PRÉSENTATION DE CLASSES (2/7). Ils sont dix à tenter l’aventure cette année à bord de ces multicoques de 15 mètres (50 pieds). Et parmi eux, ils sont très nombreux à pouvoir prétendre au podium ou à une place d’honneur. Un suspense exacerbé avec une bataille, aussi, entre les plus expérimentés dont Thibaut Vauchel-Camus (Solidaires en Peloton by Delanchy) et les plus jeunes menés par Basile Bourgnon (Edenred). En somme, tous les ingrédients pour assister à un incroyable spectacle !

Décidément, ça deviendrait presque une habitude. À l’arrivée de chaque transat, après une dizaine de jours de mer, les écarts sont souvent très ténus entre les Ocean Fifty. Lors de la dernière édition de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe en 2022, seulement 18 minutes séparaient le premier (Erwan Le Roux) du deuxième (Quentin Vlamynck). Il y a un an, à la Transat Café L’Or, il y avait moins de trente minutes entre les trois premiers duos (Baptiste Hulin-Thomas Rouxel, Pierre Quiroga-Gaston Morvan, Luke Berry-Antoine Joubert) ! Du suspense, du départ à l’arrivée, telle est donc la règle et il devient très difficile de désigner clairement une hiérarchie.
« Une diversité de profils et beaucoup de talents » (Thibaut Vauchel-Camus)
« La classe a rarement été aussi dense avec un niveau aussi élevé », confirme Basile Bourgnon (Edenred). Comme lui, Thibaut Vauchel-Camus (Solidaires en Peloton by Delanchy) trouve « le plateau vraiment génial ». Et d'ajouter : « Il y a une diversité de profils et beaucoup de talents. Grâce à nos confrontations dans les Grands Prix, chacun connaît mieux son bateau et ça aide à faire monter le niveau ».
Conséquence ? « Il y a tellement de paramètres à maîtriser que c’est presque impossible de faire un pronostic dans cette classe », estime Anne-Claire Le Berre (Upwind by Merconcept), première femme à concourir en Ocean Fifty. Erwan Le Draoulec (Lazare X Hellio) souligne « l’importance de la jauge qui permet d’avoir un plateau aussi homogène ». « On est peut-être la seule classe où finalement les dix peuvent monter sur le podium ou viser une place d’honneur ».

Des jeunes skippers qui « ont beaucoup d’appétit »
Pourtant, à l’heure d’évoquer les forces en présence, un nom revient souvent : celui de Basile Bourgnon. « S’il y avait un favori, ce serait lui », pense Erwan Le Draoulec. « Oui, il est favori, il a gagné la Drheam Cup mais le jeu sera beaucoup plus ouvert », assure Erwan Le Roux qui finalement ne prend pas le départ, faute de budget, mais reste un observateur très avisé de la classe. Qu’en pense Basile, le premier intéressé ? « C’est sûr ce que c’est une épreuve qui n’est pas anodine pour moi, c’est la course de mes rêves, j’ai grandi avec, confie-t-il, faisant référence aux victoires de son père, Laurent, en 1994 et en 1998. J’ai la chance d’avoir une super équipe, on a fait une bonne préparation mais je sais que ça ne présage en rien de ce qui se passera pendant la course ».
Quand il évoque le plateau, Basile a une pensée pour « l’arrivée ces dernières années de jeunes qui ont beaucoup d’appétit ». A l’image de Pierre Quiroga (32 ans, Wewise, vainqueur de la Solitaire du Figaro en 2021), Baptiste Hulin (29 ans, Viabilis, 2e de la Route des Terres Neuvas), Erwan Le Draoulec (29 ans, Lazare x Hellio) ou encore Léonard Legrand (32 ans, Sodebo Fifty). « On va voir si tous ces petits jeunes seront trop fougueux ou trop prudents ! » confie avec le sourire Thibaut Vauchel-Camus.
Est-ce que cette Route du Rhum - Destination Guadeloupe s’annonce comme un choc de générations ? « Je ne crois pas que ce sera la bataille entre les petits jeunes et les petits vieux mais c’est sûr qu’on navigue peut-être un peu différemment », souligne Erwan Le Draoulec qui rappelle en même temps « avoir rêvé en voyant Thibaut Vauchel-Camus et Erwan Le Roux en multicoque dans le passé ».
Et si le concurrent n°1 n’était pas vraiment celui que l’on croit ? Avant de renoncer à défendre son titre pour des raisons de budget, Erwan Le Roux avait glissé quelques pistes : « Les autres skippers, ce ne sont pas tes concurrents, ce sont tes copains. Dans cette course, le vrai concurrent, c’est toi-même. C’est à toi de prendre les bonnes décisions, au bon moment, d’être lucide, de réussir ta stratégie et de faire le moins d’erreurs possibles ». Et c’est aussi ce qui dessinera, au fil de cet incroyable sprint océanique, le podium puis le classement dans la classe Ocean Fifty.

