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LE MAG DU RHUM. Et c’est parti ! Jusqu’au départ le 1er novembre prochain, ils seront des centaines de milliers de spectateurs à se presser autour des bateaux de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe. Pour nombre de skippers, être amarré est déjà une première victoire. Mais avant de larguer les amarres, il faudra veiller à ne pas laisser trop d’énergie pendant le village…


La file d'attente avant d'entrée au village, ce mardi. @ Loic Venance / AFP
La file d'attente avant d'entrée au village, ce mardi. @ Loic Venance / AFP

Ils seront les rois de la fête mais ne pourront en profiter qu’avec modération. La période du village qui vient de s’ouvrir s’annonce forcément enthousiasmante pour tous les spectateurs. Pour les skippers en revanche, gérer cette période n’est pas qu’une partie de plaisir. « J’ai eu l’occasion de venir à plusieurs reprises comme spectateur, je m’étais bien marré, j’avais fait la fête, sourit Tanguy Caradec (Eurvad, Vintage Mono). Je vois comment ça se passe mais je sais qu’en tant que skipper, c’est une autre paire de manches ! » 


« Il faut réussir à trouver le bon compromis »

 Pour tous, déjà, il y a le plaisir d’y être, enfin. Finis les mois de préparation, les moments de doute et la course contre-la-montre pour être prêt. « On a tous envie de profiter, de partager au maximum ce que l’on vit avec ceux qu’on aime, ceux qui sont venus nous voir », souligne Louis Burton (Armand Thiery, Ultim). « Les proches et la foule permettent de faire le plein d’énergie positive, poursuit Baptiste Hulin (Viabilis Oceans, Ocean Fifty). Ce n’est que du positif. » « Quand on arrive, c’est toujours impressionnant de voir tous ces bateaux et de ressentir cette atmosphère conviviale et joyeuse dans le village et dans le centre-ville », souligne Jérémie Beyou (Charal, IMOCA). 


« C’est l’occasion de revoir plein de monde, de retrouver des membres de la famille, des copains, poursuit Luke Berry (Le Rire Médecin Lamotte, Ocean Fifty). Mais il faut réussir à trouver le bon compromis pour profiter sans trop dépenser d’énergie ». Car la période est particulièrement engageante pour les concurrents. Les skippers doivent en effet répondre aux sollicitations des partenaires, des proches, des médias, du public au fil de journées souvent bien chargées. « Nous avons beaucoup d’obligations avec nos partenaires, avec les écoles aussi et puis on gère aussi un stand », énumère Florian Gueguen (Graine de courage, Class40). C’est vrai qu’il va falloir gérer pour ne pas accumuler trop de fatigue. » Pierre-Louis Atwell (Resilient), rappelle tout le paradoxe de la période : « D’un côté, tu veux capitaliser dessus avec tes partenaires et tes prospects éventuels. Et de l’autre, c’est très énergivore ! »


Au village de la Route du Rhum, ce mardi @ Loic Venance / AFP
Au village de la Route du Rhum, ce mardi @ Loic Venance / AFP

 « S’isoler du bruit et de la fête »


 Tout est donc une affaire de gestion. Mais Corentin Horeau (MACSF, IMOCA) se veut rassurant en rappelant qu’« on arrive assez tôt, une petite dizaine de jours avant le départ ». Il distingue la première semaine – « où c’est très agréable et où on profite » - de la deuxième semaine où « il faut essayer de se protéger et de se mettre dans sa bulle ». « On a quelques jours pour profiter de l’ambiance en famille, assure également Armel Le Cléac’h (Maxi Banque Populaire XI, Ultim). Et dès qu’on commence à en savoir un peu plus sur la météo du départ, on “entre” mentalement dans la course »


Nombreux sont d’ailleurs les skippers à retourner chez eux au début de la deuxième semaine avant de revenir les derniers jours avant le départ. « Ça permet de s’isoler, de bien mettre à jour ce qui doit l’être et de dormir dans son lit aussi, sourit Corentin. Et puis on sort aussi un petit peu la tête de la course. » Pierre-Louis Atwell prévoit lui aussi de rentrer chez lui en début de deuxième semaine pour « faire autre chose, se promener, faire de la wing et surtout recharger les batteries.» 

Sur place, tous tentent d’organiser leur planning avec le plus de maîtrise possible. « Je le répartis entre le temps avec mon équipe, celui dédié à la préparation du bateau, celui pour les sollicitations et celui, de plus en plus important au fil des jours, pour préparer la course », résume Rodolphe Sepho (Canbt-Oti Rêve de Large 5, Class40). Il tient aussi à « aménager du temps » pour lui. « Je prends toujours un logement un peu éloigné d’intra-muros pour m’isoler du bruit et de la fête », précise Rodolphe qui s’impose de « ne pas rentrer après 19 heures ». Thierry Roger (Perros Guirec, Vintage Multi) explique lui aussi « avoir réservé une maison à une vingtaine de kilomètres pour être un peu protégé ». Et il ajoute : « tous les copains qui l’ont déjà fait m’ont dit qu’il fallait se protéger parce que c’est complètement épuisant ».


Des endroits pour se ressourcer

« Avec la foule, on perd vite beaucoup d’énergie », rappelle Charlie Capelle (Acapella – Proludic – La Chaîne de l’Espoir) qui s’élance pour la 7e fois à la Route du Rhum. « J’aime bien aller tôt sur les pontons pour voir mon bateau, c’est un moment agréable. Ensuite, je remplis mes engagements et sinon, je reste dans mon cocon dans un hôtel ! »

« C’est sûr que tu ne peux pas être présent à toutes les soirées et aller au restaurant tous les soirs, s’amuse Jérémie Beyou. Au-delà de l’impact physique, le plus difficile reste de s’en extraire mentalement ».


Mais les skippers d’expérience ont tous leurs petites techniques pour tenir bon pendant ces treize jours. « Si tu veux voir un peu moins de monde, tu peux aller avec tes enfants et un ballon à la plage du Sillon à 200 mètres de là, assure Jérémie Beyou. On a la chance d’évoluer dans un cadre exceptionnel ».   « Il y a plein de coins, de plages, de boutiques intramuros où on peut se ressourcer, retrouver un peu de quiétude », abonde Louis Burton. « C’est sûr que c’est très prenant mais la fête est partout, les gens s’intéressent à notre passion, il y a beaucoup de partage et de bons moments, poursuit le Malouin. Et de conclure : « Tous les skippers savent qu’à l’arrivée, s’ils y arrivent, ce sera à leur tour de pleinement profiter ! »

 


il y a 1 jour
4 min de lecture

LE MAG DU RHUM. Et c’est parti ! Jusqu’au départ le 1er novembre prochain, ils seront des centaines de milliers de spectateurs à se presser autour des bateaux de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe. Pour nombre de skippers, être amarré est déjà une première victoire. Mais avant de larguer les amarres, il faudra veiller à ne pas laisser trop d’énergie pendant le village…


La file d'attente avant d'entrée au village, ce mardi. @ Loic Venance / AFP
La file d'attente avant d'entrée au village, ce mardi. @ Loic Venance / AFP

Ils seront les rois de la fête mais ne pourront en profiter qu’avec modération. La période du village qui vient de s’ouvrir s’annonce forcément enthousiasmante pour tous les spectateurs. Pour les skippers en revanche, gérer cette période n’est pas qu’une partie de plaisir. « J’ai eu l’occasion de venir à plusieurs reprises comme spectateur, je m’étais bien marré, j’avais fait la fête, sourit Tanguy Caradec (Eurvad, Vintage Mono). Je vois comment ça se passe mais je sais qu’en tant que skipper, c’est une autre paire de manches ! » 


« Il faut réussir à trouver le bon compromis »

 Pour tous, déjà, il y a le plaisir d’y être, enfin. Finis les mois de préparation, les moments de doute et la course contre-la-montre pour être prêt. « On a tous envie de profiter, de partager au maximum ce que l’on vit avec ceux qu’on aime, ceux qui sont venus nous voir », souligne Louis Burton (Armand Thiery, Ultim). « Les proches et la foule permettent de faire le plein d’énergie positive, poursuit Baptiste Hulin (Viabilis Oceans, Ocean Fifty). Ce n’est que du positif. » « Quand on arrive, c’est toujours impressionnant de voir tous ces bateaux et de ressentir cette atmosphère conviviale et joyeuse dans le village et dans le centre-ville », souligne Jérémie Beyou (Charal, IMOCA). 


« C’est l’occasion de revoir plein de monde, de retrouver des membres de la famille, des copains, poursuit Luke Berry (Le Rire Médecin Lamotte, Ocean Fifty). Mais il faut réussir à trouver le bon compromis pour profiter sans trop dépenser d’énergie ». Car la période est particulièrement engageante pour les concurrents. Les skippers doivent en effet répondre aux sollicitations des partenaires, des proches, des médias, du public au fil de journées souvent bien chargées. « Nous avons beaucoup d’obligations avec nos partenaires, avec les écoles aussi et puis on gère aussi un stand », énumère Florian Gueguen (Graine de courage, Class40). C’est vrai qu’il va falloir gérer pour ne pas accumuler trop de fatigue. » Pierre-Louis Atwell (Resilient), rappelle tout le paradoxe de la période : « D’un côté, tu veux capitaliser dessus avec tes partenaires et tes prospects éventuels. Et de l’autre, c’est très énergivore ! »


Au village de la Route du Rhum, ce mardi @ Loic Venance / AFP
Au village de la Route du Rhum, ce mardi @ Loic Venance / AFP

 « S’isoler du bruit et de la fête »


 Tout est donc une affaire de gestion. Mais Corentin Horeau (MACSF, IMOCA) se veut rassurant en rappelant qu’« on arrive assez tôt, une petite dizaine de jours avant le départ ». Il distingue la première semaine – « où c’est très agréable et où on profite » - de la deuxième semaine où « il faut essayer de se protéger et de se mettre dans sa bulle ». « On a quelques jours pour profiter de l’ambiance en famille, assure également Armel Le Cléac’h (Maxi Banque Populaire XI, Ultim). Et dès qu’on commence à en savoir un peu plus sur la météo du départ, on “entre” mentalement dans la course »


Nombreux sont d’ailleurs les skippers à retourner chez eux au début de la deuxième semaine avant de revenir les derniers jours avant le départ. « Ça permet de s’isoler, de bien mettre à jour ce qui doit l’être et de dormir dans son lit aussi, sourit Corentin. Et puis on sort aussi un petit peu la tête de la course. » Pierre-Louis Atwell prévoit lui aussi de rentrer chez lui en début de deuxième semaine pour « faire autre chose, se promener, faire de la wing et surtout recharger les batteries.» 

Sur place, tous tentent d’organiser leur planning avec le plus de maîtrise possible. « Je le répartis entre le temps avec mon équipe, celui dédié à la préparation du bateau, celui pour les sollicitations et celui, de plus en plus important au fil des jours, pour préparer la course », résume Rodolphe Sepho (Canbt-Oti Rêve de Large 5, Class40). Il tient aussi à « aménager du temps » pour lui. « Je prends toujours un logement un peu éloigné d’intra-muros pour m’isoler du bruit et de la fête », précise Rodolphe qui s’impose de « ne pas rentrer après 19 heures ». Thierry Roger (Perros Guirec, Vintage Multi) explique lui aussi « avoir réservé une maison à une vingtaine de kilomètres pour être un peu protégé ». Et il ajoute : « tous les copains qui l’ont déjà fait m’ont dit qu’il fallait se protéger parce que c’est complètement épuisant ».


Des endroits pour se ressourcer

« Avec la foule, on perd vite beaucoup d’énergie », rappelle Charlie Capelle (Acapella – Proludic – La Chaîne de l’Espoir) qui s’élance pour la 7e fois à la Route du Rhum. « J’aime bien aller tôt sur les pontons pour voir mon bateau, c’est un moment agréable. Ensuite, je remplis mes engagements et sinon, je reste dans mon cocon dans un hôtel ! »

« C’est sûr que tu ne peux pas être présent à toutes les soirées et aller au restaurant tous les soirs, s’amuse Jérémie Beyou. Au-delà de l’impact physique, le plus difficile reste de s’en extraire mentalement ».


Mais les skippers d’expérience ont tous leurs petites techniques pour tenir bon pendant ces treize jours. « Si tu veux voir un peu moins de monde, tu peux aller avec tes enfants et un ballon à la plage du Sillon à 200 mètres de là, assure Jérémie Beyou. On a la chance d’évoluer dans un cadre exceptionnel ».   « Il y a plein de coins, de plages, de boutiques intramuros où on peut se ressourcer, retrouver un peu de quiétude », abonde Louis Burton. « C’est sûr que c’est très prenant mais la fête est partout, les gens s’intéressent à notre passion, il y a beaucoup de partage et de bons moments, poursuit le Malouin. Et de conclure : « Tous les skippers savent qu’à l’arrivée, s’ils y arrivent, ce sera à leur tour de pleinement profiter ! »

 


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