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À partir du 20 Octobre à Saint-Malo  |  Du 06 Novembre en Guadeloupe

Pink Poppy Flowers

© Jean-Louis Carli / RDR2022


Son nom est déjà inscrit au panthéon de la course au large. Il revient ici pour sa cinquième participation : un marin de légende sur une course tout aussi iconique. Cette année, l’histoire est différente ; Philippe Poupon revient écrire ici un chapitre singulier et intime : il traversera l’Atlantique à bord de Flo, le trimaran de 60 pieds qui avait mené son amie Florence Arthaud à la victoire en 1990 sur cette même Route du Rhum - Destination Guadeloupe.*


Bonjour Philippe, quelle est la genèse de votre projet Flo ? J’ai rencontré Florence en 1976 sur les quais de Newport. J’étais venu récupérer un bateau qui avait fait l’OSTAR. On a fait un bout de trajet ensemble dans une camionnette, elle avait 19 ans…, ça a été le début de l'histoire et d’une longue amitié. Florence faisait partie de notre petite communauté de marins, elle y avait sa place. Ma femme est également devenue au fil des ans un amie intime de Florence. Elles avaient déjà évoqué ensemble cette idée de film retraçant sa carrière avant qu’elle ne disparaisse il y a sept ans … L’envie de faire ce film est revenue, il y a deux ans. Ce biopic ne pouvait se faire sans ce bateau, Pierre 1er, qui a tant marqué son histoire et avec lequel elle avait remporté la Route du Rhum. Nous l’avons cherché, retrouvé aux Philippines et ramené en France. Le bateau est toujours structurellement en très bon état. Nous avons tout de même effectué un chantier chez Michel Desjoyeaux (Mer Agitée) pour refaire l'électronique, l'électricité, changer le moteur et lui redonner ses couleurs mordorées. On a d’abord acheté le bateau pour le film. Le départ de la Route du Rhum un an après tombait à pic : c’était pas prévu dans mon plan de carrière mais ça s’est fait comme ça. Le bateau s’appelle Flo : un hommage, un petit coucou à Florence qui a marqué de son empreinte cette Route du Rhum. Elle est là, je le sais, et elle va encore surement venir me casser les pieds !


Quelles sont vos ambitions sur cette Route du Rhum - Destination Guadeloupe ?Je ne suis pas là pour faire un exploit. J’ai peut-être le bateau le plus performant de la catégorie Rhum mais je vais faire ma route, conformément à ma philosophie maritime. Le but ici est clair : aller en Guadeloupe en veillant à ne pas casser le bateau. J’ai évidemment gardé mon côté compétiteur, mais là, je n’ai pas vraiment d’adversaire. Je vais essayer d’aller le plus vite possible, de faire la route la plus intelligente mais pas forcément la route la plus rapide en prenant des options tendues. Le routage est mixé avec des facteurs sécuritaires. Si je dois rallonger la route pour aller moins vite mais être un peu plus tranquille, je le ferai.


Quel regard portez-vous sur l’évolution de la voile et de la course au large en général ?On a ici un plateau incroyable. L’évolution de notre sport en France a été incroyable ces dernières décennies avec un écosystème aujourd'hui très développé. En 1978, on en était aux balbutiements de la course au large. La Route du Rhum a marqué un tournant, en France, dans l’histoire de notre sport. L’épreuve a contribué à son développement au travers de l’exposition médiatique voulue par Michel Etevenon [le créateur de la course, ndr] ; ça nous a beaucoup aidé à construire nos projets en permettant à des entreprises d‘investir dans la voile avec des retombées. Le résultat est aujourd’hui fabuleux.

J’ai eu le plaisir, tous les jours, d’admirer tous les bateaux, en particulier les Ultims ; On a ici ce qui se fait de plus beau et de plus soigné dans les détails ; l'engineering engendré par ces machines est incroyable et j'ai conscience de ce qu’il faut en termes de talent et d'expérience pour amener ces bateaux au bout. Et oui, j’irai volontiers naviguer sur l’un d’entre eux…


Jusqu’où iront-ils ? Je n’en ai aucune idée ; avec le vol, on a clairement franchi un cap. Je ne sais pas s’il y a une limite au développement de ces bateaux. Actuellement, je ne vois pas bien ce qu’on pourrait apporter de plus mais on sait que l’homme a toujours une imagination puissante et fertile.


*En 1978, Philippe Poupon âgé de 24 ans s’engage sur la première Route du Rhum de l’histoire à bord de Pen Duick III. Il termine 7ème de cette première édition. S’en suivra une carrière remarquable, ponctuée de victoires : Ostar, Route du Rhum (en 1986), Route de la découverte, et trois titres sur la Solitaire du Figaro (en 1982, 1985, et 1995). Philippe Poupon revient cette année pour sa cinquième participation à la Route du Rhum - Destination Guadeloupe.

  • 6 nov. 2022
  • 3 min de lecture

© Jean-Louis Carli / RDR2022


Son nom est déjà inscrit au panthéon de la course au large. Il revient ici pour sa cinquième participation : un marin de légende sur une course tout aussi iconique. Cette année, l’histoire est différente ; Philippe Poupon revient écrire ici un chapitre singulier et intime : il traversera l’Atlantique à bord de Flo, le trimaran de 60 pieds qui avait mené son amie Florence Arthaud à la victoire en 1990 sur cette même Route du Rhum - Destination Guadeloupe.*


Bonjour Philippe, quelle est la genèse de votre projet Flo ? J’ai rencontré Florence en 1976 sur les quais de Newport. J’étais venu récupérer un bateau qui avait fait l’OSTAR. On a fait un bout de trajet ensemble dans une camionnette, elle avait 19 ans…, ça a été le début de l'histoire et d’une longue amitié. Florence faisait partie de notre petite communauté de marins, elle y avait sa place. Ma femme est également devenue au fil des ans un amie intime de Florence. Elles avaient déjà évoqué ensemble cette idée de film retraçant sa carrière avant qu’elle ne disparaisse il y a sept ans … L’envie de faire ce film est revenue, il y a deux ans. Ce biopic ne pouvait se faire sans ce bateau, Pierre 1er, qui a tant marqué son histoire et avec lequel elle avait remporté la Route du Rhum. Nous l’avons cherché, retrouvé aux Philippines et ramené en France. Le bateau est toujours structurellement en très bon état. Nous avons tout de même effectué un chantier chez Michel Desjoyeaux (Mer Agitée) pour refaire l'électronique, l'électricité, changer le moteur et lui redonner ses couleurs mordorées. On a d’abord acheté le bateau pour le film. Le départ de la Route du Rhum un an après tombait à pic : c’était pas prévu dans mon plan de carrière mais ça s’est fait comme ça. Le bateau s’appelle Flo : un hommage, un petit coucou à Florence qui a marqué de son empreinte cette Route du Rhum. Elle est là, je le sais, et elle va encore surement venir me casser les pieds !


Quelles sont vos ambitions sur cette Route du Rhum - Destination Guadeloupe ?Je ne suis pas là pour faire un exploit. J’ai peut-être le bateau le plus performant de la catégorie Rhum mais je vais faire ma route, conformément à ma philosophie maritime. Le but ici est clair : aller en Guadeloupe en veillant à ne pas casser le bateau. J’ai évidemment gardé mon côté compétiteur, mais là, je n’ai pas vraiment d’adversaire. Je vais essayer d’aller le plus vite possible, de faire la route la plus intelligente mais pas forcément la route la plus rapide en prenant des options tendues. Le routage est mixé avec des facteurs sécuritaires. Si je dois rallonger la route pour aller moins vite mais être un peu plus tranquille, je le ferai.


Quel regard portez-vous sur l’évolution de la voile et de la course au large en général ?On a ici un plateau incroyable. L’évolution de notre sport en France a été incroyable ces dernières décennies avec un écosystème aujourd'hui très développé. En 1978, on en était aux balbutiements de la course au large. La Route du Rhum a marqué un tournant, en France, dans l’histoire de notre sport. L’épreuve a contribué à son développement au travers de l’exposition médiatique voulue par Michel Etevenon [le créateur de la course, ndr] ; ça nous a beaucoup aidé à construire nos projets en permettant à des entreprises d‘investir dans la voile avec des retombées. Le résultat est aujourd’hui fabuleux.

J’ai eu le plaisir, tous les jours, d’admirer tous les bateaux, en particulier les Ultims ; On a ici ce qui se fait de plus beau et de plus soigné dans les détails ; l'engineering engendré par ces machines est incroyable et j'ai conscience de ce qu’il faut en termes de talent et d'expérience pour amener ces bateaux au bout. Et oui, j’irai volontiers naviguer sur l’un d’entre eux…


Jusqu’où iront-ils ? Je n’en ai aucune idée ; avec le vol, on a clairement franchi un cap. Je ne sais pas s’il y a une limite au développement de ces bateaux. Actuellement, je ne vois pas bien ce qu’on pourrait apporter de plus mais on sait que l’homme a toujours une imagination puissante et fertile.


*En 1978, Philippe Poupon âgé de 24 ans s’engage sur la première Route du Rhum de l’histoire à bord de Pen Duick III. Il termine 7ème de cette première édition. S’en suivra une carrière remarquable, ponctuée de victoires : Ostar, Route du Rhum (en 1986), Route de la découverte, et trois titres sur la Solitaire du Figaro (en 1982, 1985, et 1995). Philippe Poupon revient cette année pour sa cinquième participation à la Route du Rhum - Destination Guadeloupe.

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