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Robin Follin (Solano), en tête ce mardi matin chez les Class40 @ Martin Viezzer
Robin Follin (Solano), en tête ce mardi matin chez les Class40 @ Martin Viezzer

Ils progressent sans relâche et pourtant ils n’en reviennent pas. À l’instar de tous les autres concurrents de cette Route du Rhum – Destination Guadeloupe, les skippers Class40 ont tous emprunté cette route au nord de l’orthodromie, si inhabituel pour une Route du Rhum. « Là, on doit contourner une dépression par le nord, puis une autre et peut-être une troisième, confie Gaëtan Thomas (Barco Brésil). Le Belge, qui dispute sa première course en solitaire en Class40, s’en amuserait presque : « Là, on a l’impression d’aller à New York ! »


« Tu peux potentiellement prendre 50 à 60 nœuds de vent »


Et sur cette route, les skippers ne sont pas épargnés. En plus de devoir gérer l’immédiat, avec des conditions soutenues de 20 à 25 nœuds, la flotte des Class40 doit se préparer le passage d’une dépression, vraisemblablement à partir de demain. « Le centre de la dépression bouge beaucoup et le vent est très instable en direction, ce qui complique les choses », confie Ian Lipinski (Crédit Mutuel) qui pense devoir affronter 40 nœuds de vent moyen et une mer formée avec des creux de 7 mètres. « Dans le centre, tu peux potentiellement prendre 50 à 60 nœuds de vent et on sait tous qu’on n’a pas des bateaux adaptés pour ça », ajoute Robin Follin (Solano).  


Afin d’y faire face, chacun sa stratégie. Pour l’instant, la flotte s’étire en latéral sur 220 milles entre d’un côté les partisans d’une route nord, dont Ian Lipinski et Luca Rosetti (Maccaferri Futura), et de l’autre une option plus sud décidé notamment par Robin Follin. La grande majorité de la flotte est située entre ces deux options. Le skipper de Crédit Mutuel explique sa position : « on savait que cette option nord était préconisée dès le départ. L’idéal pour moi ce serait de passer juste en dessous de la dépression, d’arriver au près en bâbord, de virer en passant le front et de repartir au près rapide ». Et il ajoute : « en faisant ça, je vais en principe moins souffrir du centre de la dépression que les autres et avoir moins d’arrêts ».


Ian Lipinski à bord de Crédit Mutuel @ Martin Viezzer
Ian Lipinski à bord de Crédit Mutuel @ Martin Viezzer


« On verra d’ici deux jours… »



Robin Follin, lui, est situé légèrement plus au Sud que l’orthodromie et pointe son étrave vers les Açores. « Depuis le début de la course, j’essaie de m’économiser, de préserver le bateau et de faire attention, explique-t-il. C’est pour ça que j’ai vite éliminé la route qui passait le plus au nord ». Si le skipper de Solano reconnaît que « ça nécessite de faire pas mal de près », il assure que la suite « reste gérable » et « adaptée à nos bateaux ». Même si Robin pourrait buter dans du vent faible, sa stratégie lui permet pour l’instant d’être leader chez les Class40. « On verra d’ici deux jours si ça a été la stratégie la plus efficace ».

Guillaume Pirouelle (Sogestran-Seafrigo), au coude-à-coude avec Pierre Leboucher (Institut Imagine) a choisi une route médiane, à 85 milles au sud de Ian Lipinski et à 130 milles au nord de Robin Follin. Contacté un peu plus tôt dans la journée, il expliquait : « Ceux qui partent au nord, je trouve ça osé ! Sur le papier, les routages leur donnent raison. Mais ils nous imaginent faire des choses qu'on n'est pas forcément capables de réaliser dans des grosses conditions. Personnellement, aller chercher du portant en solitaire, dans une mer énorme avec 40 nœuds de vent, voire davantage, je ne le sentais pas. »


De son côté, Ian Lipinski se prépare à traverser la dépression. « Forcément, c’est plus facile quand on est deux à bord, rappelle-t-il. J’essaie de me remémorer ce que j’ai vécu, notamment dans les mers du sud, pour essayer de me rassurer. Je me dis que je l’ai déjà fait et que ça va bien se passer ». Il précise d’ailleurs : « de toute façon, maintenant, on y est. On ne va pas faire demi-tour ! » À bord de son pointu, Gaëtan Thomas, qui a déjà dû faire face à quelques soucis techniques, espère juste « ne pas trop rentrer dans la dépression. Avec l’état de la mer et les creux attendus, ça va devenir dangereux ! » Pourtant, comme tous les autres, il tient bon. Le Belge a des mots pour le dire : « on ne va pas s’arrêter là et on va serrer les fesses. Et puis on arrive quand même à prendre du plaisir ! »

 

 

il y a 4 heures
4 min de lecture

LE MAG DU RHUM. Les Class40 se préparent au passage d’une dépression d’ici deux jours. Afin d’y faire face, la flotte s’étire en latéral entre les partisans d’une route nord, menés par Ian Lipinski (Crédit Mutuel) et le plus au sud et actuel leader, Robin Follin (Solano). La majorité des autres skippers pointent entre les deux. Explications justement avec Ian Lipinski, Robin Follin et l’amateur Gaëtan Thomas (Barco Brésil) contactés ce midi à la vacation.


Robin Follin (Solano), en tête ce mardi matin chez les Class40 @ Martin Viezzer
Robin Follin (Solano), en tête ce mardi matin chez les Class40 @ Martin Viezzer

Ils progressent sans relâche et pourtant ils n’en reviennent pas. À l’instar de tous les autres concurrents de cette Route du Rhum – Destination Guadeloupe, les skippers Class40 ont tous emprunté cette route au nord de l’orthodromie, si inhabituel pour une Route du Rhum. « Là, on doit contourner une dépression par le nord, puis une autre et peut-être une troisième, confie Gaëtan Thomas (Barco Brésil). Le Belge, qui dispute sa première course en solitaire en Class40, s’en amuserait presque : « Là, on a l’impression d’aller à New York ! »


« Tu peux potentiellement prendre 50 à 60 nœuds de vent »


Et sur cette route, les skippers ne sont pas épargnés. En plus de devoir gérer l’immédiat, avec des conditions soutenues de 20 à 25 nœuds, la flotte des Class40 doit se préparer le passage d’une dépression, vraisemblablement à partir de demain. « Le centre de la dépression bouge beaucoup et le vent est très instable en direction, ce qui complique les choses », confie Ian Lipinski (Crédit Mutuel) qui pense devoir affronter 40 nœuds de vent moyen et une mer formée avec des creux de 7 mètres. « Dans le centre, tu peux potentiellement prendre 50 à 60 nœuds de vent et on sait tous qu’on n’a pas des bateaux adaptés pour ça », ajoute Robin Follin (Solano).  


Afin d’y faire face, chacun sa stratégie. Pour l’instant, la flotte s’étire en latéral sur 220 milles entre d’un côté les partisans d’une route nord, dont Ian Lipinski et Luca Rosetti (Maccaferri Futura), et de l’autre une option plus sud décidé notamment par Robin Follin. La grande majorité de la flotte est située entre ces deux options. Le skipper de Crédit Mutuel explique sa position : « on savait que cette option nord était préconisée dès le départ. L’idéal pour moi ce serait de passer juste en dessous de la dépression, d’arriver au près en bâbord, de virer en passant le front et de repartir au près rapide ». Et il ajoute : « en faisant ça, je vais en principe moins souffrir du centre de la dépression que les autres et avoir moins d’arrêts ».


Ian Lipinski à bord de Crédit Mutuel @ Martin Viezzer
Ian Lipinski à bord de Crédit Mutuel @ Martin Viezzer


« On verra d’ici deux jours… »



Robin Follin, lui, est situé légèrement plus au Sud que l’orthodromie et pointe son étrave vers les Açores. « Depuis le début de la course, j’essaie de m’économiser, de préserver le bateau et de faire attention, explique-t-il. C’est pour ça que j’ai vite éliminé la route qui passait le plus au nord ». Si le skipper de Solano reconnaît que « ça nécessite de faire pas mal de près », il assure que la suite « reste gérable » et « adaptée à nos bateaux ». Même si Robin pourrait buter dans du vent faible, sa stratégie lui permet pour l’instant d’être leader chez les Class40. « On verra d’ici deux jours si ça a été la stratégie la plus efficace ».

Guillaume Pirouelle (Sogestran-Seafrigo), au coude-à-coude avec Pierre Leboucher (Institut Imagine) a choisi une route médiane, à 85 milles au sud de Ian Lipinski et à 130 milles au nord de Robin Follin. Contacté un peu plus tôt dans la journée, il expliquait : « Ceux qui partent au nord, je trouve ça osé ! Sur le papier, les routages leur donnent raison. Mais ils nous imaginent faire des choses qu'on n'est pas forcément capables de réaliser dans des grosses conditions. Personnellement, aller chercher du portant en solitaire, dans une mer énorme avec 40 nœuds de vent, voire davantage, je ne le sentais pas. »


De son côté, Ian Lipinski se prépare à traverser la dépression. « Forcément, c’est plus facile quand on est deux à bord, rappelle-t-il. J’essaie de me remémorer ce que j’ai vécu, notamment dans les mers du sud, pour essayer de me rassurer. Je me dis que je l’ai déjà fait et que ça va bien se passer ». Il précise d’ailleurs : « de toute façon, maintenant, on y est. On ne va pas faire demi-tour ! » À bord de son pointu, Gaëtan Thomas, qui a déjà dû faire face à quelques soucis techniques, espère juste « ne pas trop rentrer dans la dépression. Avec l’état de la mer et les creux attendus, ça va devenir dangereux ! » Pourtant, comme tous les autres, il tient bon. Le Belge a des mots pour le dire : « on ne va pas s’arrêter là et on va serrer les fesses. Et puis on arrive quand même à prendre du plaisir ! »

 

 

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