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À partir du 20 Octobre à Saint-Malo  |  Du 06 Novembre en Guadeloupe

Pink Poppy Flowers

William Mathelin-Moreaux (Dékuple) / © Vincent Olivaud RDR 2022


Les fronts associés au train des dépressions automnales qui balaye d’Atlantique Nord, c’est fini. Ce mardi soir, à l’entame de la 7è nuit de course, la flotte reprend des couleurs et doucement ses esprits. Dans le Sud-Ouest des Açores, Yoann Richomme (Paprec-Arkéa) et ses poursuivants immédiats gonflent leurs voiles avec le souffle de l'espoir de bientôt progresser au portant. Plus au Sud, la satisfaction d’en avoir terminé avec le plus dur l’emporte aussi, même si une barrière de calmes anticycloniques s’étale à présent dans le Sud de Madère. Un obstacle de taille qui barre la route vers les alizés et sème à son tour la zizanie sur un tout autre registre. Les mots du bord de ce mardi soir…


Yoann Richomme (Paprec-Arkéa) : « la perspective de mettre le spi dans 36/48 heures au plus tard » « Je suis sorti de l’archipel des Açores que j’ai traversé ce matin à côté de l’île de Terceira. C’est toujours un moment sympathique de croiser des îles au milieu de nulle part après près d’une semaine de navigation. On se dirige au près pour les dernières 36 heures face vent normalement, et on se dirige vers l’anticyclone qui nous permettra ensuite de rejoindre les alizés pour la dernière semaine de course. C’est un moment sympa sur une mer plus rangée, avec la perspective de mettre le spi sans 36/48 heures au plus tard ; et d’entamer le run vers la Guadeloupe qu’on adore sur cette transat. C’est ce qu’on vient chercher, entre autres. Je suis dans un petit groupe de tête avec 4/5 bateaux. Les écarts ne sont pas assez gros pour savoir ce que ça va donner pour la suite, je pense qu’on va se battre encore un petit moment ensemble, et surtout on apprendra dans les prochains jours, qui est vraiment rapide au portant, ou pas »


Martin Le Pape (Fondation Stargardt) : « Hâte d’avoir du portant » « C’est reparti et ça n’a rien à voir. C’est fabuleux ! Il n’y a pas beaucoup de vent mais il reste encore une grosse houle. Depuis le départ, c’était l’enfer, je n’avais jamais vu ça de ma vie. Ça a été hyper dur avec une mer cassante, un vent irrégulier et surtout c’était interminable. Je ne sais même pas où j’en suis. Ça a débuté juste après le départ, il y a six jours, et depuis, je n’ai même pas enlevé mes bottes. Je dors quelques minutes par ci par là. Comme les autres, je me suis fait surprendre par l’état de la mer. Le vent, ça allait, mais la mer était déchaînée, il n’y avait aucune règle (…) Je sais que j’ai eu de la chance de passer. Je me suis cogné le genou en début de course. J’avais mal les premiers jours mais ça commence à passer. Le bateau a souffert et j’ai une cloison fissurée. Je profite de ce répit pour réparer avant le prochain front que l’on va rencontrer cette nuit au passage des Açores. Jusqu’à maintenant, j’ai souffert en matière de performances. Le bateau n’est pas fait pour ces conditions et j’ai hâte d’avoir du portant. »


Morgane Ursault-Poupon (Médecins du monde) : Encore trois jours de près avant la Spi Party ! « Délivrance ! Ça y est nous sommes sortis de l'Atlantique nord. Il était temps, ça a failli être long. Aujourd'hui le ciel s'est dégagé, le vent  s'est réchauffé et on peu dire adieu aux conditions insupportables ( à priori je ne devrais pas tomber dans la pétole ...). Même si on est toujours au près dans un vent soutenu ( je n'ai plus la force ni la direction du vent, mon anémomètre est cassé ),  c'est un autre monde. Je peux enfin profiter du paysage en restant dehors, je ne suis plus obligée de dormir avec mon ciré. Et avec un peu de chance ce soir je vais pouvoir admirer le ciel étoilé de l'Atlantique, ce ciel si puissant que j'aime tant. Encore trois jours de près avant la Spi Party !Je pense bien fort à tous les marins qui ont subi des avaries depuis le départ, cette Route du Rhum aura été terrible pour certains : chavirages, naufrage, démâtages, ça me donne des frissons rien que d'y penser. Je touche du bois - ma table à carte est en bois ! De mon côté, à part quelques petits bobos, le bateau est en pleine forme ; et moi aussi ! »


William Mathelin-Moreaux (Dékuple) : Jacques Attali à bord ? « Bientôt les Açores ! Les dernières 24 heures ont été assez intenses avec ce dernier passage de front. Nous avons eu le droit à une mer assez chaotique, vraiment dangereuse pour les bateaux avec quelques déferlantes. Il a fallu être attentif constamment,, mais c’était une bonne chose à faire. Nous pouvons maintenant (enfin) faire route vers les chaleurs tropicales et faire sécher le bateau qui ressemble plus à un bain de pieds qu’autre chose. Je profite aussi de ce bord tout droit pour me changer, me sécher, peut-être une douche demain, qui sait ? Pour vous raconter mon état de fatigue hier soir, j’avais déjà eu quelques hallucinations auditives et cette nuit, j’étais tellement plongé dans mon rêve que j’ai cru que nous étions trois à bord du bateau. Je me suis mis à chercher, à me dire qu’ils allaient revenir (il s’agissait de Jacques Attali, ne me demandez pas pourquoi et d’une autre personne à ce jour inconnue Bref, je suis allé me recoucher très vite ! En tous cas, le bilan est positif même si le bateau a quelques bobos. Tout est maitrisé à part ce manque d’aérien irremplaçable. Le moral est plus que bon et j’ai hâte de vous montrer la suite ! »

  • 15 nov. 2022
  • 4 min de lecture

William Mathelin-Moreaux (Dékuple) / © Vincent Olivaud RDR 2022


Les fronts associés au train des dépressions automnales qui balaye d’Atlantique Nord, c’est fini. Ce mardi soir, à l’entame de la 7è nuit de course, la flotte reprend des couleurs et doucement ses esprits. Dans le Sud-Ouest des Açores, Yoann Richomme (Paprec-Arkéa) et ses poursuivants immédiats gonflent leurs voiles avec le souffle de l'espoir de bientôt progresser au portant. Plus au Sud, la satisfaction d’en avoir terminé avec le plus dur l’emporte aussi, même si une barrière de calmes anticycloniques s’étale à présent dans le Sud de Madère. Un obstacle de taille qui barre la route vers les alizés et sème à son tour la zizanie sur un tout autre registre. Les mots du bord de ce mardi soir…


Yoann Richomme (Paprec-Arkéa) : « la perspective de mettre le spi dans 36/48 heures au plus tard » « Je suis sorti de l’archipel des Açores que j’ai traversé ce matin à côté de l’île de Terceira. C’est toujours un moment sympathique de croiser des îles au milieu de nulle part après près d’une semaine de navigation. On se dirige au près pour les dernières 36 heures face vent normalement, et on se dirige vers l’anticyclone qui nous permettra ensuite de rejoindre les alizés pour la dernière semaine de course. C’est un moment sympa sur une mer plus rangée, avec la perspective de mettre le spi sans 36/48 heures au plus tard ; et d’entamer le run vers la Guadeloupe qu’on adore sur cette transat. C’est ce qu’on vient chercher, entre autres. Je suis dans un petit groupe de tête avec 4/5 bateaux. Les écarts ne sont pas assez gros pour savoir ce que ça va donner pour la suite, je pense qu’on va se battre encore un petit moment ensemble, et surtout on apprendra dans les prochains jours, qui est vraiment rapide au portant, ou pas »


Martin Le Pape (Fondation Stargardt) : « Hâte d’avoir du portant » « C’est reparti et ça n’a rien à voir. C’est fabuleux ! Il n’y a pas beaucoup de vent mais il reste encore une grosse houle. Depuis le départ, c’était l’enfer, je n’avais jamais vu ça de ma vie. Ça a été hyper dur avec une mer cassante, un vent irrégulier et surtout c’était interminable. Je ne sais même pas où j’en suis. Ça a débuté juste après le départ, il y a six jours, et depuis, je n’ai même pas enlevé mes bottes. Je dors quelques minutes par ci par là. Comme les autres, je me suis fait surprendre par l’état de la mer. Le vent, ça allait, mais la mer était déchaînée, il n’y avait aucune règle (…) Je sais que j’ai eu de la chance de passer. Je me suis cogné le genou en début de course. J’avais mal les premiers jours mais ça commence à passer. Le bateau a souffert et j’ai une cloison fissurée. Je profite de ce répit pour réparer avant le prochain front que l’on va rencontrer cette nuit au passage des Açores. Jusqu’à maintenant, j’ai souffert en matière de performances. Le bateau n’est pas fait pour ces conditions et j’ai hâte d’avoir du portant. »


Morgane Ursault-Poupon (Médecins du monde) : Encore trois jours de près avant la Spi Party ! « Délivrance ! Ça y est nous sommes sortis de l'Atlantique nord. Il était temps, ça a failli être long. Aujourd'hui le ciel s'est dégagé, le vent  s'est réchauffé et on peu dire adieu aux conditions insupportables ( à priori je ne devrais pas tomber dans la pétole ...). Même si on est toujours au près dans un vent soutenu ( je n'ai plus la force ni la direction du vent, mon anémomètre est cassé ),  c'est un autre monde. Je peux enfin profiter du paysage en restant dehors, je ne suis plus obligée de dormir avec mon ciré. Et avec un peu de chance ce soir je vais pouvoir admirer le ciel étoilé de l'Atlantique, ce ciel si puissant que j'aime tant. Encore trois jours de près avant la Spi Party !Je pense bien fort à tous les marins qui ont subi des avaries depuis le départ, cette Route du Rhum aura été terrible pour certains : chavirages, naufrage, démâtages, ça me donne des frissons rien que d'y penser. Je touche du bois - ma table à carte est en bois ! De mon côté, à part quelques petits bobos, le bateau est en pleine forme ; et moi aussi ! »


William Mathelin-Moreaux (Dékuple) : Jacques Attali à bord ? « Bientôt les Açores ! Les dernières 24 heures ont été assez intenses avec ce dernier passage de front. Nous avons eu le droit à une mer assez chaotique, vraiment dangereuse pour les bateaux avec quelques déferlantes. Il a fallu être attentif constamment,, mais c’était une bonne chose à faire. Nous pouvons maintenant (enfin) faire route vers les chaleurs tropicales et faire sécher le bateau qui ressemble plus à un bain de pieds qu’autre chose. Je profite aussi de ce bord tout droit pour me changer, me sécher, peut-être une douche demain, qui sait ? Pour vous raconter mon état de fatigue hier soir, j’avais déjà eu quelques hallucinations auditives et cette nuit, j’étais tellement plongé dans mon rêve que j’ai cru que nous étions trois à bord du bateau. Je me suis mis à chercher, à me dire qu’ils allaient revenir (il s’agissait de Jacques Attali, ne me demandez pas pourquoi et d’une autre personne à ce jour inconnue Bref, je suis allé me recoucher très vite ! En tous cas, le bilan est positif même si le bateau a quelques bobos. Tout est maitrisé à part ce manque d’aérien irremplaçable. Le moral est plus que bon et j’ai hâte de vous montrer la suite ! »