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LA GRANDE INTERVIEW. Elle apporte un vent de fraîcheur à la course au large. Après avoir brillé en voile olympique et disputé deux tours du monde en équipage, l’Italo-Américaine de 37 ans s’affirme comme une actrice incontournable en IMOCA. Habituée aux places d’honneur depuis qu’elle navigue à bord d’11th Hour Racing, elle compte bien poursuivre sa belle série à la Route du Rhum – Destination Guadeloupe. 


Francesca Clapcich @ PolaRYSE - 11th Hour Racing
Francesca Clapcich @ PolaRYSE - 11th Hour Racing

Si le grand public français apprend à la connaître, Francesca Clapcich est déjà bien connue sur les pontons. Sa légitimité sportive n’est plus à prouver : double participante aux Jeux olympiques, elle a déjà bouclé deux tours du monde en équipage et a remporté The Ocean Race avec 11th Hour Racing en 2022-2023. En 2024, elle a également représenté les États-Unis lors de la Women’s America’s Cup.  Désormais, « Frankie » est la skippeuse n°1 de 11th Hour Racing. À la barre de l’ex-Malizia (plan VPLP mis à l’eau en 2022), elle enchaîne les résultats probants. Deuxième de la Transat Café L’Or avec Will Harris l’an dernier, Francesca s’est fait remarquer cette saison à la Vendée Arctique en solitaire (5e) puis à The Ocean Race en équipage (2e).


La navigatrice a donc les compétences, le bateau et l’expérience pour viser un top 5 à l’issue de sa première Route du Rhum - Destination Guadeloupe. Maman d'une petite fille, partagée entre son domicile dans l’Utah (États-Unis) et la Bretagne où elle s’entraîne, Francesca associe sa carrière professionnelle à ses engagements. À travers son message fort (« Believe, Belong, Achieve », « Croire, appartenir, réussir »), elle se veut à la pointe sur les enjeux environnementaux, ainsi qu’en matière d’inclusion et de mixité. Une femme engagée et déterminée avec laquelle les Français vont forcément s’attacher.   

 

Vous êtes actuellement en tête du classement de l’IMOCA Globe Series. Est-ce important pour vous ? 

Bien sûr, c’est une belle façon d’aborder la Route du Rhum, mais ce n’était absolument pas un objectif dans ma saison. Je n’aurais jamais imaginé me retrouver dans cette position. C’est surtout le reflet de l’incroyable travail accompli par mon équipe qui s’est investie sans compter cette année.Nous avons enchaîné les courses et le bateau s’est montré fiable : nous avons terminé toutes les courses auxquelles nous avons participé jusqu’à présent.


Que représente la Route du Rhum – Destination Guadeloupe pour vous ?

Je veux faire de cette course l’objectif principal de ma saison. Le but, c’est de mettre en pratique tout ce que j’ai appris jusqu’à présent, d’essayer de réaliser une très bonne performance et de voir ensuite comment les choses évoluent. Je ne ressens pas énormément de pression. Je sais que le bateau est très fiable et qu’il peut être particulièrement performant dans certaines conditions. Après, ça reste ma première Route du Rhum et je n’ai pas l’expérience d’autres skippers. Mais je sais que je peux bien faire.

« Le domaine dans lequel j’ai le plus progressé, c’est la connaissance du bateau »

En matière de préparation, êtes-vous là où vous souhaitiez être ?

J’aurais aimé m’entraîner un peu plus que je ne l’ai fait. Il est difficile de tout concilier dans la vie. C’est encore plus compliqué quand on a un enfant et que l’on veut passer du temps avec lui, sans manquer les étapes de sa croissance. Il faut faire des choix. Même si nous avons beaucoup couru cette année, nous nous sommes peu entraînés. Après, je me sens plutôt bien préparée mentalement. Je suis prête à prendre le départ et à faire de mon mieux.


En tant que navigatrice, quels ont été vos principaux progrès cette saison ?

Le domaine dans lequel j’ai le plus progressé, c’est la connaissance du bateau. Je sais comment il réagit, quels réglages utiliser et même les voiles dont j’ai besoin à chaque instant. Je ne suis certainement pas la meilleure en matière de stratégie mais je suis convaincue de pouvoir exploiter le bateau à 100 % et ça me donne énormément de confiance. J’ai réalisé un entraînement en solitaire il y a quelques semaines aux États-Unis. Il y avait d’autres bateaux autour de moi avec des équipages au complet et ils ne parvenaient pas à creuser l’écart sur moi.


 @ PolaRYSE - 11th Hour Racing
@ PolaRYSE - 11th Hour Racing
« Maintenant dans la flotte, tout le monde est à fond »

Votre bateau est solide et fiable et peut supporter les conditions difficiles. Justement, vous espérez des conditions plus musclées pour faire la différence ? 

Je prendrai les conditions comme elles viendront. Mais des conditions plus fortes et plus difficiles peuvent être à double tranchant. Elles peuvent être favorables à mon bateau, certes, mais le risque de casser quelque chose augmente forcément. Je ne vais pas me mettre dans des conditions difficiles sous prétexte que mon bateau les supporte mieux. Avant de gagner des courses, il faut les terminer !

Avez-vous le sentiment d’avoir réduit l’écart avec les favoris ?

C’est difficile à savoir, car tout repose sur une combinaison de nombreux facteurs. Leurs bateaux sont toujours parfaitement préparés. Sam Goodchild (Macif Santé Prévoyance) est un skipper exceptionnel et je crois qu’il est difficile d’atteindre un tel niveau. On sent que la manière de naviguer au sein de la flotte a évolué. Maintenant, tout le monde est à fond. Et c’est impitoyable : si tu n’arrives pas à suivre le rythme, tu te retrouves rapidement à l’arrière.

Vous êtes très investie en dehors des courses, notamment en organisant des rencontres avec des jeunes, des formations d’instructeurs, des ateliers... Toutes ces initiatives vous aident-elles à tenir dans les moments durs en mer ? Oui, bien sûr. C’est très facile de renoncer quand on se bat tout seul. Dès qu’on sort de sa zone de confort, dès que ça commence à être plus difficile, on est tenté de baisser les bras. Mais on prend conscience de sa responsabilité quand on voit tous ceux qui s’investissent autour de notre projet. Pour eux, on ne peut pas abandonner, on doit aller au bout. C’est une source de motivation immense. Et c’est très fort de sentir que l’on est aussi porteur de toute cette énergie. 

  

 

 

il y a 17 heures
4 min de lecture

LA GRANDE INTERVIEW. Elle apporte un vent de fraîcheur à la course au large. Après avoir brillé en voile olympique et disputé deux tours du monde en équipage, l’Italo-Américaine de 37 ans s’affirme comme une actrice incontournable en IMOCA. Habituée aux places d’honneur depuis qu’elle navigue à bord d’11th Hour Racing, elle compte bien poursuivre sa belle série à la Route du Rhum – Destination Guadeloupe. 


Francesca Clapcich @ PolaRYSE - 11th Hour Racing
Francesca Clapcich @ PolaRYSE - 11th Hour Racing

Si le grand public français apprend à la connaître, Francesca Clapcich est déjà bien connue sur les pontons. Sa légitimité sportive n’est plus à prouver : double participante aux Jeux olympiques, elle a déjà bouclé deux tours du monde en équipage et a remporté The Ocean Race avec 11th Hour Racing en 2022-2023. En 2024, elle a également représenté les États-Unis lors de la Women’s America’s Cup.  Désormais, « Frankie » est la skippeuse n°1 de 11th Hour Racing. À la barre de l’ex-Malizia (plan VPLP mis à l’eau en 2022), elle enchaîne les résultats probants. Deuxième de la Transat Café L’Or avec Will Harris l’an dernier, Francesca s’est fait remarquer cette saison à la Vendée Arctique en solitaire (5e) puis à The Ocean Race en équipage (2e).


La navigatrice a donc les compétences, le bateau et l’expérience pour viser un top 5 à l’issue de sa première Route du Rhum - Destination Guadeloupe. Maman d'une petite fille, partagée entre son domicile dans l’Utah (États-Unis) et la Bretagne où elle s’entraîne, Francesca associe sa carrière professionnelle à ses engagements. À travers son message fort (« Believe, Belong, Achieve », « Croire, appartenir, réussir »), elle se veut à la pointe sur les enjeux environnementaux, ainsi qu’en matière d’inclusion et de mixité. Une femme engagée et déterminée avec laquelle les Français vont forcément s’attacher.   

 

Vous êtes actuellement en tête du classement de l’IMOCA Globe Series. Est-ce important pour vous ? 

Bien sûr, c’est une belle façon d’aborder la Route du Rhum, mais ce n’était absolument pas un objectif dans ma saison. Je n’aurais jamais imaginé me retrouver dans cette position. C’est surtout le reflet de l’incroyable travail accompli par mon équipe qui s’est investie sans compter cette année.Nous avons enchaîné les courses et le bateau s’est montré fiable : nous avons terminé toutes les courses auxquelles nous avons participé jusqu’à présent.


Que représente la Route du Rhum – Destination Guadeloupe pour vous ?

Je veux faire de cette course l’objectif principal de ma saison. Le but, c’est de mettre en pratique tout ce que j’ai appris jusqu’à présent, d’essayer de réaliser une très bonne performance et de voir ensuite comment les choses évoluent. Je ne ressens pas énormément de pression. Je sais que le bateau est très fiable et qu’il peut être particulièrement performant dans certaines conditions. Après, ça reste ma première Route du Rhum et je n’ai pas l’expérience d’autres skippers. Mais je sais que je peux bien faire.

« Le domaine dans lequel j’ai le plus progressé, c’est la connaissance du bateau »

En matière de préparation, êtes-vous là où vous souhaitiez être ?

J’aurais aimé m’entraîner un peu plus que je ne l’ai fait. Il est difficile de tout concilier dans la vie. C’est encore plus compliqué quand on a un enfant et que l’on veut passer du temps avec lui, sans manquer les étapes de sa croissance. Il faut faire des choix. Même si nous avons beaucoup couru cette année, nous nous sommes peu entraînés. Après, je me sens plutôt bien préparée mentalement. Je suis prête à prendre le départ et à faire de mon mieux.


En tant que navigatrice, quels ont été vos principaux progrès cette saison ?

Le domaine dans lequel j’ai le plus progressé, c’est la connaissance du bateau. Je sais comment il réagit, quels réglages utiliser et même les voiles dont j’ai besoin à chaque instant. Je ne suis certainement pas la meilleure en matière de stratégie mais je suis convaincue de pouvoir exploiter le bateau à 100 % et ça me donne énormément de confiance. J’ai réalisé un entraînement en solitaire il y a quelques semaines aux États-Unis. Il y avait d’autres bateaux autour de moi avec des équipages au complet et ils ne parvenaient pas à creuser l’écart sur moi.


 @ PolaRYSE - 11th Hour Racing
@ PolaRYSE - 11th Hour Racing
« Maintenant dans la flotte, tout le monde est à fond »

Votre bateau est solide et fiable et peut supporter les conditions difficiles. Justement, vous espérez des conditions plus musclées pour faire la différence ? 

Je prendrai les conditions comme elles viendront. Mais des conditions plus fortes et plus difficiles peuvent être à double tranchant. Elles peuvent être favorables à mon bateau, certes, mais le risque de casser quelque chose augmente forcément. Je ne vais pas me mettre dans des conditions difficiles sous prétexte que mon bateau les supporte mieux. Avant de gagner des courses, il faut les terminer !

Avez-vous le sentiment d’avoir réduit l’écart avec les favoris ?

C’est difficile à savoir, car tout repose sur une combinaison de nombreux facteurs. Leurs bateaux sont toujours parfaitement préparés. Sam Goodchild (Macif Santé Prévoyance) est un skipper exceptionnel et je crois qu’il est difficile d’atteindre un tel niveau. On sent que la manière de naviguer au sein de la flotte a évolué. Maintenant, tout le monde est à fond. Et c’est impitoyable : si tu n’arrives pas à suivre le rythme, tu te retrouves rapidement à l’arrière.

Vous êtes très investie en dehors des courses, notamment en organisant des rencontres avec des jeunes, des formations d’instructeurs, des ateliers... Toutes ces initiatives vous aident-elles à tenir dans les moments durs en mer ? Oui, bien sûr. C’est très facile de renoncer quand on se bat tout seul. Dès qu’on sort de sa zone de confort, dès que ça commence à être plus difficile, on est tenté de baisser les bras. Mais on prend conscience de sa responsabilité quand on voit tous ceux qui s’investissent autour de notre projet. Pour eux, on ne peut pas abandonner, on doit aller au bout. C’est une source de motivation immense. Et c’est très fort de sentir que l’on est aussi porteur de toute cette énergie. 

  

 

 

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