top of page

L’HUMEUR DU RHUM. Leurs noms sont associés à jamais à la Route du Rhum. Loïc Caradec, tragiquement disparu lors de l’édition 1986, et Laurent Bourgnon, double vainqueur (1994, 1998) ont marqué l’histoire de la course. Cette année, leurs fils, Tanguy Caradec (Eurvad, Vintage Mono) et Basile Bourgnon (Edenred, Ocean Fifty) seront sur la ligne de départ. Deux participations qui vont bien au-delà de l’hommage.


Basile Bourgnon, un des favoris en Ocean Fifty @ Pierre Bouras
Basile Bourgnon, un des favoris en Ocean Fifty @ Pierre Bouras

Le 1er novembre prochain, il y aura un Bourgnon et un Caradec sur la ligne de départ. C’est un vertige, l’histoire en accéléré, les générations qui défilent et la Route du Rhum qui reste, éternel marqueur chez les plus grands des marins. Deux destinées de géants de leur époque qui trouvent une forme de réminiscence dans l’aventure actuelle de leurs enfants, Basile et Tanguy.


« La Route du Rhum est indissociable de la vie de mon père »


Le premier, Basile Bourgnon, est un talent précoce de 24 ans. Il a l’allure d’un colosse, le visage concentre tous les traits de son père et c’est l’un des favoris en Ocean Fifty. Il a choisi le « multi », comme papa certes, mais tient à dire que ça vient de lui, parce que depuis l’enfance cela lui semble une évidence. Le second, Tanguy, 46 ans, amateur éclairé, père comblé, quitte son quotidien parisien chaque week-end pour naviguer sans relâche. Ils sont de fait des visages du Rhum : le skipper professionnel et l’amateur, unis par le même goût du large et des sensations uniques qui vont avec. Mais Basile et Tanguy sont un peu plus que ça, ils sont porteurs d’une histoire qui appartient, aussi, à tous les passionnés. « La Route du Rhum est indissociable de la vie de mon père, reconnaît Tanguy. C’était un grand marin ». « Je ne peux pas nier l’histoire, abonde Basile. J’ai découvert sa carrière après coup… S’il n’avait pas été mon père, j’aurais forcément admiré le sportif qu’il était. »


« Envie de le transformer en moment heureux »


Ils n’ont pas attendu d’être là à leur tour pour se faire bousculer par les émotions. Les deux n’éludent pas les questions à ce sujet, avec une forme de clairvoyance si chère aux hommes de mer. Basile insiste sur « la grande liberté » qu’on lui a inculquée et « la nécessité d’être hyper autonome » ; Tanguy évoque « un ingénieux, un facétieux », autant passionné par les semaines au chantier que par les navigations.  

Désormais, à eux de traverser l’Atlantique, de résister à toutes les péripéties jusqu’à la chaleur des Antilles et d’écrire leur propre histoire. En Ocean Fifty, la navigation est d’une telle intensité que les états d’âme ne peuvent pas avoir de place. Tout juste Basile explique : « sur l’eau, je pense qu’il me surveille ». Or, ce n’est pas un poids bien au contraire : « ça peut m’aider de temps en temps ». À bord de son Vintage Mono, Tanguy n’a aucune envie de « tomber dans le pathos ». « Bien sûr, c’est aussi un hommage à mon père mais j’ai surtout envie de le transformer en moment heureux ». Vibrer, se dépasser, transformer l’effort intense en bonheur de chaque instant : il y aura assurément, dans cette recherche qui frise l’obsession, beaucoup de ce qu’étaient leurs pères il y a une poignée d’années.


 Tanguy Caradec (Eurvad, Vintage Mono) @ DR
 Tanguy Caradec (Eurvad, Vintage Mono) @ DR

 

22 oct.
3 min de lecture

L’HUMEUR DU RHUM. Leurs noms sont associés à jamais à la Route du Rhum. Loïc Caradec, tragiquement disparu lors de l’édition 1986, et Laurent Bourgnon, double vainqueur (1994, 1998) ont marqué l’histoire de la course. Cette année, leurs fils, Tanguy Caradec (Eurvad, Vintage Mono) et Basile Bourgnon (Edenred, Ocean Fifty) seront sur la ligne de départ. Deux participations qui vont bien au-delà de l’hommage.


Basile Bourgnon, un des favoris en Ocean Fifty @ Pierre Bouras
Basile Bourgnon, un des favoris en Ocean Fifty @ Pierre Bouras

Le 1er novembre prochain, il y aura un Bourgnon et un Caradec sur la ligne de départ. C’est un vertige, l’histoire en accéléré, les générations qui défilent et la Route du Rhum qui reste, éternel marqueur chez les plus grands des marins. Deux destinées de géants de leur époque qui trouvent une forme de réminiscence dans l’aventure actuelle de leurs enfants, Basile et Tanguy.


« La Route du Rhum est indissociable de la vie de mon père »


Le premier, Basile Bourgnon, est un talent précoce de 24 ans. Il a l’allure d’un colosse, le visage concentre tous les traits de son père et c’est l’un des favoris en Ocean Fifty. Il a choisi le « multi », comme papa certes, mais tient à dire que ça vient de lui, parce que depuis l’enfance cela lui semble une évidence. Le second, Tanguy, 46 ans, amateur éclairé, père comblé, quitte son quotidien parisien chaque week-end pour naviguer sans relâche. Ils sont de fait des visages du Rhum : le skipper professionnel et l’amateur, unis par le même goût du large et des sensations uniques qui vont avec. Mais Basile et Tanguy sont un peu plus que ça, ils sont porteurs d’une histoire qui appartient, aussi, à tous les passionnés. « La Route du Rhum est indissociable de la vie de mon père, reconnaît Tanguy. C’était un grand marin ». « Je ne peux pas nier l’histoire, abonde Basile. J’ai découvert sa carrière après coup… S’il n’avait pas été mon père, j’aurais forcément admiré le sportif qu’il était. »


« Envie de le transformer en moment heureux »


Ils n’ont pas attendu d’être là à leur tour pour se faire bousculer par les émotions. Les deux n’éludent pas les questions à ce sujet, avec une forme de clairvoyance si chère aux hommes de mer. Basile insiste sur « la grande liberté » qu’on lui a inculquée et « la nécessité d’être hyper autonome » ; Tanguy évoque « un ingénieux, un facétieux », autant passionné par les semaines au chantier que par les navigations.  

Désormais, à eux de traverser l’Atlantique, de résister à toutes les péripéties jusqu’à la chaleur des Antilles et d’écrire leur propre histoire. En Ocean Fifty, la navigation est d’une telle intensité que les états d’âme ne peuvent pas avoir de place. Tout juste Basile explique : « sur l’eau, je pense qu’il me surveille ». Or, ce n’est pas un poids bien au contraire : « ça peut m’aider de temps en temps ». À bord de son Vintage Mono, Tanguy n’a aucune envie de « tomber dans le pathos ». « Bien sûr, c’est aussi un hommage à mon père mais j’ai surtout envie de le transformer en moment heureux ». Vibrer, se dépasser, transformer l’effort intense en bonheur de chaque instant : il y aura assurément, dans cette recherche qui frise l’obsession, beaucoup de ce qu’étaient leurs pères il y a une poignée d’années.


 Tanguy Caradec (Eurvad, Vintage Mono) @ DR
 Tanguy Caradec (Eurvad, Vintage Mono) @ DR

 

bottom of page