Le skipper SVR-Lazartigue continue de progresser en tête de la course. À moins de 600 milles de l’arrivée, Tom continue d’être en prise avec une dépression tropicale pas si facile à négocier. Mais le leader s’accroche, avec sang-froid et détermination. Il s’est confié aux vacations ce matin.

Au cœur de la dépression. « On est en plein dans cette dépression tropicale, qui est un peu la dernière embûche avant de rejoindre l’arc antillais. On traverse de gros nuages, avec très peu de vent, et on attend que ça tourne pour retrouver du sud-ouest jusqu’aux Antilles. Ce n’est pas évident de savoir quand faire une sieste parce que les conditions changent tout le temps. Je pense que la sortie de cette zone ne sera pas simple non plus. C’est un peu long, mais il faut patienter. »
L’absence d’alizés. « La fin de course va être assez particulière. C’est hyper rare qu’il n’y ait pas du tout d’alizés dans cette région. On devrait finir avec du sud-ouest, donc au près, dans des conditions instables, avec probablement des virements de bord à faire. Je crois que Franck Cammas avait connu quelque chose de similaire en 2010, lorsqu’il avait gagné avec Groupama 3. Ce n’est pas commun, mais ça arrive ! On risque aussi de ne pas aller très vite vers la Guadeloupe. Pour l’instant, je suis un peu tendu parce que je n’ai pas envie de laisser trop de plumes dans cette transition.
L’état d’esprit. « Évidemment, les chiffres sont bons. J’aurais signé tout de suite pour avoir une telle avance à ce stade ! Ça veut dire qu’on pourrait aller deux fois moins vite que les autres et arriver en même temps. Mais ce n’est pas le but ! L’idée, c’est de faire au mieux avec ce qu’on a, sans prendre de risques. Et puis je préfère quand même arriver avec de l’avance, c’est toujours plus agréable ! Il reste encore beaucoup de manœuvres et de choses à gérer avant Pointe-à-Pitre. Je ne sais pas combien de temps on va perdre dans cette dépression, mais j’ai bien ça en tête. »
L’état physique. « Physiquement, ça va, même si on a fait quelques jours bien intenses et que ça laisse des traces. Il faut rester vigilant en permanence, donc on ne peut pas se permettre de trop dormir. Mais il faut quand même se reposer pour garder les idées claires. J’essaie de faire des siestes dès que je peux. C’est surtout au milieu de la nuit que ça devient difficile, quand on commence à piquer du nez. En journée, ça va généralement mieux. Pour l’arrivée, je pense qu’on devrait être à Pointe-à-Pitre dans la soirée du 7 novembre, en heure TU. »
