- 18 nov. 2022
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Vendredi Ă 06 h 04 minutes (01 h 04 heure locale), Yves Le BlĂ©vec a franchi en cinquiĂšme position la ligne dâarrivĂ©e Ă Pointe Ă Pitre de la douziĂšme Ă©dition de la Route du Rhum - Destination Guadeloupe. Son temps de course est de 08 jours, 15 heures, 49 minutes et 1 seconde. Il a effectuĂ© les 3542 milles du parcours entre Saint-Malo et Pointe Ă Pitre Ă la vitesse de 17,04 noeuds sur lâorthodromie (route directe). Il a en rĂ©alitĂ© parcouru 4553 milles Ă la vitesse moyenne de 21,91 noeuds
Son écart au vainqueur Charles Caudrelier (Maxi Edmond de Rothschild) est de 1 jour 20 heures, 01 minutes et 36 secondes.
« Je vais aller vite, je vais tenir une belle cadence, mais mon jeu nâest pas dâessayer de les suivre. Je me prĂ©pare psychologiquement à ça » nous confiait Yves Le BlĂ©vec avant le dĂ©part de Saint-Malo. Avec un bateau performant (lâancien Macif) mais pas autant que les quatre autres trimarans volants, le skipper dâActual Ultim 3 avait un plan de bataille bien en tĂȘte au dĂ©part de Saint-Malo. Mais Yves nâa jamais pu sâaccrocher Ă la roue des leaders, sans doute surpris par le rythme imprimĂ© par Charles Caudrelier et moins inspirĂ© dans ses choix de trajectoire Ă travers le Golfe de Gascogne. Et tout va trĂšs vite en Ultim 32/23. Avec 250 milles de retard au passage du premier front, Actual Ultim 3 Ă©tait condamnĂ© Ă vivre une autre course que celle du trio de tĂȘte qui creusait son avance Ă chaque nouvelle frontiĂšre mĂ©tĂ©o. En arrivant au ponton, le trinitain rendait hommage au trio de tĂȘte et insistait "sur le stress Ă©norme qu'engendre la vitesse sur ces machines". Le duel qui a opposĂ© le skipper Ă Francis Joyon aura nĂ©anmoins donnĂ© du sel Ă cette transat. Lorsque Actual Ultim 3 finit par doubler Idec Sport dans lâalizĂ©, on pense que le plus dur est fait. Mais la perte du grand gennaker trois jours avant l'arrivĂ©e limite les performances du bateau et Yves Le BlĂ©vec termine finalement cinquiĂšme de sa premiĂšre Route du Rhum - Destination Guadeloupe en Ultim 32/23. Un peu déçu de sa place au classement mais pas amer, il conserve la satisfaction d'avoir conduit son trimaran Ă bon port, ce qui sur ces machines, reste en soi une performance. VoilĂ ce qu'il disait au ponton Ă son arrivĂ©e : « Je ne peux pas commencer la confĂ©rence de presse sans parler de François et Alex. Je suis effondrĂ© par ce qui sâest passĂ©. On fait toute lâannĂ©e des stages ISAF, des contrĂŽles de sĂ©curitĂ©, nous sommes trĂšs sensibilisĂ©s Ă cet aspect de notre sport⊠138 bateaux partent faire une transat en solitaire hyper engagĂ©e, tout se passe trĂšs bien et lĂ , avec une bricole en baie, nous avons deux morts. La sĂ©curitĂ© est importante pour tous et jâai beaucoup pensĂ© Ă François et Alex. MĂȘme si les nouvelles sont trĂšs mauvaises, je souhaite ĂȘtre mis au courant pendant la course, câest une rĂšgle que lâon sâest fixĂ© avec le team car je ne vois pas qui mieux que moi est capable de dĂ©cider de ce que je suis capable ou pas dâencaisser. Ăa a envahi mes pensĂ©es mais le fil de la course Ă©tait lĂ et ça nâa pas perturbĂ© ma progression. Jâai pensĂ© possible de conjurer le sort de ce bateau sur la Route du Rhum 2018 et de doubler Francis mais il ya trois jours, jâai eu trois pannes assez majeures dans le bateau qui sont arrivĂ©es en mĂȘme temps sans aucun lien entre elles. Avec lâĂ©quipe, nous en avons rĂ©solu deux mais la troisiĂšme Ă©tait mon grand gennaker qui sâest dĂ©chirĂ© de maniĂšre incroyable. Jâai Ă©tĂ© obligĂ© de ralentir, mâarrĂȘter et finir avec le J1, un petit gennaker. Francis Ă©tait revenu au mĂȘme niveau que mois et ensuite, jâallais un poil moins vite⊠DĂšs le dĂ©part, les leaders sont enchaĂźnĂ© trĂšs vite avec des Ă©carts de vitesse importants au prĂšs entre les bateaux. Je suis parti avec un ris alors que ça passait grand-voile haute, jâĂ©tais un cran derriĂšre. Les autres Ă©taient bord Ă bord, ils ont trĂšs bien naviguĂ© et je suis impressionnĂ© du niveau dâattaque avec ce que ça peut comporter comme niveau de stress et de fatigue. Jâai Ă©tĂ© trĂšs fatiguĂ© et je voyais bien que jâĂ©tais Ă la limite. A un moment donnĂ©, jâai compris que je nâĂ©tais pas loin dâun seuil de fatigue avec le risque de faire des conneries Ă©normes et prendre de trĂšs mauvaises dĂ©cisions. Je suis hyper content dâarriver. Le franchissement de la ligne est un aboutissement. Boucler ce parcours Ă©tait lâobjectif numĂ©ro un et câest une satisfaction trĂšs intense. Sur ces bateaux, entre plaisir et douleur, câest trĂšs partagĂ©. Les machines sont trĂšs exigeantes et arriver Ă les dompter fait partie du plaisir de naviguer. Cette sensation dâĂȘtre au niveau de la machine, le plaisir est lĂ . Les deux derniers jours Ă©taient les plus sympa. Ăa allait un peu moins vite avec ma configuration de voile mais ça marchait bien quand mĂȘme et jâai pu contempler le spectacle. Regarder les Ă©traves qui dĂ©valent, cette machine qui court sans arrĂȘt sur la mer, câest extraordinaire »
