- 1 nov. 2022
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Compter sur l'indéfectible soutien de sa famille Wilfrid Clerton / Archives © Gilles MOREL - Archive2018
S’élancer sur la Route du Rhum - Destination Guadeloupe demande un engagement total de la part des skippers et requiert l’adhésion de leurs familles ; une pré-requis indispensable car l’aventure viendra forcément impacter leur quotidien. Comment les familles des marins traversent-elles ces projets ? Comment suivre la transat en solitaire de leur proche ? Eléments de réponse avec ceux et celles qui vivent déjà en course depuis plusieurs mois.
“Pour nous, il y a plusieurs courses, la première étant d’être au départ”, atteste Thomas Lurton (Moxie Bâti-Armor) confirmé sur la liste des inscrits fin septembre. “Et cela implique forcément toute notre famille, bien en amont du départ”. Entre la préparation technique du bateau, les entraînements et la qualification, les vies de famille sont fortement impactées. L’adhésion et le soutien de chacun de ses membres sont des pré-requis indispensables à l’aboutissement de l’entreprise. "Impossible de partir sans l’accord de ma femme" confirme Wilfrid Clerton (Cap au cap Location) qui embarque pour sa troisième Route du Rhum. Son soutien et celui des enfants sont extrêmement précieux. Elle est aussi très investie dans le projet, indispensable dans sa réussite.” Car très souvent les membres de la famille finissent par s’investir eux-mêmes directement dans la gestion du projet. Une façon d’aider bien-sûr quand il s’agit de faire des économies, une façon aussi d’accompagner au mieux leur proche, de veiller sur eux ; une manière, aussi peut-être, de s’approprier le projet pour eux-mêmes. Pour cette Route du Rhum, Hélène Fanchini, compagne de Gilles Colubi (Kornog 2) et ancienne journaliste, a mis naturellement ses compétences au service du projet : “Je m’occupe de toute la communication : montage du dossier de presse, recherche de sponsors, je tiens un blog et gère les réseaux sociaux. J'aurais aimé faire plus comme produire des banques images par exemple, mais j'ai manqué de temps. C’est un peu frustrant mais le plus important reste le soutien moral que je peux lui apporter en toute circonstance. “
Veiller aux grains… Thomas Lurton peut, lui aussi, compter sur le soutien absolu de son père. Régatier de haut niveau et tacticien en Grand Prix Orma pour Francis Joyon, Hervé Lurton a épaulé son fils de 25 ans dans chacune des phases du projet, de l'achat du bateau à sa préparation. Hervé sera également le routeur de son fils, une façon pour lui de veiller sur son fiston nuit et jour : “Ce sera la première transatlantique en solitaire de Thomas. Or La Route du Rhum est un exercice très difficile ! Faire une transatlantique en course n’a déjà rien d’évident ; la faire en solitaire, c’est encore un cran au-dessus ; la faire en multicoque et en solitaire, c’est une marche supplémentaire à franchir. Je veux être là avec lui pour optimiser la route par rapport aux capacités du bonhomme et du bateau. Je sais que sur ces bateaux-là, dans 30 nœuds au près, on est sous l’eau [Thomas navigue sur un trimaran de 50 pieds - ndlr] : il faut absolument que j’envoie Thom dans des conditions qui restent maniables et confortables pour lui et le bateau. Je veux être sûr de les mettre en sécurité, lui et le bateau”.
Faire confiance Et puis, dimanche, il faudra les laisser partir vivre leur aventure et tâcher de vivre la sienne sans trop de stress, l'œil sur la cartographie, le téléphone toujours à portée de main. Dans cette phase, la confiance est certainement l’une des clés de la sérénité. “Nous avons beaucoup navigué avec lui, ce qui nous aide à être confiants sur sa capacité à aller au bout !” confirment d’une même voix Alice, Victor et Oscar Gérin, les trois enfants du trinitain Rémy Gérin (Faiaoahé) : "On le soutient à 100% ; on est très heureux qu’il fasse la course. On aura peut-être plus de stress le jour du départ, mais pour l’instant ça va ; savoir qu’on peut communiquer avec lui grâce au tel iridium, tous les jours est rassurant. On a également prévu de lui envoyer des mails quotidiens et des petits messages ; tout est déjà calé. Maman est un peu plus stressée que nous mais on sera tous à la maison pour la soutenir elle aussi !”
Hélène a, elle aussi, une confiance absolue dans la capacité de son compagnon, Gilles, à mener à bien sa course jusqu’à Pointe-à-Pitre. “Je n’ai pas d’appréhension par rapport au fait qu’il parte. Après notre tour de l'Atlantique effectué l’an passé, je me rends compte de ses compétences et de ses capacités à naviguer. Je lui fais entièrement confiance : il a une grosse expérience faite de 40 années de courses avec des professionnels ! Et le plus important pour moi c’est de le voir là depuis des semaines il est comme un gamin il vit son rêve et ça me fait plaisir pour lui !”
