top of page

Ce soir, les Ultims commencent déjà à lorgner sur le thalweg, passage étroit entre les deux anticyclones, qui concernera les IMOCA et Ocean Fifty demain. Beaucoup plus loin derrière, chez les Class40, les premières options se dessinent et le jeu pourrait s’ouvrir plus franchement…



Thalweg, ça sonne comme un nom de meuble au catalogue d’un célèbre fabricant suédois. Du genre, une enfilade dont on se passerait bien et qui encombre au milieu de la pièce de vie ! En météo, c’est l’espace qui sépare deux anticyclones. Celui qui nous intéresse s’est transformé en un front peu actif, très étroit, qui promet pas mal de pluie et très peu de vent. Sur la cartographie, en actionnant l’option « prévision », il se repère en un coup d’oeil comme une longue frontière Nord-Sud qui passe juste à l’ouest des Açores. À droite, du vent de Sud Est. À gauche, du vent de Nord-ouest, voilà pour le décor. 


D’un anticyclone à l’autre

Mis à part Actual Ultim 4 qui se déroute vers l’Irlande pour réparer son safran central, les Ultims vont traverser le dit-thalweg en début de nuit prochaine. Une phase pas simple si l’on en croit Armel Le Cléac’h (Banque Populaire XI) : « Le vent va tourner à 180°, il va falloir manœuvrer pas mal et c’est souvent plus compliqué que dans la théorie » une façon de dire que le vent de Nord n’arrive pas comme par magie. Confirmation chez Jean-Yves Bernot qui route le leader SVR Lazartigue : « Pour l’instant, il ne semble pas y avoir trop d’activité orageuse, mais en solo sur un Ultim avec les plus grandes voiles en l’air, ça peut surprendre. Ce n’est pas le genre de phénomène que tu passes les mains dans les poches ! » 

La deuxième nuit de course risque donc de ne pas ménager beaucoup plus de repos pour les leaders que la première. Car tout de suite après le thalweg, « il y a plusieurs voies possibles confie Armel Le Cléac’h. Ça cogite avec la cellule météo et on va regarder aussi ce que font nos adversaires » 

Pas question de laisser filer Tom Laperche qui est très rapide et ne commet aucune faute depuis le début, même si son avance qui a culminé à 33 milles s’est réduite à une petite vingtaine ce soir. Ou bien justement y aura-il moyen de lui fausser compagnie ? A suivre de près pour les noctambules car deux options se dessinent pour l’après thalweg. Soit plonger au Sud-Sud-ouest dans un couloir assez étroit de vent de Nord avec pas mal d’empannages à la clef. C’est bon pour les muscles, pour le rapprochement au but et donc le classement immédiat, mais la sortie du couloir ne s’annonce pas simple. Autre possibilité, refaire un peu d’ouest pour traverser la petite dorsale du nouvel anticyclone et plonger plus tard dans un couloir plus large. Avant le départ, l’option 2 semblait tenir la corde et la première partie de cette Route du Rhum pourrait se jouer à ce moment-là. 


Records de vitesse et sorties de route

Les IMOCA et les Ocean Fifty qui progressent aux mêmes vitesses vont se poser les mêmes questions à 24-36 heures d’intervalle. Chez les monocoques, la bagarre fait rage entre Ambrogio Beccaria (Allagrande Mapei) qui s’est emparé de la première place en fin de nuit avec deux petits milles d’avance sur Sam Goodchild (Macif Santé Prévoyance). La vidéo postée ce matin par l’italien n’engendre pas la mélancolie et renseigne assez bien sur le confort ambiant ! 

Corentin Horeau (MACSF) est à leurs trousses et ces trois-là ont fait un petit break. Jérémie Beyou qui a ravi à Elodie Bonafous (Association Petits Princes-Queguiner) la quatrième place, est relégué à 40 milles, à une allure qui pourtant fait l’affaire de son Charal. Les IMOCA sont ce soir la flotte la plus distendue avec déjà 260 milles d’écart entre le premier et le dernier après seulement 500 milles parcourus pour les mieux lotis… Des écarts qui ne sont pourtant pas une fatalité si l’on en croit quelques belles trajectoires, à l’image de Pierre Louis Attwell (Resilient), bizuth de la série, qui talonne quelques foilers avec son vieux plan Finot à dérives.

En Ocean Fifty, les vitesses ont un peu diminué dans une mer moins maniable mais les cinq premiers se tiennent en 15 milles. Le match de la première nuit a donné des frissons, confirmés ce matin par le solide patron Basile Bourgnon (Edenred), content d’annoncer avoir battu le record de vitesse de son plan Neyhousser avec une pointe à 43,1noeuds . Gloups ! L’expérimenté Thibault Vauchel-Camus (Solidaires en Peloton) a su lui aussi appuyer sur le champignon pour s’inviter sur le podium. Pierre Quiroga (Wewise), toujours dans le match à la troisième place se plaint du froid et trouve que « le soleil de Saint-Malo est déjà loin » après une première nuit blanche.

La grisaille risque de durer plusieurs jours pour les skippers les plus exposés physiquement, alors attention aux sorties de route ! Le chavirage du vétéran Francis Joyon  (voir flash) annoncé à 16 h 00 cet après-midi est une bonne piqure de rappel pour tous les multicoques… Certains comme Charlie Capelle n’ont d’ailleurs pas attendu l’accident du vainqueur de la Route du Rhum 2018 pour s’engager sur une route plus prudente. Le skipper d’ACapella-Proludic-La chaîne de l’espoir est le seul des 113 concurrents encore en course à viser le cap Finisterre pour une transat par les alizés qu’il faudra aller chercher vers le Cap Vert.


Premières options chez les Class40

C’est la plus grosse flotte avec 48 skippers en course depuis le malheureux démâtage de Quentin Le Nabour (Bleu Blanc Planète Location) et les leaders savaient au départ que les attaques pouvaient fuser de partout. Sur ces bateaux qui ne sont pas routés (comme 70 % de la flotte de la Route du Rhum d’ailleurs), chacun commence à interpréter à sa guise les scénarios établis dans les road book d’avant départ. Si le paquet de tête emmené par Luca Rosetti (Maccaferri Futura) joue la courbure de l’anticyclone depuis ce matin, Ian Lipinski est resté tribord amures vers le Nord-Ouest. Il était 12ème à une dizaine de milles des leaders au moment où la meute a empanné et l’a laissé partir. Ce soir, l’écart en latéral est supérieur à 60 milles Pas sûr que les routes de Ian et du reste de la flotte recroisent avant 48 heures. Car le routage théorique des Class40 donnait bien pour cette catégorie la route la plus septentrionale, sur laquelle Crédit Mutuel semble jouer tapis.




il y a 3 jours
5 min de lecture

Partie sur les chapeaux de roues dans un schéma météo original mais bien balisé dès Saint-Malo, cette Route du Rhum voit converger les flottes dans une course de vitesse et de micro décalages. La tête dans le guidon, chacun se concentre sur la conduite assez sportive au portant. Une cavalcade qui suppose pas mal de dépense physique dans le froid pour jongler avec les voiles de portant et entraine aussi des dommages collatéraux avec notamment le démâtage de Quentin Le Nabour et le chavirage de Francis Joyon… 

Ce soir, les Ultims commencent déjà à lorgner sur le thalweg, passage étroit entre les deux anticyclones, qui concernera les IMOCA et Ocean Fifty demain. Beaucoup plus loin derrière, chez les Class40, les premières options se dessinent et le jeu pourrait s’ouvrir plus franchement…



Thalweg, ça sonne comme un nom de meuble au catalogue d’un célèbre fabricant suédois. Du genre, une enfilade dont on se passerait bien et qui encombre au milieu de la pièce de vie ! En météo, c’est l’espace qui sépare deux anticyclones. Celui qui nous intéresse s’est transformé en un front peu actif, très étroit, qui promet pas mal de pluie et très peu de vent. Sur la cartographie, en actionnant l’option « prévision », il se repère en un coup d’oeil comme une longue frontière Nord-Sud qui passe juste à l’ouest des Açores. À droite, du vent de Sud Est. À gauche, du vent de Nord-ouest, voilà pour le décor. 


D’un anticyclone à l’autre

Mis à part Actual Ultim 4 qui se déroute vers l’Irlande pour réparer son safran central, les Ultims vont traverser le dit-thalweg en début de nuit prochaine. Une phase pas simple si l’on en croit Armel Le Cléac’h (Banque Populaire XI) : « Le vent va tourner à 180°, il va falloir manœuvrer pas mal et c’est souvent plus compliqué que dans la théorie » une façon de dire que le vent de Nord n’arrive pas comme par magie. Confirmation chez Jean-Yves Bernot qui route le leader SVR Lazartigue : « Pour l’instant, il ne semble pas y avoir trop d’activité orageuse, mais en solo sur un Ultim avec les plus grandes voiles en l’air, ça peut surprendre. Ce n’est pas le genre de phénomène que tu passes les mains dans les poches ! » 

La deuxième nuit de course risque donc de ne pas ménager beaucoup plus de repos pour les leaders que la première. Car tout de suite après le thalweg, « il y a plusieurs voies possibles confie Armel Le Cléac’h. Ça cogite avec la cellule météo et on va regarder aussi ce que font nos adversaires » 

Pas question de laisser filer Tom Laperche qui est très rapide et ne commet aucune faute depuis le début, même si son avance qui a culminé à 33 milles s’est réduite à une petite vingtaine ce soir. Ou bien justement y aura-il moyen de lui fausser compagnie ? A suivre de près pour les noctambules car deux options se dessinent pour l’après thalweg. Soit plonger au Sud-Sud-ouest dans un couloir assez étroit de vent de Nord avec pas mal d’empannages à la clef. C’est bon pour les muscles, pour le rapprochement au but et donc le classement immédiat, mais la sortie du couloir ne s’annonce pas simple. Autre possibilité, refaire un peu d’ouest pour traverser la petite dorsale du nouvel anticyclone et plonger plus tard dans un couloir plus large. Avant le départ, l’option 2 semblait tenir la corde et la première partie de cette Route du Rhum pourrait se jouer à ce moment-là. 


Records de vitesse et sorties de route

Les IMOCA et les Ocean Fifty qui progressent aux mêmes vitesses vont se poser les mêmes questions à 24-36 heures d’intervalle. Chez les monocoques, la bagarre fait rage entre Ambrogio Beccaria (Allagrande Mapei) qui s’est emparé de la première place en fin de nuit avec deux petits milles d’avance sur Sam Goodchild (Macif Santé Prévoyance). La vidéo postée ce matin par l’italien n’engendre pas la mélancolie et renseigne assez bien sur le confort ambiant ! 

Corentin Horeau (MACSF) est à leurs trousses et ces trois-là ont fait un petit break. Jérémie Beyou qui a ravi à Elodie Bonafous (Association Petits Princes-Queguiner) la quatrième place, est relégué à 40 milles, à une allure qui pourtant fait l’affaire de son Charal. Les IMOCA sont ce soir la flotte la plus distendue avec déjà 260 milles d’écart entre le premier et le dernier après seulement 500 milles parcourus pour les mieux lotis… Des écarts qui ne sont pourtant pas une fatalité si l’on en croit quelques belles trajectoires, à l’image de Pierre Louis Attwell (Resilient), bizuth de la série, qui talonne quelques foilers avec son vieux plan Finot à dérives.

En Ocean Fifty, les vitesses ont un peu diminué dans une mer moins maniable mais les cinq premiers se tiennent en 15 milles. Le match de la première nuit a donné des frissons, confirmés ce matin par le solide patron Basile Bourgnon (Edenred), content d’annoncer avoir battu le record de vitesse de son plan Neyhousser avec une pointe à 43,1noeuds . Gloups ! L’expérimenté Thibault Vauchel-Camus (Solidaires en Peloton) a su lui aussi appuyer sur le champignon pour s’inviter sur le podium. Pierre Quiroga (Wewise), toujours dans le match à la troisième place se plaint du froid et trouve que « le soleil de Saint-Malo est déjà loin » après une première nuit blanche.

La grisaille risque de durer plusieurs jours pour les skippers les plus exposés physiquement, alors attention aux sorties de route ! Le chavirage du vétéran Francis Joyon  (voir flash) annoncé à 16 h 00 cet après-midi est une bonne piqure de rappel pour tous les multicoques… Certains comme Charlie Capelle n’ont d’ailleurs pas attendu l’accident du vainqueur de la Route du Rhum 2018 pour s’engager sur une route plus prudente. Le skipper d’ACapella-Proludic-La chaîne de l’espoir est le seul des 113 concurrents encore en course à viser le cap Finisterre pour une transat par les alizés qu’il faudra aller chercher vers le Cap Vert.


Premières options chez les Class40

C’est la plus grosse flotte avec 48 skippers en course depuis le malheureux démâtage de Quentin Le Nabour (Bleu Blanc Planète Location) et les leaders savaient au départ que les attaques pouvaient fuser de partout. Sur ces bateaux qui ne sont pas routés (comme 70 % de la flotte de la Route du Rhum d’ailleurs), chacun commence à interpréter à sa guise les scénarios établis dans les road book d’avant départ. Si le paquet de tête emmené par Luca Rosetti (Maccaferri Futura) joue la courbure de l’anticyclone depuis ce matin, Ian Lipinski est resté tribord amures vers le Nord-Ouest. Il était 12ème à une dizaine de milles des leaders au moment où la meute a empanné et l’a laissé partir. Ce soir, l’écart en latéral est supérieur à 60 milles Pas sûr que les routes de Ian et du reste de la flotte recroisent avant 48 heures. Car le routage théorique des Class40 donnait bien pour cette catégorie la route la plus septentrionale, sur laquelle Crédit Mutuel semble jouer tapis.




bottom of page