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LE MAG DU RHUM. La tempête a contraint le village à fermer ses portes hier. On aurait pu croire la fête gâchée, mais c’est mal connaître les Malouins, les skippers et un public imperméables aux caprices de la météo. Tous étaient au rendez-vous pour la réouverture du village ce samedi. Animations, rencontres et musique antillaise : une recette aussi beurrée qu’un kouign-amann, portée par l’alchimie singulière que cet événement a toujours su générer entre terre et mer. 


Réouverture du village à la brasserie Hector (© Vincent Curutchet / FACTSTORY)
Réouverture du village à la brasserie Hector (© Vincent Curutchet / FACTSTORY)

Depuis près de 50 ans, la Route du Rhum fascine. Une compétition hors norme sur l’Atlantique dont les navigateurs rêvent depuis l’enfance. Le jour du départ, les nœuds ne sont pas seulement sur les écoutes mais aussi dans l’estomac des skippers… et du public ! Car pendant les deux semaines qui précèdent, chacun vient échanger, admirer, prendre un millier de photos de ces bateaux aussi beaux qu’impressionnants et surtout, choisir son favori.


Des rituels qui font le sel de la course

Devant les portes sur le point de s’ouvrir en début d’après-midi, on se presse sous la pluie.  Pour l’occasion, Daniel a ressorti le bonnet et le blouson achetés en souvenir sur une édition précédente : “1994, la victoire de Laurent Bourgnon, j’avais choisi la bonne année ! ” Laurent Bourgnon, un nom qui revient sur toutes les lèvres devant l’Ocean Fifty de son fils Basile, lequel attire naturellement les curieux. “Son père était doué, mais lui a du talent aussi”.  Comme Bourgnon père, Mike Birch, Loïck Peyron ou encore Florence Arthaud ont inscrit leur nom au palmarès de la Route du Rhum et dans l’histoire de la course au large. Certains se souviennent même les avoir aperçus dans les travées du village. “C’est ça qui est magique ici, c’est de pouvoir croiser les skippers qui passent juste à côté de nous ou sont en train de boire une bière, à la table voisine, le soir à la brasserie.” Hubert se souvient avoir trinqué avec l’un de ces champions. “On n’ose pas toujours les approcher car ce sont de sacrés bonshommes quand même”.


“Pour une course exceptionnelle, il faut un village exceptionnel”, explique le sourire aux lèvres Joseph Bizard, directeur général d’OC Sport. “C’est la promesse de découvrir ces bateaux, ces marins et l’histoire extraordinaire de cette course qui est unique au monde”.

Si sur les stands, les familles et surtout les enfants sont ravis de ramener dans leurs petites poches quelques autocollants ou cadeaux, c’est surtout le long des pontons qu’on s’arrête. “De loin, depuis la cité corsaire, on aperçoit les mâts dépasser des remparts, mais je ne pensais pas qu’on pouvait approcher les bateaux d’aussi près”, confie Annick en contemplant le nouvel ouvrage d’art de la classe ULTIM, le Gitana 18. Sur le ponton des maxi-trimarans, l'émerveillement reste intact. “Il n’y a qu’un seul homme dessus ? C’est un peu juste pour lui, non ?” plaisante Marie tout en scrutant SVR Lazartigue pour apercevoir Tom Laperche. 


L'ULTIM Maxi Edmond de Rothschild de Charles Caudrelier (© Jean-Louis CARLI / FACTSTORY)
L'ULTIM Maxi Edmond de Rothschild de Charles Caudrelier (© Jean-Louis CARLI / FACTSTORY)

Une ferveur partagée 

Justement, sur le maxi-trimaran bleu, le skipper de 29 ans se remémore lorsqu’il venait sur ces mêmes pontons encourager son père lors du départ de l’édition de 2010. “Tout petit, je voulais le faire en Optimist. Il a fallu que Laurent Bourgnon, un ami de la famille, me dise que ce n’était pas possible” s’amuse Tom Laperche. “Mais c’est vraiment la Route du Rhum qui m’a donné envie de faire de la course au large”.

Du rêve nourri en secret derrière les barrières jusqu’à la première marche du podium, il n’y a parfois que quelques vagues que Charles Caudrelier a su dompter. “J’ai une image en tête qui me revient toujours avec la même précision, raconte le skipper de Gitana 18, le passage du Cap Fréhel par Laurent Bourgnon, la coque centrale qui décolle, le flotteur en l’air… C’est grâce à la Route du Rhum que j’ai eu le déclic, l’envie forte de pratiquer ce sport”. 


À l’inverse, Violette Dorange découvre l’épreuve pour sa première participation. “C’est un nouveau parcours, de nouveaux concurrents”, explique la jeune navigatrice d’Initiatives Cœur, coqueluche du public. “Je n’ai jamais pris un départ avec autant de bateaux sur la ligne ! Je vais aussi découvrir la ville de Saint-Malo, que je connais peu.” Autre bizuth, sur multicoque cette fois, Erwan Le Draoulec a trouvé sa vocation en se baladant le long des Orma, ces trimarans de 18 mètres qui font leur grand retour dans la catégorie Vintage Multi cette année. “Ce sont ces bateaux qui m'ont fait rêver, ceux-là mêmes que je construisais en bois avec mon grand-père dans son atelier.”


La flotte des Class40 dans le bassin Vauban (© Vincent OLIVAUD / FACTSTORY)
La flotte des Class40 dans le bassin Vauban (© Vincent OLIVAUD / FACTSTORY)

Car ces catégories Vintage Mono et Vintage Multi font toute la singularité de la Route du Rhum. Des embarcations et des marins aux histoires aussi nombreuses que les crus de rhum en Guadeloupe. 


Ce rhum, c’est souvent la dernière boisson que l’on déguste par tradition au bar de l’Univers, la veille du départ. On y croise alors quelques figures connues, on se rappelle y avoir vu Titouan Lamazou, Philippe Monnet, qui, comme une tradition immuable, se donnent un dernier rendez-vous terrestre avant de se retrouver de l’autre côté de l'Atlantique. Reste à savoir qui accueillera l’autre en premier sur le ponton d’arrivée.




Présentation de la course en image



il y a 17 heures
4 min de lecture

LE MAG DU RHUM. La tempête a contraint le village à fermer ses portes hier. On aurait pu croire la fête gâchée, mais c’est mal connaître les Malouins, les skippers et un public imperméables aux caprices de la météo. Tous étaient au rendez-vous pour la réouverture du village ce samedi. Animations, rencontres et musique antillaise : une recette aussi beurrée qu’un kouign-amann, portée par l’alchimie singulière que cet événement a toujours su générer entre terre et mer. 


Réouverture du village à la brasserie Hector (© Vincent Curutchet / FACTSTORY)
Réouverture du village à la brasserie Hector (© Vincent Curutchet / FACTSTORY)

Depuis près de 50 ans, la Route du Rhum fascine. Une compétition hors norme sur l’Atlantique dont les navigateurs rêvent depuis l’enfance. Le jour du départ, les nœuds ne sont pas seulement sur les écoutes mais aussi dans l’estomac des skippers… et du public ! Car pendant les deux semaines qui précèdent, chacun vient échanger, admirer, prendre un millier de photos de ces bateaux aussi beaux qu’impressionnants et surtout, choisir son favori.


Des rituels qui font le sel de la course

Devant les portes sur le point de s’ouvrir en début d’après-midi, on se presse sous la pluie.  Pour l’occasion, Daniel a ressorti le bonnet et le blouson achetés en souvenir sur une édition précédente : “1994, la victoire de Laurent Bourgnon, j’avais choisi la bonne année ! ” Laurent Bourgnon, un nom qui revient sur toutes les lèvres devant l’Ocean Fifty de son fils Basile, lequel attire naturellement les curieux. “Son père était doué, mais lui a du talent aussi”.  Comme Bourgnon père, Mike Birch, Loïck Peyron ou encore Florence Arthaud ont inscrit leur nom au palmarès de la Route du Rhum et dans l’histoire de la course au large. Certains se souviennent même les avoir aperçus dans les travées du village. “C’est ça qui est magique ici, c’est de pouvoir croiser les skippers qui passent juste à côté de nous ou sont en train de boire une bière, à la table voisine, le soir à la brasserie.” Hubert se souvient avoir trinqué avec l’un de ces champions. “On n’ose pas toujours les approcher car ce sont de sacrés bonshommes quand même”.


“Pour une course exceptionnelle, il faut un village exceptionnel”, explique le sourire aux lèvres Joseph Bizard, directeur général d’OC Sport. “C’est la promesse de découvrir ces bateaux, ces marins et l’histoire extraordinaire de cette course qui est unique au monde”.

Si sur les stands, les familles et surtout les enfants sont ravis de ramener dans leurs petites poches quelques autocollants ou cadeaux, c’est surtout le long des pontons qu’on s’arrête. “De loin, depuis la cité corsaire, on aperçoit les mâts dépasser des remparts, mais je ne pensais pas qu’on pouvait approcher les bateaux d’aussi près”, confie Annick en contemplant le nouvel ouvrage d’art de la classe ULTIM, le Gitana 18. Sur le ponton des maxi-trimarans, l'émerveillement reste intact. “Il n’y a qu’un seul homme dessus ? C’est un peu juste pour lui, non ?” plaisante Marie tout en scrutant SVR Lazartigue pour apercevoir Tom Laperche. 


L'ULTIM Maxi Edmond de Rothschild de Charles Caudrelier (© Jean-Louis CARLI / FACTSTORY)
L'ULTIM Maxi Edmond de Rothschild de Charles Caudrelier (© Jean-Louis CARLI / FACTSTORY)

Une ferveur partagée 

Justement, sur le maxi-trimaran bleu, le skipper de 29 ans se remémore lorsqu’il venait sur ces mêmes pontons encourager son père lors du départ de l’édition de 2010. “Tout petit, je voulais le faire en Optimist. Il a fallu que Laurent Bourgnon, un ami de la famille, me dise que ce n’était pas possible” s’amuse Tom Laperche. “Mais c’est vraiment la Route du Rhum qui m’a donné envie de faire de la course au large”.

Du rêve nourri en secret derrière les barrières jusqu’à la première marche du podium, il n’y a parfois que quelques vagues que Charles Caudrelier a su dompter. “J’ai une image en tête qui me revient toujours avec la même précision, raconte le skipper de Gitana 18, le passage du Cap Fréhel par Laurent Bourgnon, la coque centrale qui décolle, le flotteur en l’air… C’est grâce à la Route du Rhum que j’ai eu le déclic, l’envie forte de pratiquer ce sport”. 


À l’inverse, Violette Dorange découvre l’épreuve pour sa première participation. “C’est un nouveau parcours, de nouveaux concurrents”, explique la jeune navigatrice d’Initiatives Cœur, coqueluche du public. “Je n’ai jamais pris un départ avec autant de bateaux sur la ligne ! Je vais aussi découvrir la ville de Saint-Malo, que je connais peu.” Autre bizuth, sur multicoque cette fois, Erwan Le Draoulec a trouvé sa vocation en se baladant le long des Orma, ces trimarans de 18 mètres qui font leur grand retour dans la catégorie Vintage Multi cette année. “Ce sont ces bateaux qui m'ont fait rêver, ceux-là mêmes que je construisais en bois avec mon grand-père dans son atelier.”


La flotte des Class40 dans le bassin Vauban (© Vincent OLIVAUD / FACTSTORY)
La flotte des Class40 dans le bassin Vauban (© Vincent OLIVAUD / FACTSTORY)

Car ces catégories Vintage Mono et Vintage Multi font toute la singularité de la Route du Rhum. Des embarcations et des marins aux histoires aussi nombreuses que les crus de rhum en Guadeloupe. 


Ce rhum, c’est souvent la dernière boisson que l’on déguste par tradition au bar de l’Univers, la veille du départ. On y croise alors quelques figures connues, on se rappelle y avoir vu Titouan Lamazou, Philippe Monnet, qui, comme une tradition immuable, se donnent un dernier rendez-vous terrestre avant de se retrouver de l’autre côté de l'Atlantique. Reste à savoir qui accueillera l’autre en premier sur le ponton d’arrivée.




Présentation de la course en image



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