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 Pour la première fois dans l'histoire de la Route du Rhum-Destination Guadeloupe, des femmes seront sur la ligne de départ en Ultim (Alexia Barrier, IDEC Sport-CIC) et en Ocean Fifty (Anne-Claire Le Berre, UpWind by MerConcept). En IMOCA, Violette Dorange (Initiatives Cœur), Francesca Clapcich (11th Hour Racing) et Élodie Bonafous (Association Petits Princes - Quéguiner) font partie des outsiders pour une place sur le podium. Avec onze skippeuses engagées, la Route du Rhum – Destination Guadeloupe montre ainsi un certain progrès en matière de mixité même si beaucoup reste encore à faire.


La majorité des skippeuses qui participeront à cette Route du Rhum - Destination Guadeloupe @ Loic Venance / AFP
La majorité des skippeuses qui participeront à cette Route du Rhum - Destination Guadeloupe @ Loic Venance / AFP


Sur la scène des Folies Bergère à Paris, lors de la présentation de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe en septembre dernier, Alexia Barrier a préféré en rire. « C’est vrai que je suis la première femme à disputer la course en Ultim mais je n’y suis pour rien », s’est amusée la skippeuse d’IDEC Sport-CIC. Quelques jours plus tard, au téléphone, elle confie : « je regrette forcément qu’il n’y ait pas eu de femmes avant moi. Mais dans le même temps, je me sens privilégiée de pouvoir ouvrir la voie sur ce volet-là ».  

« Les lignes sont en train de bouger et je trouve ça génial, surtout chez les multicoques », abonde Anne-Claire Le Berre. La skippeuse d’UpWind by MerConcept est également prescriptrice : c’est la première fois qu’une femme concourt en Ocean Fifty à la Route du Rhum – Destination Guadeloupe. « Cela fait plusieurs années qu’il n’y avait plus de femmes en multicoques », rappelle-t-elle. Tous ont encore en tête l’époustouflante victoire de Florence Arthaud en 1990 à bord du trimaran Pierre 1er. Depuis, seule Anne Caseneuve s’est déjà alignée en Multi50 (en 2010) avant de s’imposer en Classe Rhum (en 2014). 


Les skippeuses ce dimanche @ Loic Venance / AFP
Les skippeuses ce dimanche @ Loic Venance / AFP

UpWind by MerConcept et The Famous Project, les locomotives


La présence de deux femmes dans les deux classes de multicoques est donc « très positive, c’est une nouvelle étape dans la féminisation de notre sport », souligne Anne-Claire. “Avoir une représentante dans chaque catégorie permet à toutes les autres de se dire : ‘d’accord, c’est possible’, souligne Sacha Lanièce (Alderan, Class40). Auparavant, ça pouvait impressionner, notamment en multicoque où l’on se disait que ce n’était pas possible. » Cette nouvelle donne en multicoque doit beaucoup à une mobilisation de certains acteurs de la course au large. 11th Hour Racing et MerConcept, en fondant UpWind by MerConcept, souhaitaient justement permettre à des navigatrices de s’aguerrir en multicoque.

« C’est incroyable de voir le chemin parcouru par ce projet depuis sa création », s’enthousiasme Francesca Clapcich (11th Hour Racing) qui en a fait partie. La démarche a été similaire pour Alexia Barrier, qui a fait émerger The Famous Project, le premier tour du monde sans escale d’un équipage 100 % féminin bouclé en début d’année. « L’idée, c’était de donner aux femmes l’opportunité de naviguer en multicoque, qui restait la chasse gardée des hommes dans notre univers », rappelle Alexia. Et la Route du Rhum est une nouvelle occasion de le démontrer. 

Élodie Bonafous (Association Petits Princes – Quéguiner) @ DR
Élodie Bonafous (Association Petits Princes – Quéguiner) @ DR

« Ça avance mais il y a encore du travail » 


Chez les monocoques aussi, une nouvelle génération émerge et les skippeuses sont au premier plan. Élodie Bonafous (Association Petits Princes – Quéguiner), victorieuse de la Rolex Fastnet Race (2025), Violette Dorange (Initiatives Cœur), 3e de la Vendée Arctique en juin dernier, et Francesca Clapcich (11th Hour Racing), 2e de The Ocean Race Atlantic en septembre, comptent bien jouer les premiers rôles. Signe des temps, dans leurs récentes interviews, les trois skippeuses se sont peu attardées sur la place des femmes dans la course au large, préférant aborder leur préparation et leurs objectifs. Il n’empêche, il y a encore de nombreux progrès à faire en matière de mixité. Sur la ligne de départ, elles seront donc 11 femmes, soit moins de 10 % des concurrents. « Ça avance, mais il y a encore du travail », reconnaît Anne-Claire Le Berre, qui pointe notamment l’absence de skippeuses dans les catégories Vintage Multi et Mono. En Class40, la classe la plus représentée (49 concurrents), elles ne seront que six à concourir.

« On a encore du boulot pour donner une chance aux athlètes féminines de haut niveau, rappelle Alexia. Et puis certaines skippeuses sont encore précaires, elles peinent à se payer un salaire. » En participant à la Route du Rhum, les onze navigatrices savent qu’elles peuvent aussi susciter des vocations chez les jeunes navigatrices de demain. Anne-Claire Le Berre conclut : « Ce qui compte surtout, c’est qu’elles puissent accéder à toutes les catégories, qu’elles puissent se dire que tout est possible ».

Anne-Claire Le Berre (UpWind by MerConcept) @ DR
Anne-Claire Le Berre (UpWind by MerConcept) @ DR


Les skippeuses de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe : Alexia Barrier (IDEC Sport-CIC)  Anne-Claire Le Berre (Upwind by Merconcept)  Élodie Bonafous (Association Petits Princes – Queguiner)  Violette Dorange (Initiatives Cœur)  Francesca Clapcich (11th Hour Racing)  Aina Bauza (Alice Milliat Foundation)  Sasha Lanièce (Alderan)  Sophie Faguet (Défi Solidaire avec Ellye et L’Arche)  Théa Khelif (Women of course)  Pamela Lee (#Empowher)  Djemila Tassin (Belgium Ocean Racing)

 

 


il y a 5 jours
4 min de lecture

 Pour la première fois dans l'histoire de la Route du Rhum-Destination Guadeloupe, des femmes seront sur la ligne de départ en Ultim (Alexia Barrier, IDEC Sport-CIC) et en Ocean Fifty (Anne-Claire Le Berre, UpWind by MerConcept). En IMOCA, Violette Dorange (Initiatives Cœur), Francesca Clapcich (11th Hour Racing) et Élodie Bonafous (Association Petits Princes - Quéguiner) font partie des outsiders pour une place sur le podium. Avec onze skippeuses engagées, la Route du Rhum – Destination Guadeloupe montre ainsi un certain progrès en matière de mixité même si beaucoup reste encore à faire.


La majorité des skippeuses qui participeront à cette Route du Rhum - Destination Guadeloupe @ Loic Venance / AFP
La majorité des skippeuses qui participeront à cette Route du Rhum - Destination Guadeloupe @ Loic Venance / AFP


Sur la scène des Folies Bergère à Paris, lors de la présentation de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe en septembre dernier, Alexia Barrier a préféré en rire. « C’est vrai que je suis la première femme à disputer la course en Ultim mais je n’y suis pour rien », s’est amusée la skippeuse d’IDEC Sport-CIC. Quelques jours plus tard, au téléphone, elle confie : « je regrette forcément qu’il n’y ait pas eu de femmes avant moi. Mais dans le même temps, je me sens privilégiée de pouvoir ouvrir la voie sur ce volet-là ».  

« Les lignes sont en train de bouger et je trouve ça génial, surtout chez les multicoques », abonde Anne-Claire Le Berre. La skippeuse d’UpWind by MerConcept est également prescriptrice : c’est la première fois qu’une femme concourt en Ocean Fifty à la Route du Rhum – Destination Guadeloupe. « Cela fait plusieurs années qu’il n’y avait plus de femmes en multicoques », rappelle-t-elle. Tous ont encore en tête l’époustouflante victoire de Florence Arthaud en 1990 à bord du trimaran Pierre 1er. Depuis, seule Anne Caseneuve s’est déjà alignée en Multi50 (en 2010) avant de s’imposer en Classe Rhum (en 2014). 


Les skippeuses ce dimanche @ Loic Venance / AFP
Les skippeuses ce dimanche @ Loic Venance / AFP

UpWind by MerConcept et The Famous Project, les locomotives


La présence de deux femmes dans les deux classes de multicoques est donc « très positive, c’est une nouvelle étape dans la féminisation de notre sport », souligne Anne-Claire. “Avoir une représentante dans chaque catégorie permet à toutes les autres de se dire : ‘d’accord, c’est possible’, souligne Sacha Lanièce (Alderan, Class40). Auparavant, ça pouvait impressionner, notamment en multicoque où l’on se disait que ce n’était pas possible. » Cette nouvelle donne en multicoque doit beaucoup à une mobilisation de certains acteurs de la course au large. 11th Hour Racing et MerConcept, en fondant UpWind by MerConcept, souhaitaient justement permettre à des navigatrices de s’aguerrir en multicoque.

« C’est incroyable de voir le chemin parcouru par ce projet depuis sa création », s’enthousiasme Francesca Clapcich (11th Hour Racing) qui en a fait partie. La démarche a été similaire pour Alexia Barrier, qui a fait émerger The Famous Project, le premier tour du monde sans escale d’un équipage 100 % féminin bouclé en début d’année. « L’idée, c’était de donner aux femmes l’opportunité de naviguer en multicoque, qui restait la chasse gardée des hommes dans notre univers », rappelle Alexia. Et la Route du Rhum est une nouvelle occasion de le démontrer. 

Élodie Bonafous (Association Petits Princes – Quéguiner) @ DR
Élodie Bonafous (Association Petits Princes – Quéguiner) @ DR

« Ça avance mais il y a encore du travail » 


Chez les monocoques aussi, une nouvelle génération émerge et les skippeuses sont au premier plan. Élodie Bonafous (Association Petits Princes – Quéguiner), victorieuse de la Rolex Fastnet Race (2025), Violette Dorange (Initiatives Cœur), 3e de la Vendée Arctique en juin dernier, et Francesca Clapcich (11th Hour Racing), 2e de The Ocean Race Atlantic en septembre, comptent bien jouer les premiers rôles. Signe des temps, dans leurs récentes interviews, les trois skippeuses se sont peu attardées sur la place des femmes dans la course au large, préférant aborder leur préparation et leurs objectifs. Il n’empêche, il y a encore de nombreux progrès à faire en matière de mixité. Sur la ligne de départ, elles seront donc 11 femmes, soit moins de 10 % des concurrents. « Ça avance, mais il y a encore du travail », reconnaît Anne-Claire Le Berre, qui pointe notamment l’absence de skippeuses dans les catégories Vintage Multi et Mono. En Class40, la classe la plus représentée (49 concurrents), elles ne seront que six à concourir.

« On a encore du boulot pour donner une chance aux athlètes féminines de haut niveau, rappelle Alexia. Et puis certaines skippeuses sont encore précaires, elles peinent à se payer un salaire. » En participant à la Route du Rhum, les onze navigatrices savent qu’elles peuvent aussi susciter des vocations chez les jeunes navigatrices de demain. Anne-Claire Le Berre conclut : « Ce qui compte surtout, c’est qu’elles puissent accéder à toutes les catégories, qu’elles puissent se dire que tout est possible ».

Anne-Claire Le Berre (UpWind by MerConcept) @ DR
Anne-Claire Le Berre (UpWind by MerConcept) @ DR


Les skippeuses de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe : Alexia Barrier (IDEC Sport-CIC)  Anne-Claire Le Berre (Upwind by Merconcept)  Élodie Bonafous (Association Petits Princes – Queguiner)  Violette Dorange (Initiatives Cœur)  Francesca Clapcich (11th Hour Racing)  Aina Bauza (Alice Milliat Foundation)  Sasha Lanièce (Alderan)  Sophie Faguet (Défi Solidaire avec Ellye et L’Arche)  Théa Khelif (Women of course)  Pamela Lee (#Empowher)  Djemila Tassin (Belgium Ocean Racing)

 

 


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