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À partir du 20 Octobre à Saint-Malo  |  Du 06 Novembre en Guadeloupe

Pink Poppy Flowers

© Thomas Ruyant


Ils connaissent parfaitement leur bateau, ils étaient favoris au départ de Saint-Malo, il y a neuf jours. Thomas Ruyant (LinkedOut) et Charlie Dalin (Apivia) se livrent un formidable duel en tête de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe, quasiment bord à bord à 1 000 milles de l’arrivée à Pointe-à-Pitre. D’autres concurrents restent à l’affût et ne visent pas seulement une place sur le podium... Le tour de la Guadeloupe, que les leaders devraient débuter dans la nuit de dimanche à lundi (heure de métropole) s’annonce décisif. Plus en arrière de la flotte, et comme toujours dans la classe IMOCA, d’autres matchs se mettent en place et chacun peut trouver une source de motivation pour la suite du parcours.


Thomas Ruyant et Charlie Dalin sont dans une lutte acharnée, une course de vitesse au contact folle, à 20 nœuds. Au pointage de 16h, les deux marins n’étaient séparés que de 1,1 mille, c’est-à-dire rien alors qu’il reste 1 000 milles à parcourir. Ruyant et Dalin, qui sont entrés dans une logique de marquage, ne se quittent plus. Derrière, des skippers restent à l’affût, emmenés par Jérémie Beyou (Charal), Kevin Escoffier (Holcim-PRB) et Paul Meilhat (Biotherm), suivis de Maxime Sorel (V and B-Monbana-Mayenne) et Justine Mettraux (Teamwork.net) qui fait une course magnifique.


« Il faut être opportuniste et chanceux ! »


Cette navigation à haute vitesse au contact est exigeante, épuisante mais aussi passionnante, excitante. Des grains viennent corser le tout, engendrant un vent instable en force et en direction, comme l’explique Kevin Escoffier : « Dans les alizés, les écarts se créent ou se réduisent en très peu de temps, en fonction d’un grain ou d’une bascule. Il faut rester dessus. ll y a une part de logique de faire marcher les bateaux mais il y a une part de chance. Si tu es au mauvais endroit au mauvais moment et que tu prends un grain, tu peux prendre 30-40 milles en une nuit. Ce sont des vents compliqués. Les fichiers météo voient certaines choses qu’on ne retrouve pas sur l’eau. Il faut être opportuniste et chanceux ! Il y a un énorme écart entre les sept premiers bateaux et le reste de la flotte. On verra le résultat à l’arrivée, mais je suis très heureux d‘être là où je suis avec mon bateau neuf ! »


Le tour de la Guadeloupe sera probablement décisif


D’après les dernières ETA (Estimated Time of Arrival) de la direction de course, les leaders de la classe IMOCA pourraient doubler la marque de passage « La Tête à l’Anglais » en début de nuit de dimanche à lundi (heure de métropole). Ils attaqueront alors un tour de la Guadeloupe plein de pièges et donc propice aux retournements de situations. « Historiquement, des victoires se sont faites ou défaites autour de l’île, rappelait Charlie Dalin avant le départ de cette 12e édition. Quand tu vois la Guadeloupe tu n’es pas rendu. Tout le paradoxe de la Route du Rhum c’est qu’il faut naviguer à fond pied au plancher sur tout l’Atlantique mais tout de même réussir à garder un peu d’énergie et de lucidité pour le tour de l’île qui peut être très long et difficile. » En pleine bataille, les marins doivent donc garder en tête ce dernier tronçon et conserver l’énergie nécessaire. Un compromise qui n’est certainement pas simple à trouver.


A chacun son match


Plus en arrière de la flotte, beaucoup d’autres matchs sont intéressants à observer. A bord de très bons bateaux à dérives, Benjamin Ferré (Monnoyeur – Duo For a Job) et Eric Bellion (COMMEUNSEULHOMME Powered by Altavia) tentent de résister aux assauts des foilers de Giancarlo Pedote (Prysmian Group), Boris Herrmann (Malizia-Seaexplorer) et Alan Roura (Hublot). Sam Davies (Initiatives-Cœur) va tenter de se mêler à la. bagarre. « Ça fait trois jours que je n’ose plus à regarder le classement tellement je ne suis pas fière de ma place. Mais maintenant je vais me lancer la mission d’essayer de revenir un peu sur les bateaux de devant, écrit la navigatrice dans un message du bord. Il n’y a pas de grains pour l’instant. Je vais aller faire des siestes pour me reposer en vue des jours à venir qui s’annonce plus sportifs ! » Nicolas Troussel (Corum l’Epargne) et Romain Attanasio (Fortinet-Best Western) sont également au contact et peuvent donc se jauger en permanence. Pour Tanguy Le Turquais (Lazare), l’enjeu est de résister aux assauts d’Arnaud Boissières (Lazare) et de Conrad Colman (Imagine). Tanguy a une sacrée motivation supplémentaire : il vient de devenir papa pour la première fois, en pleine Route du Rhum – Destination Guadeloupe.


Pour Sébastien Marsset (Mon courtier Energie – Cap Agir Ensemble), l’enjeu est de taille car il est le premier concurrent à dérives droites et il laisse aussi des foilers derrière lui, sur son IMOCA datant de 2006. « Je sais qu’il y a des bateaux beaucoup plus rapides, donc c’est chaud, mais je suis content, déclare Sébastien. J’ai la forme, je découvre aussi le fait que de ne pas avoir un bateau qui ne peut viser la victoire, cela me met dans une certaine décontraction, je suis libéré de toute pression. Je fais comme j’ai envie de faire et comme je sais faire. C’est très agréable. »

  • 18 nov. 2022
  • 4 min de lecture

© Thomas Ruyant


Ils connaissent parfaitement leur bateau, ils étaient favoris au départ de Saint-Malo, il y a neuf jours. Thomas Ruyant (LinkedOut) et Charlie Dalin (Apivia) se livrent un formidable duel en tête de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe, quasiment bord à bord à 1 000 milles de l’arrivée à Pointe-à-Pitre. D’autres concurrents restent à l’affût et ne visent pas seulement une place sur le podium... Le tour de la Guadeloupe, que les leaders devraient débuter dans la nuit de dimanche à lundi (heure de métropole) s’annonce décisif. Plus en arrière de la flotte, et comme toujours dans la classe IMOCA, d’autres matchs se mettent en place et chacun peut trouver une source de motivation pour la suite du parcours.


Thomas Ruyant et Charlie Dalin sont dans une lutte acharnée, une course de vitesse au contact folle, à 20 nœuds. Au pointage de 16h, les deux marins n’étaient séparés que de 1,1 mille, c’est-à-dire rien alors qu’il reste 1 000 milles à parcourir. Ruyant et Dalin, qui sont entrés dans une logique de marquage, ne se quittent plus. Derrière, des skippers restent à l’affût, emmenés par Jérémie Beyou (Charal), Kevin Escoffier (Holcim-PRB) et Paul Meilhat (Biotherm), suivis de Maxime Sorel (V and B-Monbana-Mayenne) et Justine Mettraux (Teamwork.net) qui fait une course magnifique.


« Il faut être opportuniste et chanceux ! »


Cette navigation à haute vitesse au contact est exigeante, épuisante mais aussi passionnante, excitante. Des grains viennent corser le tout, engendrant un vent instable en force et en direction, comme l’explique Kevin Escoffier : « Dans les alizés, les écarts se créent ou se réduisent en très peu de temps, en fonction d’un grain ou d’une bascule. Il faut rester dessus. ll y a une part de logique de faire marcher les bateaux mais il y a une part de chance. Si tu es au mauvais endroit au mauvais moment et que tu prends un grain, tu peux prendre 30-40 milles en une nuit. Ce sont des vents compliqués. Les fichiers météo voient certaines choses qu’on ne retrouve pas sur l’eau. Il faut être opportuniste et chanceux ! Il y a un énorme écart entre les sept premiers bateaux et le reste de la flotte. On verra le résultat à l’arrivée, mais je suis très heureux d‘être là où je suis avec mon bateau neuf ! »


Le tour de la Guadeloupe sera probablement décisif


D’après les dernières ETA (Estimated Time of Arrival) de la direction de course, les leaders de la classe IMOCA pourraient doubler la marque de passage « La Tête à l’Anglais » en début de nuit de dimanche à lundi (heure de métropole). Ils attaqueront alors un tour de la Guadeloupe plein de pièges et donc propice aux retournements de situations. « Historiquement, des victoires se sont faites ou défaites autour de l’île, rappelait Charlie Dalin avant le départ de cette 12e édition. Quand tu vois la Guadeloupe tu n’es pas rendu. Tout le paradoxe de la Route du Rhum c’est qu’il faut naviguer à fond pied au plancher sur tout l’Atlantique mais tout de même réussir à garder un peu d’énergie et de lucidité pour le tour de l’île qui peut être très long et difficile. » En pleine bataille, les marins doivent donc garder en tête ce dernier tronçon et conserver l’énergie nécessaire. Un compromise qui n’est certainement pas simple à trouver.


A chacun son match


Plus en arrière de la flotte, beaucoup d’autres matchs sont intéressants à observer. A bord de très bons bateaux à dérives, Benjamin Ferré (Monnoyeur – Duo For a Job) et Eric Bellion (COMMEUNSEULHOMME Powered by Altavia) tentent de résister aux assauts des foilers de Giancarlo Pedote (Prysmian Group), Boris Herrmann (Malizia-Seaexplorer) et Alan Roura (Hublot). Sam Davies (Initiatives-Cœur) va tenter de se mêler à la. bagarre. « Ça fait trois jours que je n’ose plus à regarder le classement tellement je ne suis pas fière de ma place. Mais maintenant je vais me lancer la mission d’essayer de revenir un peu sur les bateaux de devant, écrit la navigatrice dans un message du bord. Il n’y a pas de grains pour l’instant. Je vais aller faire des siestes pour me reposer en vue des jours à venir qui s’annonce plus sportifs ! » Nicolas Troussel (Corum l’Epargne) et Romain Attanasio (Fortinet-Best Western) sont également au contact et peuvent donc se jauger en permanence. Pour Tanguy Le Turquais (Lazare), l’enjeu est de résister aux assauts d’Arnaud Boissières (Lazare) et de Conrad Colman (Imagine). Tanguy a une sacrée motivation supplémentaire : il vient de devenir papa pour la première fois, en pleine Route du Rhum – Destination Guadeloupe.


Pour Sébastien Marsset (Mon courtier Energie – Cap Agir Ensemble), l’enjeu est de taille car il est le premier concurrent à dérives droites et il laisse aussi des foilers derrière lui, sur son IMOCA datant de 2006. « Je sais qu’il y a des bateaux beaucoup plus rapides, donc c’est chaud, mais je suis content, déclare Sébastien. J’ai la forme, je découvre aussi le fait que de ne pas avoir un bateau qui ne peut viser la victoire, cela me met dans une certaine décontraction, je suis libéré de toute pression. Je fais comme j’ai envie de faire et comme je sais faire. C’est très agréable. »

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