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© Vincent Olivaud #RDR2022


Alors que Charlie Dalin disposait en milieu de nuit d’un matelas bien confortable de 90 milles sur ses poursuivants, la zone de vents faibles pile sur le chemin de la flotte des IMOCA a redistribuĂ© les cartes. RĂ©sultat : un regroupement net et un Ă©lastique distendu derriĂšre le skipper d’Apivia, qui a perdu 50 milles, mais caracole toujours en tĂȘte devant une meute de chasseurs trĂšs compacte. « C’est presque un nouveau dĂ©part » lançait Kevin Escoffier (Holcim – PRB) Ă  la vacation de l’organisation de La Route du Rhum – Destination Guadeloupe.


Ce soir, aprĂšs ce deuxiĂšme front tonique, place Ă  la bascule de vent au Nord-Ouest et donc aux allures portantes, le Graal tant attendu des foilers qui vont pouvoir s’exprimer pleinement avant de rejoindre les alizĂ©s. Le Suisse Oliver Heer, quant Ă  lui, s’est arrĂȘtĂ© Ă  Port-La-ForĂȘt Ă  11h30 (locales) pour sortir son bateau de l’eau afin d’effectuer les rĂ©parations nĂ©cessaires sous la ligne de flottaison (suite Ă  une collision avec le Japonais Kojiro Shiraishi au niveau du cap FrĂ©hel). Il accuse 700 milles de retard sur la tĂȘte de flotte, 380 milles sur Nicolas Rouger (Demain C’est loin) qui ferme la marche des IMOCA en mer.


Quant Ă  Damien Seguin (Groupe Apicil) qui avait abandonnĂ© hier (vendredi 11 novembre) sur dĂ©matĂąge aprĂšs une collision avec un cargo, il Ă  "Ă©tĂ© rejoint par Guillaume Trotte, boat captain de l’IMOCA Groupe APICIL, qui a embarquĂ© aux cĂŽtĂ©s de l’équipage. La vedette le transportant est arrivĂ©e ce samedi Ă  14h45 (HF) sur zone. Guillaume Trotte a alors Ă©tĂ© transfĂ©rĂ© Ă  bord du bateau Groupe APICIL pour apporter du gasoil au solitaire. Il va rester Ă  bord avec Damien jusqu’au retour Ă  Lorient. La vedette va par ailleurs naviguer Ă  proximitĂ© de Groupe APICIL pour assurer sa sĂ©curitĂ© jusqu’en Bretagne. Damien Seguin est attendu Ă  Lorient demain, dimanche 13 novembre en fin de journĂ©e. Le skipper de Groupe APICIL va bien, il affiche un bon moral et est vraiment touchĂ© par les nombreuses marques de soutien reçues. Rejoint par Guillaume Trotte, il a dĂ©sormais hĂąte de pouvoir retrouver le reste de son Ă©quipe qui Ɠuvre sans relĂąche depuis le dĂ©mĂątage pour sa sĂ©curitĂ© et celle du bateau."


DrĂŽle de matinĂ©e entre Porto et le Nord-Est des Açores. De l’assourdissant bruit de la mer qui cogne contre les coques et du vent dans les voiles, les skippers des monocoques de 18,28 m se sont retrouvĂ©s littĂ©ralement scotchĂ©s sur une mer clapoteuse et sous une pluie diluvienne. Un peu de rĂ©pit donc pour les skippers qui ont cravachĂ© et manƓuvrĂ© dur depuis trois jours ? Que nenni ! « Cela a permis de rincer le bateau et le cirĂ©, mais c’était Ă©prouvant d’essayer de trouver une porte de sortie. Je ne sais pas ce qu’il y a de plus difficile : manƓuvrer dans du vent fort, ou essayer de s’extraire d’une zone de pĂ©tole. D’un cĂŽtĂ©, tu t’uses physiquement, de l’autre, c’est plutĂŽt mentalement. » confiait Antoine Cornic (Human Immobilier) au tĂ©lĂ©phone dans la matinĂ©e. Si « l’arrĂȘt buffet » n’aura durĂ© que quelques heures, 5 tout au plus, il aura engendrĂ© du bouleversement dans le classement. Charlie Dalin y a perdu quelques plumes sans perdre totalement son trĂŽne, et ses poursuivants sont dĂ©sormais alignĂ©s sur une jolie ligne de dĂ©part Ă  l’axe Nord-Sud. « C’est comme un nouveau dĂ©part, cela veut dire qu’il faut refaire tout le boulot ! Aujourd’hui, le vent va montrer trĂšs rapidement en 4-5 heures pour atteindre 30-35 nƓuds. On virera ensuite derriĂšre ce front pour rejoindre les Açores et probablement retrouver des alizĂ©s pas trĂšs forts et surtout orientĂ©s trĂšs Est. Grosse bataille de VMG avec encore beaucoup de manƓuvres en perspective ! » s’enthousiasme Kevin Escoffier.


Vers une course Ă  plusieurs visages L’allure du prĂšs dans du vent tonique qu’a connue la flotte des IMOCA depuis le dĂ©part de Saint-Malo mercredi dernier a permis aux bateaux Ă  dĂ©rives de tenir la cadence sans se faire trop distancer d’entrĂ©e de jeu. Ils vont pouvoir tenir bon une derniĂšre fois dans ce dernier front velu avec du vent de sud-ouest pour 35 nƓuds dans les rafales. Mais dĂšs la bascule et les allures portantes ce sera une autre histoire. N’empĂȘche, la bagarre promet d’ĂȘtre belle quel que soit le positionnement dans le classement. Devant, Holcim-PRB (Kevin Escoffier), Charal (JĂ©rĂ©mie Beyou), LinkedOut (Thomas Ruyant), et Biotherm (Paul Meilhat) se tiennent en 4 petits milles. Plus en retrait Corum L’Epargne (Nicolas Troussel) et Initiatives-CƓur (Sam Davies) naviguent bord Ă  bord, idem pour Human Immobilier (Antoine Cornic) et Freelance.com (Guirec SoudĂ©e). On saluera en passant, la trĂšs belle course de Fanch Guiffant sur son IMOCA Kattan de 2004 en 20e position sur 36 concurrents !


Reste que chacun connaĂźt son lot de dĂ©boires et de fatigue. Les boĂźtes Ă  outils commencent Ă  sortir des cales et les skippers ne font plus l’impasse sur les siestes aussi courtes soient-elle. « On dit que la pire des tortures est d'empĂȘcher quelqu’un de dormir, alors imaginez en plus qu’il se trouve dans un lave-linge. Ce matin, j'ai sorti le pied de biche, un petit souci sur le gĂ©nĂ©rateur, certainement dĂ» au choc dans la mer cette nuit. » raconte dans un message Ă©crit du bord, Alan Roura (Hublot). Arnaud BoissiĂšres (La Mie CĂąline) sur sa route orthodromique a flirtĂ© avec un poisson lune sans consĂ©quence, ni pour le bateau ni pour l’animal. Maxime Sorel (V and B - Monbana - Mayenne) s’est traĂźnĂ© plusieurs heures un filet de pĂȘche, Giancarlo Pedote (Prysmian Group) a perdu une voile d'avant (J2), tandis que Boris Herrmann (Malizia - Seaexplorer) a sorti la clĂ© de douze pour des problĂšmes de moteur
 A part ça tout va bien : le rythme ocĂ©anique est bel et bien pris. Vivement les alizĂ©s !


© Kevin Escoffier - Holcim-PRB


© Alan Roura - Hublot

12 nov. 2022
4 min de lecture

© Vincent Olivaud #RDR2022


Alors que Charlie Dalin disposait en milieu de nuit d’un matelas bien confortable de 90 milles sur ses poursuivants, la zone de vents faibles pile sur le chemin de la flotte des IMOCA a redistribuĂ© les cartes. RĂ©sultat : un regroupement net et un Ă©lastique distendu derriĂšre le skipper d’Apivia, qui a perdu 50 milles, mais caracole toujours en tĂȘte devant une meute de chasseurs trĂšs compacte. « C’est presque un nouveau dĂ©part » lançait Kevin Escoffier (Holcim – PRB) Ă  la vacation de l’organisation de La Route du Rhum – Destination Guadeloupe.


Ce soir, aprĂšs ce deuxiĂšme front tonique, place Ă  la bascule de vent au Nord-Ouest et donc aux allures portantes, le Graal tant attendu des foilers qui vont pouvoir s’exprimer pleinement avant de rejoindre les alizĂ©s. Le Suisse Oliver Heer, quant Ă  lui, s’est arrĂȘtĂ© Ă  Port-La-ForĂȘt Ă  11h30 (locales) pour sortir son bateau de l’eau afin d’effectuer les rĂ©parations nĂ©cessaires sous la ligne de flottaison (suite Ă  une collision avec le Japonais Kojiro Shiraishi au niveau du cap FrĂ©hel). Il accuse 700 milles de retard sur la tĂȘte de flotte, 380 milles sur Nicolas Rouger (Demain C’est loin) qui ferme la marche des IMOCA en mer.


Quant Ă  Damien Seguin (Groupe Apicil) qui avait abandonnĂ© hier (vendredi 11 novembre) sur dĂ©matĂąge aprĂšs une collision avec un cargo, il Ă  "Ă©tĂ© rejoint par Guillaume Trotte, boat captain de l’IMOCA Groupe APICIL, qui a embarquĂ© aux cĂŽtĂ©s de l’équipage. La vedette le transportant est arrivĂ©e ce samedi Ă  14h45 (HF) sur zone. Guillaume Trotte a alors Ă©tĂ© transfĂ©rĂ© Ă  bord du bateau Groupe APICIL pour apporter du gasoil au solitaire. Il va rester Ă  bord avec Damien jusqu’au retour Ă  Lorient. La vedette va par ailleurs naviguer Ă  proximitĂ© de Groupe APICIL pour assurer sa sĂ©curitĂ© jusqu’en Bretagne. Damien Seguin est attendu Ă  Lorient demain, dimanche 13 novembre en fin de journĂ©e. Le skipper de Groupe APICIL va bien, il affiche un bon moral et est vraiment touchĂ© par les nombreuses marques de soutien reçues. Rejoint par Guillaume Trotte, il a dĂ©sormais hĂąte de pouvoir retrouver le reste de son Ă©quipe qui Ɠuvre sans relĂąche depuis le dĂ©mĂątage pour sa sĂ©curitĂ© et celle du bateau."


DrĂŽle de matinĂ©e entre Porto et le Nord-Est des Açores. De l’assourdissant bruit de la mer qui cogne contre les coques et du vent dans les voiles, les skippers des monocoques de 18,28 m se sont retrouvĂ©s littĂ©ralement scotchĂ©s sur une mer clapoteuse et sous une pluie diluvienne. Un peu de rĂ©pit donc pour les skippers qui ont cravachĂ© et manƓuvrĂ© dur depuis trois jours ? Que nenni ! « Cela a permis de rincer le bateau et le cirĂ©, mais c’était Ă©prouvant d’essayer de trouver une porte de sortie. Je ne sais pas ce qu’il y a de plus difficile : manƓuvrer dans du vent fort, ou essayer de s’extraire d’une zone de pĂ©tole. D’un cĂŽtĂ©, tu t’uses physiquement, de l’autre, c’est plutĂŽt mentalement. » confiait Antoine Cornic (Human Immobilier) au tĂ©lĂ©phone dans la matinĂ©e. Si « l’arrĂȘt buffet » n’aura durĂ© que quelques heures, 5 tout au plus, il aura engendrĂ© du bouleversement dans le classement. Charlie Dalin y a perdu quelques plumes sans perdre totalement son trĂŽne, et ses poursuivants sont dĂ©sormais alignĂ©s sur une jolie ligne de dĂ©part Ă  l’axe Nord-Sud. « C’est comme un nouveau dĂ©part, cela veut dire qu’il faut refaire tout le boulot ! Aujourd’hui, le vent va montrer trĂšs rapidement en 4-5 heures pour atteindre 30-35 nƓuds. On virera ensuite derriĂšre ce front pour rejoindre les Açores et probablement retrouver des alizĂ©s pas trĂšs forts et surtout orientĂ©s trĂšs Est. Grosse bataille de VMG avec encore beaucoup de manƓuvres en perspective ! » s’enthousiasme Kevin Escoffier.


Vers une course Ă  plusieurs visages L’allure du prĂšs dans du vent tonique qu’a connue la flotte des IMOCA depuis le dĂ©part de Saint-Malo mercredi dernier a permis aux bateaux Ă  dĂ©rives de tenir la cadence sans se faire trop distancer d’entrĂ©e de jeu. Ils vont pouvoir tenir bon une derniĂšre fois dans ce dernier front velu avec du vent de sud-ouest pour 35 nƓuds dans les rafales. Mais dĂšs la bascule et les allures portantes ce sera une autre histoire. N’empĂȘche, la bagarre promet d’ĂȘtre belle quel que soit le positionnement dans le classement. Devant, Holcim-PRB (Kevin Escoffier), Charal (JĂ©rĂ©mie Beyou), LinkedOut (Thomas Ruyant), et Biotherm (Paul Meilhat) se tiennent en 4 petits milles. Plus en retrait Corum L’Epargne (Nicolas Troussel) et Initiatives-CƓur (Sam Davies) naviguent bord Ă  bord, idem pour Human Immobilier (Antoine Cornic) et Freelance.com (Guirec SoudĂ©e). On saluera en passant, la trĂšs belle course de Fanch Guiffant sur son IMOCA Kattan de 2004 en 20e position sur 36 concurrents !


Reste que chacun connaĂźt son lot de dĂ©boires et de fatigue. Les boĂźtes Ă  outils commencent Ă  sortir des cales et les skippers ne font plus l’impasse sur les siestes aussi courtes soient-elle. « On dit que la pire des tortures est d'empĂȘcher quelqu’un de dormir, alors imaginez en plus qu’il se trouve dans un lave-linge. Ce matin, j'ai sorti le pied de biche, un petit souci sur le gĂ©nĂ©rateur, certainement dĂ» au choc dans la mer cette nuit. » raconte dans un message Ă©crit du bord, Alan Roura (Hublot). Arnaud BoissiĂšres (La Mie CĂąline) sur sa route orthodromique a flirtĂ© avec un poisson lune sans consĂ©quence, ni pour le bateau ni pour l’animal. Maxime Sorel (V and B - Monbana - Mayenne) s’est traĂźnĂ© plusieurs heures un filet de pĂȘche, Giancarlo Pedote (Prysmian Group) a perdu une voile d'avant (J2), tandis que Boris Herrmann (Malizia - Seaexplorer) a sorti la clĂ© de douze pour des problĂšmes de moteur
 A part ça tout va bien : le rythme ocĂ©anique est bel et bien pris. Vivement les alizĂ©s !


© Kevin Escoffier - Holcim-PRB


© Alan Roura - Hublot

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