Leader depuis le passage du cap Fréhel, le skipper de SVR Lazartigue continue de dérouler son plan à la perfection en tête de course de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe. Contacté ce matin à la vacation, il assure que « le moral est bon », alors qu’il se prépare à traverser une dépression tropicale.

L’état d’esprit du moment. « Le moral est plutôt bon. Il y a un peu de fatigue, parce que ça fait plusieurs jours qu'on est sur l'eau à essayer de mener le bateau au mieux, mais ça va. On est surtout très concentrés sur la dépression tropicale qu'il va falloir traverser. C'est assez atypique et je crois que je n'ai jamais rencontré ce genre de situation. Il risque d'y avoir du vent fort, des orages, des grains, et ça ne va certainement pas être une route toute droite vers les Antilles ! Depuis notre empannage, les conditions ont été plutôt favorables et on a réussi à aller vite assez facilement.
Les enjeux à venir. « Il faut toujours trouver le bon compromis : aller vite, sans aller trop vite non plus. Le bateau a envie d'accélérer, il faut le laisser glisser, mais sans prendre de risques inutiles. On devrait avoir du vent assez soutenu pendant une bonne partie de la journée, puis il faudra négocier la transition à l'intérieur de la dépression. On cherche un point de passage proche du centre, en fonction des derniers fichiers météo. Toute la difficulté, c'est de trouver le bon équilibre entre la trajectoire théoriquement optimale et ce qui est réellement faisable sur l'eau.
La suite de la course. « Ensuite, on devrait retrouver du près pour rejoindre les Antilles. Dans ces conditions instables, avec de grands bateaux menés en solitaire, il faut surtout éviter de se retrouver surtoilé. Cela signifie qu'à certains moments, on manque un peu de toile et c'est frustrant. Mais quand on dispose d'un peu d'avance, c'est plus facile à accepter. Au milieu du système, on pourrait se retrouver avec très peu de vent, alors que des rafales peuvent arriver de partout. Il faut donc garder de la marge. J'essaie de ne pas trop me focaliser sur tout ça, de bien faire glisser le bateau, de soigner ma trajectoire et de continuer à me gérer physiquement. »
Une température encore fraiche. « La fatigue commence à compter et il faut rester vigilant. Quant à la chaleur des Antilles, ce n'est pas encore gagné ! À deux jours de l'arrivée, je suis toujours en doudoune, pantalon de ciré et bottes. C'est un peu atypique, mais on habite en Bretagne toute l'année, alors ça ne nous dérange pas trop ! Je commence à sentir qu'il fait un peu plus chaud, mais avec le vent et l'humidité, il faut rester bien équipé. Le short et les quinze nœuds d'alizés, ce n'est pas encore pour tout de suite ! »
