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©Patrick Deroualle
©Patrick Deroualle

L’appel du large et la naissance d’une vocation

"Je suis passionnée par la mer pour l’espace de liberté, de mystère et de challenges qu’elle représente. C’est un milieu sur lequel je vis pleinement. Quand je suis sur l’eau, je suis totalement déconnectée du reste, que ce soit en compétition, en croisière ou pour toute autre activité nautique. Je trouve l’élément marin hypnotique, magnifique et envoûtant, et c’est une sacrée chance de pouvoir y travailler aussi souvent.


La compétition, quant à elle, est arrivée tôt. D'abord en natation, puis en voile après avoir découvert cette activité à l'école, à Granville. Depuis mes premiers bords, et pendant toute mon adolescence, la voile est devenue de plus en plus chronophage. D'abord les mercredis après-midi, puis les week-ends en compétition, avant d'engloutir totalement les vacances scolaires. Pour pouvoir en faire toujours plus, j’ai naturellement orienté la fin de mes études (STAPS) vers l’enseignement de la voile. C'était une belle manière de combiner sport de haut niveau et pratique professionnelle, en l’occurrence à la Société des Régates du Havre. Cela m’a permis de me tester sur différentes disciplines : course en flotte, course au large, match racing. Ma force, c’est ma polyvalence. Ces disciplines permettent de renforcer des compétences très différentes, toutes utiles à chaque nouvelle ligne de départ.


Cela fait maintenant six ans que je me consacre à 100 % à la course au large professionnelle, et c’est un défi de chaque instant. D'abord prestataire pour les projets des autres, ce qui m'a amenée à courir mes premières transats en 2023, j'ai depuis relancé un projet qui me ressemble et qui porte mes valeurs. Pourvu que cela dure !"


Impatience et appréhension avant le grand départ

Jean-Marie Liot
Jean-Marie Liot

À l'approche de la course, je me sens avant tout pressée. Pressée de vivre et de partager l'ambiance du village avec nos deux associations, les entreprises partenaires du projet et nos supporters. Je reste focalisée sur toutes les tâches à accomplir avant de pouvoir enfin larguer les amarres et me consacrer à 200 % à la compétition, sans plus me soucier du reste.


J'ai du mal à anticiper la manière dont je vais vivre cette traversée, puisque c’est une première pour moi en solitaire. Il y a logiquement de l’appréhension face à ce que je ne maîtrise pas et qui pourrait remettre en question cette belle aventure. Mais j’ai profondément à cœur d’en profiter, de prendre du plaisir, de défendre ma place et, surtout, de ne pas décevoir toutes les personnes qui sont derrière le projet.


Une préparation physique adaptée et un mental aligné

©Jean-Marie Liot
©Jean-Marie Liot

Concrètement, mon entraînement physique s'est beaucoup adapté à mes déplacements. Très complet et intense sur les trois premiers mois de l’année, il m'a permis d'atteindre une forme olympique. Puis nous sommes entrés dans la phase de navigation et de courses, ce qui impose un rythme tout à fait différent. Entre chaque compétition, je me suis déplacée avec le bateau pour aller à la rencontre des associations et de nos partenaires. J'ai donc passé plus de temps sur l'eau et moins de temps à la salle de sport ou dans les bassins. À un mois du départ, j’essaie de me stabiliser un peu plus et je fais appel aux services d’un coach particulier afin de reprendre un rythme régulier et de partir en pleine possession de mes moyens.


Concernant la préparation mentale, je sais que c’est un pan essentiel. Je n'ai certes pas les moyens de tout mettre en place à la perfection, mais je me sens plutôt alignée avec mon projet. Les échanges avec les partenaires m’aident à prendre du recul et à faire les bons choix. Si je sens que je commence à me laisser submerger, je n’hésiterai pas à faire appel à une technicienne avec qui j’ai déjà travaillé en 2025. Je resterai très vigilante sur ce point jusqu’au jour J.


Objectif Route du Rhum : performer à bord de Grand Rhino

©Jean-Marie Liot
©Jean-Marie Liot

Pour cette première Route du Rhum - Destination Guadeloupe, mes objectifs sont simples : m’éclater et performer, tout en profitant du village avec mes associations et mes partenaires. Je veux partager toutes les émotions du départ de cette course mythique avec mes supporters.


Sportivement, c'est difficile pour moi de me situer dans la flotte, car c’est la première fois que les 49 concurrents seront réunis. C’est aussi la première fois que je ferai cette traversée sur ce bateau et en solitaire. Cependant, je me sens bien à bord de Grand Rhino, je le crois encore très compétitif et j’ai une confiance absolue en notre capacité à aller au bout. J’ai réalisé une très belle Drheam Cup dernièrement, et je ferai tout pour réitérer l’exploit.


Un immense merci au collectif


Si j'ai un dernier message à faire passer, c'est celui de la gratitude. Un immense merci pour toute la confiance qui m’a été accordée, d’abord par Ellye et L’Arche en France, puis par mes partenaires qui, pour beaucoup, ne connaissaient rien à la voile de compétition. Ils se sont laissé séduire petit à petit au fil des trois dernières saisons.


Je veux leur promettre que je mettrai toute mon énergie dans cette course ; de toute façon, je ne sais pas vraiment faire autrement qu'à fond ! Je les invite à continuer de faire rayonner ce beau projet à mes côtés afin de faire grandir encore notre collectif, car bien d’autres défis nous attendent après.

il y a 5 jours
4 min de lecture

Passionnée, engagée et toujours à 100 %, Sophie Faguet s’apprête à relever un nouveau défi : sa première Route du Rhum - Destination Guadeloupe en solitaire. À bord de Grand Rhino, la navigatrice havraise s’attaque à l’une des épreuves les plus mythiques de la course au large, avec l’envie de performer mais surtout de vivre pleinement cette aventure collective qui l’accompagne depuis plusieurs saisons. Entre préparation, appréhension, ambitions sportives et gratitude envers celles et ceux qui la soutiennent, Sophie Faguet se livre sur son parcours


©Patrick Deroualle
©Patrick Deroualle

L’appel du large et la naissance d’une vocation

"Je suis passionnée par la mer pour l’espace de liberté, de mystère et de challenges qu’elle représente. C’est un milieu sur lequel je vis pleinement. Quand je suis sur l’eau, je suis totalement déconnectée du reste, que ce soit en compétition, en croisière ou pour toute autre activité nautique. Je trouve l’élément marin hypnotique, magnifique et envoûtant, et c’est une sacrée chance de pouvoir y travailler aussi souvent.


La compétition, quant à elle, est arrivée tôt. D'abord en natation, puis en voile après avoir découvert cette activité à l'école, à Granville. Depuis mes premiers bords, et pendant toute mon adolescence, la voile est devenue de plus en plus chronophage. D'abord les mercredis après-midi, puis les week-ends en compétition, avant d'engloutir totalement les vacances scolaires. Pour pouvoir en faire toujours plus, j’ai naturellement orienté la fin de mes études (STAPS) vers l’enseignement de la voile. C'était une belle manière de combiner sport de haut niveau et pratique professionnelle, en l’occurrence à la Société des Régates du Havre. Cela m’a permis de me tester sur différentes disciplines : course en flotte, course au large, match racing. Ma force, c’est ma polyvalence. Ces disciplines permettent de renforcer des compétences très différentes, toutes utiles à chaque nouvelle ligne de départ.


Cela fait maintenant six ans que je me consacre à 100 % à la course au large professionnelle, et c’est un défi de chaque instant. D'abord prestataire pour les projets des autres, ce qui m'a amenée à courir mes premières transats en 2023, j'ai depuis relancé un projet qui me ressemble et qui porte mes valeurs. Pourvu que cela dure !"


Impatience et appréhension avant le grand départ

Jean-Marie Liot
Jean-Marie Liot

À l'approche de la course, je me sens avant tout pressée. Pressée de vivre et de partager l'ambiance du village avec nos deux associations, les entreprises partenaires du projet et nos supporters. Je reste focalisée sur toutes les tâches à accomplir avant de pouvoir enfin larguer les amarres et me consacrer à 200 % à la compétition, sans plus me soucier du reste.


J'ai du mal à anticiper la manière dont je vais vivre cette traversée, puisque c’est une première pour moi en solitaire. Il y a logiquement de l’appréhension face à ce que je ne maîtrise pas et qui pourrait remettre en question cette belle aventure. Mais j’ai profondément à cœur d’en profiter, de prendre du plaisir, de défendre ma place et, surtout, de ne pas décevoir toutes les personnes qui sont derrière le projet.


Une préparation physique adaptée et un mental aligné

©Jean-Marie Liot
©Jean-Marie Liot

Concrètement, mon entraînement physique s'est beaucoup adapté à mes déplacements. Très complet et intense sur les trois premiers mois de l’année, il m'a permis d'atteindre une forme olympique. Puis nous sommes entrés dans la phase de navigation et de courses, ce qui impose un rythme tout à fait différent. Entre chaque compétition, je me suis déplacée avec le bateau pour aller à la rencontre des associations et de nos partenaires. J'ai donc passé plus de temps sur l'eau et moins de temps à la salle de sport ou dans les bassins. À un mois du départ, j’essaie de me stabiliser un peu plus et je fais appel aux services d’un coach particulier afin de reprendre un rythme régulier et de partir en pleine possession de mes moyens.


Concernant la préparation mentale, je sais que c’est un pan essentiel. Je n'ai certes pas les moyens de tout mettre en place à la perfection, mais je me sens plutôt alignée avec mon projet. Les échanges avec les partenaires m’aident à prendre du recul et à faire les bons choix. Si je sens que je commence à me laisser submerger, je n’hésiterai pas à faire appel à une technicienne avec qui j’ai déjà travaillé en 2025. Je resterai très vigilante sur ce point jusqu’au jour J.


Objectif Route du Rhum : performer à bord de Grand Rhino

©Jean-Marie Liot
©Jean-Marie Liot

Pour cette première Route du Rhum - Destination Guadeloupe, mes objectifs sont simples : m’éclater et performer, tout en profitant du village avec mes associations et mes partenaires. Je veux partager toutes les émotions du départ de cette course mythique avec mes supporters.


Sportivement, c'est difficile pour moi de me situer dans la flotte, car c’est la première fois que les 49 concurrents seront réunis. C’est aussi la première fois que je ferai cette traversée sur ce bateau et en solitaire. Cependant, je me sens bien à bord de Grand Rhino, je le crois encore très compétitif et j’ai une confiance absolue en notre capacité à aller au bout. J’ai réalisé une très belle Drheam Cup dernièrement, et je ferai tout pour réitérer l’exploit.


Un immense merci au collectif


Si j'ai un dernier message à faire passer, c'est celui de la gratitude. Un immense merci pour toute la confiance qui m’a été accordée, d’abord par Ellye et L’Arche en France, puis par mes partenaires qui, pour beaucoup, ne connaissaient rien à la voile de compétition. Ils se sont laissé séduire petit à petit au fil des trois dernières saisons.


Je veux leur promettre que je mettrai toute mon énergie dans cette course ; de toute façon, je ne sais pas vraiment faire autrement qu'à fond ! Je les invite à continuer de faire rayonner ce beau projet à mes côtés afin de faire grandir encore notre collectif, car bien d’autres défis nous attendent après.

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