pas facile à négocier. Avec les skippers, on se demande quelles voiles ils vont mettre, quel angle par rapport au vent il leur faudra privilégier pour y faire face du mieux possible. Tout l’enjeu consiste à anticiper le plus possible pour éviter de se faire suspendre. Perdre le contrôle de la situation, c'est là le plus gros risque. »
Et comment voyee vous la suite ? « Pour l’instant, l’anticyclone des Açores est écrasé par le train des dépressions automnales qui passe assez Sud et balaye tout l’Atlantique. Il sera difficile de faire du Sud, avec d’abord des vents costauds dans le nez, puis des alizés qui pour l’instant ne sont pas établis. Cela va être venté jusqu’aux Açores, pendant une semaine de course avec trois fronts - lundi, mercredi et en fin de semaine. Mais les bascules seront franches. Les trajectoires vont être quasiment imposées par le vent pour suivre le bord rapprochant ; et passer d’un front à l’autre. Les skippers ne sont pas près de quitter leurs cirés. Ce début de Route du Rhum se disputera dans des conditions favorables aux marins d’expérience ; aux spécialistes du gros temps qui ont les bons réflexes. Cette première semaine de course sera sûrement très sélective. »
