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Violette Dorange @ Loic Venance / AFP
Violette Dorange @ Loic Venance / AFP

Une première qui se fait parfois attendre


Dans une carrière de marin, les premières fois ne viennent pas toujours dans l'ordre attendu. Tom Laperche (SVR-Lazartigue) en est une belle illustration. À 29 ans, le Breton a déjà remporté la Solitaire du Figaro et pris le départ d'un tour du monde en solitaire sur l'un des plus grands trimarans de course. Mais jamais celui de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe. Un drôle de paradoxe pour celui qui a justement puisé dans les images de cette épreuve l'envie de devenir navigateur. « Je suis super heureux de pouvoir enfin disputer cette fameuse transat, et surtout dans des conditions pareilles. J'ai une équipe formidable autour de moi, un bateau qui est au point et que je connais bien. C'est génial de pouvoir aborder comme ça une course qui m'a fait rêver quand j'étais enfant. Ce sont vraiment les images de la Route du Rhum qui m'ont donné envie de faire de la course au large. » Une découverte qu'il abordera avec de solides ambitions, puisqu'il compte parmi les sérieux prétendants à la victoire. Anthony Marchand (Actual Ultim 4) connaît lui aussi cet étrange décalage. Il a déjà affronté les exigences d'un tour du monde en solitaire lors de l'Arkéa Ultim Challenge, mais s'apprête à vivre son premier départ de Saint-Malo. Et pas sur n'importe quelle machine : celle avec laquelle Charles Caudrelier a remporté la précédente édition. « C'est vrai qu'on est quand même des bizuths ! Quand je regarde le nombre de marins qui ont déjà énormément de milles au compteur sans avoir fait la Route du Rhum, je trouve ça assez incroyable. Ça rappelle qu'une transat en solitaire, ce n'est pas anodin. »

Alexis Loison à bord du Class40 Groupe REEl. Crédit : Pierrick Contin
Alexis Loison à bord du Class40 Groupe REEl. Crédit : Pierrick Contin

Des débutants qui ont du métier


Pour Alexis Loison (Groupe REEL), cette première participation ressemble davantage à un rendez-vous repoussé qu'à un rêve longtemps inaccessible. Pendant dix-neuf ans, le Cherbourgeois a consacré l'essentiel de son énergie au circuit Figaro, jusqu'à remporter la Solitaire en 2025. Difficile, dans ces conditions, de trouver une place pour d'autres aventures. « J'étais tellement obnubilé par le Figaro que j'avais du mal à regarder ailleurs. Mais j'ai toujours adoré suivre les histoires de chaque Route du Rhum. Il y a huit ans, j'avais commencé à me dire qu'il faudrait que je la fasse. Ça ne s'est pas concrétisé, puis il y a quatre ans, ça ne s'est pas fait non plus. Alors forcément, je suis hyper content de pouvoir enfin cocher cette case. » Le voilà désormais à la barre d'un Class40 neuf, construit selon ses souhaits. « Je suis vraiment heureux de la faire dans ces conditions, avec le bateau que je voulais et un plateau aussi relevé, en qualité comme en quantité. C'est une épreuve mythique. Ce n'est pas un passage obligé, mais c'est quand même sacrément chouette de pouvoir en prendre le départ ! » Le plus étonnant reste ailleurs. Malgré trois Transat AG2R ou Transat Paprec, deux Transat Jacques Vabre et une Transat Québec - Saint-Malo, Alexis Loison n'a encore jamais effectué une telle traversée seul. « À ce jour, mon compteur est toujours à zéro ! À l'époque, je n'avais pas les moyens de participer à des courses comme le Trophée BPE. Alors oui, sur ce coup-là, je suis un vrai bizuth ! » Pas de quoi impressionner celui qui revendique avec humour son « bac +19 » décroché sur le circuit Figaro. À lui désormais de faire fructifier ce bagage sur une machine qu'il connaît depuis peu. « Je compte vraiment sur cette école qu'est la Solitaire du Figaro pour compenser une partie de mon manque de connaissance du bateau. L'intensité, la manière de s'imposer un rythme, ce sont des sensations qui restent les mêmes, quel que soit le support. Ces dernières semaines, j'ai essayé d'être un buvard, de m'entourer de gens qui connaissent très bien les Class40, d'écouter et de prendre des notes. Il me reste encore quelques pages à découvrir ! » Mais le Normand n'a pas l'intention de rester au fond de la classe. Vainqueur de la 40' Malouine – La Trinquette dès sa première sortie en compétition sur Groupe REEL, il ne cache pas ses ambitions. « J'ai envie d'avoir des objectifs élevés. La Route du Rhum, c'est tous les quatre ans, et j'ai envie de la réussir sportivement. Sur une transat en solitaire, les choses sont moins écrites sur le papier, il peut se passer énormément de choses. Alors pourquoi pas moi ? » Reste à trouver le bon dosage entre audace et prudence, sur un parcours qu'il estime devoir avaler en une quinzaine de jours. « Il faudra naviguer proprement, ne pas faire de bêtises parce qu'on aura voulu se précipiter, mais ne pas être non plus trop sur la retenue. Je pense que j'ai une grosse carte à jouer dans la préparation, en optimisant chaque journée jusqu'au coup d’envoi. Après, ce sera à moi de jouer avec les armes que j'aurai. »

Tom Laperche à bord de SVR-Lazartigue. Crédit : Gautier Lebec
Tom Laperche à bord de l'Ultim SVR-Lazartigue. Crédit : Gautier Lebec

L'Atlantique, autrement


Violette Dorange (Initiatives-Cœur) présente un autre cas de figure. À 25 ans, elle a déjà bouclé un Vendée Globe. La navigation en solitaire, elle connaît. Mais cette fois, c'est le parcours qui change la donne. « J'ai accumulé beaucoup d'expérience avec le tour du monde et les trois courses en solitaire que j'ai disputées cette année. Ça me donne confiance. Mais je n'ai encore jamais traversé l'Atlantique de cette manière. Jusqu'ici, j'avais toujours un point de passage aux Canaries, qui permettait de descendre assez vite chercher les alizés. Là, on va rester plus au nord, potentiellement vers les Açores, avec du vent fort pendant une bonne partie de la traversée. Je m'en méfie, même si je connais bien mon bateau et que j'ai énormément appris cette saison. » Il y a aussi tout ce qui entoure la course. Quatre ans plus tôt, la jeune navigatrice arpentait les pontons malouins en quête de contacts et de partenaires pour son projet. Cette fois, elle sera de l'autre côté de la barrière. « A ce moment-là, j'étais dans le village pour chercher des contacts, des financements et des sponsors en vue du Vendée Globe. Je regardais tout ça de l'extérieur et je trouvais déjà l'événement complètement fou. Aujourd'hui, c'est encore plus incroyable d'en faire partie ! » À l'enjeu sportif s'ajoute une responsabilité particulière : contribuer, sous les couleurs d'Initiatives-Cœur, à sauver vingt enfants. « C'est une grande première pour moi. J'ai fait plusieurs courses en solitaire cette année, mais jamais avec cet objectif-là. Et puis chaque navigation reste un départ vers l'inconnu. Je sais qu'il y aura des moments difficiles, d'autres incroyables, peut-être des problèmes techniques. Je ne pourrai vraiment découvrir cette Route du Rhum qu'une fois en mer. »


Seule pour de bon


Élodie Bonafous (Association Petits Princes – Quéguiner) connaît elle aussi les traversées de l'Atlantique, mais jusqu'ici toujours accompagnée. Après plusieurs saisons en Figaro et trois passages d'un continent à l'autre, dont deux en course en double, la Bretonne s'apprête à franchir une nouvelle étape. Une situation qui lui a inspiré un rapprochement amusant avec Tom Laperche. « Quand on m'a fait remarquer que j'étais une rookie, j'ai pensé à lui. Je ne le considère absolument pas comme un débutant et je me suis dit : “Ah oui, lui non plus n'a jamais fait la Route du Rhum !” Finalement, on est nombreux dans ce cas. C'est plutôt rassurant de se dire qu'on a déjà vécu des événements de grande ampleur et qu'on sait les gérer. Mais il reste tout ce qu'on va découvrir de cette course en particulier. » Forte des enseignements de cette première saison en IMOCA, la Finistérienne sait toutefois qu'une traversée de l'Atlantique en solitaire impose ses propres règles. « Il va falloir adapter le rythme, les manœuvres, les choix de voiles et trouver le bon équilibre dans l'engagement. C'est surtout le début qui m'interroge, avec le stress du départ et les conditions potentiellement musclées qu'il faudra gérer seule. Je pense qu'une fois dans ma bulle, avec ma routine, je me sentirai mieux. Cette année m'a permis de découvrir, d'apprendre et de valider beaucoup de choses. J'ai fait ce qu'il fallait pour arriver avec les meilleurs outils possibles. Maintenant, il n'y a plus qu'à ! »

Elodie Bonafous, skipper de l'IMOCA Association Petits Princes - Quéguiner. Crédit : Sébastien Salom-Gomis
Elodie Bonafous, skipper de l'IMOCA Association Petits Princes - Quéguiner. Crédit : Sébastien Salom-Gomis

Bizuths, pas figurants


C'est probablement là tout le sel de cette édition : voir des navigateurs déjà aguerris se présenter à Saint-Malo pour la première fois, avec parfois de sérieuses ambitions de podium, voire de victoire. Aucun ne part de zéro, mais tous auront quelque chose à apprendre. Une atmosphère, un parcours, une manière d'appréhender les derniers jours à terre ou les premières heures en mer… De quoi bousculer quelques certitudes chez ces débutants de luxe. Car les milles accumulés n'immunisent pas contre les premières fois. Et c'est peut-être aussi pour cela qu'on continue à prendre le départ.

il y a 2 jours
7 min de lecture

Ils ont traversé des océans, gagné des courses, affronté les mers du Sud, parfois même fait le tour de la planète en solitaire. Pourtant, le 1er novembre prochain, ils découvriront la Route du Rhum – Destination Guadeloupe. Et ils sont plus nombreux qu'on ne pourrait le croire dans cette situation. Tom Laperche, Anthony Marchand, Violette Dorange, Élodie Bonafous ou encore Alexis Loison en offrent quelques exemples éloquents. Des marins déjà bien installés dans le paysage de la course au large, mais qui n'ont encore jamais pris le départ de cette épreuve mythique. Plus étonnant, certains n'ont même jamais traversé l'Atlantique en solitaire en compétition. Comme quoi, on peut avoir beaucoup de milles au compteur et encore quelques cases vierges sur son CV. Entre rêves d'enfance, rendez-vous longtemps différés et nouveaux défis sportifs, ces rookies-là ont déjà beaucoup appris. Et ne demandent qu'à continuer.

Violette Dorange @ Loic Venance / AFP
Violette Dorange @ Loic Venance / AFP

Une première qui se fait parfois attendre


Dans une carrière de marin, les premières fois ne viennent pas toujours dans l'ordre attendu. Tom Laperche (SVR-Lazartigue) en est une belle illustration. À 29 ans, le Breton a déjà remporté la Solitaire du Figaro et pris le départ d'un tour du monde en solitaire sur l'un des plus grands trimarans de course. Mais jamais celui de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe. Un drôle de paradoxe pour celui qui a justement puisé dans les images de cette épreuve l'envie de devenir navigateur. « Je suis super heureux de pouvoir enfin disputer cette fameuse transat, et surtout dans des conditions pareilles. J'ai une équipe formidable autour de moi, un bateau qui est au point et que je connais bien. C'est génial de pouvoir aborder comme ça une course qui m'a fait rêver quand j'étais enfant. Ce sont vraiment les images de la Route du Rhum qui m'ont donné envie de faire de la course au large. » Une découverte qu'il abordera avec de solides ambitions, puisqu'il compte parmi les sérieux prétendants à la victoire. Anthony Marchand (Actual Ultim 4) connaît lui aussi cet étrange décalage. Il a déjà affronté les exigences d'un tour du monde en solitaire lors de l'Arkéa Ultim Challenge, mais s'apprête à vivre son premier départ de Saint-Malo. Et pas sur n'importe quelle machine : celle avec laquelle Charles Caudrelier a remporté la précédente édition. « C'est vrai qu'on est quand même des bizuths ! Quand je regarde le nombre de marins qui ont déjà énormément de milles au compteur sans avoir fait la Route du Rhum, je trouve ça assez incroyable. Ça rappelle qu'une transat en solitaire, ce n'est pas anodin. »

Alexis Loison à bord du Class40 Groupe REEl. Crédit : Pierrick Contin
Alexis Loison à bord du Class40 Groupe REEl. Crédit : Pierrick Contin

Des débutants qui ont du métier


Pour Alexis Loison (Groupe REEL), cette première participation ressemble davantage à un rendez-vous repoussé qu'à un rêve longtemps inaccessible. Pendant dix-neuf ans, le Cherbourgeois a consacré l'essentiel de son énergie au circuit Figaro, jusqu'à remporter la Solitaire en 2025. Difficile, dans ces conditions, de trouver une place pour d'autres aventures. « J'étais tellement obnubilé par le Figaro que j'avais du mal à regarder ailleurs. Mais j'ai toujours adoré suivre les histoires de chaque Route du Rhum. Il y a huit ans, j'avais commencé à me dire qu'il faudrait que je la fasse. Ça ne s'est pas concrétisé, puis il y a quatre ans, ça ne s'est pas fait non plus. Alors forcément, je suis hyper content de pouvoir enfin cocher cette case. » Le voilà désormais à la barre d'un Class40 neuf, construit selon ses souhaits. « Je suis vraiment heureux de la faire dans ces conditions, avec le bateau que je voulais et un plateau aussi relevé, en qualité comme en quantité. C'est une épreuve mythique. Ce n'est pas un passage obligé, mais c'est quand même sacrément chouette de pouvoir en prendre le départ ! » Le plus étonnant reste ailleurs. Malgré trois Transat AG2R ou Transat Paprec, deux Transat Jacques Vabre et une Transat Québec - Saint-Malo, Alexis Loison n'a encore jamais effectué une telle traversée seul. « À ce jour, mon compteur est toujours à zéro ! À l'époque, je n'avais pas les moyens de participer à des courses comme le Trophée BPE. Alors oui, sur ce coup-là, je suis un vrai bizuth ! » Pas de quoi impressionner celui qui revendique avec humour son « bac +19 » décroché sur le circuit Figaro. À lui désormais de faire fructifier ce bagage sur une machine qu'il connaît depuis peu. « Je compte vraiment sur cette école qu'est la Solitaire du Figaro pour compenser une partie de mon manque de connaissance du bateau. L'intensité, la manière de s'imposer un rythme, ce sont des sensations qui restent les mêmes, quel que soit le support. Ces dernières semaines, j'ai essayé d'être un buvard, de m'entourer de gens qui connaissent très bien les Class40, d'écouter et de prendre des notes. Il me reste encore quelques pages à découvrir ! » Mais le Normand n'a pas l'intention de rester au fond de la classe. Vainqueur de la 40' Malouine – La Trinquette dès sa première sortie en compétition sur Groupe REEL, il ne cache pas ses ambitions. « J'ai envie d'avoir des objectifs élevés. La Route du Rhum, c'est tous les quatre ans, et j'ai envie de la réussir sportivement. Sur une transat en solitaire, les choses sont moins écrites sur le papier, il peut se passer énormément de choses. Alors pourquoi pas moi ? » Reste à trouver le bon dosage entre audace et prudence, sur un parcours qu'il estime devoir avaler en une quinzaine de jours. « Il faudra naviguer proprement, ne pas faire de bêtises parce qu'on aura voulu se précipiter, mais ne pas être non plus trop sur la retenue. Je pense que j'ai une grosse carte à jouer dans la préparation, en optimisant chaque journée jusqu'au coup d’envoi. Après, ce sera à moi de jouer avec les armes que j'aurai. »

Tom Laperche à bord de SVR-Lazartigue. Crédit : Gautier Lebec
Tom Laperche à bord de l'Ultim SVR-Lazartigue. Crédit : Gautier Lebec

L'Atlantique, autrement


Violette Dorange (Initiatives-Cœur) présente un autre cas de figure. À 25 ans, elle a déjà bouclé un Vendée Globe. La navigation en solitaire, elle connaît. Mais cette fois, c'est le parcours qui change la donne. « J'ai accumulé beaucoup d'expérience avec le tour du monde et les trois courses en solitaire que j'ai disputées cette année. Ça me donne confiance. Mais je n'ai encore jamais traversé l'Atlantique de cette manière. Jusqu'ici, j'avais toujours un point de passage aux Canaries, qui permettait de descendre assez vite chercher les alizés. Là, on va rester plus au nord, potentiellement vers les Açores, avec du vent fort pendant une bonne partie de la traversée. Je m'en méfie, même si je connais bien mon bateau et que j'ai énormément appris cette saison. » Il y a aussi tout ce qui entoure la course. Quatre ans plus tôt, la jeune navigatrice arpentait les pontons malouins en quête de contacts et de partenaires pour son projet. Cette fois, elle sera de l'autre côté de la barrière. « A ce moment-là, j'étais dans le village pour chercher des contacts, des financements et des sponsors en vue du Vendée Globe. Je regardais tout ça de l'extérieur et je trouvais déjà l'événement complètement fou. Aujourd'hui, c'est encore plus incroyable d'en faire partie ! » À l'enjeu sportif s'ajoute une responsabilité particulière : contribuer, sous les couleurs d'Initiatives-Cœur, à sauver vingt enfants. « C'est une grande première pour moi. J'ai fait plusieurs courses en solitaire cette année, mais jamais avec cet objectif-là. Et puis chaque navigation reste un départ vers l'inconnu. Je sais qu'il y aura des moments difficiles, d'autres incroyables, peut-être des problèmes techniques. Je ne pourrai vraiment découvrir cette Route du Rhum qu'une fois en mer. »


Seule pour de bon


Élodie Bonafous (Association Petits Princes – Quéguiner) connaît elle aussi les traversées de l'Atlantique, mais jusqu'ici toujours accompagnée. Après plusieurs saisons en Figaro et trois passages d'un continent à l'autre, dont deux en course en double, la Bretonne s'apprête à franchir une nouvelle étape. Une situation qui lui a inspiré un rapprochement amusant avec Tom Laperche. « Quand on m'a fait remarquer que j'étais une rookie, j'ai pensé à lui. Je ne le considère absolument pas comme un débutant et je me suis dit : “Ah oui, lui non plus n'a jamais fait la Route du Rhum !” Finalement, on est nombreux dans ce cas. C'est plutôt rassurant de se dire qu'on a déjà vécu des événements de grande ampleur et qu'on sait les gérer. Mais il reste tout ce qu'on va découvrir de cette course en particulier. » Forte des enseignements de cette première saison en IMOCA, la Finistérienne sait toutefois qu'une traversée de l'Atlantique en solitaire impose ses propres règles. « Il va falloir adapter le rythme, les manœuvres, les choix de voiles et trouver le bon équilibre dans l'engagement. C'est surtout le début qui m'interroge, avec le stress du départ et les conditions potentiellement musclées qu'il faudra gérer seule. Je pense qu'une fois dans ma bulle, avec ma routine, je me sentirai mieux. Cette année m'a permis de découvrir, d'apprendre et de valider beaucoup de choses. J'ai fait ce qu'il fallait pour arriver avec les meilleurs outils possibles. Maintenant, il n'y a plus qu'à ! »

Elodie Bonafous, skipper de l'IMOCA Association Petits Princes - Quéguiner. Crédit : Sébastien Salom-Gomis
Elodie Bonafous, skipper de l'IMOCA Association Petits Princes - Quéguiner. Crédit : Sébastien Salom-Gomis

Bizuths, pas figurants


C'est probablement là tout le sel de cette édition : voir des navigateurs déjà aguerris se présenter à Saint-Malo pour la première fois, avec parfois de sérieuses ambitions de podium, voire de victoire. Aucun ne part de zéro, mais tous auront quelque chose à apprendre. Une atmosphère, un parcours, une manière d'appréhender les derniers jours à terre ou les premières heures en mer… De quoi bousculer quelques certitudes chez ces débutants de luxe. Car les milles accumulés n'immunisent pas contre les premières fois. Et c'est peut-être aussi pour cela qu'on continue à prendre le départ.

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