L'HUMEUR DU RHUM. Engagés dans des conditions difficiles, les skippers de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe savent qu’il ne faut surtout pas oublier de bien s’alimenter. Une nécessité transformée aussi en petits moments de plaisir qui réconfortent entre deux manœuvres. Explications.

Dans une poignée de jours, certains skippers, chanceux, pourront profiter du petit déjeuner de la Créole, l’hôtel du Gosier qui accueille la base arrière de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe. Finis le roulis et les vagues : là, le petit déjeuner se déguste au calme, sur une terrasse en bois face à la mer et aux palmiers, avec une omelette que les habitués ne cessent de plébisciter. Mais avant, il faut donc arriver jusqu’ici et, pour beaucoup, Pointe-à-Pitre est encore loin.
Les apprentis cuistots et les autres
À bord, se faire à manger est une petite épreuve en soi. Mais pas pour tous. Ce jeudi matin, Christophe Bogrand (Des enfants et des arbres, Vintage Multi) a filmé un petit déjeuner qui pourrait presque faire saliver les résidents de la Créole. Une assiette creuse élégante, une petite planche, deux œufs au plat, une tartine de pain : du grand luxe en pleine mer. Chez les Vintage, ils sont nombreux, à l’instar de Jean Le Cam (Alegria, Vintage Mono), à disposer de plaques de cuisson, d’un réfrigérateur et même d’une petite cave. Mais ils font figure d’exception par rapport au reste de la flotte.
Ces derniers jours, Boris Hermann (Malizia 4, IMOCA) s’est filmé avec un plat lyophilisé, Corentin Horeau (MACSF, IMOCA) avec une barre protéinée, Mathieu Claveau (Inherent – Phare 4, Class40) avec des carrés d’orange et Maxime Sorel (Vaincre la Mucoviscidose, IMOCA) avec des avocats.. Parfois, il est un peu plus difficile de distinguer le plat du moment, même pour les marins. « Normalement, ça doit ressembler à des pâtes et des boulettes de viande », raconte Damien Seguin (Arkéa Handicap International, Vintage Multi), le sourire aux lèvres, devant un plat qui mijote aux couleurs presque douteuses.
Du fromage en pleine mer
Théa Khelif (Women of course, Class40) s’est photographiée avec un pain au lait, du jambon et un morceau de fromage. Un encas qui fait décidément du bien, comme celui de Francesca Clapcich (11th Hour Racing, IMOCA), avec du jambon de pays et du comté. Milan Kolacek (Inland Roots Ocean Soul) a sorti son couteau pour découper un petit morceau de comté lui aussi. Patrick Isoard (Groupe Cogedis pour enfants du Mékong, Vintage Mono) s’est fait plaisir avec des œufs brouillés et des tranches de charcuterie. Après cinq jours de mer, il reste donc des œufs à bord – une petite prouesse technique quand on connaît les secousses en mer – et quelques fruits frais. Idéal pour tenir et résister à tout, en attendant de pouvoir profiter des douceurs antillaises, à la Créole ou ailleurs.


