L’HUMEUR DU RHUM. Depuis la réouverture du village, samedi dernier, un public toujours plus nombreux se presse dans les allées du village. Une illustration de la passion du grand public pour la Route du Rhum - Destination Guadeloupe et un témoignage d'affection pour une discipline qui continue toujours autant de faire rêver.

C’était le 5 novembre 1978. Alors que les trente-huit concurrents de la première Route du Rhum de l’histoire s’apprêtent à quitter Saint-Malo, ils sont des milliers à s’être rendus dans la cité corsaire pour les encourager. D'après les témoins et les médias d'alors, des bouchons de plus de 50 kilomètres se sont formés autour de la ville ! Quarante-huit ans plus tard, les skippers sont désormais 115, les bateaux sont devenus des concentrés de technologie, certains traversent l’Atlantique en moins de 7 jours mais la passion est identique. Dans la foulée d’une édition 2022 record où près de 1,5 million de spectateurs se sont rendus dans le village, cette nouvelle Route du Rhum s’annonce tout aussi populaire. Certes, la tempête Austen est venue mettre son grain de sable en causant quelques sueurs froides aux organisateurs et à toutes les personnes mobilisées. Mais l’anticipation, la solidarité et l’entraide de toutes les parties prenantes ont permis de passer cette épreuve sans encombre.
Désormais la foule est là, massive, joyeuse, bigarrée
Le village a rouvert samedi midi et s’en est fini de voir les allées vides et d’entendre les haubans siffler. Désormais, la foule est là, massive, joyeuse, bigarrée. Elle résiste aux averses comme samedi, se tient chaud comme dimanche soir lors de la présentation. Elle sait aussi patienter quand les allées sont bondées, quand on se presse dans les stands. Elle repart avec des posters, des prospectus, des goodies et des sourires aussi. Sous les imperméables et les K-way, sous les capuches et les parapluies, des familles, des jeunes enfants, des adolescents, des retraités.
On tente de comprendre le jargon d’ici, les tailles des bateaux et leurs noms (Ultim, IMOCA, Class40), de saisir l’ampleur de la tâche pour un seul homme de manœuvrer par tous les temps. On se répète les noms des skippers, des héros d’ici, en s’imaginant leur prouesse. Charles Caudrelier, Armel Le Cléac’h, Thomas Coville, Guirec Soudée, Violette Dorange… Ce ne sont plus seulement des protagonistes des journaux et des réseaux. Ce sont des athlètes, en chair et en os, qui s’apprêtent à réaliser à nouveau un incroyable challenge. Mais dans les cœurs, ils sont un peu plus que ça, érigés en héros modestes de nos temps modernes.


