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LE MAG DU RHUM. Depuis sa première édition en 1978, la Route du Rhum - Destination Guadeloupe n'a cessé d'élargir son aura au-delà des frontières, aimantant autant les skippers étrangers qu'un public de passionnés venant lui aussi du monde entier.


Le britannique Phil Sharp a déjà fait deux podiums en Class40
Le britannique Phil Sharp a déjà fait deux podiums en Class40

La toute première édition a été remportée de justesse par la légende canadienne Mike Birch. Depuis, chaque édition a compté une solide proportion de skippers internationaux dans les différentes classes. Le mélange unique de performances sportives et de records qui tombent sans cesse, ainsi que l’attrait constant de la course pour des aventuriers dits « ordinaires », (ces marins qui ont un « vrai métier » et veulent se lancer à l’assaut de l’Atlantique), font que la Route du Rhum - Destination Guadeloupe est suivie dans des dizaines de pays à travers le monde. Au cours des 12 éditions courues jusqu’ici, de nombreuses performances marquantes ont continué d’inspirer d’autres marins à s’engager sur cette course et ont mobilisé les médias à tous les niveaux.

48 ans d’histoires multinationales 

Après le conte de fées de Mike Birch, victorieux pour 98 secondes (il terminera troisième quatre ans plus tard), Laurent Bourgnon a porté le drapeau suisse vers deux victoires consécutives, en 1994 et 1998. Parmi les pionniers internationaux de l’époque figurait l’aventurier américain Steve Fossett, cinquième en 1998, juste devant le Canadien Gerry Roufs.


Le développement du Vendée Globe et de la classe IMOCA, puis de la Class40, a incité de plus en plus de navigateurs internationaux à se lancer. Après avoir terminé 16e de sa première Route du Rhum en 1998, à 22 ans, sur son premier monocoque de 50 pieds, Ellen MacArthur, forte de sa deuxième place sur le Vendée Globe 2000-2001, a remporté la classe IMOCA à l’arrivée à Pointe-à-Pitre. Ce fut une belle course pour les marins britanniques : Mike Golding prit la deuxième place derrière Ellen, et l’Australien Nick Moloney, son coéquipier au sein de sa société Offshore Challenges, remporta la classe des monocoques de 50 pieds. Aux débuts de la Class40, en 2006, le Britannique Phil Sharp s’est imposé devant son compatriote Ian Munslow, quatrième.


L’une des victoires internationales les plus remarquables est survenue en 2014, lorsque l’Espagnol Alex Pella a remporté la Class40 au scratch sur Tales, un bateau très rapide, entièrement espagnol, dessiné par Marcelino Botín et construit à Castellón. Cette victoire importante a inspiré de jeunes marins espagnols, qui se sont mis à rêver et à suivre ses pas. 


L’édition 2018 de la Route du Rhum - Destination Guadeloupe a vu plusieurs performances internationales mémorables. Le Britannique Alex Thomson semblait promis à sa première grande victoire en IMOCA après avoir acquis une avance substantielle de 200 milles nautiques. Mais à 75 milles de l’arrivée, alors qu’il faisait sa dernière sieste avant de remonter autour de l’île, il n’a pas entendu ses alarmes et a fini sur un rocher. Contraint d’utiliser son moteur, il a écopé d’une pénalité de 24 heures et a reculé à la troisième place. Ce fut néanmoins une belle course pour l’Allemand Boris Herrmann, cinquième, et pour le Suisse Alan Roura, septième dans une flotte IMOCA de 15 bateaux. En Class40, Phil Sharp, troisième, a signé son deuxième podium sur le « Rhum ». Luke Berry, Britannique de naissance, a terminé sixième et Jack Trigger huitième.


Pep Costa porte haut les couleurs de l'Espagne dans la catégorie Class 40
Pep Costa porte haut les couleurs de l'Espagne dans la catégorie Class 40

Et si les Italiens prenaient le pouvoir ?

Mais 2022 a vu les Italiens arriver en force, en particulier en Class40. Tout juste auréolé de sa victoire sur la Mini Transat 2019, Ambrogio Beccaria était à l’avant-garde d’un groupe d’Italiens performants en Class40. Avec son Musa 40 entièrement italien, il a pris la deuxième place derrière Yoann Richomme, son premier grand succès avant de remporter la Transat Jacques Vabre en 2023, puis la Transat à destination de New York en 2024. Alberto Bona a terminé huitième.


Cette 13e édition se distingue donc par la montée en puissance de la force italienne. Beccaria, (vainqueur de la Vendée Arctique ce printemps et désormais parmi les favoris en IMOCA), est au départ sur Allagrande Mapei. Ses succès depuis l’époque de la Mini ont suscité un vif intérêt médiatique pour la course au large en Italie. Cette année, en incluant son amie et rivale Francesca Clapcich, née en Italie et à moitié américaine, ils sont six Italiens dans une flotte de 115 bateaux, la plus forte représentation jamais enregistrée. Andrea Fornara (Influence 2), Marco Guerra (Imagin’Act Socomec), Luca Rosetti (Maccaferri Futura) et Matteo Sericano (Lucente) ont tous de très beaux programmes.


Tandis que la voile italienne est au sommet de la vague, la ferveur du public semble s’étendre à tous les domaines : de l’emblématique Luna Rossa en Coupe de l’America aux Maxi yachts, aux Jeux olympiques, jusqu’à la course au large et aux records (sans oublier, en passant, Ferrari Hypersail, qui s’apprête à défier les Ultims français pour le Trophée Jules Verne). À l’inverse, la représentation britannique dans la flotte de la Route du Rhum est au plus bas.


L'Italien Ambrogia Beccaria fait figure de favori chez les IMOCA
L'Italien Ambrogia Beccaria fait figure de favori chez les IMOCA

Les britanniques sous-représentés

Sam Goodchild est britannique de naissance et lui aussi est l’un des favoris en IMOCA, installé en France il y a 15 ans pour s’immerger dans la culture de la course en solitaire. Il a progressé pas à pas à travers les différentes classes jusqu’à être choisi pour un programme potentiellement gagnant. Mais ses contemporains directs, issus comme lui de l’Artemis Offshore Academy (école de course au large britannique reconnue) sur le circuit formateur du Figaro, n’ont pas réussi jusqu’ici à trouver de soutien financier dans le contexte économique actuel. Will Harris est l’un des meilleurs skippers en IMOCA : skipper et co-skipper pour l’équipe Malizia de Boris Herrmann ainsi que pour 11th Hour Racing, avec laquelle il a pris, avec Clapcich, la deuxième place de la course en double l’an dernier. « Will est sans aucun doute l’un des meilleurs skippers de la classe IMOCA aujourd’hui. Il pourrait prendre ce bateau (Malizia 4) et gagner cette course la semaine prochaine. Ce serait formidable pour lui d’avoir un programme à lui. Il le mérite », a déclaré Boris Herrmann cette semaine.


Harris avance : « Je pense que cela revient à la sempiternelle question du financement et de la visibilité de la course au large au Royaume-Uni en ce moment. Il faut que davantage d’entreprises britanniques voient les valeurs de la course au large et ce qu’elle peut leur apporter. En France, des courses comme celle-ci passent tout le temps aux informations nationales. Et en Grande-Bretagne, l’intérêt a toujours suivi les grands succès, depuis les premiers pionniers comme Sir Robin Knox-Johnston jusqu’à, plus récemment, Ellen MacArthur et Alex Thomson. Il faut que cela se reproduise : il faut qu’une figure de proue fasse de nouveau la une. Mais j’ai bon espoir de prendre le départ du Vendée Globe 2028. »

Parmi les anciens de l’Artemis Offshore Academy qui cherchent des financements pour leurs propres projets, on trouve Alan Roberts, présent à Saint-Malo avec l’Actual Ultim 4 d’Anthony Marchand, et Jackson Boutell, qui dirige un super maxi de grand prix. Par ailleurs, la Britannique Pip Hare, deux participations au Vendée Globe, et qui aurait dû être au départ, doit elle-aussi affronter des vents contraires financiers, comme beaucoup de ses homologues français.


La Grande-Bretagne manque assurément d’une figure de proue, d’une personnalité capable de mobiliser sponsors et médias. Alex Thomson était un héros charismatique qui faisait les gros titres, et son programme était bien sûr valorisé dans le monde entier par une marque mondiale haut de gamme (Hugo Boss). Le Vendée Globe 2008 avait vu sept skippers britanniques sur la ligne de départ, à une époque où Ellen MacArthur était l’une des sportives les plus médiatisées au monde.


« Le sponsoring est très souvent une affaire de rencontre avec la bonne personne au bon moment, et de capacité à l’engager. J’ai amené Aviva sur la Route du Rhum et ils ont tout de suite compris. Il y a encore des opportunités », a déclaré cette semaine à Saint-Malo Dee Caffari, détentrice de records.


La Britannique Pip Hare n'est pas au départ car en quête de financements pour son projet
La Britannique Pip Hare n'est pas au départ car en quête de financements pour son projet

De l'Allemagne à la belgique


Si les projets britanniques ne décollent pas, sur le plan international, la Route du Rhum Destination Guadeloupe se porte très bien. L’Allemand Boris Herrmann est suivi et connu d’un vaste public grâce à ses campagnes avec Malizia, et dispose de l’une des bases de partenaires les plus impressionnantes. Le Japonais Massa Suzuki a de très bonnes chances de devenir le premier skipper japonais à terminer cette course en classe IMOCA.


La Belgique trouve doucement sa place, portée par les programmes de longue date de Jonas Gerckens (Belgium Ocean Racing - Curium), et compte désormais trois engagés en Class40 et un en Vintage Mono. L’Espagne en a deux : le Catalan Pep Costa (VSF Sports), parmi les têtes de série en Class40, et la jeune Aina Bauza (Aina b. ocean racing - Alice Milliat Foundation), de Majorque, tous deux sur leur première Route du Rhum - Destination Guadeloupe.


Ironie du sort, alors que les marins britanniques n’ont pas réussi à mobiliser de nouveaux soutiens, le Tchèque Milan Kolacek s’en sort relativement bien avec un Class40 tout neuf, fraîchement mis à l’eau.


La route n’a pas été facile pour l’Irlandaise Pamela Lee (#Empowher), qui a réuni in extremis assez de budget, grâce à des collectes de fonds dans son pays, pour compléter le financement de DFDS et d’autres sponsors. Et venant tout droit d’Australie, pour sa deuxième Route du Rhum - Destination Guadeloupe arrive Rupert Henry (Eora), qui s’autofinance. « Mon objectif est d’être le premier vieux qui paie ses factures lui-même », sourit le skipper de Syndey.


Le belge Jonas Gerckens
Le belge Jonas Gerckens


Skippers internationaux de la Route du Rhum Destination Guadeloupe


IMOCA Ambrogia Beccaria (Allagrande Mapei) – ITA Francesca Clapcich (11th Hour Racing) – ITA/USA Sam Goodchild (MACIF Santé Prévoyance) – GBR/FRA Boris Herrmann (Malizia 4) – ALL Massa Suzuki (Milai Furuno) – JPN


CLASS40 Aïna Bauza (Aina B. Ocean Racing - Alice Milliat Foundation) – ESP Pep Costa (VSF Sports) – ESP Andrea Fornaro (Influence 2) – ITA Marco Guerra (Imagin’Act Socomec) – ITA Matteo Sericano (Lucente) – ITA Luca Rosetti (Maccaferri Futura) – ITA Jonas Gerckens (Belgium Ocean Racing Curium) – BEL Djemila Tassin (Djemila Sailing - Belgium Ocean Racing) – BEL Gaetan Thomas (Barco Bresil) – BEL Milan Kolacek (Inland Roots Ocean Soul) – CZE Pamela Lee (#Empowher) – IRL Rupert Henry (Eora) – AUS


VINTAGE MONO Amaury Jamblinne de Meux (Tagaroa) – BEL

il y a 18 heures
7 min de lecture

LE MAG DU RHUM. Depuis sa première édition en 1978, la Route du Rhum - Destination Guadeloupe n'a cessé d'élargir son aura au-delà des frontières, aimantant autant les skippers étrangers qu'un public de passionnés venant lui aussi du monde entier.


Le britannique Phil Sharp a déjà fait deux podiums en Class40
Le britannique Phil Sharp a déjà fait deux podiums en Class40

La toute première édition a été remportée de justesse par la légende canadienne Mike Birch. Depuis, chaque édition a compté une solide proportion de skippers internationaux dans les différentes classes. Le mélange unique de performances sportives et de records qui tombent sans cesse, ainsi que l’attrait constant de la course pour des aventuriers dits « ordinaires », (ces marins qui ont un « vrai métier » et veulent se lancer à l’assaut de l’Atlantique), font que la Route du Rhum - Destination Guadeloupe est suivie dans des dizaines de pays à travers le monde. Au cours des 12 éditions courues jusqu’ici, de nombreuses performances marquantes ont continué d’inspirer d’autres marins à s’engager sur cette course et ont mobilisé les médias à tous les niveaux.

48 ans d’histoires multinationales 

Après le conte de fées de Mike Birch, victorieux pour 98 secondes (il terminera troisième quatre ans plus tard), Laurent Bourgnon a porté le drapeau suisse vers deux victoires consécutives, en 1994 et 1998. Parmi les pionniers internationaux de l’époque figurait l’aventurier américain Steve Fossett, cinquième en 1998, juste devant le Canadien Gerry Roufs.


Le développement du Vendée Globe et de la classe IMOCA, puis de la Class40, a incité de plus en plus de navigateurs internationaux à se lancer. Après avoir terminé 16e de sa première Route du Rhum en 1998, à 22 ans, sur son premier monocoque de 50 pieds, Ellen MacArthur, forte de sa deuxième place sur le Vendée Globe 2000-2001, a remporté la classe IMOCA à l’arrivée à Pointe-à-Pitre. Ce fut une belle course pour les marins britanniques : Mike Golding prit la deuxième place derrière Ellen, et l’Australien Nick Moloney, son coéquipier au sein de sa société Offshore Challenges, remporta la classe des monocoques de 50 pieds. Aux débuts de la Class40, en 2006, le Britannique Phil Sharp s’est imposé devant son compatriote Ian Munslow, quatrième.


L’une des victoires internationales les plus remarquables est survenue en 2014, lorsque l’Espagnol Alex Pella a remporté la Class40 au scratch sur Tales, un bateau très rapide, entièrement espagnol, dessiné par Marcelino Botín et construit à Castellón. Cette victoire importante a inspiré de jeunes marins espagnols, qui se sont mis à rêver et à suivre ses pas. 


L’édition 2018 de la Route du Rhum - Destination Guadeloupe a vu plusieurs performances internationales mémorables. Le Britannique Alex Thomson semblait promis à sa première grande victoire en IMOCA après avoir acquis une avance substantielle de 200 milles nautiques. Mais à 75 milles de l’arrivée, alors qu’il faisait sa dernière sieste avant de remonter autour de l’île, il n’a pas entendu ses alarmes et a fini sur un rocher. Contraint d’utiliser son moteur, il a écopé d’une pénalité de 24 heures et a reculé à la troisième place. Ce fut néanmoins une belle course pour l’Allemand Boris Herrmann, cinquième, et pour le Suisse Alan Roura, septième dans une flotte IMOCA de 15 bateaux. En Class40, Phil Sharp, troisième, a signé son deuxième podium sur le « Rhum ». Luke Berry, Britannique de naissance, a terminé sixième et Jack Trigger huitième.


Pep Costa porte haut les couleurs de l'Espagne dans la catégorie Class 40
Pep Costa porte haut les couleurs de l'Espagne dans la catégorie Class 40

Et si les Italiens prenaient le pouvoir ?

Mais 2022 a vu les Italiens arriver en force, en particulier en Class40. Tout juste auréolé de sa victoire sur la Mini Transat 2019, Ambrogio Beccaria était à l’avant-garde d’un groupe d’Italiens performants en Class40. Avec son Musa 40 entièrement italien, il a pris la deuxième place derrière Yoann Richomme, son premier grand succès avant de remporter la Transat Jacques Vabre en 2023, puis la Transat à destination de New York en 2024. Alberto Bona a terminé huitième.


Cette 13e édition se distingue donc par la montée en puissance de la force italienne. Beccaria, (vainqueur de la Vendée Arctique ce printemps et désormais parmi les favoris en IMOCA), est au départ sur Allagrande Mapei. Ses succès depuis l’époque de la Mini ont suscité un vif intérêt médiatique pour la course au large en Italie. Cette année, en incluant son amie et rivale Francesca Clapcich, née en Italie et à moitié américaine, ils sont six Italiens dans une flotte de 115 bateaux, la plus forte représentation jamais enregistrée. Andrea Fornara (Influence 2), Marco Guerra (Imagin’Act Socomec), Luca Rosetti (Maccaferri Futura) et Matteo Sericano (Lucente) ont tous de très beaux programmes.


Tandis que la voile italienne est au sommet de la vague, la ferveur du public semble s’étendre à tous les domaines : de l’emblématique Luna Rossa en Coupe de l’America aux Maxi yachts, aux Jeux olympiques, jusqu’à la course au large et aux records (sans oublier, en passant, Ferrari Hypersail, qui s’apprête à défier les Ultims français pour le Trophée Jules Verne). À l’inverse, la représentation britannique dans la flotte de la Route du Rhum est au plus bas.


L'Italien Ambrogia Beccaria fait figure de favori chez les IMOCA
L'Italien Ambrogia Beccaria fait figure de favori chez les IMOCA

Les britanniques sous-représentés

Sam Goodchild est britannique de naissance et lui aussi est l’un des favoris en IMOCA, installé en France il y a 15 ans pour s’immerger dans la culture de la course en solitaire. Il a progressé pas à pas à travers les différentes classes jusqu’à être choisi pour un programme potentiellement gagnant. Mais ses contemporains directs, issus comme lui de l’Artemis Offshore Academy (école de course au large britannique reconnue) sur le circuit formateur du Figaro, n’ont pas réussi jusqu’ici à trouver de soutien financier dans le contexte économique actuel. Will Harris est l’un des meilleurs skippers en IMOCA : skipper et co-skipper pour l’équipe Malizia de Boris Herrmann ainsi que pour 11th Hour Racing, avec laquelle il a pris, avec Clapcich, la deuxième place de la course en double l’an dernier. « Will est sans aucun doute l’un des meilleurs skippers de la classe IMOCA aujourd’hui. Il pourrait prendre ce bateau (Malizia 4) et gagner cette course la semaine prochaine. Ce serait formidable pour lui d’avoir un programme à lui. Il le mérite », a déclaré Boris Herrmann cette semaine.


Harris avance : « Je pense que cela revient à la sempiternelle question du financement et de la visibilité de la course au large au Royaume-Uni en ce moment. Il faut que davantage d’entreprises britanniques voient les valeurs de la course au large et ce qu’elle peut leur apporter. En France, des courses comme celle-ci passent tout le temps aux informations nationales. Et en Grande-Bretagne, l’intérêt a toujours suivi les grands succès, depuis les premiers pionniers comme Sir Robin Knox-Johnston jusqu’à, plus récemment, Ellen MacArthur et Alex Thomson. Il faut que cela se reproduise : il faut qu’une figure de proue fasse de nouveau la une. Mais j’ai bon espoir de prendre le départ du Vendée Globe 2028. »

Parmi les anciens de l’Artemis Offshore Academy qui cherchent des financements pour leurs propres projets, on trouve Alan Roberts, présent à Saint-Malo avec l’Actual Ultim 4 d’Anthony Marchand, et Jackson Boutell, qui dirige un super maxi de grand prix. Par ailleurs, la Britannique Pip Hare, deux participations au Vendée Globe, et qui aurait dû être au départ, doit elle-aussi affronter des vents contraires financiers, comme beaucoup de ses homologues français.


La Grande-Bretagne manque assurément d’une figure de proue, d’une personnalité capable de mobiliser sponsors et médias. Alex Thomson était un héros charismatique qui faisait les gros titres, et son programme était bien sûr valorisé dans le monde entier par une marque mondiale haut de gamme (Hugo Boss). Le Vendée Globe 2008 avait vu sept skippers britanniques sur la ligne de départ, à une époque où Ellen MacArthur était l’une des sportives les plus médiatisées au monde.


« Le sponsoring est très souvent une affaire de rencontre avec la bonne personne au bon moment, et de capacité à l’engager. J’ai amené Aviva sur la Route du Rhum et ils ont tout de suite compris. Il y a encore des opportunités », a déclaré cette semaine à Saint-Malo Dee Caffari, détentrice de records.


La Britannique Pip Hare n'est pas au départ car en quête de financements pour son projet
La Britannique Pip Hare n'est pas au départ car en quête de financements pour son projet

De l'Allemagne à la belgique


Si les projets britanniques ne décollent pas, sur le plan international, la Route du Rhum Destination Guadeloupe se porte très bien. L’Allemand Boris Herrmann est suivi et connu d’un vaste public grâce à ses campagnes avec Malizia, et dispose de l’une des bases de partenaires les plus impressionnantes. Le Japonais Massa Suzuki a de très bonnes chances de devenir le premier skipper japonais à terminer cette course en classe IMOCA.


La Belgique trouve doucement sa place, portée par les programmes de longue date de Jonas Gerckens (Belgium Ocean Racing - Curium), et compte désormais trois engagés en Class40 et un en Vintage Mono. L’Espagne en a deux : le Catalan Pep Costa (VSF Sports), parmi les têtes de série en Class40, et la jeune Aina Bauza (Aina b. ocean racing - Alice Milliat Foundation), de Majorque, tous deux sur leur première Route du Rhum - Destination Guadeloupe.


Ironie du sort, alors que les marins britanniques n’ont pas réussi à mobiliser de nouveaux soutiens, le Tchèque Milan Kolacek s’en sort relativement bien avec un Class40 tout neuf, fraîchement mis à l’eau.


La route n’a pas été facile pour l’Irlandaise Pamela Lee (#Empowher), qui a réuni in extremis assez de budget, grâce à des collectes de fonds dans son pays, pour compléter le financement de DFDS et d’autres sponsors. Et venant tout droit d’Australie, pour sa deuxième Route du Rhum - Destination Guadeloupe arrive Rupert Henry (Eora), qui s’autofinance. « Mon objectif est d’être le premier vieux qui paie ses factures lui-même », sourit le skipper de Syndey.


Le belge Jonas Gerckens
Le belge Jonas Gerckens


Skippers internationaux de la Route du Rhum Destination Guadeloupe


IMOCA Ambrogia Beccaria (Allagrande Mapei) – ITA Francesca Clapcich (11th Hour Racing) – ITA/USA Sam Goodchild (MACIF Santé Prévoyance) – GBR/FRA Boris Herrmann (Malizia 4) – ALL Massa Suzuki (Milai Furuno) – JPN


CLASS40 Aïna Bauza (Aina B. Ocean Racing - Alice Milliat Foundation) – ESP Pep Costa (VSF Sports) – ESP Andrea Fornaro (Influence 2) – ITA Marco Guerra (Imagin’Act Socomec) – ITA Matteo Sericano (Lucente) – ITA Luca Rosetti (Maccaferri Futura) – ITA Jonas Gerckens (Belgium Ocean Racing Curium) – BEL Djemila Tassin (Djemila Sailing - Belgium Ocean Racing) – BEL Gaetan Thomas (Barco Bresil) – BEL Milan Kolacek (Inland Roots Ocean Soul) – CZE Pamela Lee (#Empowher) – IRL Rupert Henry (Eora) – AUS


VINTAGE MONO Amaury Jamblinne de Meux (Tagaroa) – BEL

 
 
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