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À partir du 20 Octobre à Saint-Malo  |  Du 06 Novembre en Guadeloupe

Pink Poppy Flowers

© Ready Prod


Alors que le bal des arrivées continue à Pointe-à-Pitre, les concurrents en lice dans les catégories Rhum Mono et Multi poursuivent leur route vers la Guadeloupe. Une route qui n’a rien d’un long fleuve tranquille pour certains d’entre eux, à l’instar de Daniel Ecalard et David Ducosson, qui ont connu un début de course compliqué. Joint à la vacation de ce matin, Guy Pronier se réjouit quant à lui de naviguer enfin au portant.


Daniel Ecalard (SOS Pare-Brise +) : “J’étais en train de faire une charge moteur ! Ca va mieux avec le soleil qui s’annonce. Je navigue sous allure débridée avec une mer plutôt sympa, relativement plate. Ça se présente mieux que les jours précédents où j'ai eu pas mal de galère. J’ai eu surtout un problème d’énergie : il a fallu doser ma consommation d'électricité et des problèmes de pilote, dès le début de la course. Je n’ai pas pu faire la course que j’avais prévu. Mon escale technique a duré deux jours. Je voulais être sûr que ça tiendrait ! Me voilà reparti dans une course qui n'est plus vraiment la course. Tout le monde avance bien, moi aussi. Il y a un décalage impossible à rattraper. Je suis dans un autre mode, de pensées, de réflexions. C’est sur que j'ai de regrets de ne pas avoir pu performer parce que le bateau est vraiment au top en navigation. C’est dommage de ne pas pouvoir jouer plus avec les copains et me battre comme un compétiteur. Là, c’est autre chose, une autre course. L’idée c’est de ramener le bateau à la maison (Guy réside en Martinique) et en bon état. Mais encore une fois j’aurai voulu performer ! Je visais un top 5 ou un top 3 ; toutes ces ambitions ont disparu ! Je vais avoir certainement d’autres motivations. Je vais essayer d’en rattraper un ou deux devant même si je sais qu’ils ne vont pas se laisser faire. Je voulais remercier Pipo Vilar qui m’a pris en charge à mon arrivée à Vigo. C’est une belle rencontre qui a été rendue possible par ces circonstances. J’attends un peu pour mettre les spis. On est presque bon au niveau de l’allure. Je suis en train de faire un gros ménage dans le bateau. Entre la pluie et les grains, tout est trempé. Il faudrait que je fasse une grosse lessive. Là, je suis une une grande courbe qui me permet d’avoir du portant jusqu’à la fin. Il y aura toujours des grains la nuit, j'ai toujours la crainte que le pilote ne décroche. Il reste assez volage même s’il est plus performant qu’avant l’escale. En réalité, on a supprimé des télécommandes qui le faisaient bugger. Je croise les doigts pour que ça marche. mais j'ai toujours l’angoisse qu’il se mette en rideau, mais ça à l'air de tenir, pourvu que ça continue comme ça !


Guy Pronier (Terranimo) : «Ça va très bien. Je suis en train de découvrir ce que c’est, les alizés ! Là, il y a 18-19 nœuds de vent. Je déboule entre 8 et 9 nœuds, un peu moins vite qu’hier. Hier, c’était top, une très belle journée. J’étais entre 10 et 16 nœuds en permanence. Il y avait un peu plus de vent. J’ai pris une cartouche à Madère (45 nœuds) mais c’est passé. Il fallait que je lofe un peu, ce n’était pas drôle. Ça aura fait trois cartouches dans la descente. Et après, j’ai remis le charbon pendant la journée et ça s’est bien passé. Cette nuit, comme je ne sais pas ce que c’est, les grains, j’ai été très prudemment. Il faut que j’apprenne. Et là j’étais en train de me demander si j’allais renvoyer un spi ou pas. Ça dépendra de mon moral. Il y a les sangliers et les couards. Je fais partie des couards. Le choix de la route sud n’était pas un choix délibéré mais un choix d’esquive pour sauvegarder le bateau. Mon objectif était d’arriver avec un bateau en bon état. Il a des aménagements donc il est assez léger. Il n’est pas fait pour monter au près dans de la mer. L’idée était de faire le contournement. C’est ça qui m’a conduit à prendre cette option sud. C’est à chacun d’essayer la faille où l’on peut trouver 25 nœuds. Et après je verrai où ça me mène. Aujourd’hui, je suis très heureux de cette position. C’est clair que ceux qui ont pris de l’ouest sont devant mais ça veut dire que je reviendrai dans quatre ans, je ne reviendrai pas forcément avec le même bateau. C’est au portant que Terranimo va se révéler. Si on regarde la journée d’hier, je dois être quasiment l’un des plus rapides avec Kornog 2 qui était juste à côté, sous spi. Moi je l’ai fait sous foc. Aujourd’hui, j’envoie un spi. Ça va changer la donne et c’est maintenant que ça va payer ! Sinon je mange bien et je dors bien. C’est top. Je discute par email avec d'autres concurrents. On a un groupe de trois-quatre avec qui on papote le soir. J’étais même en train de lancer une bataille navale avec Faïoahé. Le fait d’avoir un bateau aménagé, c’est quand même cool. Le jour est en train de se lever. J’étais en train de regarder la mer et de me demander si j’allais envoyer un spi. Après ça va être toilette du bonhomme, peut-être une douche chaude. Ça va faire du bien. Et puis, suite à Madère, j’ai quelques petits bricolages à faire. J’ai fait du matelotage pour remettre tout ça d’aplomb hier et j’en ai encore un peu à faire mais c’est au pied de mât. J’attendais que les conditions se calment un peu. Et puis sinon, un peu de nav’. Ça va assez vite et mon équipe à terre me donne des points de passages donc c’est facile à faire. Et après j’ai un petit moment de loisir. En général, j’écoute de la musique, je lis. Je passe 1h30-2h à réfléchir. Il y a deux jours j’ai finalisé mon budget 2023 avec mon associé. Et après je rentre à nouveau dans la course pour préparer la nuit, les repas. Ça se passe bien».


David Ducosson (Trilogik – Dys de Cœur) : «Je suis un peu fatigué. C’est un peu compliqué. En passant Ouessant le deuxième jour de course, mes pilotes sont tombés en panne donc impossible de continuer. J’ai décidé de faire un stop à Brest. On a fait un premier ménage. Ça avait l’air de fonctionner. J’ai décidé de repartir pour voir comment ça se passait et comme ça ne marchait toujours pas, je me suis dérouté vers Lorient. On a tout checké mais il y a de nouveau des problèmes. Les soucis sont plus importants que je ne le pensais. Les conditions annoncées n’étaient pas engageantes. La première nuit, ça a été assez violent. J’ai eu un grain à plus de 45 nœuds. C’était assez dur. Il y a pas mal de grains. Le vent établi était déjà assez costaud, mais il y avait d’énormes grains qui passaient et ça montait assez fort. Là, c’est un peu chiant parce ça oscille entre 10 et 30 nœuds donc ce n’est pas trop facile de progresser là-dedans. C’est censé mollir, mais j’ai encore eu un grain hier à plus de 30 nœuds donc c’est compliqué. J’ai pas mal de soucis à bord. Un des pilotes déconne encore un peu. Je suis sur celui de secours qui a l’air de bien marcher. Pour l’instant ça va. J'ai aussi cramé l’éolienne cette nuit dans un grain. Elle n’a pas supporté. Je n’ai pas envie de m’arrêter. Je suis en pleine réflexion. On va voir comment ça se passe dans la journée. Je suis obligé de faire beaucoup plus de moteur que prévu. Et je ne pense pas avoir assez de gasoil pour aller au bout. Est-ce que je m’arrête, est-ce que je continue ? Je ne sais pas trop, c’est très compliqué. Moralement, c’est hyper dur, c’est beaucoup d’énergie dépensée dans le projet, sur l’eau. On a tout ça en tête, les gens qui nous soutiennent, qui ont envie de nous voir arriver de l’autre côté. C’est vraiment dommage parce que j’avais un passage nickel et j’ai un problème avec le J2. Seul le J3 est utilisable. Je n’ai pas pu aller assez vite et la porte se ferme un peu. Je vais devoir faire du près dans 20 nœuds de vent.»

  • 19 nov. 2022
  • 6 min de lecture

© Ready Prod


Alors que le bal des arrivées continue à Pointe-à-Pitre, les concurrents en lice dans les catégories Rhum Mono et Multi poursuivent leur route vers la Guadeloupe. Une route qui n’a rien d’un long fleuve tranquille pour certains d’entre eux, à l’instar de Daniel Ecalard et David Ducosson, qui ont connu un début de course compliqué. Joint à la vacation de ce matin, Guy Pronier se réjouit quant à lui de naviguer enfin au portant.


Daniel Ecalard (SOS Pare-Brise +) : “J’étais en train de faire une charge moteur ! Ca va mieux avec le soleil qui s’annonce. Je navigue sous allure débridée avec une mer plutôt sympa, relativement plate. Ça se présente mieux que les jours précédents où j'ai eu pas mal de galère. J’ai eu surtout un problème d’énergie : il a fallu doser ma consommation d'électricité et des problèmes de pilote, dès le début de la course. Je n’ai pas pu faire la course que j’avais prévu. Mon escale technique a duré deux jours. Je voulais être sûr que ça tiendrait ! Me voilà reparti dans une course qui n'est plus vraiment la course. Tout le monde avance bien, moi aussi. Il y a un décalage impossible à rattraper. Je suis dans un autre mode, de pensées, de réflexions. C’est sur que j'ai de regrets de ne pas avoir pu performer parce que le bateau est vraiment au top en navigation. C’est dommage de ne pas pouvoir jouer plus avec les copains et me battre comme un compétiteur. Là, c’est autre chose, une autre course. L’idée c’est de ramener le bateau à la maison (Guy réside en Martinique) et en bon état. Mais encore une fois j’aurai voulu performer ! Je visais un top 5 ou un top 3 ; toutes ces ambitions ont disparu ! Je vais avoir certainement d’autres motivations. Je vais essayer d’en rattraper un ou deux devant même si je sais qu’ils ne vont pas se laisser faire. Je voulais remercier Pipo Vilar qui m’a pris en charge à mon arrivée à Vigo. C’est une belle rencontre qui a été rendue possible par ces circonstances. J’attends un peu pour mettre les spis. On est presque bon au niveau de l’allure. Je suis en train de faire un gros ménage dans le bateau. Entre la pluie et les grains, tout est trempé. Il faudrait que je fasse une grosse lessive. Là, je suis une une grande courbe qui me permet d’avoir du portant jusqu’à la fin. Il y aura toujours des grains la nuit, j'ai toujours la crainte que le pilote ne décroche. Il reste assez volage même s’il est plus performant qu’avant l’escale. En réalité, on a supprimé des télécommandes qui le faisaient bugger. Je croise les doigts pour que ça marche. mais j'ai toujours l’angoisse qu’il se mette en rideau, mais ça à l'air de tenir, pourvu que ça continue comme ça !


Guy Pronier (Terranimo) : «Ça va très bien. Je suis en train de découvrir ce que c’est, les alizés ! Là, il y a 18-19 nœuds de vent. Je déboule entre 8 et 9 nœuds, un peu moins vite qu’hier. Hier, c’était top, une très belle journée. J’étais entre 10 et 16 nœuds en permanence. Il y avait un peu plus de vent. J’ai pris une cartouche à Madère (45 nœuds) mais c’est passé. Il fallait que je lofe un peu, ce n’était pas drôle. Ça aura fait trois cartouches dans la descente. Et après, j’ai remis le charbon pendant la journée et ça s’est bien passé. Cette nuit, comme je ne sais pas ce que c’est, les grains, j’ai été très prudemment. Il faut que j’apprenne. Et là j’étais en train de me demander si j’allais renvoyer un spi ou pas. Ça dépendra de mon moral. Il y a les sangliers et les couards. Je fais partie des couards. Le choix de la route sud n’était pas un choix délibéré mais un choix d’esquive pour sauvegarder le bateau. Mon objectif était d’arriver avec un bateau en bon état. Il a des aménagements donc il est assez léger. Il n’est pas fait pour monter au près dans de la mer. L’idée était de faire le contournement. C’est ça qui m’a conduit à prendre cette option sud. C’est à chacun d’essayer la faille où l’on peut trouver 25 nœuds. Et après je verrai où ça me mène. Aujourd’hui, je suis très heureux de cette position. C’est clair que ceux qui ont pris de l’ouest sont devant mais ça veut dire que je reviendrai dans quatre ans, je ne reviendrai pas forcément avec le même bateau. C’est au portant que Terranimo va se révéler. Si on regarde la journée d’hier, je dois être quasiment l’un des plus rapides avec Kornog 2 qui était juste à côté, sous spi. Moi je l’ai fait sous foc. Aujourd’hui, j’envoie un spi. Ça va changer la donne et c’est maintenant que ça va payer ! Sinon je mange bien et je dors bien. C’est top. Je discute par email avec d'autres concurrents. On a un groupe de trois-quatre avec qui on papote le soir. J’étais même en train de lancer une bataille navale avec Faïoahé. Le fait d’avoir un bateau aménagé, c’est quand même cool. Le jour est en train de se lever. J’étais en train de regarder la mer et de me demander si j’allais envoyer un spi. Après ça va être toilette du bonhomme, peut-être une douche chaude. Ça va faire du bien. Et puis, suite à Madère, j’ai quelques petits bricolages à faire. J’ai fait du matelotage pour remettre tout ça d’aplomb hier et j’en ai encore un peu à faire mais c’est au pied de mât. J’attendais que les conditions se calment un peu. Et puis sinon, un peu de nav’. Ça va assez vite et mon équipe à terre me donne des points de passages donc c’est facile à faire. Et après j’ai un petit moment de loisir. En général, j’écoute de la musique, je lis. Je passe 1h30-2h à réfléchir. Il y a deux jours j’ai finalisé mon budget 2023 avec mon associé. Et après je rentre à nouveau dans la course pour préparer la nuit, les repas. Ça se passe bien».


David Ducosson (Trilogik – Dys de Cœur) : «Je suis un peu fatigué. C’est un peu compliqué. En passant Ouessant le deuxième jour de course, mes pilotes sont tombés en panne donc impossible de continuer. J’ai décidé de faire un stop à Brest. On a fait un premier ménage. Ça avait l’air de fonctionner. J’ai décidé de repartir pour voir comment ça se passait et comme ça ne marchait toujours pas, je me suis dérouté vers Lorient. On a tout checké mais il y a de nouveau des problèmes. Les soucis sont plus importants que je ne le pensais. Les conditions annoncées n’étaient pas engageantes. La première nuit, ça a été assez violent. J’ai eu un grain à plus de 45 nœuds. C’était assez dur. Il y a pas mal de grains. Le vent établi était déjà assez costaud, mais il y avait d’énormes grains qui passaient et ça montait assez fort. Là, c’est un peu chiant parce ça oscille entre 10 et 30 nœuds donc ce n’est pas trop facile de progresser là-dedans. C’est censé mollir, mais j’ai encore eu un grain hier à plus de 30 nœuds donc c’est compliqué. J’ai pas mal de soucis à bord. Un des pilotes déconne encore un peu. Je suis sur celui de secours qui a l’air de bien marcher. Pour l’instant ça va. J'ai aussi cramé l’éolienne cette nuit dans un grain. Elle n’a pas supporté. Je n’ai pas envie de m’arrêter. Je suis en pleine réflexion. On va voir comment ça se passe dans la journée. Je suis obligé de faire beaucoup plus de moteur que prévu. Et je ne pense pas avoir assez de gasoil pour aller au bout. Est-ce que je m’arrête, est-ce que je continue ? Je ne sais pas trop, c’est très compliqué. Moralement, c’est hyper dur, c’est beaucoup d’énergie dépensée dans le projet, sur l’eau. On a tout ça en tête, les gens qui nous soutiennent, qui ont envie de nous voir arriver de l’autre côté. C’est vraiment dommage parce que j’avais un passage nickel et j’ai un problème avec le J2. Seul le J3 est utilisable. Je n’ai pas pu aller assez vite et la porte se ferme un peu. Je vais devoir faire du près dans 20 nœuds de vent.»

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