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L’HUMEUR DU RHUM. Pendant treize jours, Saint-Malo a vibré au rythme de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe comme jamais. Une marée humaine, joyeuse et enthousiaste, qui a donné le ton avant le grand départ et permis à tous de conserver de chauds souvenirs. 

Lors du passage des écluses @ Loic Venance / AFP
Lors du passage des écluses @ Loic Venance / AFP

C’est déjà le moment des « au revoir ». Au petit matin, les concurrents en Class40, VintageMono et VintageMulti ont quitté les pontons, formant un vide saisissant au milieu des bassins. Ce soir, ce sont des dizaines de milliers de passionnés, de curieux, de néophytes qui ont repris les trains et la route pour rentrer. Un flot ininterrompu de public, joyeux toujours, patient souvent, a déferlé sur la cité corsaire ces treize derniers jours. Saint-Malo est une fête et elle s’achève donc ce dimanche en voyant partir ses acteurs principaux dans leur quête de sensations fortes.

La tempête Austen, juste un grain de sel

Il faut convoquer l’histoire et écouter les plus anciens pour tenter de trouver des similitudes aux éditions précédentes. S’il est encore trop tôt pour disposer d’un bilan chiffré, plusieurs jours ont connu des pics de fréquentation record. La barre des 1,3 million de spectateurs atteinte il y a quatre ans devrait ainsi être dépassée. Mais historiquement, le « Rhum » a toujours su trouver son public. En 1978, pour la première édition, les témoignages du moment évoquent plus de 50 kilomètres de bouchons le jour du départ. Les dernières éditions ont toujours dépassé le million de spectateurs, parfois avoisiné les deux millions mais tout n’est pas qu’une question de chiffres.


Certes, la tempête Austen a mis son grain de sel en fin de semaine dernière en poussant les organisateurs à fermer le village et à constituer une incroyable chaîne de solidarité pour protéger les installations. Ensuite, ce n’est pas le calme qui a succédé à la tempête mais la fête. Dès la réouverture samedi dernier et jusqu’à ce dimanche, à mesure que le ciel était moins capricieux et s’éclaircissait, le public est venu de plus en plus nombreux.


Lors du passage des écluses @ Jean-Louis Carli / Factstory
Lors du passage des écluses @ Jean-Louis Carli / Factstory

« Nos bateaux et notre sport sont très bien mis en avant, ce n’est que du bonheur » (Louis Burton)


Au-delà de la fréquentation, on a tenté de mettre des mots sur le moment. Dès les premiers jours, un skipper évoque « l’ambiance d’un festival breton estival en octobre ». Un autre parle de « féria comme dans le sud-ouest mais avec des manteaux ». Un Malouins, un poil chauvin, interroge : « vous connaissez une meilleure ambiance pour un départ de course au large ? » Hier, Gilles Lamiré (Groupe GCA) assurait que les écluses étaient « notre Stade de France ». Et la marée humaine alors ? Un journaliste nous confie : « c’est le public et l’ambiance du Tour de France ».  


L’esprit de fête résiste à tout, même s’il faut accepter de faire parfois du sur-place dans les allées du village parce que chacun veut approcher de près les Ultim ou les IMOCA. Les skippers et les bateaux ne sont pas des prétextes, ce sont les stars du moment. Il faut voir Jean Le Cam arpenter les allées et se faire alpaguer à n’en pas finir. Il faut tendre l’oreille dans la file d’attente pour la séance d’autographes de Violette Dorange où des visiteurs se sont pressés deux heures plus tôt. Il faut observer la foule se masser pour atteindre les gradins de l’écluse vendredi, et tant pis si elle doit patienter toute l’après-midi. « Nos bateaux et notre sport sont très bien mis en avant, ce n’est que du bonheur », s’enthousiasme le Malouin Louis Burton (Armand Thiery, Ultim).  

Louis et les autres ont déjà basculé dans l’après, cette course qui joue avec les nerfs et pousse les organismes dans leurs derniers retranchements. Ils auront un temps, après leur arrivée en Guadeloupe, pour se remémorer ce qu’ils ont vécu, tous ces souvenirs que chaque visiteur a également pu amasser. Dans les mémoires, il y aura des couleurs, les teintes roses et orangées à chaque lever et coucher du soleil. Il y aura aussi de la musique, comme si elle était à chaque coin de rue, de la cornemuse et de la bombarde et des chaudes sonorités antillaises.

Il y aura les lieux qui ont servi de cadres aux soirées – on va « chez Hector, à la Trinquette, à l’Univers, à la Belle Époque » -, des sourires et des mines réjouies, de l’engouement et de l’exaltation. Il y aura surtout l’idée d’avoir vécu un temps à part, comme protégés par les remparts des turpitudes du dehors. Mais hors de question de fermer la parenthèse. La course tisse aussi un fil entre une autre fête, qui se prépare déjà de l’autre côté de l’Atlantique, en Guadeloupe.  L’archipel est déjà prêt à vibrer pour célébrer les marins, traits d’union entre les deux territoires, plus que jamais héros d’ici et de là-bas.

 

 

 

 

il y a 3 jours
4 min de lecture

L’HUMEUR DU RHUM. Pendant treize jours, Saint-Malo a vibré au rythme de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe comme jamais. Une marée humaine, joyeuse et enthousiaste, qui a donné le ton avant le grand départ et permis à tous de conserver de chauds souvenirs. 

Lors du passage des écluses @ Loic Venance / AFP
Lors du passage des écluses @ Loic Venance / AFP

C’est déjà le moment des « au revoir ». Au petit matin, les concurrents en Class40, VintageMono et VintageMulti ont quitté les pontons, formant un vide saisissant au milieu des bassins. Ce soir, ce sont des dizaines de milliers de passionnés, de curieux, de néophytes qui ont repris les trains et la route pour rentrer. Un flot ininterrompu de public, joyeux toujours, patient souvent, a déferlé sur la cité corsaire ces treize derniers jours. Saint-Malo est une fête et elle s’achève donc ce dimanche en voyant partir ses acteurs principaux dans leur quête de sensations fortes.

La tempête Austen, juste un grain de sel

Il faut convoquer l’histoire et écouter les plus anciens pour tenter de trouver des similitudes aux éditions précédentes. S’il est encore trop tôt pour disposer d’un bilan chiffré, plusieurs jours ont connu des pics de fréquentation record. La barre des 1,3 million de spectateurs atteinte il y a quatre ans devrait ainsi être dépassée. Mais historiquement, le « Rhum » a toujours su trouver son public. En 1978, pour la première édition, les témoignages du moment évoquent plus de 50 kilomètres de bouchons le jour du départ. Les dernières éditions ont toujours dépassé le million de spectateurs, parfois avoisiné les deux millions mais tout n’est pas qu’une question de chiffres.


Certes, la tempête Austen a mis son grain de sel en fin de semaine dernière en poussant les organisateurs à fermer le village et à constituer une incroyable chaîne de solidarité pour protéger les installations. Ensuite, ce n’est pas le calme qui a succédé à la tempête mais la fête. Dès la réouverture samedi dernier et jusqu’à ce dimanche, à mesure que le ciel était moins capricieux et s’éclaircissait, le public est venu de plus en plus nombreux.


Lors du passage des écluses @ Jean-Louis Carli / Factstory
Lors du passage des écluses @ Jean-Louis Carli / Factstory

« Nos bateaux et notre sport sont très bien mis en avant, ce n’est que du bonheur » (Louis Burton)


Au-delà de la fréquentation, on a tenté de mettre des mots sur le moment. Dès les premiers jours, un skipper évoque « l’ambiance d’un festival breton estival en octobre ». Un autre parle de « féria comme dans le sud-ouest mais avec des manteaux ». Un Malouins, un poil chauvin, interroge : « vous connaissez une meilleure ambiance pour un départ de course au large ? » Hier, Gilles Lamiré (Groupe GCA) assurait que les écluses étaient « notre Stade de France ». Et la marée humaine alors ? Un journaliste nous confie : « c’est le public et l’ambiance du Tour de France ».  


L’esprit de fête résiste à tout, même s’il faut accepter de faire parfois du sur-place dans les allées du village parce que chacun veut approcher de près les Ultim ou les IMOCA. Les skippers et les bateaux ne sont pas des prétextes, ce sont les stars du moment. Il faut voir Jean Le Cam arpenter les allées et se faire alpaguer à n’en pas finir. Il faut tendre l’oreille dans la file d’attente pour la séance d’autographes de Violette Dorange où des visiteurs se sont pressés deux heures plus tôt. Il faut observer la foule se masser pour atteindre les gradins de l’écluse vendredi, et tant pis si elle doit patienter toute l’après-midi. « Nos bateaux et notre sport sont très bien mis en avant, ce n’est que du bonheur », s’enthousiasme le Malouin Louis Burton (Armand Thiery, Ultim).  

Louis et les autres ont déjà basculé dans l’après, cette course qui joue avec les nerfs et pousse les organismes dans leurs derniers retranchements. Ils auront un temps, après leur arrivée en Guadeloupe, pour se remémorer ce qu’ils ont vécu, tous ces souvenirs que chaque visiteur a également pu amasser. Dans les mémoires, il y aura des couleurs, les teintes roses et orangées à chaque lever et coucher du soleil. Il y aura aussi de la musique, comme si elle était à chaque coin de rue, de la cornemuse et de la bombarde et des chaudes sonorités antillaises.

Il y aura les lieux qui ont servi de cadres aux soirées – on va « chez Hector, à la Trinquette, à l’Univers, à la Belle Époque » -, des sourires et des mines réjouies, de l’engouement et de l’exaltation. Il y aura surtout l’idée d’avoir vécu un temps à part, comme protégés par les remparts des turpitudes du dehors. Mais hors de question de fermer la parenthèse. La course tisse aussi un fil entre une autre fête, qui se prépare déjà de l’autre côté de l’Atlantique, en Guadeloupe.  L’archipel est déjà prêt à vibrer pour célébrer les marins, traits d’union entre les deux territoires, plus que jamais héros d’ici et de là-bas.

 

 

 

 

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